‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 477 sur 553 · LXX. — Continuation de la guerre de Pépin contre JVaifre · texte numérisé non relu

LXX. — Continuation de la guerre de Pépin contre JVaifre

Après une expédition si heureuse. Pépin revint en France par la même route qu'il avoit tenue pour entrer en Septimanie. Il s'arrêta, en passant, à Vienne sur le Rhône, pour y célébrer la fête de Pâques qui , cette année, tomboit le 19 du mois d'avril. Après son arrivée dans cette ville, voyant ses troupes également fatiguées de leur marche & de l'expédition qu'elles venoient de faire dans une saison peu propre à tenir la campagne, il les envoya en quartier de rafraîchissement. Il remit au mois d'août suivant la conquête du reste de l'Aquitaine & des forts où Waïfre s'étoit renfermé. Comme ^ ce roi

' Tout ceci est tiré de la charte d'Alaon ; voir les ' Continuateur de Frédégaire, c. 1 32, p. yoo. —

notes précédentes sur Boggis & Bertrand, sur le duc Annales Mettenses, p. 279. — Eginhard, Annales, Amandus, &c. [A. M.) p. 237 & seq.

devoit tenir alors à Bourges l'assemblée générale du champ de Mai, que son expédition l'avoit obligé de différer, il assigna à ses troupes les environs de cette ville pour leur quartier général 8t leur donna ordre de s'y trotiver dans le temps de la diète. Il s'y rendit lui-même au temps marqué, ainsi que la reine Bertrade, son épouse, avec laquelle il logea dans le nouveau palais qu'il venoit de faire construire dans cette ville. L'assemblée finie, ce prince laissa la reine à Bourges, avec une partie de sa cour, 81 se mit en marche accompagné du reste des seigneurs du royaume pour tâcher de se rendre maître de la personne de Waïfre Si de terminer entièrement cette guerre.

LXXI. — Remistan abandonne le parti de Pépin &■ se déclare en faveur

de Wàifre, son neveu,

Waïfre, que la crainte tenoit caché, 5c qui , pour dérober à ses ennemis le véritable lieu de sa demeure, passoit successivement dans les divers châteaux qui lui restoient, ranima son courage abattu par tant de pertes, envoyant son oncle Remistan venir à son secours. Ce seigneur, honteux d'avoir abandonné son parti pour prendre celui de Pépin 8c d'avoir ainsi contribué à la ruine de sa propre famille, quitta le Berry, où il commandoit sous les ordres du roi, vint se jeter aux pieds de son neveu, lui demanda grâce Se lui offrit ses services. Le duc d'Aquitaine, qui se trouvoit alors dans une extrême nécessité, accepta volontiers ses offres, Se non content de lui pardonner le passé, il le chargea du commandement de ses troupes Se du soin d'agir contre Pépin 8c les François.

Remistan, fidèle; à ses nouveaux engagemens, se mit à la tête de toutes les milices qu'il put ramasser dans l'Aquitaine 8c harcela les garnisons que Pépin avoit mises en différentes villes de ce duché. Il attaqua les François, 8c après les avoir battus en différentes occasions, il fit des courses dans le Berry 8c le Limousin qu'il désola. Il jeta partout une si grande terreur, que les laboureurs 8c les vignerons n'osant se hasarder d'aller à leur travail, les champs 8c les vignes demeurèrent sans culture.

Pépin, s'étant mis de son côté en marche, après la diète de Bourges, s'avança dans l'Aquitaine Se chercha longtemps, mais toujours sans succès, à se rendre maître de la personne de Waïfre. Ce duc sut si bien dérober ses marches, que le roi, voyant qu'il ne pouvoit le surprendre, prit le parti de terminer la campagne par le siège de quelques-uns des forts ou châteaux qui tenoient encore le parti de leur duc. La plupart étoient de difficile accès Se situés sur des rochers escarpés ou dans les défilés des montagnes. Quoique leur attaque fût très-malaisée, Pépin les assiégea cependant Se se rendit maître de ceux de Scoraille Se de Peyrusse, dans la haute Auvergne, Se de celui de Turenne, dans le Limousin, sur les frontières du Querci. Enfin, ce roi, après avoir couru toute l'Aquitaine jusques à la Garonne, Se tenté inutilement de sur- Éd.origin. prendre le duc, voyant que la saison étoit déjà avancée, décampa 8c reprit le

An 767

An 768

chemin de Bourges, où il passa l'hiver avec la reine, son épouse. Se d'où il envoya son armée hiverner en Bourgogne.

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