LXXII. — Remïstan pris &• pendu
Pépin, impatient de terminer entièrement cette guerre par la prise de Waïfre Se d'assurer par là toutes ses conquêtes, fit sortir ses troupes de leurs quartiers à la mi-février ' de l'année suivante, se mit en campagne peu de temps après Si prit la route de la Saintonge. Ce prince, voyant la difficulté de se saisir à force ouverte de la personne du duc d'Aquitaine & de celle de Remistan, son oncle, détacha une partie de ses troupes, sous la conduite de Chunibert, comte de Berry, Si des comtes Hermenald, Bérenger Se Childerade, avec ordre d'observer tous les mouvemens de Remistan & de ne rien omettre de leur côté pour le faire tomber dans quelque piège, tandis que du sien il marcheroit à la découverte & à la poursuite de Waïfre. Ces quatre comtes s'acquittèrent de leur commission avec succès; ils surprirent bientôt après Remistan dans une embuscade. Si l'ayant lié 81 garrotté, ils l'amenèrent, avec son épouse, au roi Pépin qui se trouvoit alors dans la ville de Saintes. Ce seigneur fut jugé Si puni sur-le-champ comme criminel de lèse-majesté, 81 le roi, voulant ajouter l'ignominie au supplice, ordonna à Chunibert 81 à Ghiselar, comtes de Berry, de le faire pendre comme le dernier des malheureux, ce qui fut exécuté sans autre formalité. L'un de ces deux comtes devoit avoir succédé à Remistan dans la partie du gouvernement de Berry qui avoit été détachée de l'autre en sa faveur. Il y a Heu de présumer que Pépin, plus humain à l'égard de l'épouse de ce prince aquitain, lui accorda la vie. Nous savons du moins qu'il usa de clémence envers la mère, la'sœur 81 les nièces de Waïfre, qu'on prit Si qu'on lui présenta en même temps; qu'il se contenta de s'assurer de leurs personnes, 81 qu'il ordonna de les traiter avec honneur.