‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 490 sur 553 · IV. — Milan, premier comte français de Narbanne · texte numérisé non relu

IV. — Milan, premier comte français de Narbanne

Milon est le premier comte françois de Narbonne^ que nous connoissions. Il pa'roît, par le jugement qui fut prononcé contre lui, qu'il devoit avoir été élevé à cette dignité, du moins quelques années auparavant^; il ne'* la possédoit plus en 791, que Magnarius lui avoit succédé. Il contribua'' beaucoup à la fondation de l'abbaye de Caunes dont, après Charlemagne, il est regardé comme le principal fondateur. On voit, par ce que nous venons de dire, combien se trompent ceux qui mettent, durant cet intervalle, au nombre des comtes ou gouverneurs particuliers de Narbonne, Aymeric, prétendu père de saint Guillaume'^, fondateur^ de l'abbaye de Gellone, & Chorson, comte ou duc de Toulouse, qui ne possédèrent jamais ce comté.

V. — Charlemagne appelle à sa cour le roi d'Aquitaine, son fils.

Les anciens historiens ne nous apprennent rien de ce qui se passa en Aquitaine pendant les quatre premières années du règne de Louis le Débonnaire, j^,, n/j Ils rapportent^ qu'en 783, Charlemagne, occupé alors de la guerre contre les Saxons, fit appeler à sa cour ce jeune prince pour y passer l'hiver. Il vouloit s'instruire par lui-même du progrès de son éducation, réformer en lui ce qu'il trouveroit de défectueux & empêcher qu'étant élevé dans un pays étranger, il ne prît de mauvaises impressions dans un âge où l'on en est très-susceptible.

Louis, ou plutôt son conseil, donna ordre, avant son départ, aux comtes ou gouverneurs qui commandoient sur la frontière & qu'on appeloit marquis, de veiller, pendant son absence, à la garde du pays pour prévenir les surprises des Sarrasins, les seuls ennemis qu'on eût alors à craindre de ce côté-là.

' Rapprochez nïour^ut?, mordue, venant de mo/ia- '" Baluze, Regum Francorum Capitularta ^ t. 2,

chus, de canourgue, de canonicus. (^ La Canourguc, c. 1507.

dans le diocèse de Mende.) [A. M.J ^ Voyez sur l'origine de Guillaume de Gellone,

' Voyez tome II, la Note additionnelle à la tome II, Note additionnelle à la Note LXXXVII ,

Note LXXXVII, les comtes de Narbonne. n. 2.

> Ihid. ' Voyez tome II, Note LXXXVII, n. 6 & suiv.

^ Voyez tome II, Preuves, Diplômes, n. VII. * Vki\tonome, Vie de Louis le Débonnaire,^, zii.

' -' An 78J

Cela fait, ce jeune prince monta à cheval, à l'exercice duquel il commençoit à se former, quoiqu'il n'eût encore que sept ans. Il arriva ainsi à Paderborn, où Charlemagne le reçut avec toute la joie 8c la tendresse d'un père. Ce jeune roi parut devant lui habillé à la manière d'Aquitaine, avec une espèce de pourpoint parfaitement rond sur une chemise dont les manches étoient fort larges, de grandes braies, de petites bottines où il y avoit des éperons, & un javelot à la main. 11 étoit accompagné d'une troupe de jeunes seigneurs aquitains, vêtus & équipés de même. Charlemagne fut charmé de voir Louis dans cet équipage; il le retint auprès de lui jusques à ce que, sur l'avis qu'il reçut des mouvemens qui s'étoient élevés depuis son départ sur les frontières d'Espagne, il le renvoya en Aquitaine sur la fin de l'automne.

Page 1