XII. — Guillaume soumet les Gascons rebelles
Ces peuples, qui avoient occasionné par leur révolte la destitution de Chorson 8c l'élévation de Guillaume à ce gouvernement, n'eurent ^ pas plutôt
' X.' Kntonowit, Vie de Louis h Dchonna'tre,^. lis, ' Éginhard, Vita & gâta Caroli Magni, p. loo,
— Voyez tome II, Note LXXXVII, n. 7. ■• ItiJ.
' V\iUonome, fie de Louis le Déionnaire, -p. zS8. ^ VAmonome, fie de Louis le Détonnaire, p. z88.
An 790
appris ce qui venoit de se passer à la diète de Worms, où leur duc Adalaric, auquel ils étoient forts attachés, avoit été proscrit, qu'ils reprirent les armes. Guillaume, qui, en qualité de duc de Toulouse, avoit la principale autorité dans le royaume d'Aquitaine, sous le roi Louis le Débonnaire, se mit aussitôt de son côté en état de réprimer leurs entreprises, & ayant assemblé les troupes de son gouvernement, il marcha vers leur pays & réussit enfin a mettre la paix parmi eux autant par son habileté que par sa valeur; c'est tout ce que les anciens historiens nous apprennent des circonstances de cette expédition ; ils ajoutent seulement que Guillaume trouva les Gascons extrêmement irrités de la proscription de leur duc, & comme il employa la négociation pour patSfier les esprits, nous avons lieu de croire qu'une des conditions de la paix fut qu'Adalaric seroit rétabli dans le duché de Gascogne. Nous verrons, en effet, dans la suite, que ce duc fut rappelé de son exil, & qu'il rentra dans la possession de ses États.
XIII. — Première diète ou assemblée générale tenue à Toulouse, sous Louis
le Débonnaire, roi d'Aquitaine.
Louis, après la diète de Worms, se rendit à Toulouse où il convoqua ' celle de son royaume d'Aquitaine. Les députés de divers gouverneurs sarrasins de la frontière d'Espagne, 8c entre autres ceux du duc Abitaurus, gouverneur d'Huesca, en Aragon, s'y présentèrent, tant pour demander la paix à ce prince Se prévenir par de riches présens qu'ils lui offrirent le sort des autres gouverneurs de leur nation sur lesquels il avoit pris Girone avec quelques autres places voisines, que pour lui renouveler le serment de fidélité qu'ils avoient prêté auparavant au roi Charlemagne , son père. Louis reçut ces députés avec honneur & les congédia de même après qu'ils eurent fait leurs soumissions en pleine diète & offert leurs présens qui étoient une espèce de tribut. On ne doute ^ pas que Zade, gouverneur de Barcelone, ne fût du nombre des seigneurs sarrasins qui envoyèrent alors des députés à Louis.