XL. — NébridiuS) archevêque de Narbonne, — Concile d'Urgel
contre Félix.
Levdrade, archevêque de Lyon, peu de temps après avoir terminé sa commission dans la Septimanie, reçut ordre de Charlemagne de se rendre à Urgel ""Tn ^ '■^'y tenir ^ un concile conjointement avec Nébridius, archevêque de Nar-
bonne, pour tâcher par des voies de douceur de ramener Félix qui, quoique
■ Théodulphe, Paraenesis , 1. 4; Carmina , 7, trouvé place dans un grand nombre de composi-
p. 1088. lions littéraires ou de recueils de prodiges. [E. M.]
' Cette histoire d'oiseaux n'était assurément pas ' Alciiin, 1. 1, Contra Elipantum, p. 926 & seq.
digne de figurer dans l'Histoire générale de Langue- — Marca Hiipanica, c. 270 8c seq. — Le Cointe,
doc. C'est là une de ces fables qui n'ont pas été Annales ecclesiastici Francorum , ad ann. 799,
inventées par Théodulphe & qui, après lui, ont n, 3o.
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^ ' An 799
condamné par divers conciles, persistoit toujours dans ses erreurs; les évêques & les abbés de la Septimanie, & entre autres Benoît d'Aniane, se rendirent à ce concile. Félix y ayant été convaincu d'hérésie, promit de l'abjurer devant Charlemagne & d'aller trouver ce prince à Aix-la-Chapelle. Il exécuta sa promesse, rétracta ses erreurs, fit sa profession de foi ,& consentit à sa déposition, après laquelle il se retira à Lyon, où il mourut quelque temps après. Pour achever d'étouffer les restes de l'hérésie que ce prélat avoit répandue dans la Septimanie & dans la Marche d'Espagne, Leydrade, Nébridius 8c Benoît tinrent un second concile à Urgel, où se trouvèrent les évêques & les abbés de Gothie.
Nébridius ou Néfridius, homme également respectable par sa ' capacité 8i son exactitude à remplir tous les devoirs de son ministère, avoit succédé depuis peu à Daniel, archevêque de Narbonne. On^ ne doute pas qu'il ne soit le même que Nébridius, premier abbé de la Grasse, au diocèse de Carcassonne, dont nous avons déjà parlé. On prétend même qu'il conserva pendant son épiscopat l'administration de cette abbaye; mais cette prétention n'est fondée que sur l'autorité de la date très-défectueuse^ d'un diplôme de Charlemagne. Il est certain, en effet "*, qu'Attala étoit abbé de ce monastère sous le règne de ce prince, dans le même temps que Nébridius étoit sur le siège de Narbonne. Ce dernier, qui l'occupa longtemps, fut lié d'une amitié particulière avec Agobard,. archevêque de Lyon, successeur de Leydrade^, qui le respectoit comme son père St le regardoit comme une des fermes colonnes de l'Église; c'est ainsi qu'il l'appelle dans une lettre qu'il lui écrivit pour le porter, par son exemple, à défendre à ses diocésains tout commerce ou société avec les juifs, à cause des inconvéniens qui en provenoient. Nébridius,. suivant une ancienne chronique'^, ordonna pendant son épiscopat Sigipert, évêque d'Uzès. C'est sur le fondement de cette chronique, très-peu exacte, (|ue quelques auteurs'^ prétendent que le prédécesseur de Daniel s'appeloit Nimbrisius, qu'ils distinguent de notre Nébridius. Nous avons déjà remarqué que ces auteurs se trompent, 8c qu'il n'y a eu qu'un seul Nimbrisius ou *
Nébridius, successeur de Daniel, qui ait été archevêque de Narbonne.
XLI. — Nouveaux bienfaits de Charlemagne en faveur de Benoit d'Aniane.
Peu de temps après la tenue du dernier concile d'Urgel, Benoît d'Aniane alla à la cour de Charlemagne pour lui rendre compte, sans doute, de ce
' Agobard, EpUt. t. i, p. loi. ' AgoHjird, EpUt. t. i , p. 102.
' C.itel, Mémoires Je l'histoire du Languedoc, " Chronique d'Usés, dans Cazeneiive, le Franc-
p.74/). — Baluze, Vofae in Agoiardum,p. ^i Siseq. Alleu, p. 286. — Voyez le texte de cette Chroni-
' MabiUon, ad ann. 817, n. 64. — Ce diplôme que rétabli chronologiquement, tome II, Preuves,
est probablement faux, tout au moins dans sa forme Chroniques, n. 7. actuelle; la date est fausse de tout point. [A. M.] ' Gallia Christiana, t. i . — Le Cointe Annales
^ Voyez tome II, Preuves, Chartes & Diplômes, ccclesiastici Francorum, ad ann. 773, n. Ai ; ad
n. XXI. — M.ibillon, adann.8i7,n. 64. ann. 806, n. 81.
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An 799 '
Éd.origin. qui s'y étoit passé. Ce prince, qui l'honoroit de son estime, confirma à sa considération, par un diplôme daté' d'Aix-la-Chapelle au mois de juin de la même année, son monastère dans la possession de plusieurs terres incultes du domaine, 8c entre autres du lieu de Juvignac, appelé anciennement Fontagricole, où Benoît, avec ses religieux, avoit bâti sur la rivière de Léro un petit monastère ou prieuré à qui ils avoient donné le nom de Celleneuve. Ces deux lieux, situés environ à une lieue au couchant de Montpellier portent encore leur ancien nom. La rivière qui en est voisine s'appelle aujourd'hui la Mousson. Charlemagne accorda en même temps à l'abbaye d'Aniane la possession d'un terrain inculte, appelé Porcarias, donné à Benoît par les comtes Si. les fidèles du voisinage, St situé entre l'étang & la mer, ou dans la presqu'île de Cette. Il confirma à cette abbaye la possession d'un autre petit monastère, bâti par les soins du même abbé. Si appelé Asograde ou Sograde, dont Leydrade, archevêque de Lyon, avoit fixé les limites ainsi que celle des autres lieux dont nous venons de parler, par des croix de marbre qu'il avoit fait planter dans le temps qu'il exerçoit sa commission dans la Province conjointement avec Théodulte.
XLIL — Louis sert en Germanie, à la tête de ses troupes d'Aquitaine.
Blocus de Barcelone.
Le roi d'Aquitaine étoit alors dans la Germanie, où Charlemagne l'avoit appelé depuis le commencement ^ du printemps avec une partie de ses troupes. Ce prince, après avoir joint le roi son père à Aix-la-Chapelle, assista avec lui à la diète générale du royaume tenue à Fremesheim, sur le Pvhin, l'accompagna ensuite dans son expédition contre les Saxons, !k ne retourna en Aquitaine qu'après la Saint-Martin. Les comtes qui commandoient sur la frontière d'E',sp^agne agirent pendant son absence contre les Sarrasins. Ils délivrèrent entre autres^ de la piraterie de ces infidèles les îles ^ Baléares ou de Majorque & de Minorque, dont ils prirent possession en son
nom. Ils formèrent"* en même temps, à ce qu'il paroît, le blocus de Barcelone, dans le dessein d'assiéger ensuite cette ville. Azam, gouverneur maure d'Huesca, reconnut aussi, sur la fin de la même année, la souveraineté de Charlemagne, 8c, pour marque de sa soumission, il envoya à ce prince les clefs de cette ville, qu'il accompagna du tribut ordinaire, sous le nom de présent,