‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 507 sur 553 · tome V, Preuves, Chartes & Diplômes, passim), du tome II · texte numérisé non relu

tome V, Preuves, Chartes & Diplômes, passim), du tome II

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. IX. qi5 ~~n,

y An 004

diocèse de Lodève lui parurent très-favorables à son dessein. Il s'y rendit 8c, éforigin.

après avoir pénétré dans la gorge d'une de ces montagnes longue 8c étroite,

au milieu de laquelle l'Hérault se précipite, il la parcourut dvi midi au nord

8c trouva enfin, entre des rochers aftreux, une petite plaine coupée par un

ruisseau d'eau vive qui se jette dans cette rivière, couverte de quelques arbres

qui lui donnoient une agréable fraîcheur, ce qui avoit sans doute fait donner

à cette vallée le nom de Gellone.

Guillaume, trouvant cet endroit conforme à ses souhaits, fit mettre aussitôt

la main à l'œuvre 8c commença le bâtiment du nouveau monastère avec les

ouvriers qu'il avoit amenés exprès. Il prit lui-même le cordeau, planta les

piquets 8c traça, dans cette petite étendue de terrain, les lieux réguliers 8c

les officines conformément à la règle de Saint-Benoît. Son premier soin fut

ensuite de faire travailler à la construction de l'église, qu'il fit paver de marbre

8c dédier au Sauveur. Telle est l'origine de l'abbaye de Gellone, qui subsiste

encore aujourd'hui dans le même endroit depuis plusieurs siècles, avec l'église

bâtie par le duc Guillaume. On lui a donné le nom de Saint-Guillem du

Désert, à cause de son fondateur 8c de sa situation solitaire. On a bâti dans

la suite, autour de son enceinte, des maisons qui forment une petite ville

composée de deux paroisses.

LI. — Les deux sœurs du duc Guillaume embrassent la vie religieuse. Généalogie de la famille de ce duc.

Tandis qu'on élevoit les fondemens de ce monastère, Guillaume chercha, dans ceux des environs, des religieux pour l'habiter. Celui d'Aniane, situé dans la plaine à quatre milles du désert de Gellone, lui en fournit, 8c Benoît, qui en étoit abbé, voulut bien se charger de la conduite' de cette nouvelle maison, sans pourtant abandonner le gouvernement de la sienne. Les bâtimens de l'abbaye de Gellone étant achevés, Guillaume la dota d'une manière également digne de sa piété 8c de ses richesses. Il lui assigna, par une charte, plusieurs terres dans les diocèses de Lodève, de Maguelonne, d'Albi 8c de Rodez, &c, par une autre charte, il la mit sous la dépendance de celle d'Aniane, &c la discipline de Benoît, abbé de cette dernière. Ces deux chartes sont datées du dimanche i5 de décembre, la trente-quatrième année du règne de Charlemagne 8c la quatrième de son empire, c'est-à-dire de l'an 804, ce qui nous fait comprendre qu'on ne comptoit le règne de ce prince dans la Septimanie que depuis la mort de Carloman, son frère, à qui cette province étoit" échue en partage ^.

C'est par ces anciens monumens, 8c non par des romans fabuleux, que nous apprenons la véritable généalogie de Guillaume, duc de Toulouse ou

' AcXa sanctorum ordints sancti Bénédictin iacc. 4, bas une note sur les rapports de Saint-Guillem &

part. I, p. 75 & seq. Fila S. Guillelmi. — Voyez d'Aniane, au tome II, Preuves, n. XII, la note 2

tome II, Preuves, Chartes & Diplômes, n. XII. de la col. 67; & au tome IV, Note CV, Chronologie

' La seconde de ces pièces est fausse; voir plus des ahhés de Saint-Guillem. [A. M.|

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An 804 ^

d'Aquitaine. Suivant' ces deux chartes, il étoit fils de Théodoric 8c d'Aldane, qui étoient déjà décédés. Il avoit trois frères, savoir : Theudoin, Adalelme & Théodoric, 8c deux sœurs : Albane Se Berthe ; il avoit épousé deux femmes : Cunégonde, &c Guitburge dont il avoit eu une fille, nommée Hélimbruch, 8c plusieurs enfans mâles, savoir : Bernard, Witcharius 8c Gaucelme. Il avoit, outre cela, un neveu (nepos) ou petit-fils, appelé Bertrand.

Les deux sœurs de Guillaume^, qui n'avoient pas voulu s'engager dans le mariage Se faisoient profession de piété, lui demandèrent avec instance de vouloir les consacrer au Seigneur, dans quelque endroit voisin de l'abbaye de Gellone, qu'il venoit de fonder. Ce duc, pour seconder leurs vœux, leur fit bâtir une maison à vingt pas du monastère, dans l'endroit où est aujourd'hui la paroisse de Saint-Barthélémy, où elles embrassèrent la vie religieuse. Leur exemple leur attira bientôt des compagnes, dont elles formèrent une communauté-' qui se perpétua dans la suite. L'abbé de Gellone recevoit la profession de ces religieuses, dont la maison subsistoit encore dans le treizième siècle, sous le pontificat de Clément IV. Ces deux sœurs moururent à Gellone, après s'être sanctifiées par la pratique de toutes les vertus religieuses Se les exercices d'une vie laborieuse 8c pénitente. On voit encore leur tombeau dans l'église de l'abbaye, à la chapelle de Notre-Dame, où il est élevé 8c posé sur quatre piliers. C'est de ces deux dignes sœurs qu'a tiré sans doute son nom un lieu du diocèse de Lodève, situé à une lieue de Gellone, appelé le Pech des deux Vierges, soit qu'il fît partie de leur patrimoine, ou qu'elles l'aient peut-être habité avant que de se retirer à Gellone,

Le duc Guillaume eut'* encore un autre fils, nommé Herbert, à qui l'em- ^Ed.onguh pereur Lothaire fit arracher les yeux, 8c une fille religieuse, nomm.ée HeriDcrge, que ce prince fit jeter dans la Saône 8c qui, peut-être, n'est pas différente d'Hélimbruch dont nous avons fait mention. Le comte Wala, frère de saint Adalard , abbé de Corbie, épousa^ une fille de ce même duc, qui étoit peut-être la même qu'Hélimbruch ou Herberge^. Outre tous ces enfans on ^ donne à Guillaume une fille, nommée Berthe, femme de Pépin, roi d'Aquitaine, 8c un autre fils de son nom. On croit cependant que ce dernier n'est point différent de Gaucelme dont nous avons déjà parlé.

LII. — Etablissement de la réforme d'Aniane en divers monastères

de France.

Benoît, abbé d'Aniane, lié depuis longtemps d'amitié avec ce duc, lui fut très-utile par ses conseils, soit pour la fondation du monastère de Gellone,

' Voyez tome II, Note LXXXVII, n. 7 & siiiv. '> Wala épousa probablement Hélimbruch ou Rod-

Preuves, Chartes & Diplômes, n. XII. linde, car on sait que Gerberge, celle qui fut noyée

' Acta sanctorum ordinis sanctl Bencd'tcti, saec. 4, dans le Rhône en 834, était religieuse. [A. M.J

part. I, p. 75 & seq. Fita S. Guillelmi, n. i 1. ' Labbe, Tahle généalogique , p. 23 & 427. —

' î/[ahillon. Annales^ ad ann. 804, n. 33. Voyez tome II, la Note additionnelle à la Note

' L'Astronome, Vie de Louis le Débonnaire, p. 307. LXXXVI. — Notac Mahillonii in Vita S. GuilLlmi,

'' Vita Valae, 1 2, e. 8. P' 71-

-' ' An 804

soit pour la conduite' de sa vie. Il paroît, en effet, que Guillaume se retiroit de temps en temps à Aniane; & nous ne doutons pas que ce ne soit de lui qu'a voulu parler Théodulfe^ dans un de ses poëmes qu'il adressa à Benoît, & où il fait mention d'un seigneur de considération qui avoit embrassé une nouvelle milice , & qui étoit logé alors dans l'appartement des hôtes de cette abbaye. Ce prélat avoit eu occasion de connoître l'abbé d'Aniane & de lier avec lui une sincère amitié, dans le voyage qu'il avoit fait, trois ans auparavant, dans la Septimanie, en qualité d'envoyé ou de commissaire de Charlemagne.

Théodulfe, dans le dessein de rétablir l'ancien monastère de Mici ou Saint-Mesmin dans son diocèse, pria Benoît de lui donner quelques-uns de ses religieux. Cet abbé lui en accorda deux; mais le prélat ne trouvant pas ce nombre suffisant, le pria de vouloir l'augmenter; ce qui fait le sujet de ce poëme.

A l'exemple de Théodulfe, plusieurs autres évêques demandèrent des religieux à l'abbé d'Aniane pour réformer les monastères de leurs diocèses, S< «ntre autres Leydrade, archevêque de Lyon, qui rétablit celui de l'Ile-Barbe, situé près de sa ville métropolitaine. L'abbaye d'Aniane devint par là comme la mère d'un grand nombre de monastères, ou nouvellement fondés, ou anciennement établis, qui embrassèrent sa réforme, ce qui fit regarder Benoît comme le restaurateur de la discipline monastique, non-seulement ^ dans la Septimanie & les provinces voisines, mais encore dans tout le reste de la France, 8<. comme le supérieur général de tous ces monastères. Il en prit la protection dans toutes les occasions avec d'autant plus de succès, qu'il avoit un très-grand crédit auprès de Louis, roi d'Aquitaine, 8<, de la reine Ermengarde, son épouse.

La faveur de Benoît à la cour d'Aquitaine lui attira des envieux qui le représentèrent à Charlemagne comme un homme qui abusoit de la confiance du roi, son fils. Ce faux rapport l'obligea de faire un voyage à Aix-la-Chapelle, où l'empereur tenoit alors sa cour. Il ne lui fut pas difficile de dissiper cette calomnie Se de se justifier auprès d'un prince aussi équitable que Charlemagne, dont l'accès étoit libre à tout le monde. Cet empereur le reçut, contre l'attente de ses ennemis, avec sa bonté ordinaire, & pour lui marquer le respect qu'il avoit pour sa vertu, il voulut lui verser lui-même à boire, après quoi il le renvoya dans son monastère, comblé d'honneurs 8c de bienfaits.

LUI. — Evêques 6- abbés illustres de la Septimanie. — Louis, roi d'Aquitaine, fonde ou rétablit divers monastères.

Théodulfe "* fait mention, dans le poëme dont nous venons de parler, de plusieurs évêques & abbés de la Septimanie, contemporains de Benoît &

' Voyez tome II, Preuves, Chartes & Diplômes, ' Théodulphe, 1. 2, Carmen, (>, vers ôoS & seq.

n. XII. — Vtia S. Bcncdicti Aniancnsis , p. 207 ' Vita S. BenedUt't Anianensis, p. 207 & seq.

& suiv. < Théodulphe, 1. 2, Carmen, 6, vers 5o8 & seq.

~r~o qi8 HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. IX.

An 004 y

célèbres par leur piété, avec lesquels il avoit lié une étroite amitié durant le séjour qu'il avoit fait dans cette province. L'un des principaux est Nébridius, alors archevêque de Narbonnej les autres sont les évêques Attala, Clarin, Teutfrédus 8c Lantila, dont il ne marque pas le siège. Il parle ensuite des abbés Théodulfe & Donat, qui ne nous sont connus que par cet ouvrage. Quant aux abbés Atilion, Nampius, Attala, Olemond & Anian, dont le même prélat fait aussi mention avec éloge, nous en avons déjà parlé ailleurs, à l'occasion de divers monastères de la Septimanie qu'ils gouvernèrent.

Louis, roi d'Aquitaine, favorisa ' beaucoup ces abbés & l'état monastique en général. Lorsqu'il prit par lui-même le gouvernement de ses États, la licence 8c le dérèglement des mœurs, suite des guerres précédentes, avoient déjà fait de grands progrès parmi le clergé séculier 8c régulier. Ce prince prit un soin particulier d'arrêter le cours de ces désordres, 8c Dieu bénit tellement son zèle, qu'il eut la consolation de voir renaître dans l'église d'Aquitaine la piété, t^'i'.'p.'fèe. '^ pureté des mœurs, l'amour des divines Écritures &c l'étude des belleslettres. Il étoit lui-même un modèle de vertu, 8c au rapport de l'historien de sa vie, il avoit plus l'air d'un religieux que d'un prince séculier, tant il étoit modeste dans ses habits, circonspect dans ses discours, sage 8s. modéré dans toute sa conduite. Comme il aimoit beaucoup l'état monastique, il en suivoit les pratiques autant que sa condition le lui permettoit. Il l'auroit même embrassé, à l'exemple de Carloman, son oncle, si l'empereur son père ne l'en eût détourné, ou pour mieux dire, si le Seigneur n'eût voulu montrer en sa personne qu'on peut allier la piété avec la majesté royale,

Louis, ne pouvant entièrement satisfaire son penchant pour l'état religieux, *■ tâcha du moins par sa protection de le rendre florissant. 11 fonda ou rétablit

vingt-six monastères dans son royaume. De ce nombre furent ceux de Saint- Chaffre 8c de Moissac , dans l'Aquitaine; ceux d'Aniane, de Gellone, de Saint-Laurent 8c de Caunes, dans la Septimanie, 8c ceux de Véra, à'Utéra 8c de Valade, dans le Toulousain, Nous ignorons la véritable situation des trois derniers. Les évêques 8c les comtes, à l'exemple de ce religieux prince, fondèrent ou rétablirent, sous son règne, divers autres monastères dans leurs diocèses ou comtés. Celui de Donzère, situé hors des limites du royaume d'Aquitaine 8c au delà du Rhône, fut un de ceux qui durent leur rétablissement à la piété de Louis, Ce monastère, qui étoit dans le diocèse de Saint- Paul-Trois-Châteaux, à une lieue de la même rivière, fut uni^ depuis à l'église de Viviers, sous l'empereur Lothaire ; il est encore aujourd'hui du domaine des évêques de cette ville, qui s'en disent princes,

LIV, — Abbaye de Cruas. — Saint Josserand, confesseur.

L'abbaye de Cruas fut fondée à peu près vers le même temps, dans le diocèse de Viviers, compris alors dans le royaume de Bourgogne, par Éri-

' h' kiXxonome, Vie ie Louis le Débonnaire,^. zi)'i. ' f^ahillon, Annales, ad ann. 8o3, n. 21,

An 8o5

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. IX. qig — "— —

bert', père d'Elpodorius, comte du Vivarais. Cette abbaye, qui n'étoit auparavant qu'un terrain inculte 8c désert, & qui faisoit partie du domaine du prince, est située près du Rhône, le long d'une chaîne de collines qui régnent sur la rive droite de cette rivière depuis Lyon jusques au Saint-Esprit, à trois lieues au nord de la ville de Viviers. Louis le Débonnaire, devenu empereur, confirma la fondation de ce monastère, dont la Vierge & saint Josserand, confesseur, sont les principaux patrons. Ce dernier^ étoit religieux de cette maison, mais on ignore le temps où il a vécu. Ses reliques de même que celles de saint Torquat, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, qu'on conservoit dans l'église de cette abbaye, furent brûlées dans le seizième siècle par les calvinistes.

LV. — Charlemagne partage ses États entre ses enfans. — La Septimanie

demeure unie à l'Aquitaine.

Louis étoit occupé au gouvernement Si à la police de l'Aquitaine, quand, sur la fin de l'année 8o5, il fut appelé^ par Charlemagne, son père, à Thionville, de même que Pépin, roi d'Italie, son frère. L'empereur, voulant prévenir les divisions que le partage de ses États pourroit faire naître après sa mort parmi ses entans, tint, au commencement de l'année suivante, une assemblée générale où il régla ce partage. On en dressa, par son ordre, un acte authentique qui fut souscrit par tous ceux qui composoient l'assemblée.

Suivant cet acte"*, Charles, l'aîné des trois fils de Charlemagne, devoit avoir, après la mort de cet empereur, les royaumes de Neustrie 5t d'Austrasie avec une partie de la Bourgogne & de la Germanie. L'Italie fut destinée pour Pépin avec l'autre partie de la Germanie. Charlemagne réserva tout le reste de la monarchie pour Louis, &, par conséquent, le royaume d'Aquitaine en entier 61 tel qu'il le possédoit déjà avec l'autre partie du royaume de Bourgogne depuis Nevers 8t Châlons-sur-Saône jusques en Provence & à la mer Méditerranée. Selon cette disposition, la portion de Louis devoit être bornée par la Loire St par une ligne depuis Nevers jusques au mont Jura, & ensuite par les Alpes, la Méditerranée, la rivière d'Ebre, en Espagne, 8t l'Océan; ce qui comprenoit toute l'Aquitaine dont on retrancha la partie de la Touraine située sur la rive gauche de la Loire, la Gascogne £,- la Septimanie ou Gothie. On "^ prétend que cette particule disjonctive ou doit avoir ici la même force qu'une conjonction, 8t qu'ainsi il s'agit de deux provinces différentes, en sorte que par la Gothie on doit entendre seulement la Marche d'Espagne ou la partie de la Catalogne soumise alors aux François, parce que ce nom étoit

' Voyez tome II, Preuves, Chartes & Diplômes, Divisio imperii atini DCCCVl ; Pertz, LL. t. i ,

n. XXX. p. 140,

' Bollandistes, i" février, p. çS. ' Marca Hispanica , c. 276 & seq. — Le fait est

' Kginhard, Annales, p. 2.')3. tout au moins discutable, car, dans le plus grand

' Duchesne, t. 2, p. 88 & suiv. — Baluze, Capi- nombre des actes de l'époque barbare, vel prend

tularia regum Francorum , t. 1 , c. j\'Si) & seq.; presque toujours le sens de &. [A. M.]

An 806

"TTs^T" 9-° HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. IX.

affecté à cette province, quoiqu'on l'étendît quelquefois à la Septimanie. Mais t^tp"!*;"'. '' paroît certain ' que les noms de Septimanie & de Gothie ne désignent dans cet endroit qu'une même province, composée alors d'une grande partie de la Narbonnoise première, appelée proprement Septimanie, & d'une portion de la Taragonoise.

Charlemagne ordonna, par cet acte de partage, que si quelqu'un des trois princes ses enfans venoit à mourir sans successeur mâle de sa lignée, les deux autres partageroient ensemble ses États, & qu'ainsi, si Louis décédoit. Pépin auroit, outre sa portion, l'Aquitaine propre & la Gascogne, & Charles le reste du royaume d'Aquitaine, entre autres la Septimanie proprement dite Si la Marche d'Espagne ; mais que si quelqu'un des trois laissoit en mourant un fils que les peuples voulussent reconnaître pour leur roi, ses deux oncles le laisseroient alors paisible possesseur des États de son père. Charlemagne se réserva, sa vie durant, la principale autorité sur les pays qu'il partagea à ses enfans, avec la liberté de faire à l'avenir, dans ce partage, les changemens qu'il jugeroit à propos. Après cette assemblée, ce prince congédia^ Louis & Pépin, & se mit en marche pour Nimègue, où il passa le carême & célébra la fête de Pâques.

Louis, à son retour en Aquitaine, reçut les soumissions des peuples de Pampelune & de la Navarre qui, les années précédentes, s'étoient soustraits à sa domination pour passer sous celle des Sarrasins. Nous ignorons si la soumission de ces peuples fut volontaire, ou si ce prince les y obligea par la force de ses armes. Du reste, il paroît qu'il suspendit pour quelque temps la guerre sur les frontières d'Espagne & qu'il ne fit aucune expédition dans ce pays jusques au siège de Tortose, qu'il n'entreprit que trois ans après.

LVL — Guillaume de Toulouse embrasse l'état monastique dans son abbaye

de Gellone. — Mort de ce duc.

Il y a lieu de croire que Guillaume, duc de Toulouse, se trouva à la diète ou assemblée de Thionville, avec les autres comtes du royaume d'Aquitaine. Nous savons, en effet, que l'empereur l'appela 3, vers ce même temps, auprès de lui pour des affaires importantes. Guillaume entreprit d'autant plus volontiers ce voyage, qu'outre qu'il lui procuroit la satisfaction de revoir sa patrie & ses parens après une longue absence, il pouvoit sans crainte s'éloigner de son gouvernement, les Sarrasins étant alors hors d'état de rien entreprendre sur la frontière. Ce duc fut accueilli très-gracieusement par Charlemagne. Après avoir passé quelque temps à la cour de ce prince, il prit un jour la liberté de lui ouvrir son cœur & de lui communiquer le dessein qu'il avoit formé de quitter le monde & de se retirer dans le monastère de Gellone pour y passer le reste de ses jours dans les exercices de la vie monastique. L'em-

' Voyez tome II, Note LXXXVII, n. 42 & suiv. ' Acta sanctorum orjinis sancti Bcncdicti, snec. 4,

' Eginhard, ^nnaZfS, p. 253. part, i, n. 1 3, Vita S. GuUlclmi.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. IX. q2I

An 806

pereur, qui faisoit un cas particulier de ce seigneur Se qui le regardoit comme l'un des plus fermes appuis de l'État, tant par les services qu'il avoit déjà rendus, que par ceux qu'il étoit capable de rendre dans la suite, fit d'abord difficulté de consentir à l'exécution de son dessein; mais enfin, persuadé qu'il venoit de Dieu, il y acquiesça Si lui donna, à son départ, outre de riches présens, plusieurs reliques considérables pour le monastère de Gellone, entre autres une portion de la vraie croix que le patriarche de Jérusalem lui avoit envoyée depuis peu. Guillaume, après avoir obtenu l'agrément de ce prince 6c surmonté les oppositions de ses parens Se de ses amis qui traversoient également son dessein, se mit en voyage après s'y être disposé par des aumônes considérables Si [après avoir] donné la liberté à plusieurs de ses serfs. Il passa par l'Auvergne, dont les peuples étoient soumis' à son gouvernement, &, s'étant rendu à Brioude, il y donna une marque éclatante de son renoncement au monde dans l'église du célèbre martyr saint Julien, qui, comme lui, avoit été homme de guerre. Il se prosterna devant son tombeau, y fit sa prière Si, après y avoir déposé sa cuirasse 81 son bouclier, qu'il y offrit avec plusieurs autres présens, il alla dans le vestibule de l'église Si y pendit son arc armé d'une grande flèche, son carquois Si son épée, cérémonie fort usitée dans son siècle.

Guillaume avoit, jusques alors, voyagé en grand seigneur; mais depuis qu'il eut fait à- Dieu un sacrifice volontaire de ses armes, il marcha en pèlerin 81 arriva enfin, en cet équipage, au diocèse de Lodève. A son entrée dans ce pays, il se mit nu-pieds, se revêtit d'un cilice 81, portant dans ses mains le précieux morceau de la vraie croix, dont l'empereur lui avoit fait présent, il continua son chemin vers le lieu de sa retraite. L'abbé Si les religieux de Gellone, avertis de son approche, allèrent en procession au devant de lui, ce qui fit souffrir sa modestie; ils le conduisirent ainsi au monastère t!'^p"f6"'. où il fut revêtu de l'habit religieux, le jour de Saint-Pierre, 29 de juin^ de l'an 806.

Guillaume eut à peine embrassé ce nouveau genre de vie, qu'il effaça également de son esprit 81 de son cœur tout ce qu'il avoit été dans le monde 81 ne se regarda plus que comme le dernier de ses frères. Il devint bientôt un modèle de régularité 81 de vertu par son exactitude dans la pratique de la règle, par son humilité 8<. sa pénitence, 81 l'exercice des offices les plus bas Si les plus humilians; en sorte qu'on peut dire qu'il fit plus de bien à sa maison par son exemple 81 la réputation de ses grandes vertus que par les magnifiques présens qu'il lui fit Si les terres considérables qu'il lui donna. Il eut soin d'en faire achever les bâtimens, en quoi il fut secondé par les libéralités de ses deux fils Bernard 81 Gaucelme 81 des autres comtes du voisinage. Le chemin qui conduisoit à Gellone, situé d'un côté entre des rochers

■ Acta sanctorum orJinii sancti Benedict'i, saec. 4, tome II, Preuves, Chroniques, n. I. — Vila sancti pan. I, n. 18, Vita S. Guillelmi. Bcnciicti Anianensis. — L'Astronome, Vie de Louis

' Ihid. part. I, n. 3, Vita S. Guillelmi. — Voyez le Véhonncire, p. 2o3.

An 806 -'

fort escarpés, & la rivière d'Hérault de l'autre, étant également étroit & raboteux, Guillaume entreprit avec les autres religieux d'en tailler un nouveau dans le roc. Il en vint heureusement à bout & le rendit praticable l'espace d'une petite lieue, après des travaux immenses. Si, par l'élévation qu'il lui donna, il le mit à couvert des inondations ordinaires de la rivière. Il s''appliqua aussi à cultiver les environs du monastère, autant que la nature du terroir 8c la situation d'un lieu plein de rochers pouvoit le permettre. En un mot, il n'est point de travail pénible Se abject qu'il n'entreprît pour mortifier son corps 81 humilier son esprit. A cette vie laborieuse Se pénitente, qu'il continua pendant six ou sept ans, il joignoit un parfait mépris des biens présens Si passagers, 81 un désir ardent des biens futurs Si éternels. Guillaume mourut dans ces pieux sentimens, au milieu de ses frères ', le 28 de mai de l'année 812 ou de la suivante. C'est ainsi que finit ses jours ce grand personnage, plus illustre encore par l'éclat de sa vertu 81 de sa sainteté, que par celui de sa haute naissance, de ses dignités Si de ses exploits militaires. Il fut d'abord inhumé^ à la droite du grand autel de l'église de Gellone, du côté de l'Épître, où on voit encore aujourd'hui son caveau, sur lequel le culte public qu'on lui rendit bientôt après donna lieu d'ériger un autel en son honneur. Cet autel fut consacré au onzième siècle, 81 on y exposa, dans le suivant, ses reliques renfermées dans un cercueil ou châsse de plomb. Les religieux, voulant dérober ce précieux trésor à la fureur, des calvinistes qui, en i568^, se rendirent maîtres de leur abbaye, les cachèrent alors secrètement sous le grand autel où il fut trouvé en 167g. Il paroît, par la grandeur d'un bras de ce saint qu'on conserve dans ce monastère, dans une châsse particulière, qu'il devoit être d'une taille extraordinaire. L'abbaye de Gellone n'est connue, depuis longtemps, que sous le nom de Saint-Guillem du Désert, nom que son fondateur 81 sa situation lui ont fait donner, ainsi que nous l'avons déjà remarqué.

LVII. — Diplôme de Louis, donné à Toulouse, en faveur de l'abbaye

de Gellone,

Le roi d'Aquitaine 8<. Charlemagne, son père, ressentirent également la perte qu'ils faisoient d'un général des plus sages Si des plus expérimentés par la retraite de ce duc. Le premier, qui lui avoit toujours donné des marques particulières de son estime Si de sa bienveillance, confirma"^ à sa demande toutes les donations que lui ou d'autres avoient faites au monastère de Gellone. Guillaume étoit profès 81 avoit déjà, comme porte la charte de Louis, préféré l'humilité 81 la pauvreté de Jésus-Christ aux charges les plus brillantes

' Acta sanctorum oriïnis sancti Benedicti, saec. 4, de Gellone par les calvinistes, tome IV, Note CV,

part. 1, n. 3, Vita S. GuilUlmi. un récit authentique publié par nous, extrait du

' mMiWon, Annales, ai ann. 812, n. 5. — Bol- Monasticon Benedictinum, t. |5, f* 161. [A. M.j landistes, au 28 mai. ■" Voyez tome II, Preuves: Chartes & Diplômes,

' Voyez, au sujet de l'invasion du monastère n. XIII.

du palais de Charlemagne & aux plus grandes richesses, quand il demanda cette confirmation. Le roi d'Aquitaine, pour témoigner le cas qu'il faisoit de ce comte à cause de son attachement ^ de sa fidélité inviolables, augmenta considérablement les biens du monastère de Gellone par la donation qu'il lui fit en même temps de plusieurs terres situées tant dans le diocèse de Lodève que dans celui de Béziers. Il lui donna entre autres, dans ce dernier, un domaine appelé Miliacus, avec le lieu 8c l'église de Saint-Pargoire, & deux villages dont le comte Gotjelme, son envoyé ou commissaire, avoit marqué les limites avec des croix gravées sur la pierre. Cette charte de Louis est datée de Toulouse le 28 de décembre, la vingt-septième année de son règne en Aquitaine & la huitième de l'empire de Charlemagne, c'est-à-dire de l'an 807 ^

de J.-C, ce qui fait voir que Louis ne comptoit les années de son règne en Aquitaine que depuis la fête de Pâques de l'an 781, qu'il fut couronné roi à i^| p'''^6'g. Rome, & que ce prince passoit quelquefois l'hiver à Toulouse, outre le séjour qu'il y faisoit ordinairement dans la belle saison pour la tenue de l'assemblée générale du royaume d'Aquitaine.

LVin. — Juliofred, parent de Charlemagne^ abbé de Gellone.

Suivant ce diplôme, Juliofred, qui, comme nous l'apprenons' d'ailleurs, étoit proche parent de Charlemagne, gouvernoit alors en qualité d'abbé le monastère de Gellone, situé dans le domaine de Louis, au-dessous du château de Verdun, dont on voit encore les ruines sur la cime d'un rocher escarpé qui domine la vallée de Gellone, ce qui prouve que Benoît, abbé d'Aniane, qui avoit la principale autorité sur ce monastère, le faisoit gouverner par un abbé particulier. Benoît en usoit de même à l'égard des autres monastères de sa réforme, sur lesquels il s'étoit réservé seulement une inspection générale. Après sa mort, la plupart de ces monastères reprirent leur ancienne indépendance; celui de Gellone demeura toujours soumis à l'abbaye d'Aniane^ jusques au onzième siècle qu'il se mit en liberté, sous le pontificat d'Urbain IL L'abbaye de Gellone est à présent immédiate au Saint-Siège St exerce sa juridiction sur les deux paroisses de Saint- Barthélémy & de Saint-Laurent qui sont dans la ville de Saint-Guillem , 8c sur un ermitage qui subsiste au milieu des rochers depuis le quatorzième siècle.

' Voyez tome II, Preuves, Chartes & Diplômes, les autres actes qui mentionnent cette prétendue

"■ XIII. sujétion sont tirés du cartulaire d'Aniane, rédigé

C'est à tort <jue les Bénédictins ont cru que le précisément à cette époque, 4ors du procès entre

monastère de Gellone avait jamais été soumis à les deux abbayes. Du reste, tous ces actes, quoique

celui d'Aniane. Le diplôme de Louis le Pieux, que présentant des interpolations, n'en sont pas moins

D. Vaissete vient d'analyser, prouve la fausseté de authentiques'. Le plus souvent, le faussaire s'est

cette opinion, qui ne peut s'appuyer que sur le contenté d'ajouter le nom de Gellone à la suite de

deuxième testament de saint Guillem ', fabriqué celui d'Aniane dans la suscription. [A. M.] par les moines d'Aniane, au onzième siècle. Tous

' \'oycz. p?r exemple, tome H, Preuve;, Chartes & Diplô- > Voyez tome II. Preuves, Charles & Diplômes, n. XII. mes, il. XXVI.

An 807 ' ^

LIX. — Le comte Gotjelme, commissaire de Louis dans la Septimanie.

Le comte Gotzelrae, commissaire ou envoyé du roi Louis dans la Septimanie, dont la même charte fait mention, n'est pas sans doute différent de Gaucelme, fils du duc Guillaume, dont nous avons déjà parlé. Il exerça sa commission, l'an 807, dans cette province ' St peut-être aussi dans le Toulousain. Il paroît qu'il étoit alors gouverneur ou comte de Roussillon, car nous trouvons quelques années après un comte de ce pays appelé tantôt^ Gaucelme, tantôt Gaucelin, ce qui est apparemment une erreur de copiste. Ce comte de Roussillon vivoit encore en 83o. Nous avons lieu de croire que Bernard, frère de Gaucelme, Si qui paroît avoir été son aîné, étoit aussi pourvu alors de quelque comté ou gouvernement dans la Septimanie, ou plutôt dans la Marche d'Espagne, car, suivant l'auteur de la Vie de saint Benoît d'Aniane, Si celui qui a écrit celle de saint Guillaume 3, les fils de ce duc qui lui avaient succédé dans ses comtés l'aidèrent après sa retraite à achever les bâtimens du monastère de Gellone, d'où il est aisé d'inférer que Bernard avoit obtenu quelque gouvernement ou comté particulier avant la mort du duc Guillaume, son père, lequel, suivant la police "* usitée sous le règne de Charlemagne, pouvoit posséder plusieurs comtés sur les frontières, mais non pas dans l'intérieur du royaume. Si donc les enfans de Guillaume lui succédèrent immédiatement dans ses gouvernemens, ce dut être dans quelque comté particulier de la frontière; car pour le comté ou duché de Toulouse, il passa^ en d'autres mains. Si il est certain que si Bernardin parvint jamais à cette dignité, ce ne fut que bien avant sous l'empire de Louis le Débonnaire. Bernard ne put d'ailleurs avoir été pourvu du duché de Septimanie du vivant de Guillaume, puisque ce pays faisoit alors partie du duché de Toulouse ou gouvernement général d'Aquitaine, dont il ne fut séparé^ qu'en 817. Nous ignorons de quelle dignité furent revêtus les autres fils du duc Guillaume. Il paroît seulement que l'un d'entre eux, nommé Héribert, étoit, en 811, à la suite de Louis, roi ^ d'Aquitaine, au siège de Tortose, Si sans doute avec quelque marque d'honneur Si de distinction.

LX. — Raimond, duc d'Aquitaine, successeur de Guillaume. — Ahhaye

de Lombe-^.

Nous ne sommes guère mieux instruits sur le successeur immédiat de Guillaume dans le duché d'Aquitaine ou de Toulouse ; nous trouvons cependant

' D'Achéry, Spicilegium, t. 3, p. 235, Chronicon * Voyez tome II, Note LXXXVII, n. i; voyez

Fontanellensis monasterii. — Mabillon, ad ann. SiS, aussi la Note additionnelle k la suite. [E. M.]

n. 5i. ' liid.

' Marco. Hispanica, c. 349, 358, 776, 783. ^ Ibid,

' Aclasanctorum ordinis sancti Benedtcti, saec. 4, ' Ihid.

part. J, p. 83& 208. ' L'Astronome, Kj'e rfe Z.ouis ZcI'c.'ionnjiVe, p. 292.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. IX. qiS — ~:

' An 807

que' Raimond, surnommé Raphinel^, prend le titre de duc d'Aquitaine vers l'an 810^. Or nous avons déjà remarqué que le titre de duc d'Aquitaine & de Toulouse étoient alors"* svnonvmes. Il est fait mention de ce Raimond dans une charte, datée de Béziers le jeudi 21 de mars, sous le règne de l'empereur Charlemagne & de Louis, roi d'Aquitaine. Par cette charte, Raimond donne à l'abbaye de Saint-Thibéry le lieu de Lombez, situé dans le Toulousain, & le fief de Posquières, avec l'église de Notre-Dame, dans la Septimanie Se le comté de Nimes.

Cette donation donna lieu^ aux religieux de Saint-Thibéry de fonder dans la suite un monastère à Lombez, sous l'invocation de la sainte Vierge, auprès duquel on voyoit un oratoire où reposoient les reliques de saint Majan, confesseur. Ce monastère, qui passa dans le douzième siècle des bénédictins aux ^'\- ""e^"chanoines réguliers, a donné l'origine à la ville de Lombez, située sur la petite rivière de Save. Elle a été autrefois la principale de l'archidiaconé du pays de Savés, dans l'ancien diocèse de Toulouse, ainsi appelé de cette rivière qui l'arrose. L'abbaye fut démembrée de ce diocèse Se érigée en évêché, au quatorzième siècle, par le pape Jean XXU. Elle a été depuis sécularisée. Les reliques de saint Majan furent transférées de l'oratoire dont nous venons de parler au monastère de Villemagne, dans le diocèse de Béziers. Posquières n'est point différent du lieu de Vauvert, dans le diocèse de Nimes, qui a titre de baronnie &.a été longtemps du nombre de celles qui entrent aux États de Languedoc.

LXL — Cixilane, vidame ou vicomte de Narbonne.

Quelques auteurs prétendent^ que le duc Guillaume, fondateur de l'abbaye de Gellone, Se Bernard, son fils, furent comtes particuliers de Narbonne, mais ils se trompent. L'opinion de Catel'^, qui fait le même Guillaume vicomte de cette ville après Aymeri, son prétendu père, est encore plus insoutenable. D'ailleurs* le titre de vicomte ne fut en usage en France que vers la fin de l'empire de Louis le Débonnaire. Ceux qui tenoient leur place dans les comtés ou diocèses ne prenoient auparavant que le titre de viguier (vicar'ius, vicedomlnus) ou de vidame'.

Le premier que nous connoissons sous ce dernier titre, dans le diocèse ou comté de Narbonne, est Cixilane qui présida'", l'an 802, à un plaid ou jugement dans lequel on adjugea à Anian, abbé de Caunes, le payement de cer-

' yVah'iWon, Annales, ad ann. 79?, n. 24. " Voyez tome II, Note LXXXIII, n. 17.

' Raimond Raphinel est un comte apocryphe. ' Ih'id. Note LXXXVII, n. 7 & suiv.

La charte qui en fait mention est fausse. — Voyez ' Catel, Mémoires de l'histoire du Languedoc,

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