‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 511 sur 553 · LXXXIV. — Abbayes de Villemagne, de Joncels 6- de Sorè-^e · texte numérisé non relu

LXXXIV. — Abbayes de Villemagne, de Joncels 6- de Sorè-^e

L'abbaye de Villemagne subsiste encore de nos jours. Elle est située sur les confins du diocèse de Béziers, dont elle fait partie, Se de celui de Castres, au voisinage d'une petite rivière ou ruisseau appelé Mare, à cinq lieues de Béziers vers le nord & dans les montagnes de ce diocèse. Le statut dressé au concile d'Aix-la-Chapelle, dont nous venons de parler, est le plus ancien monument que nous connoissions qui en fasse mention^ 5 on assure que le lieu où elle est bâtie s'appeloit anciennement Cogne. Son église fut depuis dédiée sous l'invocation de saint Majan, confesseur, après qu'on y eut trans- ^ÉJ. origm. f^j.^^ ^ ]a £^ ^^ neuvième siècle, les reliques de ce saint qui reposoient auparavant dans un oratoire voisin de Lombez, sur la Save, dans le diocèse de Toulouse'*. Quelques auteurs ^ confondent cette abbaye avec celle de Valmagne, à.cause de l'affinité des noms, elles sont pourtant de différent ordre St de différent diocèse. La première est de l'ordre de Saint-Benoît, 8c l'autre de celui de Cîteaux 8c dans le diocèse d'Agde.

On prétend que^ l'abbaye de Joncels subsistoit avant le règne de Pépin le Bref, qu'elle fut détruite par les Sarrasins, Se que ce prince la rétablit. Elle étoit anciennement connue sous le nom de Saint-Pierre de Lunas'^. Elle

' Codex Fisigoth. 1. 9, tit. 1, de Fugitlvis. ^ Baluze, Notae in Capkulariis, t. 2, c. 1 opp, &

" Voyez tome II, Preuves^ Chartes et Diplômes, Ccfltularia regum Francorum, t. i^Appendix^ c. 1 3p3

n. XXX. & iSrp.

^ Voyez tome IV, la Note CXIV, sur l'abbaye de ' Voyez tome IV, la Note XCXIII sur l'abhaye de

Villemagne. Saint-Pierre de Lunas ou Joncels. — La prétention

* Ce dernier fait est faux; il a été tiré par Ma- de l'abbaye de Joncels repose sur un diplôme de billon de la charte apocryphe qui a inventé le Pépin II, mal daté, p.ublié par Mabillon à l'ancomte Raimond Raphinel. [E. M.] née 85 1, & que nous avons réimprimé à sa véri-

' Le Comte, ad ann. 817, n. 3io. table date. [E. M.]

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est dans les montagnes du diocèse de Béziers, sur les frontières du Rouergue & du diocèse de Lodève, à deux lieues de cette dernière ville du côté du nord-ouest & environ à huit de Béziers vers le nord de cette ville.

Il n'est pas aisé de marquer l'époque précise de la fondation de l'abbaye de Sorèze. Elle éprouva, à ce qu'on ' prétend, les mêmes révolutions que celle de Joncels, 8c s'il faut ajouter foi à quelques mémoires^, peu authentiques au jugement des meilleurs critiques, elle fut détruite par les Sarrasins Se rétablie par le zèle & la piété de Pépin le Bret^. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'elle subsistoit au commencement du neuvième siècle. Elle est située sur la petite rivière de Sor dont elle a pris son nom, à l'entrée de la plaine de Revel , l'une des plus vastes, des plus belles & des mieux cultivées du royaume, au pied de la Montagne-Noire qui fait partie de la chaîne "* des Cévennes, & à cinq grandes lieues de Lavaur du côté du midi. On prétend qu'elle portoit autrefois le nom de Notre-Dame de la Sanhe ou de la Paix. Elle est encore aujourd'hui sous le patronage de la Vierge. La ville à qui elle a donné l'origine est petite, mais très-agréable. C'est une des cinq principales du diocèse de Lavaur.

LXXXV. — Abbayes de Cubières, de Sainte-Eugénie £,• de Valesplr.

Les auteurs sont partagés sur la situation d'un ancien monastère dont il est parlé dans le statut d'Aix-la-Chapelle, sous le nom de sanctae Marîae Caprariensis. Les uns'' prétendent que c'est le lieu de Cabrières, au diocèse de Béziers, Si d'autres*^ l'ancienne abbaye de Notre-Dame de Cubières, dans le pays de Razès &t le diocèse de Narbonne. Ce dernier monastère étoit situé près du château de Pierre-Pertuse, vers les frontières du pays de Fenouillèdes; il fut uni, sous Charles le Simple, à l'église de Narbonne. Nous croyons le sentiment de ces derniers d'autant mieux fondé, que nous n'avons aucun monument qui prouve qu'il y ait jamais eu de monastère à Cabrières 7.

Le monastère de Sainte-Eugénie^, situé dans un des faubourgs de la ville de Narbonne, subsistoit encore à la fin du douzième siècle qu'il fut uni à l'abbaye de Fontfroide, de l'ordre des Cîteaux, dans le même diocèse.

L'abbaye de Valespir, ainsi appelée^ à cause de sa situation dans une

' Baluze, Notae in CapituUriis, c. 1104 & cSpi. rien que de probable, surtout si l'on remarque

' yiabillon. Annales, aà ann. Si-J, n. 65. qu'en réalité le texte de 817 donne Capariensis.

' Ce que les Bénédictins ont cru être un diplôme L'original n'ayant jamais été vu que par Sirmond,

de Pépin le Bref est un diplôme de Pépin, roi qui l'a publié le premier ', on peut même supposer

d'Aquitaine. — Voyez tome II, Preuves, Chartes que cet auteur aura pris un u pour l'a ouvert de

& Diplômes, ad ann. 8i5. [E. M.] l'écriture carolingienne, & lu Capariensis pour

* Caiel, Mémoires Je l'histoire de Languedoc , Capariensis. — Voir, sur ce document, Pertz, LL.,

' Mabillon, Annales, ad ann. 817, n. 64. ' Mabillon, Annales, ad ann. 817, n. 64.

" Baluze, Notae in Capitulariis, t. 2, c. 1 102 & ' liid. ad ann. 796. n. 56.

Concil. Narkon, Appendix, p. 76.

' La conjecture proposée par dom Vaissete n'a ■ Sirmond, Concilia Galliaf, t. 2, p. ÛS5.

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vallée de ce nom qui fait partie du Roussillon & du diocèse d'Elne, ou de Perpignan, fut fondée à la fin du septième siècle, par Castellan, son premier abbé. Elle prit dans la suite le nom de Notre-Dame d'Arles [Arulensis), qu'elle porte encore aujourd'hui.

LXXXVI. — Ahhayes de Saint-Papoul, du Mas-d' A-^il C" de Vénerque,

Saint Rustique, martyr.

Le temps de la fondation de l'abbaye de Saint-Papoul qu'on attribue à Charlemagne, nous est inconnu". Elle fut érigée en évêché dans le quatorzième siècle. Son chapitre, de même que ceux des autres abbayes dont le pape Jean XXII fit des sièges épiscopaux, continua d'être régulier, 8c ce ne fut que longtemps après qu'il fut sécularisé. La ville qui doit son origine à cette abbaye faisoit autrefois partie de l'ancien diocèse de Toulouse dont celui de Saint-Papoul est un démembrement.

L'origine de l'abbaye du Mas-d'Azil ne nous est guère mieux connue^ que celle de Saint-Papoul. Ce que nous savons de certain, c'est que ce monastère, dont l'église étoit dédiée sous l'invocation de saint Etienne 3, subsistoit sous l'empire de Charlemagne, & que'* du temps de Louis le Débonnaire, un seigneur, appelé Ébolatus, de concert avec sa famille, fit donation à Asnarius, abbé du Mas-d'Azil 8<. successeur de Calastus, d'un lieu nommé Sylva agra^ & de l'église de Saint-Pierre où reposoient les reliques de saint Rustique, martyr. Ce lieu étoit situé dans le comté de Toulouse, sur un petit ruisseau appelé Jerles, voisin de la Garonne. C'est sans doute le même où il y a une église ou paroisse de Saint-Rustique, à une lieue de ce fleuve, au voisinage de la baronnie de Castelnau d'Estrétefonts. Il paroît que saint Rustique, que nous venons de nommer, est le même que l'évêque de Cahors de ce nom que Éd.origin. les habitans de cette ville firent mourir sous le rè^ne de Dagobert I. L'abbaye du Mas-d'Azil subsiste encore aujourd'hui dans le pays de Foix, sur la petite rivière de l'Arize, au diocèse de Rieux, à quatre lieues du côté du levant de Pamiers, & dans l'étendue de l'ancien diocèse de Toulouse.

Le monastère de Saint-Pierre de Vénerque étoit situé dans le diocèse de Toulouse, à quatre lieues de cette ville vers le midi & sur la rivière d'Ariége. Il fut uni dans la suite à l'abbaye de Saint-Pons de Thomières.

LXXXVII. — Ahhaye de Gaillac. — Monastère de filles auprès d'Anduje.

Le statut d'Aix-la-Chapelle fait mention de treize monastères d'Aquitaine, parmi lesquels ceux de Moissac & de Saint-Antonin sont situés sur les frontières de Languedoc, le premier sur les confins du Querci, Se le second sur

■ Voyez, au tome IV, la Note sur l'église de ' Mabillon, ad ann. 796, n. 66.

Saint-Papoul, n. LXXXIII. ■* ^'oyez tome II, Preuves, Chartes & Diplômes,

"Voyez, au tome IV, la Note sur Tabbaye du n. XXX. Mas-d'Az.I, n. XCXVIII. ' Ibid.

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ceux du Rouergue. Ce dernier monastère, qui n'a plus titre d'abbaye, a passé depuis longtemps entre les mains des chanoines réguliers; l'autre est à présent sécularisé.

Il y a lieu de croire que l'abbaye de Figeac, en Querci, qu'on convient être de fondation royale, n'étoit pas alors encore fondée, puisqu'il n'en est fait aucune mention dans le statut dont nous venons de parler. Ce fut, à ce qu'il paroît', Pépin I, roi d'Aquitaine, qui la rétablit ou la fonda de nouveau peu de temps après. Suivant une ancienne charte de ce prince, il fonda vers le même temps le monastère de Saint-Quintin de Gaillac qu'il soumit à Figeac^. Le premier monastère est sans doute le même que celui de Gaillac, en Albigeois, qui subsistoit au dixième siècle sous le nom de Saint-Michel, £i qui fut doté en 972 par Raimond, comte de Toulouse 8c d'Albi, qu'on regarde comme son fondateur. Il passa dans la suite sous la dépendance de l'abbaye de la Chaise-Dieu, qui le réforma & à laquelle il fut soumis jusque vers le milieu du seizième siècle qu'il fut sécularisé. Au reste, il est faux que la mense abbatiale de Gaillac soit unie au collège des jésuites de Toulouse, comme l'avance mal à propos le Dictionnaire historique. Nous avons parlé ailleurs de la ville de Gaillac qui subsistoit déjà dès le septième siècle.

Il paroît, par le dénombrement fait à Aix-la-Chapelle, que les monastères d'hommes s'étoient extrêmement multipliés dans la Province depuis le règne de Pépin le Bref. Ceux qui furent fondés pour des filles nous sont moins connus. Il y en avoit un^, au commencement du neuvième siècle, dans le diocèse de Nimes, proche du château d'Anduze. Aussinde, qui en étoit alors abbesse, fit donation d'un village à l'abbaye d'Aniane. La charte de cette donation est le plus ancien monument que nous ayons pour Anduze, qui est aujourd'hui une ville du diocèse d'Alais, que ses anciens seigneurs, dont nous aurons occasion de parler souvent dans le cours de cet ouvrage, ont rendue fort célèbre "*.

LXXXVIII. — Louis partage ses États entre ses enjans, iS* fait couronner Pépin 1 roi d! Aquitaine. — La Septimanie érigée en duché 6- séparée de ce royaume.

L'empereur Louis le Débonnaire associa ^ à l'empire Lothaire, son fils aîné, durant la diète d'Aix-la-Chapelle dont nous venons de parler. Cette cérémonie se fit le 3o de juillet, après trois jours de jeûne. Il fit couronner en même temps roi d'Aquitaine Pépin, son second fils, en faveur duquel il avoit

' Voyez tome II, Vole XCIII. dom Vaissete, elle a été publiée pour la première

' Ihii. fois par Ménard, t. 7, 226. — Voyez Herzog, Gallta

' Ihid. Preuves, Chartes & Diplômes, n. XV. Vnrbon.,Appendix epigraphica, n.î^i, Si.au lomell,

* Anduze est mentionné dans une inscription le Recueil des inscriptions de la Province. [A. M.l

antique de l'amer A'emauscnsis. Découverte après la 'Éginhard, Annales, p. 261. — Chroniaue de

publication de V Histoire générale de Languedoc de Moissac, p. 147. — Baluze, Notae in Capitulariis.

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déjà disposé de ce royaume depuis quelques années, & Louis, son troisième fils, roi de Bavière. Après avoir partagé toute la monarchie entre ces trois princes, il en fit dresser un acte solennel qui fut souscrit par tous les grands du royaume qui composoient l'assemblée, & qui en promirent l'exécution par serment. Ce prince, qui regardoit le pape comme un des principaux membres de l'Empire, lui envoya demander ensuite à Rome son approbation ', &. quatre ans après il fit ratifier & confirmer cet acte de partage dans une diète générale qu'il tint^ à Nimègue.

Par ce partage, rapporté dans les^ Capitulaires, Pépin eut pour lui l'Aquitaine proprement dite, la Gascogne, toute la Marche de Toulouse & quatre comtés, savoir : celui de Carcassonne, dans la Septimanie, & ceux d'Autun, d'Avallon & de Nevers, dans le royaume de Bourgogne. La Bavière & une partie de la Germanie vers le levant échurent à Louis. L'empereur réserva le reste de la monarchie Françoise pour Lothaire, son fils aîné, qui devoit lui succédera l'empire. Par là, ce dernier devoit régner, après la mort de son père, sur la Septimanie & le Vivarais, & le reste du pays compris aujourd'hui dans le Languedoc appartint dès lors à Pépin, roi d'Aquitaine. Il n'est pas fait mention dans cet acte de partage du royaume d'Italie, parce qu'il étoit t."^!,' P?f85. alors possédé par Bernard, neveu de Louis le Débonnaire 5 mais ce dernier, en qualité de chef de la famille royale, avoit sur ce royaume une autorité supérieure. Ce fut par cette raison'* qu'il ordonna, dans l'acte de partage dont nous parlons, que les rois Pépin St Louis regarderoient après sa mort l'empereur Lothaire, leur frère aîné, comme leur supérieur ou leur suzerain, qu'ils vivroient avec lui dans une parfaite union, &i qu'ils n'entreprendroient rien sans son avis &c son consentement.

Par un autre •'' article de ce partage, l'empereur défend à tous les vassaux du royaume de tenir après sa mort des bénéfices ou fiets que d'un seul des princes, ses enfans, pour prévenir par là les divisions que l'usage contraire pourroit faire naître, mais il leur permet en même temps de posséder partout ailleurs ou dans les Etats des autres princes leurs biens propres iS- héréditaires, chacun suivant sa loi, ce qui fait voir qu'ils n'étoient point obligés de faire hommage à personne pour ces biens. Ce prince permit de plus à tout homme libre & sans seigneur de se rendre vassal de celui des trois princes, ses enfans, qu'il voudroit choisir, preuve certaine que le franc-alleu étoit alors en usage en France^.

■ Agobard, Ep'ist. Je divisione impcr'ii, dans Du- toutes les erreurs contenues dans ce paragraphe.

chesne, t. 2, p. 33o. Les Bénédictins avaient, sur les origines de la féo-

' Eginhard, Annales, p. 264. dalité, les idées de leur temps & ne connaissaient

' Baluze, Capitularia regum Francorum , t. 1, rien de l'institution du séniorat & du vasselage,

c. 5-j5. Divlsio imperli anni DCCCXFII ; FqiiZjLL,, auquel ce capitulaire de 817 fait allusion j ils ont

t. I , p. 198. vu \e frunc-alleu là où il ne s'agit que de personnes

^ Voyez tome II, Vote XCIV, n"> 3 & 4. qui ne sont point encore recommandées à une

' Baluze, Capitularia. regum Francorum , t. I, autre. Quant au mot libre, il est, dans ce passage,

art. 9, c. 576, ut supra. opposé à celui de non libre, de serf, de lije, &c. '' Nous n'avons pas besoin de relever en détail [A. M.]

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. IX. g53

Cet acte de partage, qu'un' de nos critiques prétend être supposé, sans aucune raison solide, nous donne l'époque de la séparation de la Septimanie du royaume d'Aquitaine 8c du duché ou gouvernement général de Toulouse, dont elle avoit été dépendante depuis l'an 781. Cette province fut érigée, après cette séparation , en duché ou gouvernement général. On nomma d'abord ses gouverneurs ducs de Septimanie 81 ensuite marquis de Gothie, ce qui signifioit la même chose. Ce gouvernement, à qui on donna quelquefois le titre de royaume, s'étendit depuis ce temps-là sur la Septimanie propre en deçà des Pyrénées, 8<. la Marche d'Espagne au delà de ces montagnes, ce qui subsista jusques en 865 ^ que ces deux provinces furent désunies pour faire chacune un gouvernement général séparé. La première, dont le diocèse ou comté de Carcassonne qui demeura uni au royaume d'Aquitaine ne dépendit plus, comprenoit huit diocèses, savoir ; ceux de Narbonne, d'Elne ou Roussillon, de Béziers, d'Agde, de Lodève, de Maguelonne, de Nimes & d'Uzès. Ce dernier en fut séparé après la mort de Louis le Débonnaire pour être uni aux États de l'empereur Lothaire. Ces huit diocèses formoient autant de comtés ou gouvernemens particuliers de même nom, 8c de plus ceux de Fenouillèdes Se de Razès, démembrés du diocèse ou ancien comté de Narbonne, 8c celui de Confient du diocèse d'Elne^, Le comté de Razès fut ensuite séparé de la Septimanie' Se uni, de même que celui de Carcassonne, à la Marche ou marquisat de Toulouse, qui dépendoit du royaume d'Aquitaine.

La Marche d'Espagne renfermoit les quatre diocèses de Barcelone, de Girone, d'Urgel Se d'Ausone. Celui-ci n'avoit pas alors d'évêque particulier 8c étoit sous la juridiction immédiate de l'archevêque de Narbonne, métropolitain de ces deux provinces, comme nous l'avons déjà remarqué ailleurs. Ces quatre diocèses formoient '^ alors dix ou douze comtés ou gouvernemens particuliers. Les principaux étoient celui de Barcelone, ceux de Girone, de Besalu, d'Ampurias 8c de Lampourdan, compris dans le diocèse de Girone, ceux d'Urgel, de Cerdagne 8c de Pailhas, dans le diocèse d'Urgel, celui d'Ausone, 8cc. La Marche d'Espagne s'étendoit encore sur les frontières de Gascogne 8c comprenoit entre autres les comtés de Ribagorça 8c de Jaca, qui font aujourd'hui partie de l'Aragon ; mais il paroît que ce dernier pays demeura soumis au royaume d'Aquitaine 8c qu'il fut administré par un gouverneur général indépendant , qui prenoit la qualité de marquis ^ de Gascogne.

Barcelone fut la capitale du nouveau duché de Septimanie ou marquisat de Gothie, dont les ducs ou gouverneurs généraux "^ furent certainement dans la suite les mêmes que les comtes ou gouverneurs particuliers de cette ville,

■ Voyez tome II, Vote XCIV. t Marco. Hispanica, c. 253.

' Ihid. Note LXXXVII, n. 14 & suiv.j n. 41 & ' Voyez tome II, Preuves, n. LXVII. C'est

suiv. — Voyez l'addition à cette Note. encore la charte d'AIaon qui est citée ici. [A. M.]

' Voyez tome II, Note XCIV, n. 1 i. « Voyez tome II, Note LXXXVII, n. 14 & suiv.

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— qSa histoire générale de LANGUEDOC. LIV. IX.

An 817 7 T

jusques à la désunion de la Gothie ou Septimanie propre d'avec la Marche d'Espagne, ce qui nous donne lieu de croire que Béra, que Louis le Débonnaire avoit pourvu du comté de Barcelone en 801, après la conquête de cette ville sur les Sarrasins, fut le premier duc de Septimanie depuis la nouvelle érection de ce duché.

Quant à la Marche de Toulouse, dont il est fait mention dans le même ^Éd. origm. ^(-^q Jg partage, elle continua de faire partie du royaume d'Aquitaine dont cette ville fut toujours regardée comme la capitale. Ce pays est cependant distingué de l'Aquitaine propre dans cet acte, de même que dans tous les autres de l'assemblée d'Aix-la-Chapelle, Se il en est fait mention comme d'une province particulière. La Marche de Toulouse s'étendoit fort loin du côté des Pyrénées & comprenoit tout l'ancien diocèse de Toulouse qui, par la séparation de la Septimanie d'avec l'Aquitaine, devint frontière de ce royaume, ce qui lui fit donner le nom de Marche'. Il paroît que le comté de Carcassonne, qui fut démembré de la Septimanie dans le même temps, fut dès lors uni à cette Marche ou marquisat de Toulouse, & que le pays ou comté de Razès, qui s'étendoit jusque sur les frontières d'Espagne, fut aussi ensuite de sa dépendance. De là vient sans doute que les comtes de Toulouse prirent durant le neuvième siècle, conjointement avec le titre de duc, ceux de marquis & de comte. On verra, dans la suite, la preuve de tout ce que nous venons d'avancer.

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