p. 191. « Voyez tome II, ?/ore XCVI, n
' Le duc Totilo est encore un personnage fabu- ' Les ducs de Toulouse n'eurent jamais, au neu-
leux, adopté par l'auteur de la charte d'Alaon. vième siècle, aucune autorité sur l'Aquitaine pro-
[E. M.] prement dite. Cette province, divisée en comtés,
' Voyez tome II, Note LXXXVII, n. 114. était gouvernée par des comtes indépendants les
•• Voyez tome II, Note LXXXVII, n. i3, 17 & uns des autres. [E. M.] — Voyez tome II, la Note-
suiv. additionnelle à la Note LXXXVII.
' Voyez tome II, Note XCVI, n. 6.
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. IX. gSy ^^ g
en sorte que le royaume de Pépin comprenoit deux duchés ou gouvernemens généraux : celui de Gascogne, qui s'étendoit dans l'ancienne Novempopulanie & comté de Bordeaux, 8c celui de Toulouse ou d'Aquitaine qui comprenoit la province ecclésiastique de Bourges avec la plus grande partie de celle de Bordeaux, Si une portion de l'ancienne Narbonnoise. Le reste de cette dernière province demeura avec l'autre partie de la monarcliie sous l'autorité immédiate de Louis le Débonnaire & de Lothaire, son fils aîné, qui devoit lui succéder après sa mort dans toutes ces provinces.
XCIIL — Ulfarius, comte d'Albigeois, fondateur de Vahhaye de Bellecelle. Monastère d'Arles uni à l'abhaje d'Aniane.
Louis, après être parvenu à l'empire, fit son principal séjour au palais d'Aix-la-Chapelle, où il se plaisoit beaucoup, & où Benoît, ancien abbé d'Aniane, qu'il honoroit de sa protection & qu'il avoit appelé dans le voisinage, avoit occasion de lui rendre de fréquentes visites. Quoique ce saint abbé n'eût plus le gouvernement immédiat de cette abbaye, il veilloit cependant également à ses intérêts, ce qui l'engagea à demander un diplôme à l'empereur pour confirmer la fondation d'un monastère qui avoit été bâti depuis quelques années sous la dépendance de celui d'Aniane.
Ce nouveau monastère' avoit été fondé par Ulfarius, comte d'Albigeois, seigneur recommandable par sa naissance & ses richesses, Se encore plus par sa piété. Ce comte étoit lié d'une étroite amitié avec Benoît 8t, comme il n'avoit point de proches parens, il résolut d'employer une partie de ses grands biens à des bonnes œuvres. Dans ce dessein, il donna à Benoît Se à son abbaye d'Aniane une terre située sur la rivière d'Agout St les confins des diocèses d'Albi St de Narbonne, pour y bâtir un monastère. Le saint abbé S< ses religieux exécutèrent fidèlement la volonté du comte. Ils firent élever les bâtimens de ce nouveau monastère, à qui on donna le nom de Bellecelle & dont l'église fut dédiée sous l'invocation du patriarche saint Benoît Se de plusieurs autres saints. Se le pourvurent de toutes les choses nécessaires. Benoît "^f ""sL"; y envoya ensuite douze religieux avec un abbé pour le gouverner sous l'autorité de celui d'Aniane. Il ordonna en même temps, du consentement de Georges, qu'il venoit de choisir pour son successeur dans cette dernière abbave, de Nébridius, archevêque de Narbonne, son ami particulier. Se de plusieurs autres personnes de piété, que l'abbé de Bellecelle seroit toujours tiré d'entre les religieux de cette maison tant qu'il y en auroit quelqu'un digne de cette place; que, s'il ne s'en trouvoit pas, on le tireroit d'Aniane, Se que l'abbé de ce monastère auroit droit d'inspection Se de correction sur celui de Bellecelle, quand il y auroit quelque chose à réformer. Se non autrement. Benoît, pour donner plus de poids Se d'autorité à ce règlement, en demanda la confirmation à l'empereur qui la lui accorda par un diplôme daté d'Aix-la-
■ Voyez tome II, Preuves, Chartes & Diplômes, n. XXXII. — Vlta S. Benedicti Anianensis, p. 210, 220.
An 819
Chapelle le 9 du mois de mars de la sixième année de son empire, c'est-àdire l'an 819. Ce prince, par ce diplôme, prend ce monastère sous sa protection spéciale & veut qu'il jouisse des mêmes immunités qu'il avoit accordées à celui d'Aniane.
On voit, par ce que nous venons de dire, que la fondation de l'abbaye de Bellecelle devoit être achevée l'an 814, lorsque Benoît étant appelé en France par l'empereur, fit élire Georges pour son successeur dans celle d'Aniane 8t que, par conséquent, Ulfarius, comte d'Albigeois, qui avoit donné à cette dernière abbaye le fonds pour construire celle de Bellecelle, devoit gouverner ce pays sous le règne de Louis le Débonnaire en Aquitaine. C'est tout ce que nous savons de ce comte qui, vraisemblablement, avoit succédé immédiatement à Aimon, à qui Charlemagne avoit donné le comté d'Albigeois en 778. L'abbaye de Bellecelle devint célèbre dans la suite par la régularité & le nombre des religieux qui l'habitèrent. Il paroît' qu'elle devoit être située aux environs de la ville de Castelnau de Brassac, au diocèse de Castres, qui a été démembré de celui d'Albi. Nous ne connoissons pas d'autre monument qui fasse mention de ce monastère dont il ne reste depuis longtemps aucun vestige, & nous ignorons absolument l'époque & les circonstances de sa décadence. Quelques auteurs le confondent^ mal à propos avec celui de Caseneuve, dans le diocèse d'Uzès, qui étoit aussi sous la dépendance d'Aniane.
Peu de temps après, l'empereur soumit^ à cette dernière abbaye le monastère de Saint-Martin, qu'il avoit fondé hors des murs de la ville d'Arles, & lui donna plusieurs biens situés dans les diocèses d'Orange & d'Avignon, entre autres une terre de son domaine qui avoit appartenu autrefois à ce monastère Se qui consistoit en quarante maisons ou habitations.