‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 518 sur 553 · CXLI. — Mort de Pépin 1, roi d'Aquitaine · texte numérisé non relu

CXLI. — Mort de Pépin 1, roi d'Aquitaine

Après^ l'assemblée de Kiersi, l'empereur prit la route d'Aix-la-Chapelle; Charles le Chauve, son fils, s'en alla dans le duché du Maine pour prendre possession de cette portion de ses États, 8c Pépin retourna en Aquitaine. Celui-ci, peu de temps après son retour dans ses États, mouruf^à Poitiers, le i3 de décembre de la même année 838, 8c fut inhumé dans l'église du monastère de Sainte-Radegonde^ de la même ville. On prétend qu'une comète, qui avoit paru quelque temps auparavant'', avoit présagé sa mort. Il laissa quatre enfans de la reine Engelberge'^ qu'il avoit épousée l'an 822, savoir : deux fils 8c deux filles. Ceux-là, dont l'aîné se nommoit Pépin comme lui. Se l'autre Charles, étoient alors encore jeunes. Le premier lui succéda quelque temps après dans une partie du royaume d'Aquitaine dont il ne fut pas longtemps paisible possesseur; l'autre, après avoir été obligé d'embrasser la cléricature Se avoir été relégué dans l'abbaye de Corbie, devint enfin archevêque de Mayence 8c mourut en 863. Ses deux filles étoient sans doute les aînées; car l'une avoit déjà épousé^ Gérard, comte d'Auvergne, 8c l'autre Ratharius ou Pvathier, comte de Limoges, dans le temps de sa mort. Un de nos généalo-

' h''\%Xtonora.e,Vie de LouislcDéhonnaire,f.'ii6. '' Adhémar de Chabannais, p. i6o. — Chronique

' Eginhard, Annales, p. 272. — L'Astronome, ms. de Bernard-Gui, dans Catel.

Vie de Louis le Débonnaire, p. 3o 1 . " L'Astronome, Vie de Louis le Débonnaire, p. 3 1 6.

' Nithard, 1. 1 , dans Diichesne, t. 2, p. 36i . — ' Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti, saec, 4,

L'Astronome, Vie de Louis le Débonnaire, p. 3 16. part. 2, p. 226. Translatio S. Genulphi.

— Annales Bertiniani, -p. 193. ' L' Astronome, Vie de Louis le Débonnaire, -p. 3ij.

^ Annales Bertiniani, p. i(j3. — Voyez tome II, — Adhémar de Chabannais, p. 161 . Note XCVI, n. 8 & suiv.

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. IX. lou — . „,„

An 838

gistes' prétend que la première se nommoit Berthe & que le comte Gérard, son époux, est le même que Gérard, qu'il appelle de Roussillon, duc de Provence 8c comte de Berry sur la fin du règne de Charles le Chauve; mais cet auteur se trompe, car il est certain que Gérard, comte d'Auvergne & gendre de Pépin, fut tué^ à la bataille de Fontenai en 841. On ignore le nom de l'autre fille de ce roi ; le même auteur lui fait épouser, sur l'autorité du père le Cointe, un prétendu comte nommé Aisitace ou bien Ithier, comte d'Angoulême, dont il n'y a aucune preuve. Il est certain au contraire qu'elle^ épousa Rathier, comte de Limoges, comme nous venons de le dire. Enfin, s'il en faut croire le même auteur, Engelberge, épouse de Pépin, mourut en 838 81 fut inhumée comme lui dans l'église de Sainte-Radegonde de Poitiers, ce qu'il avance sans rapporter aucune autorité.

Suivant le même généalogiste, Louis le Débonnaire ayant destiné Pépin à l'état ecclésiastique dans le temps qu'il étoit encore jeune, avoit dessein de le mettre sous la conduite de Drogon, évêque de Metz, lorsque Lothaire s'opposa à ce dessein, l'arracha en quelque manière de ses mains, & empêcha qu'on ne le tonsurât, parce qu'il étoit parfaitement bien fait; mais cette circonstance'*, que cet auteur a tirée de l'Annaliste^ de Metz, regarde Pépin II, roi d'Aquitaine, 8c non pas Pépin I. Pour ce qui est des mœurs de celui-ci, il paroît qu'on n'a guère d'autre reproche à lui faire que d'avoir pris part à la rébellion de ses frères contre l'empereur, leur père. On peut dire cependant

que s'il eut le malheur de se laisser séduire 8c de suivre en cela de mauvais Éd-oriein. ^ , , , *• i» p- ^20.

conseils, il fut moins coupable que les autres; il tâcha de réparer sa faute

avant sa mort, demeura étroitement uni les dernières années de sa vie avec ce prince, 8c mourut enfin dans ses bonnes grâces. On l'accuse d'avoir usurpé dans ses Etats les biens de l'Église &c d'avoir souffert que ses vassaux en fissent de même. S'il fut peu scrupuleux sur cet article pendant les troubles du royaume qui arrivèrent de son temps, il répara ce mal lorsque la paix fut rétablie dans la famille impériale; il restitua non-seulement tout ce qui avoit été usurpé, mais il fit encore des donations considérables aux églises de son royaume, dans lequel il dota ou fonda même de nouveaux i^ monastères. Ses Etats étoient bornés par la Loire, depuis sa source jusques à son embouchure dans la mer, par l'Océan, les Pyrénées 8c la Septimanie ; ainsi la partie de l'Anjou 8c de la Touraine qui est à la gauche de la Loire, lui étoit soumise^. On peut juger par là de l'étendue de son royaume ; il comprenoit les trois anciennes provinces d'Aquitaine, Se, par conséquent, l'Albigeois, le Vêlai 8c le Gévaudan , qui font aujourd'hui partie du Languedoc. Pépin possédoit encore dans cette province une portion considérable de la Narbon-

' Histoire généalogique de la maison de France, ■* Voyez tome II, Note XCVI, n. ly. edit. 1726, t. I, p. 44. '' Annales Mettenses , ad ann. 85] , p. 304.

' Adhémar de Chabannais, p. 160. Eccard, Annalista Saxonicus, t. 1 , p. loi.

' L'Astronome, Vie de Louis le Débonnaire, ç. 317. •■ Adhémar de Chabannais, p. 160.

— Adhémar de Chabannais, p. 160. ' Mabillon, ad ann. 838, n. 1. >

An 838

noise première, savoir : le Toulousain qui compose aujourd'hui une province ecclésiastique tout entière, & les comtés de Carcassonne & de Razès qui furent détachés de la Septimanie & demeurèrent unis au royaume d'Aquitaine, comme nous l'avons dit ailleurs. La mort de Pépin fut suivie de divers troubles qui agitèrent ce royaume pendant une longue suite d'années & qui s'étendirent dans la Septimanie, ce que nous verrons dans le livre suivant.

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