Loi du 22 décembre 1789. - Dictionnaire de la Révolution
2. On l'accusait, entre autres, d'avoir laissé chanter le Réveil du Peuple par des groupes de jeunes gens. Cette chanson, dont l'air et les paroles avaient été proscrits par la Convention, était qualifiée de fratricide et d'homicide par les républicains de Semur.
Le bailliage de Semur comprenait 96 paroisses, qui toutes étaient de la recette, subdélégation, grenier à sel de Semur; 20 étaient de l'archiprêtré de cette ville, 18 de celui de Flayigny, 11 de celui de Touillon, diocèse d'Autun; 18 étaient du doyenné de Moutiers-Saint-Jean et 5 de celui de Molême, au diocèse de Langres ; 9 de celui de Dijon, doyenné de Sombernon (1).
« Les baillis, dit Courtépée, réunissaient autrefois l'autorité civile et militaire. On les voit, comme les comtes et les vicomtes, auxquels ils succédèrent, juger la noblesse et le peuple, mener à la guerre les nobles de leurs départements, recueillir les revenus provenant des impôts, en rendre compte au prince et pourvoir aux offices des sergents, greffiers, notaires, tabellions et autres suppôts de la justice. Ils étaient, selon Filleau, hailliés dans les provinces comme les conservateurs et gardiens des biens du peuple. Le département de chaque bailli s'appelait baillie. »
L'autorité des baillis donnant ombrage aux rois et aux ducs, ceux-ci leur ôtèrent d'abord la direction des finances et successivement le commandement des armées et l'administration de la justice. Pour exercer un bailliage, il fallait être, sous les ducs de Bourgogne, de robe courte ou longue. Les premiers étaient messires, chevaliers ou écuyers: les autres, licenciés ou saiges en droit. Les fonctions de bailli étaient regardées comme si importantes que Louis XII exigea qu'ils fussent gradués, gentilhommes de nom et d'armes, âgés de trente ans pour le moins, et qu'ils eussent auparavant commandé en état de capitaine, etc..
Les baillis eurent des lieutenants à partir de 1302 et des conseillers depuis le règne de François Les premiers
1 . Ces paroisses étaient : Anstrude, Â.rnay-sous-Yitteaux, Athie-sous-Moutier, Avosne, Bar, Bierre-les-Semur, Bourbilly, Boussey, Braux, Buffon, Cessey, La Chaleur, Chandoiseau,Charigny, Chassey, Chevanay, Chevigny, Clamerey, Corcelles-les-Semur, Courcelles-sous-^rignon, Corrombles, Corsaint, Crepan, Dampierre, Dracy-les-Vitteaux, Éringes, Étais, Fain-les-Montbard, Fain-les-Moutiers-Saint-Jean, Fiée, Fontaines-les- Sèches, Fontette, Forléans, Frêne, Genay, Grignon, Grosbois, Haute-Boche, Jailly, Juilly, Lantilly, Lucenay-le-Duc, Magny-la-Ville, Marcellois, Marcigny-sous-Thil, Marcilly-les-Vitteaux, Menetreux-le-Pitois, Millery, Montberthaut, Montigny-Montfort, Montigny-sur-Armançon, Montigny-Saint-Barttielemi, Montfort, Mussy-la-Fosse, Nèle, Nogent-les-Montbard, Normier, Pouillenay, Posanges, Puy, Puy-d'Orbe, La Roche- Vanneau, SaflFres, Saigny, Saint-Anthost, Saint-Beury, Sainte-Colombe, Saint-Élier, Saint-Euphrône, Saint-Germain-les-Senailly, Saint-Mémin, Saint-Remy, Saint-Thibaut, Savoisy, Souhey, Torcy-les-Époisses, Thorey-soùs-Charny, Thostes, Touillon, Toutry, Uncey, Venarey, Verdonnay, Verrey-sous-Drée, Vesvres, Vic-de-Chassenay, Vieux-Château, Villaines-les-Prévotes, Villeberny, Villenote, Villy, Viserny.
bailliages qui aient été établis en Bourgogne avaient leurs sièges à Chalon (1244) et à Dijon (1267). Quant au bailliage de l'Auxois, tout porte à croire qu'il fut créé vers 1300, puisque le plus ancien bailli dont il soit fait mention est le seigneur Pierre d'Ostun, lequel rendit des sentences à Autun et à Aval- Ion, et se trouve cité dans le codicille de Robert II, en date du mois de septembre 1302. Il eut pour successeur Hugues de Sauvement (1305) et, plus tard, Guillaume-le-Fortqui, en 1326, tenait ses assises à Avallon (1).
D'après B. Guérard, ce serait Pierre d'Ostun, ou d'Autun, qui fut témoin, en 1284, de l'hommage rendu à l'évêque d'Autun par l'abbé de Flavigny. Au nombre des plus célèbres baillis d'Avixois, dont on trouvera la liste complète à la fin de cet ouvrage, il faut citer Guy, surnommé le Beau-de-Bar, seigneur de Presles, que la duchesse de Bourgogne envoya en ambassade au roi pour demander vengeance de l'assassinat desonmariJean-sans-Peur, et qui devint prévôt de Paris, où il mourut le 24 janvier 1436; Geoffroi de Thoisy, seigneur de Mimeure, ambassadeur du duc à Rome et en Sicile, pendant les années 1455 et 1456, et qui s'était distingué, en qualité d'amiral au siège de Rhodes, en 1440; François de la Magdelaine, marquis de Ragny, chevalier des Ordres, lieutenant général du Nivernais, inhumé à Savigny en 1626, après avoir eu le brevet de maréchal de France ; Florent Louis, duc du Châtelet, qui céda sa charge de bailli, plusieurs années avant la Révolution, au marquis de Damas d'Autignv, son beaufrère (2).
Quelques années avant la Révolution, le bailliage d'Auxois était administré par un bailli d'épée, deux présidents, un lieutenant général, un lieutenant criminel (3), un lieutenant particulier civil, deux conseillers, un procureur, un avocat du roi, un greffier (4), etc..
1. Pendant de longues années, les Missi-Dominici (justiciers du roi institués par Karle-le-Grand) et après eux les baillis, allaient de ville en ville et de bourg en bourg exercer leurs fonctions. Plus tard, ils furent autorisés à rester dans le chef-lieu de leur juridiction, et ce fut au tour des parties à se transporter auprès d'eux.
i)ans sa Chronologie des baillis de l'Auxois, M. Louis Desvoyes dit que le plus ancien bailli de cette province fut Guillaume de Chassey (1263-t271), dont cependant nous n'avons pu découvrir le lieu où il tenait ses assises, ni trouver aucune des sentences qu'il a dû rendre.