‹ Histoire générale de Semur-en-AuxoisChapitre 18 sur 93 · Bernard Yarenne. — Notes manuscrites sur Semur-en-Auxois · texte numérisé non relu

Bernard Yarenne. — Notes manuscrites sur Semur-en-Auxois

3. Citons encore, parmi ces religieux : Jacques Maistres, né à Rouvray, évêque de Damas en 1574 ; Robert Bcrthelot, son neveu et son successeur, mort en 1630 ; Antoine Buisson, profès au couvent de Semur, mort évêque de Bethléem en 1492; enfin, les P. P. Matherot, Esprit, Bretagne et Tarcou furent des docteurs d'une haute érudition, qui combattirent fortement à Semur les doctrines de Luther et de Calvin.

quelques hommes d'armes. Tous se portèrent au-devant de l'ennemi, qu'on rencontra à Brion-sur-Ource ; une bataille acharnée eut lieu près de ce village ; mais, accablée par le nombre, l'armée du maréchal fut mise en déroute et les Anglais pénétrèrent dans l'Auxois, où ils prirent plusieurs places, entre autres Flavigny.

Le roi d'Angleterre vint alors établir son quartier général près de Semur, menaçant ainsi toute la Bourgogne, qu'il aurait sûrement envahie si la reine régente, Jeanne, mère de Philippe de Rouvre, et qui s'était remariée au roi de France, n'avait conclu avec Édouard III, le 10 Mars 1359, une trêve de trois ans moyennant deux cent mille moutons d'or (1). Cette somme, qui représenterait aujourd'hui plus de seize millions de francs, était payable en trois termes, dont le dernier devait être acquitté le jour de Pâques 1361 (2).

Les évêques d'Autun et de Chalon, la plupart des abbés du duché, les villes de Dijon, de Beaune, de Semur, de Chàtillon et de Montbard, les gentilshommes les plus distingués, plusieurs bourgeois de Semur, entre autres Guyot-Fournier, qui s'engagea à servir d'otage en cas de retard ou d'inexécution des paiements convenus, signèrent ce traité, dit Traité de Guillon. Malgré toutes ces garanties, la trêve ne fut pas de longue durée, car les partis anglais reparurent dans l'Auxois et, la même année, Semur tombait en leur pouvoir.

Les prévôts de Montréal et d'Aval Ion furent aussitôt convoqués avec tous les. gens d'armes de la Chatellenie pour aller au siège de Semur, dont le château se rendit sans coup férir. Il n'en fut pas de même du fort de Chevigny, que l'on fut obligé de prendre d'assaut, parce que la garnison s'était révoltée contre le bailly d' Auxois. Plainte fut aussitôt portée à Edouard III, qui en délivra le pays et consentit même à faire au duc la remise de douze mille deniers (environ un million) sur la somme qui lui restait due (3).

C'est à la suite de ces événements, et pour être en mesure de résister aux incursions des bandes qui ravageaient et pil-

1. Le mouton d'or était une monnaie frappée par ordre de Saint-Louis et qu'on appelait ainsi parce que l'un de ses côtés représentait Jésus-Christ sous la ligure d'un agneau. Le moutongrande laine valait 16 sous 6deniers d'argentfin et le mo?//OM pelile /ame 12 sous 6 deniers. Le premier eut cours de 1422 à 1461 et le second à partir de 1357.

2. Froissard — Paradin — Dom Plancher (Histoire générale et particulière du duché de Bourgogne).

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