‹ Histoire générale de Semur-en-AuxoisChapitre 19 sur 93 · V. Petit · texte numérisé non relu

V. Petit

laient la province — bandes en majeure partie formées par les compagnies de soldats, autrefois au service de la France, et que le roi Charles V, le Hardi, avait licenciées — qu'on résolut d'apporter des modifications à l'enceinte du château. Semur fut alors choisi comme point de rassemblement, et le maréchal de Bourgogne, Guy de Pontailler, y convoqua la noblesse. Parmi les chevaliers qui, à la tête de leurs compagnies, se rendirent à son appel, se trouvaient Jean IV de Chalon, comte d'Auxerre; Louis, son fils ; Philippe de Lespinasse, seigneur de Clette ; Guillaume d'Antigny, sire de Sainte-Croix ; et Guillaume, sire de Senecey.

La plus redoutable des bandes de pillards avec lesquelles le maréchal de Bourgogne eut maille à partir, fut celle que Ton avait surnommée les tards-venus et dont le chef était le fameux Arnaud des Cervoles, dit l'archiprêtre, à qui sa bravoure avait mérité la faveur du roi de France. Cette compagnie de brigands, 'qui comptait autant de Flamands, d'Anglais et d'Allemands que de Français, pénétra dans l'Auxois en 1364, brûlant et ravageant tout sur sa route, puis s'empara par surprise du château de Villaines-les-Prévottes, près de Semur, d'où elle rançonnait tout le pays (1).

Le maréchal Guy de Pontailler mit aussitôt ses troupes sur pied, fit le siège de Villaines et parvint, après six semaines d'une lutte acharnée, le 6 Mai 1365, à déloger les importuns. L'année suivante, un cousin de l'archiprêtre, le capitaine Petit-d'Arby, vint s'emparer du château de Thil, situé entre Semur et Saulieu, à quelques kilomètres de Précy. A cette nouvelle, Guillaume de Cluni, bailli de Semur, qui fut plus tard bailli de Dijon, courut au secours de Thil, battit les tards-venus qui, le 29 mai 1366, s'enfuirent par la route de Chalon, emportant les trois mille cinq cents livres que leur donna leur prisonnière, la châtelaine de Thil. A partir de ce moment et jusqu'à l'époque des sanglantes querelles des maisons d'Orléans et de Bourgogne, l'Auxois put jouir de quelques années de tranquillité. Duguesclin, en les conduisant en Espagne contre Pierre-le-Cruel, débarrassa le pays des compagnies de brigands qui l'infestaient ; mais en s'en allant ils se rendirent encore coupables de tant de méfaits que Guillaume de Cluni fut obligé de faire retirer le peuple de son bailliage dans les villes, châteaux et lieux fortifiés. Son successeur, Jean de

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