‹ Histoire générale de Semur-en-AuxoisChapitre 29 sur 93 · Et non Dufour, comme l'appellent quelques auteurs · texte numérisé non relu

Et non Dufour, comme l'appellent quelques auteurs

ab ecclesiœ romanse redintegratione », dans lequel se trouvaient plusieurs faits injurieux pour le roi. Aussi le Parlement, par Arrêté du 26 Janvier 1596, ordonna-t-il que son livre fut mis au feu et le condamna-t-il au bannissement. Mais Henri IV, toujours plein de clémence, se contenta de l'exiler dans son prieuré de Semur où il mourut le 14 Mars 1597. Il fut enterré dans le chœur de l'église, sous l'autel, et l'épitaplie suivante fut gravée sur son tombeau : «Urna capit cineres, nomen non orbe tenetur » (1).

Deux mois plus tard, Imbert de Marcilly, seigneur de Cypierre et gouverneur du donjon, mourut à Semur. Ses obsèques furent célébrées en grande pompe aux frais de la ville.

Le Parlement fut encore transféré à Semur en 1637, et pendant cinq mois, pour n'avoir pas consenti à l'enregistrement de treize édits bursaux qui lui avaient été apportés par le prince de Gondé, gouverneur de la province. Mais à cette époque la ville avait perdu son importance par suite de la démolition du donjon, dont l'Arrêt de démolition fut signé par le gouvernement le 12 Août 1602 (2).

La Bourgogne était alors pacifiée ou à peu près. Après la bataille de Fontaine-Française, le duc de Mayenne avait traité avec Henri IV, et il suffit à Biron de se présenter devant Athie, Châtel-Gérard, Noyers, Moutiers-Saint-Jean et quelques autres châteaux pour les soumettre et avoir raison des derniers ligueurs.

C'est le 4 Mai 1602, à 6 heures du soir, que le maréchal de Biron, venant de Ragny, fit son entrée à Semur. Il était accompagné du baron de Lux, lieutenant-général pour le roi au bailliage de Dijon, par le sieur de Ragny, bailli d'Auxois, le sieur de Chatellux, le marquis de Ragny, etc., etc. On lui fit une réception magnifique et digne de son rang. Tous les grands personnages de Semur se portèrent à sa rencontre à cheval, suivis de 400 hommes d'armes. Le maire et ses échevins, escortés par les sergents de la mairie, prirent la tête de la députation et s'avancèrent jusqu'à Ménetreux où ils offrirent au maréchal les clefs de la ville, en l'assurant qu'ils étaient les plus fidèles serviteurs du roi dans cette province.

« Avec les clefs, Biron voulut bien accepter 3 feuillettes de bon vin vieux, 53 poulets, 6 levrauts, 6 chapons, 4 artichauts

1. Cette urne contient ses cendres, mais son nom est plus grand que l'univers,

2. Benjamin Guérard. — J. Ledeuil, A^o/içe sur Semur-en-Auxois, !

(légume rare à Semur pour la saison), 13 belles carpes, 5 brochets et 2 perches. Avouons que les Semuriens firent bien les choses (1). »

Le maréchal de Biron, très satisfait de l'accueil que lui avaient fait les habitants de Semur, quitta la ville escorté par 40 hommes à cheval qui l'accompagnèrent jusqu'à Marignyle-Cahouet.

Deux mois s'étaient à peine écoulés depuis la visite du maréchal, que la Mairie de Semur reçut du roi Henri IV la lettre suivante :

« De par le Roy;

» A nos chers et bien-aimés les maire, échevins et habitants de Semur, » Chers et bien-aimés, ayant été assuré des entreprises faites contre notre personne, par notre neveu le comte d'Auvergne et le duc de Biron, Nous avons été contraint de faire, à notre grand regret, arrêter l'un et l'autre, dont nous vous avons aussitôt donné avis, afin que, sur cette occasion, vous veilliez à votre conservation et soyez soigneux d'empêcher qu'il ne se fasse rien, en notre ville de Semur, au préjudice de notre service et de notre repos, à quoi vous ne ferez faute, car tel est notre plaisir.

» Donné à Fontainebleau, le 14 juin 1602.

» Signé : HENRY.

» Et plus bas : Potier. »

Le 31 Juillet de la même année, Biron, condamné à mort, fut décapité dans la cour de la Bastille.

Louis Xin, pour récompenser les habitants de Semur de leur fidélité à Henri IV pendant la Ligue, leur donna le droit de nommer leur maire. A cette époque, le sceau de la ville représentait le maire sur un cheval au pas, tenant de la main droite une épée haute et de la gauche l'écusson de Bourgogne ancien, appuyé sur sa poitrine; il est vêtu d'une tunique courte et coiffé d'un chapeau plat. Dessus sa tête sont d'autres têtes représentant celles des échevins (2).

Ici s'arrête l'histoire proprement dite de Semur, histoire, comme le fait remarquer L. Bocquin, qui, si elle n'est pas

Page 1