‹ Histoire générale de Semur-en-AuxoisChapitre 39 sur 93 · J. Ledeuil. — Notice sur Semur-en-Auxois · texte numérisé non relu

J. Ledeuil. — Notice sur Semur-en-Auxois

la maison Laureau, qu'habitèrent jadis plusieurs gouverneurs de Semur.

Parmi les autres curiosités que l'on rencontre en parcourant les rues de la ville, il convient de citer : L'armature de puits en fer forgé qui se trouve rue Buffon, en face la rue du Renaudot; la devise : Endurer et Espérer, qu'on lit au-dessus d'un linteau de porte de la même rue, et qui date de 1577 ; cette autre : Non armis, sed verbo, gravée en 1758 sur la maison portant le 1 de la rue Notre-Dame ; L'armature en fer forgé du puits de la rue du Rempart ; les portes-cochères de la maison N° 15 de la rue de l'Hôpital, où le pape Pie VII a été reçu en Avril 1805; une autre devise inscrite sur le bandeau de la porte d'entrée du N" 16 de la rue de l'Abreuvoir, et qui donne ce sage conseil : Cui fidas vide; la porte d'entrée de l'ancien Parlement de Bourgogne, rue du Marché; le Logis du Roi, dont nous aurons à parler plus loin; le fronton renaissance de la maison située 5, rue Notre-Dame, sur lequel figure un blason supporté par deux lions, avec la date de 1582; enfin, près du pont Joly, les escaliers de la Vierge, aboutissant au pied de la tour Lourdault.

La porte Sauvigny, dont nous avons déjà parlé, était la principale porte delà ville. On y voit encore les rainures dans lesquelles venaient se loger les poutres des pont-levis, quand ceux-ci étaient levés. Sous ce porche, se trouve une portebasse du xv*" siècle, autrefois protégée par un pont-levis et une herse et qui, après avoir été transformée en portail de fer, a reçu le nom • de pont de fer (1). Ce pont s'étant affaissé en 1722, la Chambre décida, par raison d'économie, de lui substituer une arche ou pont de pierre, dont la construction fut confiée au sieur Jacques Rollet, architecte à Semur, moyennant 70 livres. Les fers, poutres, bois et matériaux du dit pont furent abandonnés à l'adjudicataire, à charge par lui de fournir les pierres, sable, chaux et autres matériaux, et aussi de relever les deux murs et parapets établis en retour de la porte. M. J. Ledeuil dit que la première lanterne placée sous cette porte le fut le 25 Octobre 1689. Le porte-lanterne était tenu d'y poser chaque jour (de Saint-Luc jusqu'à Pâques) une grosse chandelle de la valeur d'un sol trois deniers, qui était allumée à l'entrée de la nuit pour éclairer jusqu'à ce qu'elle soit

1. C'est près de la porte Sauvigny que se trouvait la canonnière en 1577. Cette porte fut réparée cette même année pour 103 livres 10 sols.

Porte Sauvigny

(Côté extérieiir)

consommée. Ce n'était pas alors une sinécute, car on était dans l'obligation de couper d'heure en heure la mèche charbonnée et fumeuse qui enlevait toute clarté.

Ce mode d'éclairage subsista jusqu'en 1808, époque de l'établissement des réverbères dans la ville. L'huile remplaça alors la chandelle, mais fut détrônée par le gaz, qu'on installa en 1880 et qu'on emploie aujourd'hui concurremment avec l'électricité, qui a fait son apparition à Semur en 1893.

La porte de la tour Lourdaut, par laquelle on entre du faubourg des Vaux dans la ville, fut rebâtie et non construite (1) en 1-562, comme le pensait le prieur Maurel qui, dans son Mémoire, affirme que ce n'est qu'à cette époque que Semur a commencé à avoir des remparts. L'inspection seule des murailles montrerait combien cette assertion esterronnée, si l'on n'avait des preuves qu'ils existaient déjà au xiii^ siècle.

Nous avons vu, dans la première partie de cet ouvrage, que l'établissement de la commune ne fut accordé à Semur qu'en 1276, par la charte du duc Robert II. Cependant, il y avait déjà à Semur, en l'an P'' du règne du roi de Bourgogne Thierry P^' (596-613) et comme le prouve la charte de fondation de l'abbaye de Flavigny, passée au château de Semur le 15 des Kalendes de Février, un sieur Geoffroy, magistrat, appelé défenseur (2). Un autre cartulaire de FlaAdgny, postérieur de plus de deux cents ans, qualifie d'administrator rêi puhlicse comitatas Alsensis , un sieur Aymond, comte de Semur. Du Chesne, qui mentionne ce fait dans les Preuves de l'histoire de Vergy, nous fait connaître qu'à cette époque Semur avait Corps de Ville, avec un défenseur qui, selon Chassané, s'élisait tous les ans. Mais par un titre de l'hôpital de 1180, on voit qu'il n'est plus parlé d'un défenseur et seulement d'un maire de Semur dont la liberté fut affaiblie lorsque Robert II accorda à cette ville le droit de commune. Enfin, dans un accord passé en 1251 avec Hugues IV et le prieur de Saint- Jean, il est question d'un Almifers, maire de Semur.

Au début, nous l'avons dit déjà, les fonctions de maire n'étaient pas ce qu'elles sont aujourd'hui, une fonction toute de dévouement; à la mairie était attachée une juridiction civile, analogue à notre justice de paix, et comme les frais de justice et les amendes imposées appartenaient au mayeur, il

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