Registre 20, folio 279, année
Poi'te Sauvi<iiiy
( Cote irAeneLir )
cette ville, lesquelles par animosité, avaient commencé, d'autres sur le point de commencer des procès dont ils ne se seraient jamais sortis sans la perte évidente de leurs biens. Les consolations à l'égard des affligés étaient sa plus grande préoccupation, et les heures si précieuses qu'il y consacrait n'étaient autres que celles que la majeure partie des hommes employent aux divertissements. A l'égard des pauvres, nous n'avons rien à y ajouter, puisque l'hôpital lui est fidèle témoin pour assurer qu'il ne s'est passé jour, dans douze ans trois mois qu'il en a exercé la direction, qu'il ne l'aye visité tout au au moins deux fois par jour. Enfin, ennemi de la débauche, des jurements et de tous plaisirs illicites, il a donné toutes les qualités qui peuvent rendre le portrait parfait d'un véritable magistrat. Il a rendu l'âme à celui qui l'avait créé la nuit du lundi 5 Octobre au mardi, aussi regretté qu'aucun autre qui l'ayt précédé, et que l'on peut ajouter à sa louange, et qu'il a soutenu seul toutes les fatigues de la Chambre depuis le 24 Juin 1704, qu'il n'y a eu aucun échevin, jusqu'au 24 Juin suivant. — C'est pourquoi, ouï le syndic, la Chambre a délibéré qu'elle ira en corps chez sa mère faire les compliments de condoléances, et ensuite en la maison du dit sieur maire lui jeter de l'eau bénite, et qu'en reconnaissance des bons services qu'il a rendus à cette communauté lui rendre ses derniers devoirs comme au chef, non pas néanmoins comme son devoir lui oblige, mais suivant le temps présent à cause de la grande misère. Pour cet effet, elle a ordonné au dit syndic de faire sonner les cloches, lui faire faire un drap de mort, fournir le luminaire nécessaire, faire assembler les confréries, fournir aux offertes, faire faire douze écus aux armes de la ville, tant pour la chapelle ardente que pour les flambeaux qui seront portés par les quatre sergents de ville et qui tiendront les quatre coins du drap, et en outre faire publier à son de tambour que défense demeure faite à tous marchands et autres particuliers d'ouvrir leurs boutiques le jour de la sépulture qu'après le service. »
Les frais de l'enterrement à la charge de la ville se sont élevés à 262 livres 10 sols.
Ce n'est qu'à partir de 1565 que les magistrats de Semur organisèrent dans cette ville un corps d'officiers municipaux, chargés d'y faire la police. Jusqu'en 1789, il y eut quatre sergents de mairie appelés valets de ville un peu avant la Révo-
lution. « Ces représentants de la force publique portaient un manteau rouge avec plaque distinctive en cuivre, aux armes de la ville (1), et pour arme une hallebarde. Ils devaient se trouver tous les jours, à sept heures du matin, devant la maison du maire pour recevoir ses ordres, et deux d'entre eux se trouvaient à la porte de la Chambre de ville pendant que les magistrats étaient assemblés. Toutes les fautes ou négligences dans le service étaient punies de 10 sols d'amende et même de la révocation. Leurs gages étaient de 15 livres par an, mais ils étaient exempts de tailles et charges urbaines; ils prêtaient serment devant la Chambre avant leur entrée en fonctions.
» En 1731, ils eurent un chapeau brodé d'argent fin, et en 1740, le manteau fut, lui aussi, orné d'un galon de même métal, afin de rendre les sergents de Semur conformes à ceux de Dz/on, ajoute la délibération. Dans l'année 1743,1a Chambre trouva qu'il valait mieux donner un habit, une veste et une culotte à ses sergents, à la place du manteau (puisque cela se voit dans les autres villes de la province). La dépense fut de 294 livres 6 sols. L'habit était rouge avec brandebourgs en soie, retroussis bleus, boutons en argent d'Allemagne. Cette même année, on employa accidentellement les quatres sergents à la garde des prisons, ce qui leur valut un petit supplément à leurs modestes émoluments.
» A la Révolution de 1789, le nom de valet sonnait mal ; il fut remplacé par celui d'appariteur. Un an après, en 1790, on créa deux places de gardes-champêtres, puis six, aux gages de 80 livres par an. La municipalité donna pour armes à ces gardes une hallebarde, un pistolet à la ceinture et, comme marque distinctive, une bandouillère aux armes de la ville (2). »
Les publications, qui se faisaient encore à son de trompe en 1569, le furent, depuis, avec un tambour. Celui qui en était chargé toucha d'abord 8 livres de gages, puis 16 livres sous le règne de Louis XV.
Enfin, comme agent auxiliaire de la police, la municipalité nomma, vers 1573, un garde des pauvres qu'on avait surnommé chasse-coq vins, mais qui ne conserva ses fonctions que jusqu'en 1737. Le premier de ces gardes fut un nommé Laurent, vigneron ; il avait 4 livres d'appointements par an et
1. D'azur à une tour d'argent, chargée d'un écusson bandé d'or et d'azur de six pièces, et une bordure de gueule.
2, A. Massicot. — Le Temps jadis à Semur.
Forte des Vaux
un boisseau de froment par mois, à prendre sur le fermier du prieuré. Voici, d'après la délibération, quels étaient ses devoirs et son costume (1) :
« Il est tenu de se trouver exactement à l'église paroissiale les dimanches et jours de fêtes, à la messe de midi, et pendant la semaine sainte à la grand'messe, à vêpres, à compiles, aux sermons, aux ténèbres, afin d'empêjcher les pauvres d'y mendier et les enfants de faire du bruit sous le portail ; il empêche encore le désordre aux processions. Ses armes consistent dans une canne et une épée. Comme les archers des pauvres de la ville de Dijon, il fait deux tournées par semaine, les mercredis et s^endredis, vers midi, pour réprimer la mendicité de la part des pauvres étrangers à la ville et les expulser, à peine de prison. En temps de peste ou autre maladie épidémique, il garde les entrées de la ville et repousse les étrangers qui voudraient y entrer. »
C'est en 1796 que fut nommé, à Semur, le premier commissaire de police. Jusqu'alors, cette fonction avait été remplie par un lieutenant sous les ordres duquel étaient placés un certain nombre de sergents.
On peut dire que de tout temps la mendicité fut interdite dans l'Auxois, car déjà, en 1546, les mendiants qui portaient une croix jaune ou une plaque de plomb sur leurs vêtements et étaient inscrits sur le livre de mendicité, avaient seuls le droit de demander l'aumône. Quiconque mendiait sans en avoir obtenu l'autorisation, était puni du bannissement pour la première fois et du fouet pour la seconde. Au moment de la famine de 1546, les pauvres reçurent chaque jour de la ville, et cela du 26 Février au 15 Mars, une livre et demie de pain. Sous la Ligue, les pauvres étrangers, soupçonnés d'espionnage, étaient chassés sans miséricorde. Enfin, en 1648, une amende de 50 livres était infligée à tout habitant de Semur convaincu d'avoir donné l'aumône à un pauvre étranger.
Le 25 Juillet 1700, Louis XIV adressa, à propos de la mendicité, la déclaration suivante aux maires de toutes les communes de son royaume :
« La stérilité et les maladies arrivées durant une partie des années 1693 et 1694, ayant donné lieu à plusieurs de nos sujets qui demeuraient à la campagne de chercher dans les