‹ Histoire générale de Semur-en-AuxoisChapitre 45 sur 93 · VA · texte numérisé non relu

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Mai, un cavalier visitant ses propriétés; Juin, un faucheur; Juillet, un moissonneur; Août, un homme nu battant du grain; Septembre, un vendangeur; Octobre, un vigneron dans son pressoir; Novembre, un homme se préparant à tuer un porc; Décembre, un Janus qui ferme la porte de l'année écoulée et ouvre celle de l'année qui doit suivre.

En 1705, la Chambre ordonna de démolir une arcade placée près de l'église et qui conduisait au cimetière, vu qu'elle gênait la circulation des voitures et portait préjudice aux habitants dont plusieurs avaient déjà demandé sa démolition. Le sieur de Ruffcy ayant offert de donner six livres à la fabrique, de faire démolir l'arcade et de reconstruire le mur de l'église y attenant, la Chambre fit enfin droit à la requête des intéressés.

Les ornements intérieurs de l'église Notre-Dame sont très beaux et n'ont heureusement subi aucun dommage pendant les années de troubles. D'élégantes colonnettes, avec chapiteaux à la naissance des ogives, supportent deux galeries superposées avec meneaux et garde-fou. Les croisées sont garnies de vitraux peints dont la plupart ont été restaurés ou complètement refaits. Quant au chœur, il est porté sur des colonnes monolithes et orné d'une très belle galerie.

La sacristie qui, avant 1700, était à la place qu'occupe aujourd'hui la chapelle Sainte-Anne ou des avocats, fut transportée à cette époque par le prieur Philippe de Badier dans l'intérieur du prieuré. Cette sacristie fut ornée de boiseries en 1728 par le prieur Maurel ; on y voit représenté, du côté qui touche à l'église, les portraits des quatre évangélistes, et visà-vis de l'entrée ceux des quatre docteurs de l'église.

Primitivement, le maître-autel était placé au fond du chœur; mais en 1693 le prieur Philippe de Badier le transporta plus en avant et disposa derrière douze stalles ou formes pour les religieux et les novices, puis une treizième au milieu pour le prieur. Celle-ci était plus élevée et mieux ornée. Au bout de ces stalles, et de chaque côté de l'autel, se trouvaient des bancs pour les mépartistes. En 1728, vingt-cinq nouvelles formes plus élégantes, portant les armes de France et les médailles des apôtres, furent établies par le prieur Maurel, malgré le maire Nicolas Voisenet. Ces formes, le nouvel autel et

Entrée delaQiapelle des Fonts

les grilles qui entourent le chœur occasionnèrent une dépense de dix mille trois cents livres. Les chanoines réguliers de Saint-Jean et les officiers du bailliage y prenaient place lors des Te Deiim. En 1732, le prieur Maurel avança encore l'autel de 2"\25 pour donner plus de profondeur au chœur, et plaça dessous le tombeau du prieur Genebrard.

Le pape Anastase IV ayant, par une bulle de 1154, confirmé paroisse l'église Notre-Dame, et le duc de Bourgogne ayant, par ses lettres de l'an 1200, donné au prieur de N.-D. le droit d'exercer son ministère dans la dite église, les religieux conservèrent la partie noble de l'église avec le maître-autel, et installèrent l'autel de Paroisse au fond de la nef collatérale, à côté de la sacristie de paroisse, établie dans une ancienne chapelle, près de la porte des Bleds. Cette partie de féglise paroissiale fut séparée de l'autre par un mur jusqu'en 1699, époque où l'autel de paroisse fut, grâce à la suppression des deux chapelles, placé beaucoup plus haut.

Indépendamment de ces autels et de ceux des chapelles, il y en avait un grand nombre dans l'église. Deux se trouvaient sous le portail contre chacun des gros piliers de la grande porte ; un autre était placé près de la petite porte de droite, dans la chapelle de la Plote, qui fut démolie vers 1700.

Sauf celui où se trouvait la chaire, les sept premiers piliers étaient garnis d'autels. Il y en avait treize qui furent démolis en 1691 sur la demande de la municipalité et l'autorisation de l'abbé du Feu, alors grand-vicaire d'Autun. D'accord avec le prieur, les mépartistes et les fabriciens, on transféra dans les chapelles voisines les fondations qui étaient faites aux anciens autels. Leur démolition fut exécutée pendant la nuit, car l'on craignait l'opposition du peuple. Il y eut le lendemain grande rumeur par la ville, et de nombreuses réclamations de la part des vignerons, mais le calme se rétablit bientôt. Les treize autels démolis étaient ceux de saint Jean, de sainte Anne, de saint François, de Notre-Dame de la Plote, de saint Sébastien, des Quatre-Couronnes, de saint Yves et saint Luc, de saint Claude, de saint Cosme, de saint Vernier, de saint Jacques et des Boulets. Deux autres autels, appartenant aux religieux, se trouvaient contre les piliers du grand chœur et ne furent démolis qu'en 1704.

Jusqu'au xix^ siècle, les chapelles de Notre-Dame reçurent diverses affectations ou transformations. Pendant fort longtemps, la chapelle dédiée à sainte Anne, saint Yves et saint

Hubert fut réservée aux officiers du présidial, aux avocats, aux procureurs, aux médecins, aux notaires et aux chevaliers de l'Arquebuse qui, en 1729, firent faire leur service chez les RR. PP. Carmes.

L'ancienne chapelle saint Pierre, depuis chapelle de l'Enfant-Jésus ou de la Nativité et de saint Eloy, était celle de la confrérie des selliers, serruriers et maréchaux.

La chapelle de saint Antoine de la Magdeleine, de saint Sébastien, de saint Joseph et de saint Honoré, servaient aux fabriciens et aux boulangers.

Aucune confrérie ne possédait la chapelle Notre-Dame. En revanche, les confréries de Sainte-Barbe et de N.-D. de Pitié, celles des marchands et des perruquiers faisaient leur service dans la chapelle de Saint-Léonard, également dédiée à saint Jacques, sainte Barbe et saint Louis. Les « tissiers » en toile avaient droit de séance et de sépulture dans cette chapelle, moyennant trois livres par an, à charge de l'entretenir et de l'orner décemment (1).

La chapelle de la Vierge, où se trouvait jusqu'en 1700 l'autel de paroisse, et qui, à cette époque, était dédiée à saint Crespih, servait à la confrérie des cordonniers. Le curé y administrait les sacrements, et c'est à ce seul autel qu'il pouvait prendre possession de la cure.

La chapelle Saint-Guillaume fut transformée vers l'an 1200 en sacristie de paroisse. Elle était proche la porte des Bleds, comme nous l'avons dit en parlant des autels.

A côté de cette sacristie se trouvait la chapelle Saint-Biaise, réservée aux drapiers et où les fabriciens placèrent longtemps les coffres et les armoires de la Fabrique.

La chapelle Saint-Claude, Sainte-Reine, Saint-Barthélemy et de la Conception, devint celle des bouchers à l'époque où la leur fut supprimée (1701). La confrérie de Saint-Claude y faisait également ses services.

Les tisseurs en toile s'étaient, moyennant 30 livres par an, réservé la chapelle Saint-Simon et Saint-Jude, dont le mépartiste Seguin était titulaire.

La chapelle Saint-Lazare et Saiiit-Vernier fut, jusqu'en 1726, celle des vignerons, mais ils durent l'abandonner à la suite d'un procès que leur intenta M. Fleuselot, conseiller au Parlement, et qui était patron de la dite chapelle.

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