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Registres de la Chambre de ville

*ée delà Qiapelle S ^'Barbe

(Actiiellenien t S: Simon)

La chapelle des Blanot, dont l'usage appartenait aux familles Blanot, Bertot et Simon, s'appelait en principe chapelle des Fonts, parce qu'en effet les fonts baptismaux y furent primitivement établis.

La chapelle Saint-Cyr ou du Sépulcre se trouvait enclavée dans le cloître; elle servait aux offices du jeudi saint et avait pour titulaire l'abbé David, clerc au Parlement de Dijon.

A côté se trouvait la chapelle du Calvaire, autrefois enclavée dans le cloître, et dont la famille Suchon, et plus tard les familles Le Mulier et Jacob avaient l'usage.

La chapelle des Quatre-Couronnes ou des Aubruns, qui faisait suite aux précédentes, était réservée aux maçons et aux couvreurs. M'"^ de Bretagne, M. de Massol, et plus tard M. Godard en furent les patrons.

Enfin la chapelle de la Plote, placée sous le portique de l'église, fut agrandie au détriment de celle des Boulets. On la réunit en 1636 à la théologale, puis on la donna, en 1726, au sieur Le Mulier, curé de Torcy. Elle fut démolie, comme on l'a dit plus haut, vers 1695, et ses services furent transférés dans la chapelle Sainte- Anne.

Treize chapelles, bâties à différentes époques, entre le xv^ et le xvi^ siècle, s'ouvrent autour du chœur et des bas côtés.

Celle des fonts, dite des Blanot, et plus tard chapelle Saint- Phal, est ornée de sculptures très remarquables tirées de l'histoire de la création du monde.

La chapelle du Saint-Sépulcre, qui vient après, à gauche en entrant, renferme depuis 1791 un groupe qui avait été offert aux Carmes en 1490 par Jacotin Ogier, bedel (bedeau) de Monsieur le prieur et Pernette, sa femme. Le sujet est la sépulture de Jésus-Christ. Les figures, de grandeurs naturelles, sont très expressives, et les draperies, quoique un peu lourdes, ont été savamment traitées. Elle possède, en outre, une porte en bois du milieu du xv^ siècle, avec ses pommelles et charnières de la même époque.

Dans la chapelle qui suit, et qui porte le nom de Sainte- Barbe, est placée une croix de mission, dont le Christ est très beau. On y voit encore une belle piscine du xv^ siècle, des vitraux représentant l'histoire de sainte Barbe, et une balustrade en bois du xv^ siècle formée de lambris qui tapissaient autrefois la chapelle. Cette chapelle est due à la générosité ^ d'Alexandre Boulet et de sa femme Isabeau Chantepinot.

La chapelle des Bouchers, qui vient en quatrième, possède

encore quelques-uns de ses anciens vitraux représentant deux bouchers, l'un en train d'assommer un bœuf à coups de hache, l'autre occupé à vendre de la viande devant son étal. Cette chapelle, qui porte aussi les noms de Saint-Claude et de Sainte-Reine, renferme un beau retable d'autel en bois de chêne, dans le style du xvii^ siècle ; les colonnes qui supportent son entablement sont décorées d'un enroulement de feuillage très finement exécuté (1).

Dans la chapelle suivante, celle des Drapiers, on voit, sur quatre fragments de vitraux, les attributs de cette corporation : la tonte, le peignage, le tissage et le foulage des draps. Une grille en fer forgé du xiv^ siècle clot cette chapelle. Au fond du petit chœur se trouve un grand retable peint et représentant un arbre de Jessé surmonté d'un dais gothique très bien sculpté et de la fin du xv^ siècle.

L'ancienne chapelle paroissiale, située au fond de la petite nef à droite, a été consacrée à la Vierge, et fait pendant à la chapelle Sainte-Anne, placée en face, de l'autre côté du chœur. La première possède une statue de la vierge mère debout, du xiv^ siècle, statue qui fut jadis l'objet d'une grande vénération. Ces chapelles renferment de curieux baldaquins de la dernière période gothique, surmontés de peintures à la cire de la même époque.

Les trois; chapelles placées derrière le chœur sont encore très belles et possèdent des vitraux du xiii^ siècle, très habilement restaurés sous la direction de M. VioUet-le-Duc. Dans l'une d'elles, on voyait deux volets d'autel du xv^ siècle, actuellement au Musée et représentant : V Adoration des Mages; l'autre, la Circoncision, et portant tous deux cette devise : Tout se change. Malheureusement, ces panneaux ont été détériorés, et c'est à peine si l'on peut aujourd'hui en déchiffrer les peintures. Les vitraux nous montrent un moine bénissant un chevalier, et un autre de ces religieux faisant entrer Jésus- Christ dans un couvent. La balustrade de cette chapelle est attribuée à maître Adam.

Enfin, dans la chapelle des Bretagne, qui touche la grande

1. La première chapelle ayant appartenu au corps des bouchers de Semur, est la chapeWe Saint-Barthélennj^ dont ils avaient acheté la propriété le 5 Avril 1386. Mais en 1701 les officiers du Présidial s'étant emparé de cette chapelle pour la joindre à la leur, celle de Saint-Y'ves, la Chambre, sur la légitime réclamation et le vu des contrats de cette congrégation, leur adjugea, moyennant 3 livres 10 sols de cens par an, la chapelle de Sainte-Reine, à la condition de souffrir que la confrérie de Saint-Claude y ferait faire les services la veille, le jour et le lendemain de la fête de ce saint.

Eglise Notre-Dame de Semur

sacristie, on voit un superbe tableau d'autel dans le genre espagnol.

Près du chœur, adossé à l'un des piliers, se trouve un obélisque de 8 mètres de haut, fait de trois pièces seulement, et dont la principale, sculptée à jour avec un goût exquis, servait jadis à renfermer les saintes huiles.

Comme tableaux, l'église Notre-Dame n'en possède que trois de vraiment remarquables. Le premier, qui fait face à la chaire, est de l'école byzantine et date de 1299. Il représente le Christ debout, la tête ceinte d'un limbe d'or, tenant de la main gauche un globe surmonté d'une croix, et donnant sa bénédiction de la droite. Ce tableau est peint sur bois et a été réparé très heureusement en 1612 ; au bas se trouve une inscription en latin indiquant la date de son exécution et le nom du donateur, Philibert Blanchon (1).

Les deux autres, dûs au pinceau de Carie Van-Loo, sont adossés au pilier de l'entrée du chœur. L'un nous montre V Enfant Jésus sur les genoux de sa mère recevant le Saint- Esprit, l'autre, la Présentation au temple. M. E. Nesle croit que ces deux tableaux ne sont pas de ce maître, et regrette avec raison la restauration qu'ils ont subie vers 1850.

Quant au grand tableau qui est au-dessus de la sacristie, il a perdu toute sa valeur artistique depuis qu'il a été repeint; il remplace l'œuvre remarquable de Raverat, la Flagellation, qui avait été offerte au gouvernement sur la demande de M. Vatout, l'honorable député de la Côte-d'Or.

L'église de Semur renferme plusieurs tombeaux où de nombreux corps ont été déposés. A l'entrée de la chapelle Saint- Yves reposent les restes du sieur Blaisot, chantre et dernier religieux du prieuré, mort en 1710; près de la chapelle des marchands se trouvent quelques enfants; sous l'ancienne chapelle des marchands, plusieurs membres de cette corporation ; sous le grand chœur, les prieurs et religieux de Notre-Dame ; enfin, près du maître-autel, au coin de l'épître, a été enterré le prieur Genebrard, et dans le chœur le prieur Badier.

Sur les voûtes de l'église se trouvait encore, en 1729, une pierre qui était la matrice du boisseau de la ville ; elle servait à étalonner tous les autres, et l'on donnait dix sols à la fabrique et une gratification au valet de ville pour l'étalonnage de chaque boisseau.

1. Hoc fieri fecit Ms^ Philibertus Blanchon, hujus villas de Sinemuro, anno Domini 1299. Et plus bas : repeint en 1612,

La fabrique de Notre-Dame n'a été instituée que vers 1450; auparavant, il n'y avait qu'un préposé nommé par le prieur et chargé de recevoir les aumônes des fidèles et de faire exécuter les réparations. C'est Rollin, évèque d'Autun, qui voyant que la ville, bien qu'elle en fût chargée, ne prenait aucun souci de l'entretien de l'église, autorisa le prieur à exposer des reliques pour obtenir quelques aumônes des fidèles et à les employer aux réparations, à la charge d'en rendre compte. Toutefois, les registres des fabriciens ou marguilliers de Semur ne commencent qu'en 1484, année de leur nomination. Les premiers furent Jean Picault, prêtre, commis par le prieur, et le second, le sieur Thélot, nommé par la ville.

Les registres I et II de la fabrique, dont beaucoup de pages ont été arrachées à dessein, ne mentionnent, dit le prieur Maurel, aucuns droits de sépultures, de sièges, de cloches, de sonneries, de marguilliers, de maires ou d'échevins, mais seulement quelques reconnaissances ou quittances. Dans le troisième registre, on retrouve des adjudications de la sonnerie; à la fin du quatrième, qui date de 1621, on lit une requête adressée au maire et aux échevins, le 13 Mars de la dite année, pour obtenir la permission de placer des sièges dans l'église. Dans le cinquième, on voit plusieurs actes relatifs aux tombes et aux sièges. Le sixième ne contient encore que des reconnaissances pour censés, redevances de sièges, tombes et sépviltures, et des offres faites aux fabriciens, en 1685 et 1686, pouf sièges, scabelles, etc. Dans le septième registre il est encore question d'adjudication de sièges et de quelques délibérations prises en Chambre de ville. Enfin, dans le huitième et dernier des anciens registres, lequel est daté de 1690, on trouve une déclaration des censés et rentes dues à la fabrique, déclaration rédigée par le sieur Bollenat, alors fabricien, et signée Bollenat, Jassot, Boisot et Garnier. On y lit aussi un règlement fait par l'abbé du Feu, officiai et grand-vicaire d'Autun, où il ordonne aux prêtres mépartistes, tant séculiers que réguliers, de se rendre exactement à l'autel. Dans ce même règlement, il autorise la suppression des autels qui étaient adossés aux piliers des nefs et ordonne que la bénédiction du Saint-Sacrement soit désormais donnée tous les dimanches après vêpres. Suivent les charges de la fabrique, à savoir : d'entretenir, seulement les dimanches et fêtes, le luminaire de l'autel de paroisse ; de fournir, au curé

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Entrée de la Chapelle S^.*vhilit e

les ornements pour la messe de paroisse ; de fournir le cierge pascal ; d'entretenir l'autel de paroisse, à la réserve des nappes dues par les religieux; de fournir et entretenir les cordes des cloches, de réparer le pavage et les vitraux de l'église; enfin, d'assurer les services de diverses fondations. Le plus étrange, c'est qu'on ne trouve pas, dans ces registres, les comptes des fabriciens, pas plus leurs recettes que leurs dépenses.

Pendant fort longtemps, la municipalité de Semur détourna à son profit les droits du prieur et surtout ceux de l'église. Ce fut l'occasion de nombreux procès entre le clergé et la ville, procès qui se terminèrent, pour la plupart, à l'a- A^antage des religieux, notamment celui du 13 Avril 1729 qui a confirmé la majeure partie des droits du prieuré.

Ce dernier et célèbre procès eut pour cause, comme nous l'avons déjà dit au commencement de cet ouvrage :

1° Le droit que revendiquait le maire Voisenet de faire sonner la cloche Barbe pour annoncer les marchés et les réunions du Conseil municipal ;

2° Le droit pour les valets de ville d'accompagner dans le chœur et dans le sanctuaire de féglise Notre-Dame, le maire et ses échevins, quand ces magistrats assistaient à un Te Deiim, et, de plus, celui d'y stationner pendant tout le temps de la cérémonie religieuse.

Dans son premier Mémoire, adressé au Parlement, le prieur Maurel fait remarquer que, depuis plus de cinquante ans, aucun de ses prédécesseurs n'a fait valoir ses droits, et qu'on le rend odieux au public à cause de l'instance formée par lui contre la ville au sujet des cloches. « On a insinué au peuple, dit-il, surtout aux vignerons qui sont en grand nombre à Semur, que le prieur voulait se rendre maître de ces cloches, et empêcher de les sonner au moment des orages... La malignité a été plus loin ; on a fait croire au peuple que le prieur voulait avancer le sanctuaire de dix ou douze pieds sous la nef, pour l'entourer d'une grille en fer, afin d'enfermer dans cette enceinte les cordes des cloches. Bien plus, on a osé avancer qu'il voulait faire revivre et rétablir ses droits de mainmorte!... Jamais le prieur n'a eu de pareilles intentions. Loin de là, il a déclaré souvent, depuis trois ans, à diverses personnes, qu'il voulait faire une fondation de trois ou quatre mille francs au profit de son église; et cela est si vrai, que la

dite somme se trouve entre les mains d'une personne notable et le projet de l'acte dressé depuis un an.

» Ce n'est donc que par la nécessité absolue de se défendre, qu'il est contraint d'avoir recours au Parlement de Dijon. Le maire Voisenet, homme entreprenant, veut être maître absolu de l'église, réduire à néant l'autorité du prieur, parce qu'il compte que Maurel montrera la même faiblesse, la même incurie que les prieurs ses prédécesseurs, et, comme eux, se bornera à de simples protestations. Mais c'est ici la cause de Dieu que défend dom Maurel; peu lui importent les injures grossières, les termes de mépris que lui a prodigués le maire Voisenet, lui qui n'est pas de Semur (1), lui qui n'a pas rougi de faire colporter de porte en porte une pétition pour laquelle il a ramassé à grand'peine cinquante signatures au lieu de cinq cents comme il l'annonçait pompeusement. Et, dans ces cinquante signatures, si misérablement obtenues, combien quitus imperare potest? Zélé pour les intérêts de l'église, dom Maurel se réserve une ample et solide réponse appuyée par une multitude de titres qui prouveront l'injustice des procédés et des prétentions de ce maire. »

A l'appui de ce violent factum, dom Maurel exhiba une série de titres provenant des archives du prieuré, preuves irrécusables contre lesquelles le maire ne put opposer aucune pièce officielle, les documents administratifs antérieurs à 1593 ayant été, pour la plupart, détruits lors de l'incendie du 23 Décembre de cette même année.

Le maire de Semur, en réponse à ce Mémoire, retraça d'abord la vie du prieur dom Maurel qui, de simple capucin, se fit admettre dans l'ordre de Saint-Benoit et parvint, par un bref dispensatoire et par lettres patentes du roi, à se faire accorder plusieurs bénéfices, entre autres le prieuré de Semur qui lui rapportait 5,000 livres de rente. La multiplicité de ces bénéfices valut au prieur Maurel plusieurs procès en Provence, à Paris et au Conseil du Roi.

Après une courte description de l'église Notre-Dame de Semur, Voisenet rappelle que, par requête du 3 Janvier 1727, le sieur Maurel demande que défense soit faite, à l'avenir, aux maire et échevins de Semur (bien qu'ils soient marguilliers d'honneur et fabriciens de paroisse), de faire sonner les cloches sans sa permission, et surtout d'annoncer l'ouverture

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