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Registre des délibérations

d'éloges les RR. PP. Carmes pour la manière dont ils s'acquittaient de leurs devoirs envers leurs élèves. Leur contentement s'accrut encore après une représentation donnée par les (escoliers), le 23 Juin 1670, et à laquelle tous les magistrats et les parents d'élèves avaient été conviés. La pièce était une tragédie composée par le principal du collège, le P. Hippolyte de Saint-François. Auteurs et acteurs durent se surpasser, car les magistrats revinrent (extrêmement satisfaits tant de la capacité du principal, que de la bonne grâce de tous les acteurs, qui s'acquittèrent merveilleusement bien de leurs personnages), et allouèrent au principal un traitement supplémentaire de vingt-cinq livres pour son usage personnel.

Enhardis par la bienveillance que leur témoignait la Chambre de ville, les Carmes crurent pouvoir élever à quinze sols, au lieu de cinq, la rétribution mensuelle des (escoliers). Mais mal leur en prit, car ils furent aussitôt rappelés à l'ordre et obligés de se conformer aux conditions du contrat de 1652. Par contre, ils eurent la satisfaction de voir interdire aux Minimes le droit d'enseigner la rhétorique et de recevoir les élèves qui (désertaient) le collège.

Cependant, les Carmes finirent par se relâcher de la discipline et du zèle qu'ils avaient apportés jusque-là dans la direction du collège. Les parents eux-mêmes ne cessèrent plus d'adresser des plaintes aux magistrats, et beaucoup d'entre eux n'hésitèrent pas à envoyer leurs enfants au collège à Dijon. Le syndic fit au principal quelques remontrances, mais celui-ci n'en ayant pas tenu compte, les magistrats assignèrent les RR. PP. Carmes, réduisirent leur subvention à quatre cents livres et les menacèrent de résilier le traité de 1652. Cette mesure efTraya les Carmes, et le 2 Janvier 1680 le R. P. Irène de Saint-Pierre, alors prieur du couvent, se présenta à la Chambre de ville et pria les magistrats de surseoir aux poursuites dirigées contre eux par le syndic Joly, attendu qu'ils venaient de s'entendre avec deux nouveaux régents dont un principal. La Chambre voulut bien avoir égard à sa requête et donna ordre au Syndic de suspendre momentanément ses poursuites. Les Carmes n'en continuèrent pas moins leur manière de faire, et comme le collège perdait chaque jour de nouveaux élèves « par leur fait, et plutôt par le peu de soin des régens que pour aultres causes », les magistrats résolurent de supprimer le traitement du second et du troisième régent.

A partir de ce jour, les études furent un peu mieux dirigées et l'échevin Poussy se montra très satisfait du travail des élèves lors de la visite qu'il fit au collège en Janvier 1681. Toutefois, ce beau zèle ne dura pas longtemps; de plus, lorsqu'en 1682 les Carmes refusèrent d'adopter les réformes déjà introduites dans la plupart des couvents et que les magistrats eurent appris que les RR. PP. Carmes ne pourraient plus désormais renouveler leur personnel enseignant, la Chambre de ville se détermina à dénoncer le traité de 1652 et à en poursuivre la résiliation par les voies judiciaires (1).

Comme toujours cependant les choses restèrent en l'état et s'arrangèrent d'elles-mêmes par la suite, car, le 18 Septembre 1685, le maire et les échevins, qui étaient allés visiter le collège « pour en connaître la force », se déclarèrent de nouveau très satisfaits (2).

Il n'en fut pas de même l'année suivante, où de nouvelles plaintes, dont le procureur Joly s'était fait l'interprète, furent adressées aux magistrats touchant la négligence des professeurs et leur brutalité envers leurs « escoliers ». Les Carmes n'en conservèrent pas moins la direction du collège et, chose inexplicable, reçurent à plusieurs reprises des éloges de la part de la municipalité.

Il paraît même qu'en 1688, les magistrats furent si satisfaits des régents et des écoliers, que, « pour reconnaître les soins que prenaient les régents pour l'éducation et Fadvencement de leurs escoliers, et pour les obliger a ies continuer et mesme à les augmenter, ils enverroient aux RR. PP. six cymaises de vin avec du poisson » (3).

. Malgré les plaintes motivées ou non que suscitèrent les Carmes de 1688 à 1708, la direction du collège ne cessa néanmoins de leur appartenir, et à part les quelques remontrances qui leur furent adressées, on peut dire que l'accord régna pendant cette longue période entre les Carmes et les magistrats de Semur.

Mais en 1708, et pour remédier aux abus introduits peu à peu par les Carmes dans la fixation des vacances, la Chambre de ville décida que : « d'hores-en-avant les vacances com-

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