Registre des délibérations
tous leurs biens en faveur de fondations pieuses, il serait prélevé sur les dits biens la somme de cinquante mille livres pour être employée « à fonder un collège composé de huit classes en la maison des religieux de Saint-Jean, pour l'instruction de la jeunesse, par les soins de celui qui se trouverait alors revêtu de la charge de lieutenant général au dit bailliage, conjointement avec les notables de la ville ; et pour le cas où il y aurait un collège établi au dit Semur par d'autres voyes et autre que celui qui était aux Pères Carmes, la dite somme serait employée à l'établissement d'une collégiale » (1).
Ces dispositions testamentaires étaient très généreuses, et bien qu'elles n'eurent pas de suite, soit que le légataire ait eu des héritiers, soit pour toute autre cause, elles n'en indisposèrent pas moins les magistrats à l'égard des RR. PP. Carmes. Néanmoins, les choses allèrent tant bien que mal jusqu'en 1737, car jusqu'à cette époque les registres des délibérations gardent le plus grand silence sur le collège de Semur. Mais, cette année-là, le recteur des petites écoles s'étant plaint à la Chambre de ville que les Carmes dépassaient leurs droits en attirant chez eux « un grand nombre d'escoliers qui n'étoient qu'aux rudiments », il fallut de nouveau, pour les en empêcher, menacer les Pères de leur supprimer leur allocation.
Quoi qu'il en fût, les relations entre les Carmes et les magistrats n'en restèrent pas moins assez bonnes, puisqu'à deux reprises différentes, le 9 Septembre 1738 et le 16 Septembre 1741, les Pères reçurent des magistrats le vin de ville, en récompense de la manière satisfaisante avec laquelle leurs élèves avaient interprété les tragédies que le principal leur avait fait jouer.
Tout était donc pour le mieux, lorsque le 6 Mars 1742 les magistrats de Semur apprirent qu'à leur insu les Carmes avaient sollicité et obtenu du Conseil d'État, grâce à des certificats élogieux délivrés par des notables de la ville (2), un arrêt homologuant le traité de 1652. Cet arrêt « faisait défense à toutes personnes et à toutes communautés, de quelque condition qu'elles fussent, de troubler les Pères Carmes, di-