Sa sœur
à l'église construite par ces religieux en 1741, elle fut instituée Paroisse des Vaux, en vertu d'une délibération du 25 Mai de la même année; une des chapelles de cette église subsiste encore, ainsi qu'une partie des bâtiments du couvent.
Une délibération de la Chambre de ville ayant ordonné, en 1656, le pavage de ce faubourg, ses habitants le surnommèrent Le Pavé ; c'était, à l'époque, le quartier le plus animé et le plus commerçant de Semur, et c'est là encore que se trouvaient les tanneries, une scierie mécanique et des moulins à eau.
Du faubourg, on pénétrait dans la ville par le pont des Minimes, édifié en 1548 et démoli en 1759 pour cette raison très plausible que « son cintre menaçait ruine en telle sorte que la moindre voiture pouvait en occasionner la chute ».
En descendant la rue des Vaux, on remarque une vieille maison du xvi^ siècle, dont le sommet est orné d'une cheminée octogone très curieuse, mais qui, malheureusement, menace ruine; cette maison, que son propriétaire devrait bien réparer, servait jadis de rendez-vous de chasse aux ducs de Bourgogne.
Le pont Pinard, qui conduit à la Chaume-Pertuisot, a été rendu célèbre par les inondations de 1613, 1765 et 1856; la première l'emporta et les deux autres obligèrent à le consolider.
C'est dans une vieille maison de la Chaume-Pertuisot qu'a été découverte, il y a environ trente ans, une superbe poutre, finement sculptée, et provenant, croit-on, de l'ancienne chapelle de la Gruerie, qui se trouvait sur l'emplacement appelé aujourd'hui le Dodon.
Cette poutre, qui mesure 5 mètres de longueur sur 0"\72 d'épaisseur, est en bois de châtaignier et date probablement du xi^ siècle. Elle porte, sur deux de ses faces opposées, les divers épisodes de la vie de la Sainte-Vierge et de Jésus-Christ.
Sur l'une on voit : L'apparition de l'ange Gabriel à la Vierge- Marie — la Rencontre de Marie et de sainte Élisabeth — la Naissance du Christ — l'Apparition de l'Étoile du Berger — l'Adoration des Mages — la Circoncision — la Fuite en Égypte — la Mort de la Vierge et son Couronnement. Cette composition ne comporte pas moins de quarante personnages.
L'autre face de la poutre représente : Jésus au Jardin des Oliviers — le Baiser de Judas — Jésus devant Pilate — la
Flagellation — Jésus portant sa Croix — la Mère au Tombeau — la Garde du Sépulcre — les Saintes Femmes — l'Arrivée de l'Ange — et, enfin, le Jugement dernier. Ces difTérentes scènes forment un ensemble de plus de cinquante personnages, ce qui élève à quatre-vingt-dix le nombre de ceux qui figurent sur les deux faces sculptées de cette poutre.
Ce chef-d'œuvre, que la ville de Semur aurait bien dû acheter et conserver précieusement dans son Musée, a subi le même sort que la statue de Jason et est allée enrichir au Mans la très remarquable collection Singher.
Le pont de la Poissonnerie ou de la Saussiotte, reconstruit en 1814, fut, lui aussi, entraîné par l'inondation du 14 Juin 1835.
Enfin, le pont Joly, que nous connaissons déjà, relie la ville à la Chaume aux Museaux par la rue de Paris, qui mène au Quinconce. Cette troisième promenade, également plantée d'arbres, n'est guère fréquentée que le 15 Août, jour de la fête patronale de Semur. C'est là que s'y donnent toutes les réjouissances et qu'ont lieu les illuminations, d'ailleurs fort restreintes.
Près du Quinconce, et sur la route d'Époisses, se voit l'ancienne chapelle Saint-Lazare, qui dépendait autrefois de la Léproserie. Cette chapelle, où chaque mois on dit encore une messe, fut restaurée en 1827 et vendue en 1842 à la fabrique de Semur.
Après avoir décrit la capitale de l'Auxois et ses principaux monuments, il est bien juste, croyons-nous, de dire quelques mots de ses usages, de son commerce, de ses habitants, et surtout des grands hommes qu'elle a vu naître.
C'est le jour de la foire de la Pentecôte, le 31 Mai, qu'a lieu chaque année la fameuse Course de la Bague (1). L'origine de cette course, comme toutes celles qui ont été instituées à Semur, remonte à une époque très lointaine. Courtépée (2) la porte au règne de Charles V qui, par une Ordonnance de 1639, défendit les jeux de hasard « et tous autres qui ne cheent point à exercer ne habiliter nos subjetz à faict et usaiges d'armes.» — ((Macer(3), ajoute M. Carre (4) , auquel nous de-
1. Avant 1700, la Course de la Bague avait lieu le lundi de la Pentecôte; mais à partir de cette époque elle fut remise au jeudi suivant, jour de la foire.