Archives de la Ville
Atthu^s dicvS Ancienncc^s Corporations do Somur-Oîi-Auxois
Mailres Chirurgiens Perruquiers Barbiers Drapiers Di'apans
L'avoine, 1 sol 8 deniers.
En 1570 :
Le meilleur vin valait 6 blancs la pinte. En 1572 :
Le bon vin valait 2 sols 6 deniers la pinte. En 1573 :
Le froment valait 50 sols le boisseau.
L'orge, 20 sols le boisseau.
L'avoine valait 20 sols le boisseau.
Le seigle, 22 gros le boisseau. Le pain de 12 onces, 2 sols.
Le pain bis de 16 onces, 2 sols.
En 1575 :
Le meilleur vin valait 6 blancs la pinte. Le bon vin, 2 sols la pinte.
Le vin ordinaire, 20 deniers la pinte.
En 1586 :
Le froment valait 38 sols le boisseau.
En 1591 :
Le blé valait 23 sols 4 deniers le boisseau. En 1652 :
Le froment valait 3 livres le.boisseau.
En 1686 :
Le bœuf valait 2 sols la livre.
Le veau, 3 sols la livre.
Le mouton, 3 sols 6 deniers la livre.
Le beurre, 5 sols la livre.
Le pain blanc, 1 sol la livre.
Le pain bis, 9 deniers (3 liards) la livre. La douzaine d'œufs, 2 sols 6 deniers (6 blancs).
En 1709 :
Le pain blanc valait 4 sols 6 deniers la livre. Le pain bis, 3 sols 6 deniers la livre. Le bled, 57 sols la mesure de 25 livres. En 1717 :
Le pain blanc fut taxé à 14 deniers la livre. Le pain bis, 10 deniers la livre.
En 1718 :
Les carpes et tanches se vendaient 4 sols 6 deniers la livre. Les brochets et perches, 8 sols la livre. La viande, 5 sols la livre.
En 1793 :
La viande de bœuf valait 9 sols 6 deniers la livre.
Avant la Révolution, les prix attinrent un premier maximum, (( et nous étonnerons peut-être quelques-uns de nos lecteurs, dit M. A. Massicot, en affirmant que tout était au moins aussi cher autrefois que de nos jours. En effet, le pain, en 1709, à 4 sols 6 deniers la livre, c'est actuellement le pain à 0 fr. 50 la livre. » — Les blés, qui ne circulaient pas librement d'une province à l'autre, donnaient alors beau jeu aux agioteurs, et les douanes intérieures qui isolaient les provinces rendaient très difficiles les relations commerciales. Enfin, le bétail était rare; un cinquième des terres du pays appartenait alors au clergé, ce qui l'immobilisait, et les quelques terres que possédaient les seigneurs restaient la plupart du temps en friches.
Le tableau suivant, extrait d'un discours de Mirabeau, permet de se rendre compte de la malheureuse situation d'un agriculteur avant 1789 :
(( Supposons, dit-il, le produit d'une terre quelconque à
12 gerbes 12
» Les frais de culture, semences, etc., emportent v
au moins la moitié, ci 6 1
» Les droits du roi sont évalués à 1/8^ de | 9
la récolte, ci une gerbe et demie 1 1/2 \
» Droits du roi pour l'année de jachère. . 11/2/
» Reste au cultivateur trois gerbes 3
» Dont il donne au décimateur 1
» Reste 2
Soit donc 2 gerbes pour celui qui a labouré, semé, etc.
On voit donc, par ce qui précède, que le maximum atteint en ces dernières années n'est que relatif et incomparablement plus faible que celui supporté avant la Révolution.
Ce qui pourrait surtout faciliter le commerce à Semur, ce sont les nombreuses voies de communication dont cette ville est pourvue. Elle est, en effet, le centre de sept belles routes conduisant à Flavigny, Dijon, Beaune, Autun, Avallon, Auxerre et Montbard, et se trouve traversée par un embranchement des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
Arm(2S des AncKnines Corporalions
Sei^PTiriers
Voici maintenant un aperçu des salaires avant la Révolution :
En 1567, les vignerons étaient payés 5 sols la journée de 5 à 8 heures.
En 1574, les vignerons étaient payés 6 sols la journée.
En 1578, les vignerons étaient payés 7 sols la journée.
En 1704, les vignerons étaient payés 8 sols la journée, après les vendanges jusqu'au 1^'' Mars.
En 1704, les vignerons étaient payés 12 sols la journée, du 1^'* Mars aux vendanges, avec droit à suffisante quantité d'àboire (abondance) et à la nourriture pendant les vendanges.
En 1568, les laboureurs touchaient 5 sols 9 deniers par jour.
En 1568, les garçons de ferme touchaient 4 à 5 sols.
En 1568, les femmes touchaient 3 sols par jour.
En 1578, les laboureurs touchaient 8 sols par jour, des vendanges à Mars.
En 1578, les laboureurs touchaient 12 sols par jour, de Mars aux vendanges.
En 1578, les garçons de ferme touchaient 5 sols par jour, des vendanges au P'' Mars.
En 1578, les femmes et les filles touchaient 6 sols par jour, du 1^'" Mars aux vendanges.
En 1763, les vignerons touchaient 4 sols par jour, avec 6 raisins, ou 5 sols sans raisin.
En 1763, les bottiers touchaient 12 sols par jour.
Avant l'unité gouvernementale, autrement dit antérieurement au régne de Louis XI (1461-1483), époque où le duché de Bourgogne fut réuni à la couronne de France, les premières monnaies en usage dans l'Auxois durent être les monnaies Eduennes, celles des Séquanes et des Lingons. Cette hypothèse est d'autant plus vraisemblable qu'on ne connaît aucun monument numismatique des périodes Gauloise et Romaine se rapportant à Semur. Pour la période Mérovingienne, on trouve quelques tiers de sous d'or à la légende Sinemuro, signées du monétaire Sicoald, mais on sait que les ateliers royaux de cette époque sont tout à fait accidentels et de circonstance. Les agents du Fisc percevaient les revenus en monnaies anciennes et en lingots, en opéraient la fonte sur place et frappaient des espèces avec leur signature et le nom du lieu à titre de garantie ; ces pièces étaient retournées au domaine royal.
Sous Charles-le-Chauve, il y eut à Semur un atelier monétaire, et l'on connaît un denier d'argent, attribué à cette ville, sur lequel on lit : Sinemuro. Dans le champ, on voit une
croix avec le monogramme de Garolus k-o-s et au revers l'ins-
cription suivante : Gratia . di . rex. Gette pièce est, paraît-il, très rare. On connaît encore, dit M. H. Lejeay, le savant et sympathique conservateur du Musée de Dijon, quelques deniers portant les légendes : H R ii Semuro et Sinemuro Castro; mais ce monnayage royal n'ayant pas été repris ou usurpé par un bénéficiaire devenu héréditaire comme en bien d'autres endroits, a vite disparu dans le déclin de la royauté Garlovingienne.
Sous les rois Gapétiens, on ne trouve pas trace d'atelier royal ou féodal pour l'Auxois. Les monnaies qui y ont cours sont, outre les monnaies royales, les monnaies du duché de Bourgogne, des archevêques de Besançon et de Lyon, des Abbayes de Gluny et de Tournus, du duché de Nevers, du prieur de Souvigny, etc., etc.
Nous avons mentionné l'arrêt du Gonseil du roi, en date du
19 Avril 1593, autorisant la ville de Semur à établir un « Bureau à battre monnaie » et à frapper des douzains au nom de Henri IV. Ges douzains furent fabriqués en 1593 et 1594. On en a retrouvé quelques exemplaires au commencement de 1896, qui portent les marques usitées à la monnaie de Dijon, la lettre P et un point secret sous la 13^ lettre. Un de ces exemplaires se trouve au musée de la Gommission des Antiquités de la Gôte-d'Or.
Les monnaies en cours dans l'Auxois étaient donc celles de la France, et avaient, comme les monnaies grecques et romaines, la livre pour base. Or cette livre, qui était réelle et de poids, était la livre romaine de 12 onces, ne représentant toutefois que 10 onces 2/3 du poids du marc.
Or l'institution de la livre numéraire française valant
20 sols ou 240 deniers — chaque sol étant égal à 12 deniers — est due à Gharlemagne. Gette manière de compter a subsisté jusqu'en 1802. Toutefois, en 1577, Henri III ordonna la création d'un nouveau type qu'on appelait 1' « Ecu d'or », mais celui-ci fut supprimé en 1602 par Henri IV, qui revint à l'ancien système monétaire.
Depuis Gharlemagne, le poids de la livre, des sols et des
deniers est devenu très variable à cause des augmentations survenues sur le prix du marc d'argent (8 onces), qui n'a fait que s'accroître à partir du règne de ce monarque jusqu'à celui de Louis XV. Ainsi, sous Charlemagne et Louis XI (768-1113) le prix du marc d'argent, qui était de 15 sols, valait 120 livres sous Louis XV, durant la période de 1715 à 1720, et la livre, qui pesait 6,144 grains à l'époque de Charlemagne, n'en pesait plus que 38 au commencement du règne de Louis XV.
Les variations continuelles subies par les monnaies sous les difTérents règnes ne nous ont pas permis, vu le cadre restreint de cet ouvrage, de donner un tableau des difTérentes espèces employées en France jusqu'à nos jours, ainsi que leurs valeurs comparées à celles des monnaies en usage depuis la mise en vigueur du système monétaire décimal.
Pour donner une idée de ces variations, nous rappellerons que le Louis d'or qui, en 1700, valait 13 livres, avait en 1701 une valeur de 14 livres, et seulement de 13 livres 15 sols en 1702. De même pour l'Écu, dont la valeur était de 3 livres 10 sols 6 deniers en 1700, de 3 livres 16 sols en 1701, et de 3 livres 14 sols en 1702.
Indépendamment de ces variations dans leur valeur, il faut encore tenir compte du nombre considérable de monnaies qui furent créées depuis Pharamond — à l'effigie duquel on n'a retrouvé qu'une seule pièce — jusqu'à la mise en vigueur de la loi du 4 Juillet 1837.
Qu'il nous suffise de rappeler, pour l'intelligence de ce qui précède, qu'il y a eu des Louis d'or de 48 livres et de 24 livres, des Ecus d'argent de 6 livres et de 3 livres, enfin des monnaies d'argent de 1 livre, 30, 15 et 12 sols; que la livre-monnaie, ou monnaie-tournois, valait 20 sols ou 240 deniers, le gros 20 deniers, le sol 12 deniers, le blanc 5 deniers, l'obole 1/2 denier, la pite 1/4 de denier et la semi-pite 1/8 de denier; qu'enfin, la livre tournois équivaut à environ 1 franc, le gros à 0 fr. 083, le sol à 0 fr. 050,1e denier à 0 fr.004, l'obole à Ofr. 002, la pite à 0 fr. 001 et la semi-pite à 0 fr. 0005.
De même que les monnaies, les poids et mesures en usage dans l'Auxois ont subi de nombreuses transformations depuis l'époque de l'établissement de cette province et de son envahissement par les Romains, jusqu'au jour où le système métrique fut imposé à toute la France (1).
1. Le système métrique, suggéré dès 1670 par l'astronome Jean Picard, régularisé le 17 Mars 1791 par une commission de l'Académie des Sciences qui présenta à l'As-
Les premiers poids employés furent certainement ceux dont on se servait à Rome et qui étaient appelés : libra, uncia, duella, sicilius, sextula, drachma, scriptuliim, ohulm, siliquœ, lentes. Plus tard, on se servit de la livre, du marc, de l'once, du gros ou treizeau, du denier ou scrupule, de la maille ou obole, du félin, de l'esterlin, du çarat, du grain et de la prime. Les premières mesures se nommaient: culeas,amphora,iirna, congias, sextariiis, hermina, quartaviiis, acetahuliim , cyathus, ligula, pour les liquides ; semimodiiis eimodius pour les grains. On fit ensuite emploi de la pipe, du tonneau, de la queue, du muid, de la feuillette, de la mine, du quartaut, du minot, du boisseau, de la velte, de la quarte, de la pinte, de la chopine, du setier, du litron, de la cymaise, du poisson ou roquille et du verre, pour les mesures de capacité liquides et demifluides. Pour les solides, on faisait usage de la pipe, du muid, de la feuillette, du setier, de la mine, du minot, du boisseau, du quart et du litron. Comme mesures linéraires et itinéraires, on fit d'abord usage de la stade romaine ou olympique, du mille romain, de la lieue gauloise ou /e«^a, del'acto, de la per~ tica ou decampida, du pied du Capitole, du pas, du gradus ou du gressLis, de la coudée ou cubitus, du palmus, du digitas, etc. A ces mesures succédèrent la lieue terrestre ou commune, la lieue de poste, la lieue marine, le mille marin, l'encablure, le journal, la perche, la toise, la brasse, l'aune, le pas, le pied, la palme, le pouce, le doigt, la ligne et le trait. Les mesures de superficie étaient autrefois l'arpent, la perche, la toise carrée, la palme carrée, le pied carré, le doigt carré, le pouce carré et le trait barré ; enfin, celles des volumes s'appelaient : la toise cube, la corde, la voie, la pièce, le pied cube, le pouce cube et la ligne cube.
Indépendamment de ces mesures, en usage dans toute la France, il en existait d'autres particulières à chacune des provinces de notre territoire. Nous donnons ci-après celles autre-
semblée nationale un rapport dans lequel elle proposait d'adopter pour unité fondamentale la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre, perfectionné par une commission composée de Borda, Lagrange, Brisson, Laplace, Prony et Berthollet, créé définitivement le 7 Avril 1795, le système métrique, disons-nous, fut proclamé d'un usage courant en 1801. Toutefois, à la suite de violentes récriminations qu'il faisait naître sur tous les points de la France, un décret impérial de Février 1812 ordonna l'usage des mesures anciennes ou transitoires pour les mesures de détail. Cette mesure, véritablement rétrograde, ne fut abrogée que le A Juillet 1837 et à partir du 1er Janvier 1840 tous les poids et mesures autres que ceux établis par la loi du 18 Germinal an III et 19 Frimaire an Vlll furent définitivement interdits sous peine de pénalités.
fois usitées en Bourgogne, principalement à Dijon et à Semilr :
Mesures de Longueur
La lieue de Bourgogne, qui valait 18,000 pieds, équivaut à 5,847 mètres 108.
La perche, qui valait 9 pieds 5, équivaut à 3 mètres 086.
La toise de Bourgogne, qui valait 7 pieds 5, équivaut à 2 mètres 436.
Le grand chemin de Bourgogne, qui valait 10 pas de largeur, équivaut à 9 mètres 745.
Le chemin Finerot, qui valait 6 pas de largeur, équivaut à 5 mètres 847.
Le sentier de Bourgogne, qui valait 1 pas 5, équivaut à 1 mètre 461.
L'aune de Dijon, qui valait 2 pieds 5, équivaut à 0'",812.
Mesures de Superficie
La bichetée, de 1,500 toises de 6 pieds, se divisant en quatre boisselées ou mesures, équivaut à 56 ares 981.
L'arpent royal, de 100 perches de 22 pieds pour les bois, se divisant en 4 mesures de 4 coupes, équivaut à 51 ares 072.
L'arpent de Bourgogne, qui valait 449 perches de 9 pieds 1/2, équivaut à 42 ares 759.
La bichetée, de 1,000 toises de 6 pieds, se divisant en 3 boisselées de 2 coupes, équivaut à 37 ares 987.
Le journal ou soiture de Bourgogne, qui valait 8 ouvrées ou 360 perches, équivaut à 34 ares 284.
Le petit journal, qui valait 240 perches, équivaut à 22 ares 856.
La mesure, de 450 toises de 6 pieds, se divisant en 6 coupes, équivaut à 17 ares 094.
La mesure ou boisselée, de 400 toises de 6 pieds, double de la quarteraude, équivaut à 15 ares 195.
La mesure, de 360 toises de 6 pieds, équivaut à 13 ares 675.
La mesure, boisselée ou coupée, tiers du journal, équivaut à 11 ares 428.
La quarteraude, de 200 toises de 6 pieds, équivaut à 7 ares 598. La mesure, 1/4 de journal, équivaut à 8 ares 571. La coupée, 1/6 de journal, équivaut à 5 ares 714. L'ouvrée, 1/8 de journal, équivaut à 4 ares 285. L'ouvrée, de 54 perches de 9 pieds 1/2, équivaut à 5 ares 142. L'ouvrée, de 50 perches de 9 pieds 1/2, équivaut à 4 ares 762.
La perche de Bourgogne, mesurant 90 pieds 1/4, équivaut à 0 are 09523.
La toise carrée de Bourgogne, mesurant 56 pieds 1/4, équivaut à 5 mètres 93553.
Mesures de Solidité
La corde de Semur, de 8 pieds de long, 4 pieds de haut et 3 pieds 8 pouces de large, équivaut à 2 stères 011.
Le moule de Dijon, de 3 pieds 6 pouces de chaque face, équivaut à 1 stère 470.
Mesures de Capacité
L'émine, qui était de 16 mesures ou quarteraudes, équivaut à 486 litres 224 de blé.
L'émine, qui était de 16 mesures, équivaut à 522 litres 448 d'avoine.
La queue de 2 muids équivaut à 452 litres 360.
Le van de charbon de Semur (12 pieds cubes) équivaut à 411 litres 327.
Le tonneau de plâtre, comme celui de vin, équivaut à 226 litres 180.
Le tonneau, muid ou poinçon ancien, contenant 111 pintes, équivaut à 274 litres 176.
Le muid, contenant 2 feuillettes, équivaut à 226 litres 180.
Le setier, de 4 minots, équivaut à 219 litres 64 en été et à 226 litres 10 en hiver.
Le grand sac à charbon, contenant 1/2 van, équivaut à 205 litres 663. •
Le petit sac à charbon, contenant 1/4 de van, équivaut à 102 litres 832.
Le hanneton de charbon équivaut à 45 litres 236.
Le minot, de 35 pintes en hiver, équivaut à 56 litres 525.
Le minot, de 34 pintes en été, équivaut à 54 litres 910.
La mesure, après 1693, pour l'avoine équivaut à 32 litres 653 ; pour le blé, à 30 litres 389.
La mesure de plâtre cuit, en poudre, équivaut à 30 litres 029.
La mesure à grains de Dijon, avant 1693, équivaut à 26 litres 716.
La mesure à grains de Semur, dite boisseau, équivaut à 18 litres 020.
La mesure de Saint-Louis équivaut à 20 litres 449. Le setier de 8 pintes équivaut à 12 litres 920.
La pinte à huile de Dijon équivaut à 1 litre 979. La pinte à vin de Semur équivaut à 1 litre 904. La mesure à lait de Dijon équivaut à 0 litre 404. La botte de foin ou de paille équivaut à 10 livres.
Quant aux mesures de poids, linéaires, itinéraires, de capacité, de volume employées en Bourgogne et dans toute la France, jusqu'au jour où le système métrique fut rendu obligatoire, on en trouvera la nomenclature et la comparaison avec les mesures actuelles dans la plupart des traités d'arithmétique. Nous nous dispensons donc de les indiquer ici.
Déjà au xiv^ siècle la ville de Semur percevait un droit de passage sur l'Armançon; ce droit s'étendait depuis le pont de Noirmier « que dessus et loin de la ville environ quatre lieues jusqu'au pont de Senailly, qui est audessoulz et loin de Semur environ trois lieues, péage où sont comprises les villes de Noirmier, Clamerey, Marcigny, Braux, Montigny, Pont, Charentois, Genay, Villaines-les-Prévotes et Viserny». — Archives départementales, B : 6214.
L'octroi semble n'avoir été établi à Semur que vers la fin du xvi^ siècle, où nous trouvons, pour la première fois, qu'un droit a été prélevé sur les bois.
« Le 4 Septembre 1700, la ville, suivant un arrêté du Conseil d'État, en date du 10 Août de la même année, taxant à 10,000 francs la somme à laquelle elle était imposée, établit un octroi de 20 sols sur chaque bœuf et vache débités dans les boucheries de Semur; 5 sols sur chaque veau, mouton ou brebis tués, soit par les bouchers, soit par les particuliers, religieux ou religieuses ; 2 sols sur chaque boisseau de froment employé par les boulangers ; 3 livres pour l'entrée de chaque queue de vin provenant d'autre part que du crû des habitants. — Le dit octroi fut amodié pour cinq ans, moyennant 2,250 livres par an.
» Le 2 Août 1704, la ville fut taxée à 11,000 livres plus 2 sols par livre par Edit du roi du mois de Février pour la création d'un inspecteur aux boucheries et pour tenir à l'exécution des règlements de police, ensemble les fonctions et droits y attribués. Ne pouvant payer cette somme, la ville mit en adjudication les droits d'inspecteur et les adjugea pendant neuf mois, moyennant que l'adjudicataire paierait la susdite finance de 11,000 livres plus les 2 sols par livre aux lieu et place de la ville, et qu'il recevra, pendant ce temps, des bou-
chers et autres personnes : 40 sols par bœuf ou vache; 12 sols par veau et génisse ; 4 sols par mouton, brebis et chèvre, qui se débiteront dans la ville, soit par les bouchers ou par d'autres, à l'exception des viandes pour les étapes et de celles consommées à l'hôpital.
» En 1705, les charges de la ville s'élevant à 27,284 livres, on dut établir, pour payer cette somme, un octroi sur les bois, farines, viandes et vins. Le vin fut porté à 6 livres par queue entrant en ville, non compris le crû. Le dit octroi fut adjugé le 12 Août pour dix ans et neuf mois, avec obligation pour l'adjudicataire de payer aux termes fixés la somme cidessus, mais à ses risques et périls et sans recours contre la ville, l'hôpital étant exempt de tous droits.
» Le 9 Juin 1716, les magistrats et les notables se réunirent au sujet des octrois qui expiraient le 15 du même mois. Après avoir pris connaissance des dettes de la communauté s'élevant à 12,250 livres de principal, et n'ayant de revenu que 1,000 livres, l'Assemblée, dit le 2P registre des délibérations, délibéra que l'octroi serait continué pendant trois années, à commencer du l^"" Octobre, et qu'il serait perçu : 3 livres par queue de vin entrant en ville pour y être encavée, 4 sols par char de bois et fagots destinés à être vendus en la ville et fauxbourgs, et 3 sols par charrette ; en ce, non compris le bois provenant des forêts du roi, ce qui sera pour la consommation des capucins, de l'hôpital et de deux fours publics de la ville, non plus le bois à bâtir et ceux façonnés pour faire des merrins, lattes, javelles, pieux, paux et pesseaux, charges d'homme ou de femme pour être vendues au détail, ainsi que la réserve du bois provenant du crû des dits habitants pour lesquels il ne sera payé qu'un demi-droit ; 10 sols par char et 6 sols par charrette de charbon, à l'exception de ce qui sera nécessaire à l'hôpital et aux pères capucins; 10 sols par bœuf et vache qui seront tués et débités par les bouchers ; 3 sols pour chaque veau et mouton ; 6 sols par chaque porc tué et débité par les bouchers et charcutiers, 4 sols pour ceux tués par les habitants pour leur consommation, non compris le dit hôpital ; enfin, 2 sols par boisseau de froment qui sera mis en œuvre par les boulangers de la ville. — L'adjudication de cet octroi fut faite le 30 Septembre pardevant Monsieur le Duc, à Dijon, en présence des délégués de la ville, et délivré à M. Claude Cosseret, greffier au Présidial de Semur, moyennant 2,600 livres par an.
» Le 9 Juin 1728, l'adjudication des octrois de la ville de Semur fut faite à Dijon pour payer : 1° 4,000 livres pour la suppression des offices de receveur et contrôleurs des deniers ; 2° 1,400 livres pour la quote-part de la ville pour rachat des offices municipaux, quote-part faite par la Province, en la forme de l'Édit de Mai 1723; 3« 660 livres pour la quote-part de la ville pour droit de confirmation dû à Sa Majesté à cause de son avènement à la couronne; 4"^ les frais de voyage des députés de la ville à la dite adjudication et ceux des délivrances en partie échues et devant être payées de suite. — La première enchère fut de 9 ans et 9 mois de jouissance. Il y eut tiersement, puis triplement de tiersement, et les dits octrois furent adjugés définitivement pour six ans dix mois, à condition de payer les sommes sus-énoncées aux lieu et place de la ville.
)) Le tarif des droits à percevoir par l'adjudicataire sur chaque queue de vin entrant et devant être encavée dans la paroisse, à l'exception de celui du crû des habitants et des fruits des mineurs, fut fixé à 4 livres. On taxa chaque char de bois ou de fagots à 5 sols, et la charrette de fagots ou de gros bois à 3 sols. Étaient dégrevés, les bois provenant des forêts du roi, ceux nécessaires aux capucins, à l'hôpital et au chauffage des deux fours publics de la ville ; le bois à bâtir et façonné en merrain, lattes, bois écarris, javelles, pieux, perches, pesseaux, charges d'homme et de femme. Le bois provenant du crû des habitants fut taxé à moitié prix ; le char de charbon à 10 sols; la charrette à 6 sols, sauf celui nécessaire aux capucins et à l'hôpital. Un bœuf ou vache tués dans la ville ou les fauxbourgs devaient payer 10 sols ; un veau, une génisse, un mouton, une chèvre ou un porc débités par les bouchers, 6 sols; un porc tué par les charcutiers, 10 sols; un porc tué par les habitants pour leur consommation, non compris l'hôpital, 5 sols; enfin, chaque boisseau de blé mis en œuvre par les boulangers, 2 sols.
)) Le 13 Juillet 1736, l'adjudication des octrois de la ville fut faite à Dijon au sieur Hubert Chouard, marchand-fermier à Montigny-sur-Armançon, pour le temps de 6 ans 5 mois, moyennant : 1° 14,000 livres payables comptant entre les mains de M. Chartraire de Montigny, trésorier-général des Etats à l'acquit de la ville, pour le rachat de l'extinction des ♦ charges municipales, supprimées par Édit du roi du mois d'Avril 1735; 2° celle de 3,000 livres payables comptant entre
les mains du receveur de la ville de Semur, pour payer les frais d'un mur fait sur les fossés en 1732, depuis l'entrée des Vaux jusqu'à l'hôpital (maison Joly de Saint-Florent); 3° les frais de l'arrêt du Conseil, voyage des députés de la ville à l'adjudication et ceux de délivrance.
» Les droits à percevoir étaient ainsi tarifés : sur chaque queue de vin entrée et déchargée dans la ville et fauxbourgs, outre le vin du crû, 4 livres; sur chaque char de bois et fagots, 3 sols, non comprise la consommation des capucins, de l'hôpital et des fours publics, les bois à construction et façonnés, les lattes, mairins, perches, pesseaux, charges d'homme ou de femme ; les bois du crû des habitants, 1 sol 1/2; 10 sols pour chaque char de charbon et 6 sols pour chaque charrette, non compris l'hôpital et les capucins; 10 sols par bœuf ou vache tués par les bouchers et charcutiers; 6 sols par veau, génisse, mouton et porc débités par les bouchers; 10 sols par porc débité par les charcutiers ; 5 sols par porc tué par les habitants, non compris les capucins et l'hôpital; 2 sols sur chaque boisseau de froment qui sera mis en œuvre par les boulangers de la ville et ceux des fauxbourgs. »
De 1736 à 1804, il n'est plus question des octrois dans les registres de la ville ; mais, à cette époque, nous voyons que le Conseil municipal, par délibération en date du 19 Février (30 Pluviôse an XII), créa un nouvel octroi à Semur, lequel n'a jamais cessé d'exister depuis lors, ou du moins à partir de 1806, année oû il dut être mis en vigueur et où des instructions ministérielles furent adressées au maire au sujet de la perception. Le 6 Janvier 1810, des modifications apportées au tarif, dont la revision ne peut, aux termes de la loi, avoir lieu que tous les cinq ans, semblent prouver que le point de départ de l'établissement de l'octroi à Semur date du Janvier 1805.
Ayant parlé du commerce et de l'industrie de Semur, nous devons aussi dire quelques mots de ses imprimeurs et de ses libraires. — Inventé en 1436, par le Mayençais Gutemberg, l'art de l'imprimerie, qui déjà avait fait son apparition à Dijon en 1491, ne pénétra à Semur qu'en 1676.
Le premier imprimeur-libraire qui vint s'établir en cette ville, fut Antoine Han, ouvrier allemand, arrière-petit-fils d'un célèbre imprimeur de Mayence. La Chambre, à titre d'encouragement et après en avoir délibéré, le déchargea « du
logement des gens de guerre, à condition, par lui, d'imprimer tous les billets de logement; quant à la taille, il sera imposé modérément... Il lui sera fourni, en outre, 6 livres pour subvenir aux frais de son établissement».
Les magistrats ne se montrèrent pas très généreux, et tout porte à croire qu'il ne fit pas de brillantes affaires car, dès l'année suivante, il proposa, comme son successeur, Lazare Ruelle, que la ville exempta du logement des gens de guerre. De plus, elle réduisit ses tailles royales à 3 livres et ses tailles négociâtes à 20 sols par an. Enfin, elle l'autorisa à se qualifier du titre de «libraire-imprimeur de la ville de Semur». De son côté. Ruelle s'engagea à imprimer les billets de logement et à faire « tout ce qui serait de sa profession pour les affaires communes ».
Il eiit pour successeur, en 1690, un imprimeur de Besançon, nommé J.-B. Régnier qui, n'exécutant pas les clauses du contrat qu'il avait passé avec la ville, fut remplacé, en 1709, par Antoine Michaud, dont l'imprimerie cessa probablement de fonctionner à l'époque de la Révolution. « Tout porte à croire, dit M. A. Massicot, que Semur est resté au moins un demi-siècle sans imprimerie, car les registres des délibérations, pendant le règne de Louis XVI et une grande partie du règne de Louis XV, mentionnent l'obligation, pour la mairie, de faire imprimer à Dijon les billets de logement et les relations des entrées à Semur de personnages importants. »
Cependant, un discours sur la peine de mort, par M. de Montbeillard, fut imprimé à Semur vers 1789 par le nommé J.-B. Defay qui, en 1793, eut pour concurrent le nommé Poinssot. A partir de cette époque, Defay eut le monopole de son art et imprima, entre autres choses, de nombreuses hymnes et chansons parmi lesquelles se trouvent VHymne en Vhonneur de Lepelletier et de Marat, et cette chanson intitulée : Les Exploits des Sans- Culottes, sur l'air : Rendez-moi mon êcuelle de bois.
A partir de la Révolution, Semur n'a jamais manqué d'imprimeurs ni de libraires, et leurs noms sont trop nombreux et encore trop connus pour que nous ayons à les rappeler ici.
La Société chorale de Semur a été créée une première fois, vers 1858, par M. Philibert Malgras. Malheureusement, cette Société fut dissoute peu de temps après et n'a été reconstituée qu'au commencement de 1896. Quant à la Fanfare, elle ne date
que de 1872 et a eu, comme principaux chefs, MM. Bourdeau et Bernard. Ce dernier qui, jusqu'en 1902, fut aussi à la tête de la Société chorale, lui a fait faire de très grands progrès.
C'est en 1703 que fut établi, pour la première fois, un service régulier de voitures entre Semur et Dijon. Un noriimé Claude Bassot, voiturier à Dijon, par acte passé le 10 Novembre avec M. Collinet, conseiller d'honneur au Présidial de cette ville et directeur des voitures publiques, s'engagea à faire tous les quinze jours le service de Semur à Dijon et de conduire les voyageurs moyennant trois livres et les paquets moyennant six deniers par livre. La Chambre accepta ce marché, mais à la condition que le dit Bassot donnerait bonne et valable caution pour la sûreté du public, et qu'il tiendrait un registre en forme, portant les charges et décharges des objets à lui confiés.
Plus tard, une diligence allant de Paris à Dijon, et passant par Montbard et Tonnerre, traversait la ville de Semur; une autre, venant de Saulieu, passait par Avallon et Semur (Quinconce) et allait jusqu'à Paris.
Lorsque la ligne du chemin de fer de Paris à Lyon, passant par Montbard et Les Laumes, fut mise en exploitation, un service de correspondance fut établi entre ces stations et Semur par deux voitures desservant les principaux trains. Un courrier était, en outre, chargé de porter les lettres de Semur à Darcey et continua ce service jusqu'en 1876, époque où fut créé l'embranchement de Cravant aux Laumes, par Avallon et Semur. Une autre voiture, faisant le service entre Saulieu et Montbard, passait également à Semur (Quinconce). Enfin, depuis 1890, un chemin de fer à voie étroite relie cette ville à Beaune, en passant par Saulieu et Arnay-le-Duc.
Quoi qu'en disent les Montbardois, qui les appellent « barbares », les habitants de Semur passent pour intelligents, laborieux, francs, amis de la gaieté et du plaisir; au reste, voici ce qu'en a dit le moine Sébastien Munster vers 1540 : ((... Les Semurois sont gens paisibles, doux, débonnaires et charitables, s'entr'aymans et caressans, et vivans ensemble en grande concorde, et qui se plaisent surtout en l'accointance des estrangiers... »
Le sobriquet que donnent aux Semurois les « fous de Montbard » n'est donc pas mérité; il contraste avec le titre de « Petite Athènes bourguignonne » que se décerne volontiers la
capitale moderne de l'Auxois, l'une des villes les plus pittoresques de France. Du reste, et dès le commencement du xvii^ siècle, les Dijonnais eux-mêmes protestaient contre cette appellation de «barbares».
Semeur, qu'on nomme sans raison.
Semeur dedan lai Barbarie,
Ses habitans meure d'envie
De n'être pas dé fin darrei
Por faire un plai de le métei :
Je m'enten bé, ç'atai mon dire
Qu'ai vos troveron de quei frire,
Car je sçaivon do mainte jor
Qu'ai non point de nigau chez lor (1).
(( Mais depuis, rapporte M. Glément-Jeanin (2), les Semuriens ont revendiqué le sobriquet de «barbares », et on ne le leur a pas contesté. C'était en 1822, le Journal de la Côte-d'Or, du 7 Juillet, ayant publié une jolie fable : Le Hibou, le Ver- Luisant et l'Écureuil, signa : Un jeune barbare; les Semurois l'attribuèrent à leur compatriote Touzet. lisse reconnaissaient barbares pour une fable ! Hélas ! Touzet en déclina la paternité par une lettre fort spirituelle, et il fut reconnu que les Semurois n'étaient pas des gens à fsihles (affables). »
Les vignerons de Semur avaient, à l'époque, assez mauvaise réputation, on les appelait « pouacres », parce qu'ils étaient avares et se « soûlaient », paraît-il, comme des Polonais. Ce sobriquet de « pouacre », suivant M. Clément-Jeanin, daterait aussi du commencement du xvii^ siècle.
M. Mainfroy, professeur d'anglais et d'allemand au collège de Semur, dit avoir trouvé dans les archives de la mairie de Pont-et-Massène une chanson de Saint-Vernier, patron des vignerons de Semur, que nous reproduisons ci-dessous :
« Les vignerons de l'Armançon, Pays d'Auxois, Basse-Bourgogne, Jadis ont choisi pour patron Le meilleur d'entre-eux en besogne :
C'est le grand Saint-Vernier ;
11 était tonnelier Et vigneron pendant sa vie;
Sa vigne s'étendait
De Presle à Mondrejay Tout au fond du vallon blottie.
A sa fête, le deux Janvier,
Qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il gèle,