HISTOIRE DES PERSES
Fondation de t empire, Cyrus.
Cyrus , fondateur de Tempire des Perses , issu de la noble race des Pasargades et de l'illustre maison des Achéménides , devint par son mérite et son heureuse étoile le chef de sa nation. Avant ce prince les Perses furent peu connus ; on sait seulement qu'ils étaient vaillants , loyaux , de moeurs simples et naturelles. Cç peuple avait été forcé de reconnaître la domination de TAssyrie et plus tard delà Médie; mais défendu par ses montagnes et par son courage, il vivait dans une dépendance peu onéreuse et avait conservé ses moeurs antiques. Il était divisé en dix classes : trob de guer» riers , trois de cultivateurs , et quatre de pasteurs , et comptait à-peu-près 1 20,000 hommes en état de porteries armes. Cyrus (il s'appelait précédemment Agradate, mais en se faisant proclamer chef de toutes les classes, il se donna le nom honorifique de Khores, Cyrus, dérivé de Rhor, c'est-à-dire soleil) les conduisit (l'an 3425) à la victoire et à la domination. Il battit les Médes à Pasargada, les Lydiens dans les plaines de Sardes, et se rJbdit maître de Babylone
pdr artifice. Rien ne résistait à ses armes. Il asservit en peu d'années l'Âsie^centrale et l'Asie-antérieure. II adopta alors avec ses Pasa rgades les mœurs plus douces X des Mèdes *), releva Téclat de son trône par rétablissement d'un cérémonial de cour , étendit et affermit la religion de Zoroaster par la protection qu'il accorda à la caste des M a g e s , et restreignit son propre pouvoir dans les bornes de la religion. Il a déjà été fait mention de l'affranchissement des Juifs et de leur captivité en Babylone. Xénophon et Hérodote se contredisent sur les dernières circonstances de sa vie , comme sur les précédentes»
La puissance des Perses allait toujours croissant de victoires en victoires. Cambyse , qui avait succédé à son père (son frère S mer dis devait régner sur la Bactrie)i, pénétra en Egypte. Une bataille près de Pelusium, et le siège de Memphis^ de peu de durée , suffirent pour briser le sceptre des Pharaons. Ammonium dans l'es sables de la Libye, l'Ethopie au delà des déserts , et même Car t h âge à l'extrémité de Toecident, furent menacés du joug des Perses. Mais des deux armées qui se mirent en marche pour cette expédition. Tune périt dans les sables , l'autre succomba à la famine, et Tyr refusa de faire agirsa flotte contre Carthage. Cambyse reconnut alors que sa puissance
*) Les Mèdes conservèrent le premier rang parmi les peuples vaincus; aussi donuait-on communément le nom de Médo- Perse à Tempire.
était bornée , et tourna sa fureur contre les Egyptiens et leurs dieux. La domination des Perses devint odieuse dans toute TEgypte qui , tant que subsista l'empire de Perse , fut presque constamment le théâtre de nouvdtes révoltes.
Après que Cambyse eut fait mourir son frère , sa sœiu* qu'il avait épousée , un grand nombre de ses amis et de ses serviteurs , parmi lesquds se trouvaient aussi quelques coupables, qui cependant ne périrent que par sa tyrannie , il se trama contre lui une conjuration funeste. Les Mages la dirigèrent pour mettre sur le trône un prince méde , ou quelqu'un de leur propre caste. Sfeudadates, frère d'un des principaux mages , se fit passer pour Sm erdis , prétendant avoir eu le bonheur de se soustraire à la mort , et il réussit à se faire un grand parti , parce que le roi était détesté. Cambyse s'étant mis en marche contre lui , se blessa , par hasard , de sa propre épée et mourut. Les Perses se soumirent à l'imposteur (l'an 346a).
Mais ils ne tardèrent pas à se venger. Sept des principaux du royaume conspirèrent contre le roi et le mirent à mort (l'an 3463). Après une délibération mémorable sur la forme de gouvernement qu'on adopterait , et où l'on agita la question de confier le pouvoir suprême aux chefs des classes, et même par élection à une classe toute entière , le gouvernement monarchique fiit néanmoins préféré , et la personne du souverain fiit choisie par le sort. Il tomba sur Darius
(Darab chez les Perses), fils d'Hystaspes (Gustasp) de la race des Achémén id es , et gouverneur de Perse.
Darius Hystaspej. Système (lu gouvernement en Perse,
Darius I justifia le choix du sort , ou le succès de sa ruse y en régnant avec sagesse et fermeté. Ce ne fut que sous lui (quoique Cyrus eût déjà affermi le pouvoir despotique du roi et l'autorité de la classe dominante et de celle des Pasargades subordonnée à cette dernière), que l'empire commença à avoir une organisation réelle; il le divisa en vingt satrapies, fixa les impôts sur un pied plus exact, créa des magistratures et des autorités militaires, et acheva l'ouvrage commencé par Cy r u s , en établissant entre la cour et les provinces une communication régulière , telle à-peu-prés que le service des postes. Il est vrai aussi que ce fut lui qui mit la dernière main au gouvernement de sérail, dont les suites furent funestes pour la cour et le peuple, et énervèrent la nation dans la servitude et la mollesse.
Le gouvernement de Perse avait pour principe (soutenu d'un côté par une arrogance insigne , reconnu de l'autre par le plus abject esprit de servitude) , que le roi était non seulement maître , mais encore propriétaire absolu de tout le pays et de ses habitans ; il était par conséquent au dessus des lois ; il pouvait disposer à son gré des personnes et des choses , regarder comme sa propriété particulière les travaux et les tributs des peuples, et donner à sa majesté redoutée l'aspect le plus
imposant par l'appareil de la pompe et même par les formes extérieures d'un culte religieux.
Cette majesté cependant ne se montrait qu'à un petit nombre de sujets , et ce n'était que sur ceux qui l'approchaient de près , que la terreur ou le respect produisait son efFet. La destinée des peuples était dans les mains des satrapes , qui , revêtus d'un pouvoir illimité et entourés d'une magnificence presque royale , régnaient dans les provinces en qualité de représentans du despote. Les habitans opprimés avaient^ à payer non seulement les impôts (qui depuis JDarius étaient en quelque sorte fixés) et les dons à faire au roi , ainsi que les frais exorbitants d'une cour nombreuse et ^endide f mais encore l'entretien onéreux des voluptueux satrapes et de leur brillant cortège. Us étaient en outre obligés de fournir à la subsistance des troupes et à l'entretien de tous ceux à qui le roi donnait des assignations sur certaines villes ou districts. Ce qui restait de fortune à l'habitant , et même sa personne j était sans cesse à la merci de la violence ou de l'arbitraire.
Sous le gouvernement même des rois débonnaires , les favoris, les eunuques, les femmes exerçaient une tyrannie impudente ; car le monarque , élevé dans le sérail dès l'enfance , énervé par les jouissances , retenu par les entraves de l'étiquette, n'était guère plus qu'un mannequin , jouet de ses esclaves.
La succession au trône n'était pas fixée ; cependant on reconnaissait les droits de la maison régnante. Le
roi déclarait ordinairement celui de ses fils qu'il avait choisi pour successeur (Cyrus partagea le royaume); cependant la primogéniture avait quelques prérogatives. De là une foule d'intrigues et de crimes. Les passions les plus efïrénées déchiraient le sérail ; les eunuques et les femmes disposaient de la couronne de Cyrus , et presque toujours Tavénement au trône fut souillé par quelque assassinat ou quelque firatridde.
Tant que Darius régna , la faiblesse et le désordre , suites naturelles du despotisme , se firent peu sentir. Il contint d'un bras vigoureux la séditieuse Babylone et Ba rca , conquit les pays frontières de iinde et leur imposa un tribut de 36o talens. Ses succès fiu*ent moins heiu'eux contre les Scythes d^Europe, entre le Don et le Danube; ils étaient défendus par leur propre pays; mais, dans la même expédition, il soumit la T h race et la M a ce d o i n e. Alors sa puissance s'étendit dans les trois parties du monde , et le royaume de Perse atteignit le faite de la grandeur. Un peuple moins puissant , moins nombreux , mais fort de son courage et l'esprit dont il était animé , renversa cet empire , et ce fut Darius lui-même qui commença cette guerre, dont les suites firent chanceler son trÀne.
Cyrus était déjà maître des colonies grecques dans l'Âsie-mineure, en partie comme dépendances du royaume de Lydie, en partie comme conquêtes. Mais ces villes florissantes ne perdirent pas le souvenir de leur origine , ni l'amour de la liberté inné chez les
Grecs. L'expédition de Darius contre les Scythes ayant échoué^ Histiée alluma dans Milet, capitale de rionie, une sédition qui s'étendit au loin et qui, malgré d'heureux commencemens (les insurgés ayant même déjà réduit en cendres Sardes, résidence du satrape) , finit par Fassérvi^etnent de toutes les villes et la destniction de Mi le t. L'assistance prêtée aux Ioniens par Athènes, irritée de la protection que le satrape Artaphern es avait accordée à Hippias banni, et par lapetite ville d'Ërétrie dans l'ile d'Ëubée servit à Darius de prétexte pour attaquer la Grèce. Nous parlerons dans l'histoire des Grecs des revers qtie Tar^ mée des Perses essuya dans cette guerre. Vaincu par les armes, Darius vainquit néanmoins ses ennemis en générosité. La conduite généreuse de ce prince envet*s les prisonniers de guerre érétriens, qu'il aurait pu sacrifier à son ressentiment , pour venger ses héraults et l'incendie de Sa r d es , prouve ime bonté d'ame digne d'admiration dans un despote et dans un guerrier , et dont aucun Grec de ce temps-là n'eût été capable. Darius espérait tirer de ces méfaits une vengeance plus honorable en recommençant la guerre , et mourut dans l'intervalle des préparatifs,
Xerjcès. Déauience de l'empire.
Xerxés , son fils, continua les armemens. Non seulement les Perses et les troupes mercenaires du roi , mais encore tous les peuples subjugués durent combattre^
dans cette gtierre déclarée nationale. Hérodote prétend que le nombre des combattans né fiit pas au dessous de 59!283,a20 , et quelque exagéré que paraisse ce compte , nous pouvons au moins admettre que l'armée de Xerxès fut assez nombreuse pour inonder la Grèce et menacer de soumettre l'Europe entière.
Mais qu'est-ce qu'une masse sans ame ? Xerxès n'était pas le chef qu'il fallait à une telle armée , et cette armée n'était pas susceptible d'être animée du même esprit ; c'est pourquoi plus la masse fut immense , plus le désordre fut épouvantable , le mal sans remède , la catastrophe complette. L'armée des Perses, humiliée par les exploita glorieux de ses ennemis , même dans les succès qu'elle obtint par la supériorité du nombre, et traitée avec toute la furie de l'acharnement lorsqu'elle fut battue dans les actions générales sur terre et sur mer, abandonna pour jamais la Grèce et l'Europe. Les Carthaginois, alliés des Perses, subirent le même sort en Sicile, et c'est ainsi que cette expédition immense, entreprise avec un concours de forces jusqu'alors sans exemple , échoua ignominieusement. Les Grecs continuèrent de combattre avec la supériorité que leur assurait le noble sentiment de leur propre valeur ; les Perses étaient découragés par le souvenir de leurs humiliants revers. Le roi lui-même , renonçant à la guerre et aux soins du gouvernement, alla chercher dans les jouissances sensuelles des distractions aux chagrins dont l'abreuvait le mauvais succès de ses projets. C'est à
dater du règne de Xei^ès que le gouvernement du sérail se découvre dans toute sa pitoyable nuHité.
Xerxès, après un règne de vingt arts, ayantété a^assine (l'an 35 to) par Artabane, capitaine de ses gardes, son second fils Artaxerxel, Longue-main (Assuérus?), s'affermit sur le trône , par la mort du traître , mais aussi par celle de ses deux propres frères. Le traité de paix conclu avec Cimon (l'an 3533) , par lequel , après une guerre de 5i ans, les Grecs, en tr' autres conditions glorieuses , obtinrent la liberté de leurs compatriotes dansTAsie-mineure et les îles, fut une preuve humiliante de la faiblesse de la Perse. Il ne restait à ce gouvernement déshonoré et découragé d'autre espoir que la discorde qui régnait parmi ses ennemis. Elle éclata encore du vivant d'Artaxerxe, qui attisa le feu de la grande guerre du Péloponnèse,
Elle continua pendant tout le régne de Darius II (Nothus) (l'an 356o). Ce Prince conclut avec Sparte une alliance contre Athènes, et fut témoin de la chute de cette ville qui avait donné le jour à Miltiade, à ThémistocleetàCimon, vainqueurs des Perses. Des troubles survenus dans l'intérieur , et les guerres continuelles entre les satrapes empêchèrent le roi de tirer un plus grand avantage des malheurs de la Grèce, et l'esprit guerrier dégénéra tellement dans le royaume de Cyrus, que l'on vit des troupes mercenaires grecques former l'élite de l'armée des Perses. C'est ainsi qu'il arriva, que les lâches Egyptiens eux-mêities
secouèrent le joug , et se donnèrent ^ jusqu'au règne du férope Ochns, des rois particuliers, qui ne reconnais* saient que pour la forme la domination des Perses.
Axtaxerxe Mntmon, Darius Codoman.
Sous Artaxerxe II et III (Mnemon et Ochus) le gouvernement recommença à montrer quelque vigueur. Le règne de Mnemon (Fan 3579), prince doué de qualités estimables, fut troublé par les intrigues de la truelle Pbary sa tis, sa mère, qui avait une prédilection aveugle pour Cyru», son fils cadet Cyrus , que l'im* prudent Artaxerxe avait confirmé y après la mort de son père j dans les dignités de satrape et de commandant des troupes dans TAsie^mineure, leva Tétendart de la révolte , et à la tête d'une armée nombreuse , dont l'élite se composait de 1 3ooo Grecs sous les ordres du Spartiate Cléarque, pénétra jusqu'à Cunare en Mésopotamie. Ce fiit là que dans la mêlée Cyrus périt de la main de son frère. Son armée se dispersa ou passa au service d'Artaxerxe. I^s Grecs seuls, réduits au nombre de dix mille , ne furent pas vaincus, et quoiqu'ils eussent perdu leurs chefe, victimes de la trahison, ils firent, sous la conduite de nouveaux chefs de leur choix, entr'autres sous l'illustre Xénophon , à la vue des innombrables légions perses , cette admirable retraite qui , du fond du royaume de Perse , les conduisit à rHellespont,distantdepIu$ieurs centaines de milles, à travers des régions ennemies et pour la plupart incon-
nues , luttant sans cesse contre les obstacles de la nature et les maux de la guerre.
Ces événemens renouvelèrent Panimosité entre les deux nations. Les Spartia tes^ qui alors avaient la prépondérance dans la Grèce, recommencèrent la guerre avec des forces supérieures. Ils attaquèrent la Perse; et Dercyllidas, ensuite le grand Agésilas firent dans r Asie-mineure des conquêtes si rapides, que la terreurde leurs armes se répandit jusqu'à Suse. Agésilas aurait peut-être fait alors ce qu'Alexandre fit deux générations plus tard , si les dissentions intestines de la Grèce n'avaient pas opéré une diversion avantageuse à Artaxerxe. La domination de Sparte étaitdevenue odieuse en Grèce , et le roi de Perse excita les autres états grecs à la défection. L'Athénien Conon, amiral de la flotte des Perses, et Agésilas, qui du fond de l'Asie-mineure ramena son armée en Grèce, acquirent le plus de gloire dans cette guerre. Mais Sparte, plus jalouse de conserver sa domination que de vaincre au dehors, préféra tellement la tyrannie à la gloire, qu'elle se hâta de faire conclure, par Antalcidas, avec les Perses (l'an 3397) un traité de paix qui céda à ces derniers, non seulement les colonies grecques de l'A si emineure qui , 6a ans auparavant, avaient recouvré leur liberté par le traité de paix de Cimon , mais encore plusieurs autres îles, et même celle de Chypre récemment soumise , et laissa sous la domination de Sparte les îles grecques de l'Europe, qui ne conser-
vérent de la liberté que le nom. Ârtaxerxe recueillit sans trouble jusqu'à sa mort les fruits de cette honteuse paix.
A rtaxerxe III , Ocbus , prince d'une cruauté sans égale , lui succéda (l'an 36 1 8). Une insurrection ayant éclaté en Phénicie, les Egyptiens la fomaitèrent. Ocbus, à la tête d'une armée formidable, marcha contre les rebelles. Les Sidoniens , dans la fureur du désespoir , incendièrent leur propre ville ; les autres villes se rendirent à discrétion et l'Egypte se soumit , ne pouvant résister à la supériorité du nombre. Elle avait joui d'une apparence de liberté pendant 64 ans et sous neuf rois, mais les temps de Cambyse revinrent; des torrens de sang coulèrent, les trésors du pays furent livrés au pillage , les temples à la profanation et les dieux du pays furent égorgés. Mais l'eunuque Bagoas, Egyptien de naissance , devenu favori du roi , vengea la mort du dieu Apis , empoisonna Ochus et, dans la fureur du fanatisme , traita son cadavre avec indignité* Les fils d'Ochus furent également massacrés (l'an 3646), à la réserve d'Arsès le cadet, qui succomba plus tard à la même destinée.
Le scélérat Bagoas appela alors au trône ( l'an 3648) l'infortuné Darius Codoman, imique rejeton existant encore de la maison d'Hystaspe. Ce prince que les historiens représentent comme débonnaire , succomba à la fatalité du sort qui accabla la Perse. Cet orage avait déjà commencé à s'élever sous Ochus. Les Grecs,
désunis y dégénérés et devenus par là moins redoutables, se réunirent tout-à-coup ; leur esprit jusqu'alors incon* stant et leurs forces précédenunent entravées par la discorde^ se dirigeaient vers un but commun , la guerre contre les Perses. Les forces combinées de la Macédoine et de la Grèce , sous im chef ^cpérimenté dans Fart de la guerre et la science du gouvernement tel que Philippe n, étaient en elles-mêmes supérieures à celle du vaste , mais chancelant empire de Cyrus. Cette disproportion s'accrut , lorsqu'après l'assassinat de Philippe n j son fils Ale^andre^le-Grand mit dans la balance des destinées de la Macédoine tout le poids de son génie ardent. Aux bords du Granique, à Issus et à Arbelles s'accomplirent, malgré tous les efforts des Perses, les décrets du destin. Le trône de Cyrus s'écroula , mais sa chute ne doit point exciter de regrets ; cet empire des Perses n'avait guère contribué au bonheur de l'humanité ; le despotisme y avait jeté de profondes racines et avait fait des progrés immenses» Les peuples avaient échangé toutes les vertus mâles, tout le sentiment de la vie contre une obéissance passive et ime apathie léthargique. I^e culte idolâtre qu'ils rendaient à leur sultan , avait étouffé en eux le sentiment de leur propre estime.
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