IV. prtite Hogautneô
Il est à propos de parler maintenant de la Thrace , dePerganie^ delà Bithynie, de la Paphlagonie, de la Cappadoce, de la Galatie, du Pont, de l'Epire et de Rhodes.
Après la mort d'Alexandre, Lysimaque avait fondé un royaume qui se composait de la Thrace et des pays de r A s i e-m i u e u r e situés à Topposite au delà de la Propontide. Ce royaume cessa d'exister après la mort de Lysimaque (Tan 370a). Des colonies gauloises et des naturels du pays, tels que les Od ry S9e, les Bessi etc. , se partagèrent le pays qui, après la défaite de Persée, devint sous différentes dénominations la proie des Romains.
Pergame fut une portion détachée du royaume de Lysimaque. L'eunuque Philétère fonda cet état après s'être révolté contre ce tyran. Eumènesl et Attalel en reculèrent tellement les frontières, qu'il put être considéré comme un royaume. Eumènes II (l'an 3786) reçut des Romains , en récompense des services qu'il avait rendus dans la guerre contre Antiochus le Grand, tout le pays jusqu'au Taurus que le roi de Syrie avait perdu. Pergame fut alors la puissance dominante dans l'Asie -mineure. Mais cette puissance n'étant pas établie sur des fondemens naturels , et ne dépendant que du bon plaisir des Romains , ne pouvait être de durée. Attale II et A ttale III n'eiu^ent en effet d'autre
volonté que celle des Romains. Ce dernier, prince faible d'esprit , leur légua son royaume.
I^ Bithynie, ainsi que la Paphlagonie etlaCappadoce, étaient à la vérité des états vassaux de la Perse , mais , n'étant point situées sur la ligne qu'Alexand re suivait dans sa marche, elles ne devinrent point sa conquête. Parmi les rois de Bithynie, Prusias II se fit remarquer par son servile dévouement aux Romains, et Nicomède III pour leur avoir légué son royaume. Ce dernier événement eut lieu après la gueire de Mithridate, laquelle rangea également la Cappa^ doce et la Paphlagonie sous la domination romaine.
La Galatie tire son nom des Gaulois qui , comme nous l'avons déjà rapporté , commirent des dégâts en Thrace, en Macédoineet en Grèce, et qui s'établirent plus tard dans l'Asie-m i neur e. On ne sait pas bien positivement si ces hordes vinrent de la Gaule proprement dite, ou de la Gaule cisalpine, ou de la Panno nie (qu'habitaient déjà fort antérieurement les racçs gauloises<lesScordes,desBojesetdesTaiirisciens). Ils avaient l'habitude de servir les princes comme mercenaires et de tirer parti de ces circonstances pour faire du butin et des conquêtes pour eux-mêmes. C'est ainsi qu'ils se rendirent redoutables depuis les détroits jusqu'au Taurus, et ils seraient sans doute restés maîtres de ce pays, si A ttale ne les eût vaincus dans une guerre sanglante (l'an 3744)-
Ils furent dès lors restreints au payé situé entre le
Sanguarius et le Halis; depuis la Bitbynie et la Mer-noirè jusqu'à la Phrygie, la Cappadoce et le Pont. Ils y vécurent divisés en trois races principales , les Trocmi *), les Tolistobojenà et les Tectosages^ 'et en douze districts ( te trarchies), et formaient une espèce de confédération dont les intérêts communs s'agitaient danâ une diète générale , sans préjudice de Tiiidépendarïce particulière de chacune des races. Ces races ou nations étaient constituées en républiques, leurs té* trarchies (au nombre de quatre pour chaque nation ) n'ayant que des magistrats populaires dont Tautorîté était restreinte par un sénat.
L'invasion des Romains dans l'Asie-mineure influa considérablement aussi sur le sort de la Galatie. Le consul M ahlius les combattit comme alliés ou mercenaires d'Antiochus le Grand , mais il leur accoi'da cependant des conditions de paix modérés. Après avohr été subjugués par Mithridate, ils furent délivrés par Sylla. Le tétrarque Déjotare joua un rôle important dans la seconde guerre civile. César lui-même cnit prudent de le ménager > quoiqu'il eût été du parti de Pompée (comme il fut plus tard de celui de Brutus). On cite encore quelques tétrarques api^s lui , cependant les Romains étaient déjà maîtres de fait , quoique
*) Appelés dans le concile de Qialëdoine, Trocmadcs ou Trogmades; noms qui ont beaucoup d'affinité avec Togarmah ou Tliorgama comdfe les Grecs l'écrivent. Clfote du trad,)
la G u latte ne fut déclarée |)rovinee romaine que 26 ans après J. G.
I^ Pon t fut un royaume vassal de la Perse et soumis aussi pendant im court espace de temps k la Macédoine , jusqu'à ce que M i thr[date III , l'Acbéménide , lui eut; rendu son indépendance après la bataille d'Jpsus. Ce royamne n'est intéressant pour Tbistoire que par rapport à son roi Mitbridate le Grand (VI, Ëupator, Tan 3838). Ce prince fut l'ennemi le plus déclaré , le plus irréconciliable et le plus dangereux des Romains conquérans du monde y et pour cette raison il inspire de l'intérêt et de l'admiration à tous les gens de bien. Nous parlerons plus tard de sa lutte gigantesquecontre Rome. Nous nous bornerons à dire ici , qu'api*és avoir recommencé trois fois une guerre glorieuse , quoique toujours désastreuse 9 après avoir épuisé toute-s ses ressources, cet héroïque vieillard, trahi pour comble d'infortune par ses deux fils révoltés , termina ses jours par ime mort volontaire digne de lui (l'an 3gi 1 ). Le Pont devint alors province romaine.
L'histoire de l'Epire ne nous présente également qu'un seul personnage remarquable; c'est Pyrrhus, fils d'Eacide. Dans le grand nombre des célèbres 'Capitaines de son temps , il ne fut surpassé par aucun , et dans toutes les vicissitudes qu'il éprouva, l'on reconnaît que le sort l'accabla constamment et qu'il se releva luimême par son propre génie et son courage. Il est à regretter qu'il faille attribuer sa perte à son arrogance et
à son ambition. Trois fois il conquit et reperdit la Macédoine contre Démétrius, contre Lysimaque et contre Antigoné Gonnatus. II médita la conquête de ritalie, de la Sicile et de Carthage, et dans une expédition contre le Péloponnèse il périt à Ârgos de la main d'une femme (l'an 37 j!:^). Ses descendans régnèrent jusqu'à l'an 8780 y époque à l'aquelle l'Epire adopta le gouvernement républicain. Cette nouvelle république devint le jouet de la Macédoine et ensuite des Romains qui, après la dé&ite de Persée (l'an 3838), en firent une de leurs provinces.
La ville de R ho de fut bâtie pendant la guerre du Péloponnèse et devint bientôt maîtresse de toute l'île. Elle conserva toujours son indépendance ^ à quelques courts intervalles près , jusqu'à la fin de la période , et fîit puissante par son commerce et sa marine. Elle força Bysance à abolir le droit de passage imposé sur les yaissaux qui entraient dans la Mer-noire (l'an 3761 ). Par son alliance avec Rome contre Philippe et Antiochus elle acquit une grande étendue de pays; mais Cassius abaissa sa puissance , et quoique Antoine eût proclamé son indépendance , Rhodes n'en demeura pas moins soumise de fsiit.