CONVENTION NATIONALE
(du ai Septembre 1792 an 27 Octobre 1795.)
La France est proclamée République.
» Condamnation^ et exécution de louis XVh
. Presque tous les députés de la Convention nationale avait été choisi dans le parti jacobin ou républicain. Les vues de cette assemblée se manifestèrent dès la première séance (ai Septembre) par la promulgation du décret rendu à l'unanimité, qni déclara la royauté abolie à jamais et l'établissement de la République française.
Mais, quoique d'accord quant à la tendance principale, les membres de la convention ne tardèrent pas à se diviser en deux partis ennemis, lès ûiodérés et les fanatiques. L'un de ces partis, cehiiéea Girondins ainsi appelés du nom du déparlesieftt
de la G i r o n d e qui avait fourni les chefs les pU^ distingués de la faction, baissait à la vérité la Boyau té et était passionné pour les idées républicaines; mais ses efforts, et ses motifs étaient purs, et il ne luttait contre le droit historique, que pour l'intérêt du droit naturel et imprescriptible, et non dans des vues d'égoïsme ou pour satisfaire les passions. L'autre parti appelé la Montagne (parce que les membres de cette faction siégeaient sur des bancs plus élevés) imprimait à tous ses actes, lors même qu'ils tendaient au même but que celui des vrais amis de la Liberté, le sceau de la perversité, en foulant aux pieds tous les droits qui seuls font le prix de la Liberté politique, et en manifestant un égoïsme tyrannique «et UQ fanatisme outré.
Le pouvoir se trouva alors dans les mains de la populace. Celle-ci naturellement ne se laissait diri* ger que par ceux dont le caractère ou les principes étaient le plus en harmonie avec elle» De là le triomphe infaillible de la Mo n t a g ne sur laGirondç (désignée aussi sous la dénomination de Plaine ou Marais)*
Pour affermir la nouvelle République il parut indispensable de détruire promptement toutes les institutions ou les usages qui pouvaient rappeler le souvenir de la Boyai^té oitt de l'ancÂeQ régime. La cpn-i' vention se livrf^ k ce travail avec une ardeur outrée, fenatiqjie et même parfois risiMe. Mais le parti des
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furibonds demanda avant tout, la tétç du Monarque destitué.
' Après de violents débats entre la Montagne et les Girondins; la première de ces factions, soutenue par la populace parisienne qui demandait à hauts cris la mort du Roi, 6t passer le décret qui déclara Inouïs déchu du droit d'inviolabilité de sa personne, et la Convention autorisée à le juger (3 Décembre). On dressa l'acte d'accusation , et Louis fut traduit à la barre de la convention (i i Décembre).
Tronchet vieillard vénérable, Malesherbes et De se ze eurent le noble courage de se charger de la défense du Roi. Mais après avoir entendu leur plaidoyer (a6 Décembre) et après une délibération orageuse qui dura plusieurs jours la Convention nationale décida (ii Janvier 1793), qu'on prononcerait, par appel nominal, sur trois questions :
I**. Si Louis Capet (c'est ainsi qu'on l'appela depuis le commencement du procès) était coupable d'avoir conspiré contre la Liberté ou la sûreté de l'Etat; 2^. Si le jugement à prononcer contre lui devait être soumis à la sanction du peuple réuni en assemblées primaires ; 3 ^ . quelle peine devait être infligée à Louis ?
La première de ces questions fut décidée affirmativement et sans réserve , à la majorité de 683 voix sur 7 1 7 membres présents. La seconde le fut néga^ tivement par 4^4 suffrages. Quant à la troisième^ il
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n'y eut que cinq voix en sius de la moitié , pour la peine de mort satis condition. Parmi le reste des votants a66 opinèrent pour la réclusion jusqu'à la» paix ou pour le bannissement ; les auf res, à la vérité, avaient prononcé la mort, mais conditionuellement (16 et 17 Janvier).
Et cette faible pluralité suffît pour faire prononcer Tarrêt sanguinaire. La Convention le publia aussitôt, et rejetant toute demande de sursis en ordonna l'exécution sans délai. Ce fut le ai Janvier qu'eut lieu cette sanglante catastrophe, accompagnée de circonstances qui en augmentèrent l'horreur. Cependant les Cours de l'Europe n'avaient rien fait poui: sauver Louis. Le Roi d' Espagne seul intercéda, mais inutilement, pour son parent.
Chute des Girondins. Règne de la Terreur,
L'exécution du Roi annonçait à la nation qu'elle était abandonnée à la tyrannie de la populace effrénée de la capitfj^e et des meneurs de cette populace. La Convention elle-même et la majesté du peuple qu'elle représentait se virent bientôt foulées elles-mêmes par cette horde souillée de crimes. Ce fut en vain que la Gironde lutta contre les ennemis de la raisonr et de Tordre. Quiconque ne marchait pas en avant
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;ivoc le^ «Diiretiistes, s^ voyait forcé d'abaiulonner le champ de bataUU ou «^ c^yitf servait de degré à U Révolution.
Ou établit alors le tribunal révolutionnaire (9 Mai), que l'on composa de membres cboU sis parmi les plus scélérats des hommes, dignes instruments de proscription et serviteurs du parti de la Montagne. Ce tribunal prononçait sans appel; les biens d^ condamnés étaient con6squés au piH)fit de VStat.
Pan^ cc;s teinps d'anarchie la action d' Orléans risqua vpe Qpuvell^^ tentative en.faveui* de son inépri^abl^ ç^et Cet ambitieux sans pudeur qui , par une basse flatterie pour le peuple , se faisait appeler »£galité(c qui aspirait à la dictature, qui avait participé à tous les crimes de la Révolution, et voté la mort de Louis son roi et son parent, ne sut pas profiter du mouvement populaire que ses partisans excitèrent le 11 Mars, et réduisit ceux-ci à la nécessité de l'abandonner. U fut arrêté peu de temps après et conduit à Marseille -r- e^ vertu du décret repdiJl i?oatrç tpus le§ Bpurbons (6 Avril -rr-. Sept Vieis ^ès (Ç îfoverabre) U fut guillotiné à P|U7is, ou ftpl?ç?pierre. r$iv4it i^% ramener.
y^ç IqÎ élî^it au sein de la Conventioui un Co« mit 4 4p §?lwt public compps^ de mv/i nmw hrça- Çf tte e^ipèçe 4e 4ict^u^ a^r^it pu pwdwrii des ^et? çiaJutsires, ?i ^le «ut qofl^tenu î^.paftifi
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mais ^ntre les mains d'homtties pervers , elle ne fil que hâter le mal. Une autre commission de douze membres fut chargée de pourvoir à la sûreté de r intérieur; mais en excitant les passions les unes contre les autres, elle attisa l'incendie qui fiuit par dévorer le parti généreux des Girondins.
Cette triste catastrophe arriva dans les derniers jours de Mai et les premiers de Juin (du 37 Mai au a Juin). Les sections de la capitale, c'est-à-dire des bandes armées de. la lie du peuple se soulevèrent, installèrent de nouvelles autorités municipales, nommèrent pour leur chef Henriot l'un des assassins de Septembre et marchèrent contre la Convention eu demandant la proscription des 2 a députés chefs du parti de la Gironde^ et le rabais du prix du pain* L'émeute se renouvela les jours suivants d'une manière encore plus effrayante* Les Représentants de la nation se virent exposés aux huées et aux mauvais traitements de la populace. Les traître^ au sein même de l'assemblée s'opposaient à toute délibération qu'eût pu dicter la prudence. Les séditieux, braquant les ca* nous contre la coiuvention persistent à demander l'ex*' pillsipn :de^ QirQudins. l'Assemblée après avoir fait des yçdns çfS^rts pour délibérer ^1 liberté , ordpnp^ dope par son 4^i^t du a^uin l'di'^^statioQ de trente* qu^t^e dô piss oi^ml^res -^ dopt la plupart étaient du pàr^ de la. Çironde, pt ]f»umr^ à^ \¥9om^s iynpftrn tW»i é^mq/ofi pvr^mns de la U\mté — r. Ç^tts
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mesure appaisa la révoke. Soixante et treize députés animés d'un meilleur esprit protestèrent plus tard contre ce décret, et en furent atteints à leur tour.
Parmi ces proscrits les uns se cachent, les autres prennent la fliite. L a n j u i n a i s est au nombre de ces derniers. Plusieurs se donnent la mort, ou tombent isolément dans les mains de leurs ennemis ou sous la hache révolutionnaire. Tel fut le sort de Péthion, Buzot, Guadet, Barbaroux, Rabaud St.
Etienne, Con dorcet, Roland etsonépouseetc. Les autres au nombre de ai (parmi lesquels furent Brissot, Gensonné, Vergniaud et d'autres patriotes respectables) éprouvèrent tes ennuis d'une longue captivité, jusqu'à ce qu'enfin ils furent formellement décrétés d'accusation (3 Octobre) et exécutés le 3i du même mois. Le crime dont ils furent accusés^ le F é d é r a 1 i sm e ne fut connu qu'après leur arrestation; c'était une tentative faite par les départenjénts pour s'afiranchir de la tyrannie de la capitale et de la terrible Montagne.
C'est ainsi que succomba cette Girond e que son esprit et la droiture de ses vues rendaient respectable malgré les erreurs quelle eut à se reprocjjier* Sa haine pour k Royauté ouvrit à la vérité la carrière à l'ochlocratie et par là à la dictature. Ce ne fat cependant pas à ce parti, mais à la If ation que manquèrent les verti|^ sans lesqudlles ne saturait existei! la Li)>erté r^obticaine. La chute des Girondins en**
traîna sans retour celle du boulevard de la liberté contre la tyrannie; elle fut regrettée par tous les gens de bien.
Telle fut la lutte désespérée que la Convention ou le parti de la Montagne eut à soutenir dans Tinté* rieur et qui engendra une lutte bien plus pénible encore contre l'insurrection qui se répandit au loin dans les contrées du Nord et du Midi, à l'époque du danger de la guerre extérieure qui venait d'éclater de nouveau avec plus de fureur qu'auparavant. Mais ce fut précisément cette guerre étrangère qui donna de la vigueu^-à ce parti et qui fit triompher le règne de la terreun:- La coalition des rois conjurés contre la patrie déchirée par des dissentions intestines excita la nation à un efFort convulsif. Cette coalition ne pouvait être vaincue que par le paroxisme du désespoir, par l'unité des efforts d'une fureur qui ne connaissait plus de ménagements. C'est ponrquoi: les Français les plus loyaux pénétrés eux-mêmes de cette grande, quoique terrible vérité politique, s'associèrent à là cause commune. Mais cet o^ivre monstrueux ne pouvait s'accomplir sans monstruosités morales» C'est ce qui fit triompher le parti de la Mon tagne. La haine du peuple contre ses ennemis du dedans et du dehors dégénéra en ftireur, et cette fureur une fois déchaînée devint une soif de sang iilr extingttible* Plusieurs forcenés, les ans par féroôté naturelle, les autres et ce lut le plus grand nombre;^
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par un fieinatisme aveugle, croyaut servir la Patrie demandèrent des victimes ou les frappèrent eux-mônes. D'autres furent dénonciateurs par crainte. Il n'y avait presque plus de milieu, il fallait être ou victime ou bourreau.
Aussi ce règne de la terreur fut-il — quelque horreur qu'il inspire — le salutdelaFrance. La guit lotine non moins que le Patriotisme peupla les camps français , seuls refuges où l'on était à l'abri des tribunaux révolutionnaires ; et la crainte de l'échafaud ne fit pas moins que l'amour de la liberté déposer sur l'autel de la Patrie des offrandes nombreuses pour faire face aux besoins immenses d'une guerre sans exemple.
Détails hùtmquesdes guerres. Conquête de la Savoie, Bataille de Jemmappes,
Ce ne fut cq>endant pas une guerre, mais une affligeante quantité de guerres, chacune abondante en scènes sanglantes, en exploits, en résultats et w ca* tastrophes; un amas confus de champs de bataille^ de combattante et de combats. Il s'agissait de la dér fense des plus chers intérêts, réels d'un o^t pré« tendus tds de l'antre; il s'agissait de la liberté, de l'existence, de l'hoiipeur des gouvernements fk de œluî
des peuples: aussi vit- on çfis derniers se présenter eux-mêmes (comme dans le temps des guerres de re* ligion) et non pas seulement leurs armées^ sur les champs de bataille. Ces levés en masse n'eurent dans les commencements lieu que ducôté de la France» et ce fut avec le plus brillant succès. Plus tard après que Napoléon ce grand maître dans l'art de la guerre eift foulé aux pieds la République, toute la nation française devint ime seule bande de soldats qui grâces à sa supériorité numérique, à sa savante tactique et au génie de son général promena sur la moitié du continent ses aigles victorieuses, jusqu'à ce qu'enfin d'un côté les p e u p 1 e 9 se levèrent pour résister à l'agres* seur, et que de l'autre l'espritdu peuple passa dans les armées des monarques et que par là l'intérêt de la cause et la victoire abandonnèrent les drapeaux français pour se fixer sous ceux de la coalition. Cest sur ce caractère particulier de la guerre de la Révolution, et non pas sur cette triste mêlée de combattants toujours monotone malgré son aspect effrayant , que le philosophe amateur de l'histoire portera de préférence ses regards observateurs.
Il a déjà été fait mention de la désastreuse retraite des Alliés qui évacuèrent la G h a m p a g n e, et de la prompte reprise de tout le territoire français. Vera^ la même époque les armées de la République nsàs^ safite se* présentèrent sur te sol ennemi. Le Général Koiitës^quiouwvahit la Savoie (24 Septembre
presque sans coup térir^ À ns elme général sous ses ordres s'empare de tout le comté de Nice (28 Sep* tembre). Les troupes sardes n'opposent presque au-* cune résistance; les habitants^ ceux de la Savoie sur« tout, accueillent les Français comme des libérateurs^ La convention nationale, au mépris de la déclaration qu'elle avait faite, de ne point faire de conquête et de se borner à la défenst de la Liberté de la France, et jalouse de donner à la République dans ses limites naturelles, ordonne la réunion de la Savoie et de Nice au territoire français , comme départements du M o n t - b 1 a n c et des A 1 pe s-maritimes (décrets des %'] Novembre 179a et 3i Janvier 1793).
Presque dans le même temps Gustine pénétre en Allemagne. Il se présente tout-à-coup devant Spire (3o Septembre) et s'empare des m^asins im* menses que les ennemis y avaient formés et que — soit par négligence , soit par une fausse sécurité, ne jugeant pas l'ennemi assez redoutable -^ ils avaient laissés sans défense. De là, il marcbe rapidement vers Worms, puis vers l'importante place forte de May en c e dont il se fait ouvrir les portes, par de simp- Jks menaces. Puis il va occuper l'opulente ville de Francfort en mettant à contribution tout le pays d'al^itour^jusqu'à ceque les Pr us si e ns acçoiurusdes bords de h Lahn vinssent emporter Francfort
d'assaut et rejeter les Français sur la rive gaudbe du Rhin (a Décembre).
L'expédition de Dumouriez dans la Belgique fut plus brillante. Qnatre^ingt mille soldats de la République envahirent ce pays dont le sort, depuis le démantèlement de ses p 1 ac e s f r o n ti è r e s, dépan*» dait de l'issue de toute bataille rangée* En avant de Mons près dfl^bourg deJemmappes les forces principales de l'ennemi^ sons le copimandement du Uucde Saxe-Tëschen et deBeauIieu, au nombre de aoyooo hommes de troupes aguerries occupaient un camp bien retranché. Les nouveaux soldats de la République, malgré leur inexpérience ^ assaillent audacieusement la triple ligne de retranche-* ments et remportent une victoire complette, quoique chèrement achetée (6 Novembre),
Après la bataille de Jemmappes les Pays-Bas^ autrichiens se virent inondés de bataillons français. Bruxelles leur ouvrit ses portes le i4 No* vembre). La ibrte place de Luxembourg seule, ne fut point attaquée. Clair fait qui prit alors le commandement de l'armée autrichienne se retira derrière la R o e r jusqu'auprès de Cologne* La ville de Liège fujt aussi emportée par les Français et cette qanquéte mit fin au Gouvernement tyrannique de l'évéque, quel'J^utriche avait depuis peu rétabli dans s^ état6« « «^i.
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La gtmrre change de face. Défection fie Dumoui'iez, Ce fut alors queDumo liriez médita la conquête de la Hollande. Les Belges et les Liégeois exaspérés contre leur gouvernement avaient accueilli à bras ouverts, les français modernes comme des amis et des libérateurs. Dumouriez s'attendait à une pareille réception de la part des Hollandais, puisque ce n'était que malgré eux qu'ils s'étaient courbés sous le jouglIuStathouder.
Plein de cet espoir Dumouriez entra en Hollande (17 Février lygS) à laquelle la Convention avait récemment déclaré la guerre (i Février), emporta Breda, Klundert et Gertruidenbourg, tandis que Miranda assiégeait Maestricht et tenait en même temps les Autrichiens en échec. Mais ceux-ci ayant reçu de nombreux renforts pendant l'hiver, et commandés par leur nouveau Général lePrincedeCobourg traversèrent tout-à-coup la Roer, se jetèrent à l'improviste sur les cantonnements français (i Mars 1793) et leur firent éprouver une perte sensible, àAldenhofen. Les Français s'enfuirent et se retirèrent en désordre de tous eèiés^ jusqu'à ce queDum ou riez accouru de F armée du Nord à celle des Ardennes par ordre de la convention, rencontra près de Tirlemont les- A Ht ri* chiens qu'il battit à ptatè^ufttfe (t6 Mars). Majs deux joui%^après, il essuya lui-même une défiiite eom*plète à Neerv^inden (idMars) où il avait tenté le
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le sort d'une bataille décisive. Il combsittR de nouveau avec une valeur héroïque^ mais raalbeureuse- Dient pi*ès de Lou vain le aa Mars, contre un ennemi supérieur en nombre, et ces deux défaites enlevèrent à la République les pays belges qu elle avait conquis naguères. Les conquêtes faites en Ho 1 1 a n d e par les Français tombèrent aussi au pouvoir des Prussiens que le Duc de Brunswic-Oels avait amenés au secours du Stathoudei».
Dans ces entrefaites arrivèrent au camp de Du* mouriezyàSt. Amand des commissaires du Conseil exécutif, et peu de jours après quatre députés conventionnels (Camus, Bancal, Lamarque et Q u i n e 1 1 e) avec le ministre de la guerre Be u rnonville envoyés pour arrêter ce général; mais celui-ci les fit saisir et transférer aux avantpostes autrichiens (i Avril).
Déjà depuis plusieurs jours Dumouriez avait entamé des négociations secrètes avec les généraux autrichiens, en vertu desquelles il proposait de marcher avec son armée sur Paris à l'effet dy rétablir le gouvernement monarchique, mais à condition que les Autrichiens ne mettraient pas le pied sur le territoire h*ançais. Le succès de ce projet semblait infaillible. Les chefs les plus distingués de l'armée française et plusieurs bataillons étaient entièrement dévoués à ce général.
Mais le »Monk<c français après avoir fait connaître
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ses projets se vit déçu dans ses espérances^ er n'eut d'autre ressource, pour sauver sa personne, que ceUe de se réfugier dans le camp autrichien, accompagné seulement de son état-major ^ du Général Valence, du jeune Duc de Chartres, surnommé Egalité et d'environ i5oo combattants.
Le cotnmandement en chef de l'armée française, à la vaille de sa désorganisation fut confié au <îénéral Dampîerre. * L'armistice précédemment convenu avec les Autrichiens fut rompu par eux et ieurs troupes inondèrent le territoire français. Dans ces conjonctures où la perte de la France semblait inévitable^ les Alliés se flattaient déjà de Tespoir d'étouffer la Révolution et de dicter, à leur ^ré, les conditions de la paix.
Continuation des détails historiques sut la guerre avec i Angleterre , la Hollande et V Espagne.
Après une suite de combats sanglants livr^ par l'intrépide Dampierre aux Autrichiens^ ceux* ci chassèrent les Français — qui depuis la blessure mortelle de Dampierre n'étaient plus si bien commandés — de leur position retranchée près de F a* mars et bloquèrent les places frontières* Custine qui commandait l'armée du Rhin fut appelé pour ar«
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rêter lés progrès de rennemi, mais il se retira timidement dans l'ancien »cainp de César« près de Cambra y. Les revers qu'il avait essuyé devant Mayence l'avaient découragé; car il avait été battu en plusieurs rencontres par les 'Prussiens et les Autrichiens et forcé de se retirer derrière la Lauter. Alors commença le siège de Mayence (5o Mars — a 3 Juillet) qui se rendît par capitulation après une résistance opiniâtre.
Dans le Nord, les Autrichiens soutenus par l'armée an g 1 aise sous le commandement du Duc d' Y o r k poursuivent leur marche victorieuse. C o n d é après une vive résistance ouvre ses portes (lô Juin). Valenciennes succombe bientôt après (a 7 Juillet). Les Français abandonnent le camp de César à l'approche des Alliés et Le Quesnoy se rend au Général Clairfait (i i Septembre). L'armée d' Y o rk se sépare alors de l'armée autrichienne et met le siège devant Dunkerque, tandis que Co bourg attaque Maubeuge.
L'armée des Alliés remporte des succès égalèmeirt britlants vers le h a u t - R h i n. Les Prussiens bloquent Landau et battent le Général M o r e a u près de Pirmasenz (i4 Septembre). Les Autrichiens et les Emigrés commandés par l'intrépide vieillard Wtirm$er emportent d'assaut les fameuses lignes deWeîssemboUrg ouvrage d u célèbre Vaubân et jusqu'alors crues imprenables. Les
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vainqueurs parviennent jusqu^aux murs de Strasbourg. Le Fort-Louis est pris.
De nouvelles armées se présentent sur le théâtre de la guerre, La plus terrible Coalition s'est formée contre la France* Ce fut la République elle» même qui fît naître cette coalition^ lorsque dans Tivresse des premières victoires de Dumouriez elle poussa l'audace au point de défier tous les gouvernements et de les provoquer à un combat à outrance en promettant, par un décret ( 1 5 Décembre 1 79a ) protection et fraternité à tous les peuples qui voudraient secouer leur joug, et en déclarant une haine implacable aux tyrans et aux nobles de tous les pays. Ce fut aussi la République qui prévint la plupart des Puissances par l'envoi de ses manifestes. C'est ainsi quelle déclara la guerre à l'Angleterre pour avoir refusé de recevoir l'ambassadeur français après l'exécution de Louis XYI ; elle la déclara aussi à la Hollande (i Février 1793), et à l'Espagne (7 Mars). Il n'y eut que l'Empire d'Allemagne qui prévint par sa déclaration de guerre, la République française qui d'ailleurs lui faisait déjà la guerre de fait, n'ayant pas jugé nécessaire de recourir à la formalité des manifestes. L' Autriche et la Prusse avaient jugé cette mesure nécessaire; mais le Hanovre redoutant les armes françaises n'y avait pas accédé. Mais l'Angleterre par contre avait conclu des traites d'alliance et de subsides avec la plupart des Puissan-
ces européennes, entr'autres- avec la R u s s i e, la S a rdaigne, l'Espagne, Naples et lePortugal, et plus particulièrement encore avec l'A u t r"î c h e et la Prusse* Elle prit à sa solde plusieurs corps de troupes allemandes. L'or de l'Angleterre fut le principe de vie de la première coalition.
La Convention pour faire face à tant d'ennemis augmenta de 5oo,ooo hommes la masse des forces militaires de la République. Mais dans ce même temps les troupes sardes rentrèrent dans une partie de leurs états que leur avaient enlevé les Français ; deux armées espagnoles avec quelques troupes auxiliaires portugaises franchirent les P y r én é e Sy remportèrent plusieurs avantages, prirent B e llegarde (a3 Juin), Vil le franche et quelques autres places, et repousserait les Français jusqu'à Perpignan et à Rayonne.
Guerre civile en France^ La Vendée. Ijcvee en masse.
Mais une guerre bien plus redoutable que celle de la coalition menaçait la République. C'était la guerre civile qui éclata tout à la fois dans le Midi, le Nord et l'Ouest.
Cette guerre cependant avait deux principes essentieHement difiérents. Dans l'Ouest la Yendée
s'iosurgea pour la défense de la Royauté et des vieUles prérogatives de la Noblesse et des Prêtres, Mais dans le No rd et le S u d ce furent les départ^uients attachés au parti de la Gironde, qui prirent les armes pour combattre contre la Montagne qui, depuis son triomphe du 3ï Mai, exerçait un pouvoir tyrannique.
Plusieurs chef$ girondins proscrite s'étaient réfugiés àCaen chef-lieu du dé43artement du Calvados. Le peuple prit les armes pour leur déteilse et l'intrépide Félix de Wimp f eu , chef de Tarrajée des côtes s^ mît à la tête des mécontents. La convention après quelques pombat&av^intiigeux parvint à appaiset* cette ip^in^f'ÇctiQn nais^auter La révolte dan$ le midi d'une nature plus alarmante, étendit plus loin ses ravages. Bo r deaux, Marsei lie, Toulon, Lyoi^ et plusieurs autres villes importantes attisèrent l'incefidic qui ne tarda pas à s'étendre sur un tiers de la France. On ne voulait plus reconnaître l'autorité de la convention; on proscrivit les Jacobins; les départements voulurent se confédérer. Les Citoyens prirent partout les armes.
Le déËmt d'union et de ierineté arrêta cepi^dant les progrès de ce soulèvement général AS ar se ill e ouvrit ses portes àCarteaux Géuéral convMtioof^el (a5 Août); mais cette ville éprouva cruelleokent le cQurrou;!^ du vainqueur, R^doutaut le sort de Marseille, Toulon avec sa »omfcreuw JQioJte se i*endil: à
la flotte combinée des Anglais et des Sardes sous les amiraux H o o d et li a n ga ra {^^ Août), La première condition de cette capitulation extorquée par l'empire des circonstances, avait été que Louis XVII serait reconnu Roi de France. C'est ainsi que la place maritime la plus importante de la RépuUique, renfer* mant des magasins immenses, et dont le port conte* uait une flotte d^ 1 7 vaisseaux de ligne et de 5 fre * gattes tomba, sans coup férir, au pouvoir de ren-* nemi. Ce coup funeste consterna toute la France.
Mais parmi ces orages politiques le {Jus terrible^ et qui s'étendit le plus rapidement sur les contrées d'alentour, fut celui qui s'éleva dans la Vendée, département faisant partie de l'ancien Poitou. Leshabi* tants de cette province où la civilisation se trouvait le plus en retard , s'épouvantèrent des idées jdeTLiberté hors de la portée de leur conception, et répétèrent dans leur fanatique aveuglement l'anathéme que prononçaient contre la Libeité des peuples les Nobles et les Prêtres. Ils confondaient dans lewns notions les amis de la Liberté avec les négicides, les révolutionnaires avec les profanateurs des autels, les Patriotes avec les bourreaux, et ils croyaient seryii* le ciei^en combattant contre la Répu];>lique.
La fennontation des esprits, peu sensible dans les commencements s'étendit bientôt au loin et prit subitement un td accroisseifient qci'dile effraya la Ré^ publique bien plus que ne le faisait la coaliticm. Cette
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insurrection itée dans le Bas-Poitou se propagea en remontant la Lo i r e dans les contrées au nord et au midi de ce fleuve. Dans Tespace d'un mois 4o,ooo hommes s'insurgèrent et au bout de trois mois 120,000 fanatiques armés firent éprouver aux armées de la République^ dans plusieurs combats sanglants, des pertes considérables par leur audace let l'intrépidité avec laquelle ils affrontaient la mort. Cette armée, qui s'était donné le nom de royaliste et de catholique et dont le cri de guerre était: ViveLouisXVlI et: Vive Jésus se jetait avec furie sur les bataillons républicains, et semblait invincible sur le sol vendéen, dont les marais, les bois^ les montagnes et les rivières opposaient à chaque pas des obstacles à l'ennemi.
A la tête de ces hordes fanatiques se trouvaient des hommes distingués , les uns par leur génie et leur bravoure, d'autres par leur naissance» D' El bée, La Roche-Jaquelin, Charette, Stosslet, S a p i n e a u figurent parmi les preraiei*». Au nooi^ bre des derniers l'on cite le Prince de Ta 1 mont etIeMarquis d'Autichamp.
Après plusieurs défaites qu'essuyèrent à C|hollet, Vichiers et à quelques autres endrœts les Gêné* raux républicains Biron, Westermann etc^ li convention fit lever en masse toute la population das départements voisins de la Vendée, et y joignit U garnison de Mayence^ qui d'après les articles 4t 94
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ca^tulation ne pouvait plus servir contre les coalisés avant l'expiration de Tannée. Les Généraux républicains inondèrent sur tous les points ce malheureux pays de leurs troupes qui commirent les dévastations les plus révoltantes» Sur la proposition de B a r rè r e la Convention avait ordonné dans le délai de 20 jours, Textermination des Vendéens (1 Octobre). La bataille décisive se donna à ChoUet (i5 et 16 Oct). Les Vendéens l'avaient déjà gagnée à moitié, lorsque leurs généreux chefs d'Ël bée et Beauchamp furent blessés à mort La consternation découragea leurs troupes et les Républicains triomphèrent.
L'humanité se révolte au récit des horreurs qui kivent la suite de cette victoire. Toute la population de la Vendée fut déclarée hors de la loi par la con^ vention« Les^néraux conventionnels mirent à exécution, les sanguinaires décrets avec une barbarie affreuse. EnfantS) femmes^ vieillards furent massacrés sans (Htié. L'incendie, et la destruction attestèrent partout le passage des vainqueurs.
Cependant le gros de l'armée vendéenne passa la Loire et renforcée d'un grand nombre de mécon* tenta v^ius de la Bretagne, elle se trouva forte de 80,000 combattants. Après avoir remporté plusieurs avantages, elle se disposa à marcher sur Paris, ChareUe de son côté occupa avec quelques débris de son année les points les moins accessibles de la Ven^ dée, ainsi que les îles de Bouin et Noirmoutier.
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Dans l'extrême danger de sa position , entourée de toutes parts d'armées ennemies qui s'avançaient à grandes journées; de traîtres et de rebelles, intérieurement déchirée par des factions la convention nationale ne se déconcerta point; elle redoubla au contraire de fermeté et d'assurance pour écraser ses ennemis.
Elle commença par décréter la 1 evée en masse; Barrère avait proposé cette mesure, qui devait resster en vigueur jusqu'à ce que la République fut délivrée de ses ennemis (Août). Mais pour que ce mouvement immense pût être utile il fallait l'organiser. Carnot se chargea de ce soin et publia un règlement qui dans sa première forme, comme règle conforme aux principes raisonnables de l'armement des peuples semblait devoir renverser le système des armées permanentes, mais qui^ soit par l'exécution déraisonnable qu'on lui donna , soit par un mélange absurde avec les principes condamnables de ce même système, éleva bientôt jusqu'au comble ie triste et funeste système de lâ^^Conscription niiiitaire introduit plus tard par Napoléon.
Une autre loi ordonna la fixation d'un maximum du prix des denrées , et prononça la peine de mort* contre ceux qui vendraient au delà' de ce taux (Mai et Septembre). On pourvut aux autres besoins de la République par un emprunt forcé d'un milliard.
Constitution de tjg3. Robespierre, JUègne de la terreur*
La nouvelle constitution promise au peuple avait été dans ces entrefaites acceptée par la convention après une courte délibération (24 Juin). Elle était basée sur le principe d'une démocratie absolue et déférait au peuple entier le pouvoir suprême qiul devait exercer par l'organe de représentants à élire annuellement en nombre proportionné à la populatioU) par les assemblées primaires. Un conseil exécutii de 24 membres devait être adjoint au corps législatif composé de ces représentants.
Cette constitution mort^née ne fut jamais en vi* gueur. Dès le premier mois de la publication de son acceptation par les départements (Août), la Républiipie vu l'imminence des dangers de KEtat, fut déclarée en état de révolution jusqu'au moment où elle serait reconnue indépendante par les Puissances étrangères, et l'on établit un gouvernement révolutionnaire (loOctob^et 24 Décembre) qui affermit la dictature des terroristes. Le comité de Salut p ubl ie d^à créé depuis le 6 Avril, composé d'abord de neuf raembres, puis d« ônzse^ vit ainsi prolongera durée de sa-domination usurpée et affermir son pouvoir quoique subordonné en apparence à celui de la Convention. Toutes les autorités de la République et la convention elle-même tremblaient devant ce Comité
qui revêtu d'un pouvoir illimité avait basé sa puissance sur la terreur. Les Montagnards de la Ccmvention crurent voir leur propre triomphe daus celai do Comité de Salut public, et les Neutres ainsi que les hommes du parti vaincu furent contraints , pour leur sûreté personnelle, de s 2 ranger sous les drapeaux de la Montagne, ou du moins de se tenir dans l'inaction. La Montagne se vit y bientôt elle-même réduite à trembler et entraînée dans le danger commun. C'est ainsi que les mandataires du peuple soidisant appelé à affranchir le monde entier, et ce peuple lui-même tremblèrent devant une poignée de furieux qui, tirés de la fange, par le hasard des circonstances, plutôt que par l'ascendant de leur génie, s'étaient élevés au pouvoir suprême dont ils abusaient ouvertement avec une audaœ atroce et jusqu'alors sans égale. La colère, la terreur, l'amour de la Liberté entretenaient tout le peuple dans une fermentation effrayante, tandis que les chefs du parti terroriste ^nployant toujours les mesures les plus violentes, comme unique moyen de salut, décélaien^ainsi les agitations convulsives de la Nation.
Mais, parmi les membres du Comité de Salut public où depuis le premier renouvellement siégèrent presque sansinterruption Robespierre, Bar r ère, Billaud-Yarennes, Collot-d'Herbois^ Carnot, Prieur'de la Marne, et Prieur de la Côte-d'or, Robert-Lindet, Couthon, St.
JU8t et Jean Bon*St. André, il y en eut un des plus forcenés qui parvint^ à s'emparer seul du pouvoir. Ce fut Maximilien Robespierre dont les talents, à la vérité, n'étaient guère brillants, mais dont l'âme était £orte, profonde, et l'esprit assez- délié pour gagner la faveur du peuple et en devenir le tyran. Cet homme qui dans l'exercice de son pouvoir san* guinaire fut le type affreux de son siècle avait un de ces caractères qui ne peuvent être produits que par une révolution telle que la Révolution française; Il mérite l'exécration de la postérité, mais non pas son mépris. Généralement parlant ses traits nous semblent enveloppés dans une obscurité mystérieuse et nous échappent dans la rapidité de sa courte apparition sur la scène historique. Il partagea dans les commencements le pouvoir avec Danton, mais il sut bientôt l'écarter et finit par dominer les autres membres et la Convention, St. Just, Couthon et Hérault de Séchelles l'égalèrent ou peutêtre le surpassèrent quant à la véhémence de leurs passions furieuses. C a r n o t cependant uniquement chargé du détail aes affaires de la guerre, ne prit aucune part aux actes sanguinaires du comité.
Une loi terrible à l'application de laquelle on donna une extension illimitée Hvra les Suspecta aux tribunaux révolutionnaires. On érigea dans toutes les communes des comités révolutionnées chargés de rechercher soigneusement tous les suspects, pour les
jeter, dan» les cachots ou les livrer à la guillothie. Une armée révolu tio^^naire particulièrement destinée à la poursuite de ces infortunés, et composée des »Sans-culottes« tes plus ioixenés parcourut d'abord la capitale^ puis les provinces, traînant à sa suite une guillotine ambulante. Cet instrument de mort ne tarda pas à être déclaré en permanence, et les tribunaux révolutionnaires rivalisant de zèle et d'activité y envoyaient journellement de nouvelles victimes.
Cette tyrannie sanguinaire jusqu'alors sans exemple ne dura pas moins de six mois. Dans cet espace de temps périrent, comme le prouvent des calculs détaillés, plus d'un million de personnes soit par le fer des assassins, soit sur les échafauds, La guerre ne dévora pas moins de victimes. On n'a pas compté le nombre des individus qui moururent alors de misère ou de chagrin-
Au nombre des scènes tragiques les plus révoltantes de ces temps épouvantables il faut compter l'exéeution de Marie-AntoinettC Cette reine de France, naguère toute puissante, fille de Marie- Thérèse, soeur de deux empereurs et tante d'un Empereur encore régnant, après avoir langui pendant plusieurs mois dans les cachots, fut enfin traduite devant le tribunal de sang, abreuvée d'ignominie et d'indignes traitements, condamnée après un court in-
tearogatoire et conduite sur une charrette au supplice (i6 Octobre 1793),
L'innocente Princesse Elisabeth sœur *de Louis XYI expia aussi sur Téchafaud le malheur de son nom (10 Mai 1794)* Son indigne parent^ ce duc d'Orléans ce monstre sotiillé de forfaits, avait déjà subi précédemment sous la guillotine une mort qu'il avait mille lois méritée (6 Novembre 1793). L'infortuné fils de Louis XYI que dans les pays étrangers Ton nomma Louis XYII mourut d'une maladie de langueur dans la prison du Temple (18 Juin 1795).
Mais les chefs du gouvernement révolutionnaire ne se contentèrent pas de sacrifier des princes du sang et des Royalistes ; ils égorgèrent encore des partisans déclarés de la Révolution, — les uns, adversaires du régime de la Terreur, d'autres, terroristes eux-mêmes, et même de ces derniers en plus grand nombre. Et finalement les députés montagnards tournèrent leurs fureurs contre eux-mêmes. Les trois redoutables démagogues C haumette, Hébert et Ânacharsis G 1 o o t s chefs du conseil de la commune de Paris furent arrêtés les premiers par ordre du comité de Salut public {'i^Mslvs 1794J ^t exécutés avec seize de leurs partisans. Quelques ''jours plus tard les C o rd e 1 i e r s leurs adversaires les plus acharnés les suivirent à l'échafaud (5 Avril); nous citerons parmi ceux-ci Danton, Desmoulins et le brave Général West er manu à qui la République devait plu-
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sieurs victoires itaportantes dans la Veàdée. T«lAit aussi le sort de plusieurs autres généraux qui mainte fois avaient fait triompher la République* Cesl ainsi que périrent sous la hache révolutionnaire Custine qui avait pris May ence (a8 Août) 179^), Bouchard le vainqueur de Hondscoo te, Luckner, Beauharnais et d'autres. La plupart de ces victimes furent immolées au ressentiment de la Montagne contre les Girondins. Ces scènes de fureur alternaient avec des scènes de brutalité et de démence* Les S ans -eu lottes firent la guerre aux arts et aux belles - lettres qu'ils regardaient comme les alliés de l'aristocratie. La barbarie du Vandalisme s'empara de la France ; la rudesse des moeurs remplaça l'urbanité et les gens de bien eux-mêmes pour échapper au sort qui menaçaient les suspects affectèrent la grossièreté.
On attaqua finalement la Religion comme reste de l'ancien régime détesté et comme le boulei^rd des prêtres conjurés contre la Liberté. L'abolition du calendrier grégorien auquel on substitua le nouveau calendrier républicain *) froya le chemin à cette at-
*) Ce calendrier républicain place le commencement de la nonvelle ère an 29 Septembre 1792, jour de la publication de la fondation de la RépubHqne française décrétée la veille et jour de Téquinoze d'antomne (k 9 lienreaiS minutes 3o secondes avant midi) comme augure de rétablissement de TEgalité en droits. L'année moderne lut divisée en dcmze mois de trente jonrs chatiin, auxquels succédaient cinq jonrs complémentaires (et six dans les années bissextiles). Les mois se composaient cbacnn de trois décades et on leur donna des noms qui répondaient aux saisons daUB lesquelles ils 9e trouvaient. fFen^
t4que (7 Octdbre 1793). On restreîgnU bientôt après le nombre des jours fêlés par Téglise chrétienne. Les esprits i*o]igieux s'affligèrent de cette réiorœe. Mais la majorité du peuple français fut frappée d'indigoa* tion lorsque par un décret scandaleux la Convention substitua au culle du Christianisme celui de la Rai-» son (7 Novembre). Des prostituées figurèrent sur les autels la déesse de 1 a Raison* Mats l'indignatiao fut à son comble, parmi les esprits éclairés lorsque plus tard (7 Mai 1794) sur la proposition de Robes» pierre la convention déclara par un décret reconnaître »rexistence de l'Etre suprême et rim mortalité de l'àmç.
Victoires de ki République dans Vintériéuret à l^ej^iérieur.
Pendant que la Convention par ses atrocités pion-* geait la France dans le deuil et la terreui-) et s'attirait l'estécration du reste de l'Europe, ses ari!aées vicbCH rieuses ^cternwiaient partout les ennemis de la Ré«
4emUttre, Mrummrrt Primmret poùir les^moii d*antoiiiii«, Nivôse* Plttviése, Ventoscy ponr ceux d'hiver. Germinal^ Floréal^ Prairial, pour le printemps et enfin Messidor, Termîdor et Fructidor ponr Vété), L^ jonrs des décade» avûent pont noms oenz de diven lUtenAiles d'agrictdtnte on d*oI>jetf d'ntUité publique. Les donze années pendant lesquelles cet annuaire républicain fut en usage retiferment plus de faits mémorables, qu*aucttn siècle dû calendri^ européen, ou douze siècles de l'hbtoire de la Cbine*