‹ Histoire générale depuis les temps les plus reculés jusquà l'an 1832Chapitre 14 sur 25 · IV. M · texte numérisé non relu

IV. M

quêtes. L'amiral Ephinstone fil capituler le Cap de Bonne-Espérance (j6 Septembre 1796). Dans les Indes-orientales les Anglais conquirent Trinque-, maie avec tout le territoire hollandais dans Tile deCeylan, ainsi que les îles Mol uques et Malacca, et dans les Indes-occidentales ils s'emparèrent deDemerary (1796); enfin en Eiu*ope la grande flotte hollandaise commandée par l'amiral W i n t e r fut presque anéantie par l'amiral Duncan, à la hauteur d'£gmont(ii Octobre 1 797).

Le traité d'alliance de la Ré publique française avec l'Espagne fut le commencement d'une nouvelle période de la guerre (10 Août 1796). L'amiral Cordova avec une flotte de 37 vaisseaux de ligne^ 10 frégates et 70 bâtiments de transport sortit du port de Carthagène dans le dessein d'effectuer à Brest sa jonction avec la flotte française. Mais l'amiral Je r vis, quoiqu'il n'eût que quinze vaisseaux de ligne l'attaqua intrépidement à la hauteur de S t. Vincent et Jui prit quatre vaisseaux de ligne (14 Février 1797). La flotte espagnole se réfugia à Cadix, où Nelson la bloqua.

Mais malgré tant de succès et de gloire les Anglais éprouvaient cependant de jour en jour plus de difficultés à continuer la guerre, et la brillante supériorité de la marine anglaise ne put éviter quelques revers et de grands embarras.

Par suite des victoires remportées par Bonaparte

enitalie en i7961aCor8e fut enlevée aux Anglais. Cette île se réunit incontinent à la République française (Octobre 1796),

Les chances de la guerre devenant de plus en plus inquiétantes pour l'Angleterre et les revers qu'avait essuyés l' Au t riche déterminèrent enfan les Ministres anglais à faire des propositions apparentes de paix. LordMalmesbury fut envoyé à Paris (24 Oct. 1796) pour entamer les négociations; elles se rompirent. Une seconde tentative qui se fit à Lille (4 Juillet 1797; ne fut pas plus heureuse.

HhatU t)i0t0rtque0 ulattfe aux €tat0 ^u ltor^ et lie V(S>vicnt îre Vftnvùpc.

Suède et Danemarc. assassinat de Gustave III,

Pendant que l'Aristocratie, sous prétexte de défendre le trône livrait un combat à outrance aux démo* crates de la France, elle attaqua elle-même un trône en Pologne et en Suède avec les armes de la .trahison, égorgea un monarque vertueux et aban-

donna son royaume et son trône à la rapacité de Tétranger.

Gustave III Roi de Suède changeant de système, conclut à Drottingholm (i Octobre 1791) avec la Russie — jusqu'alors son ennemie déclarée — une alliance défensive, principalement dirigée contre la France. Ce Prince irrité de l'esprit de démocratie qui commençait à s'agiter dans ses états imagina le projet d'une croisade européenne à la tête de laquelle il voulait combattre l'odieuse Révolution. Preuve suffisante que ses tentatives précédentes contre la noblesse n'avaient point pour but le bien général de ses sujets, mais qu'elles ne devaient tourner qu'à l'avantage du pouvoir absolu. Une diète que ce monarque avait convoquée dans la petite ville de Gevalie (G e f le) (car il n'avait point de confiance dans la disposition des esprits de sa capitale) pour préparer fexécution de ses projets au moyen de subsides et d'emprunts manifesta un esprit d'opposition qui mécontenta ce Prince. Il s'en retourna à Stockholm. Il ne tarda pas à y trouver la mort. Jacques d'Ankarstroem jeune gentilhomme d'un caractère bouillant et exalté hit entraîné au régicide par un parti de mécontents parmi la noblesse. Ce forfait se commit à un bal masqué (16 Mars). Le Roi mourant confia au Duc de Sudermannland la régence jusqu'à la majorité de son fils Gustave IV. Ankarstroem subit le châtiment de son crime par

UD supplice cruel ; mais les haines ne furent point étoufiées. Le jeune roi^ devenu majeur, épousa une Princesse de Bade et saisit les rênes du Gouvernement aux acclamations de tout son peuple ivre de joie (i Novembre i796). Les actions de ce Prhice se lient aux événements de la Révolution française.

LeDanemarc à cette époque, jouit sous la sage administration du Comte de Bernstorf (le jeune) d'une heureuse tranquillité qui ne fut presque point troublée. Le pouvoir illimité du Roi to^n# au profit du bien public, grâces à la Liberté de la presse, bienfait de ce monarque* Les efforts de l'illustre ministre trouvèrent leur récompense dans la paix du Royaume avec l'étranger et dans la prospérité de Tintérieur. Sa mort (21 Juin 1797) dans le moment du danger général fut une calamité pour le D a n e m a r€ et même pour l'Europe.

Pologne, Nouvelle constitution.

Second partage,

La nation polonaise revenue de la stupeur où l'avait plongée le premier partage de 177a reconnut la cause de son malheur dans la défectuosité de sa constitution. Les Patriotes éclairés conçurent l'idée d'opérer une réforme pour redonner de

l'essor à la force nationale et mettre un ternie à l'état d'abaissement dans lequel languissait le Royaume. Mais les Puissances qui avaient eu part au partage, sentant la nécessité de contenir le peuple spolié dans l'impuissance, pour s'assurer la possession des dépouilleSy avaient consacré les vices essentiels de l'ancienne constitution, la royauté élective et le droit de veto appartenant individuellement à chaque député, et avaient, par l'établissement d'un conseil d'Ëtat permanent, achevé de paralyser Taction du pouvoir royal et d'abattre la force nationale. Tel fut en effet jusqu'en 1788 le honteux état de la Pologne, sauf quelques améliorations dans le système administratif. Mais la guerre récemment éclatée entre la P o r t e et les deux cours impériales (1788) 6t entrevoir la possibilité du succès. Les Patriotes — 'encouragés par les promesses de la Prusse — méditèrent les moyens de s'affranchir du joug étranger. Les Russes venaient d'inviter la nation polonaise opprimée à s'allier avec eux contre la Porte. Dans ces conjonctures une diète s'assembla à Varsovie et se constitua aussitôt en diète confédérative, afin de ne pouvoir être dissoute par leliberum veto. Dans cette assemblée le parti des généreux Patriotes prévalut conti^ le parti russe. Qu rejeta l'alliance proposée, décréta l'augmentation de l'armée, accorda des subsides sur les biens de la noblesse et du clergé, et l'on opposa à l'influence oppressive du Conseil d'Etat, une

commission militaire uniquement dépendante de la diète. La Prusse approuva hautement toutes ces dispositions et promit solennellement de protéger rindépendance de la Pologne quant à son gouvernemeot intérieur.

Enhardie par cette promesse la diète somma la Russie de retirer ses troupes du territoire de la Pologne et menaça cette Puissance d'une levée en masse, en cas de refus (i4 Décembre 1788). Catherine intimidée par une déclaration aussi énergique retira ses troupes et l'Europe entière applaudit au courage des Polonais.

Mais le principal restait à faire , c'était la réforme de la constitution. Il fallait sacrifier des préjugés invétérés, de vieilles prérogatives respectées, il fallait élever l'esprit jusqu'alors comprimé de la classe vulgaire. Mais l'ardeur d'^un juste ressentiment contre les oppresseurs de la Patrie prévalut sur les considérations de l'intérêt personnel et de l'orgueil des castes> et les hommes les plus éclairés de la nation, animés de l'esprit du temps , s'élevèrent à la hauteur d'une politique plus noble et reconnurent l'imprescribtilité du bon droit*

Le Conseil d'Etat permanent fut donc dissous (27 Février 1789) et l'on organisa un comité chargé de rédiger une nouvelle constitution (7 Septembre). Ce travail fut achevé dans l'espace d'un an ; mais le parti des malintentionnés se disposa à mettre en usage

id8

l'intrigue et même la violence pour en empêcher Fac eeptation. Les Patriotes ne virent leur salut que idbbs la célérité; ainsi (toute discussion pouvant amener des retards dangereux) la nouvelle Constitution fut adoptée avec joie, sans aucun amendement, publiée et jurée solennellement sans égard à un petit nombre de voix contraires* ta

Par cette constitution la religion catholique fut re-" connue religion dominante de l'Etat, sans préjudice cependant de la liberté des autres cultes. Le trône fut déclaré héréditaire , et l'on désigna pour successeur du roi alors régnant, Frédéric-Augustede Saxe avec droit de succession pour sa descendance. L'exercice du pouvoir exécutif fut conféré au Roi et à son conseil d'Etat; on lui accorda aussi quelque influence dans le pouvoir législatif. Ce dernier pouvoir devait d'ailleurs résider dans la diète, qui devait se convoquer tous les deux ans et qui se comj^sait de deux chambres ; Tune de départes et l'autre de Sénateurs* La Diète avait aussi* le droit de déclarer la guerre et de faire la paix. Les délibérations devaient s'y décider à la pluralité des voix. La Justice était administrée au nom du Roi, par des juges inamovibles. Les ministres étaient ciiargés de la responsabilité, et la personne du Roi fut déclarée inviolable. Les privilèges de la Noblesse restèrent maintenus; cependant les villes royales obtinrent le droit de liberté personnelle pour leurs

citoyens, celui de se gouverner par leurs propres lois et de nommer leurs magistrats. Il fut aussi permis aux citoyens de ces villes royales d'acquérir des titres de noblesse et des terres seigneuriales. Leb villes où résidaient des Cours d'appel eurent le droit d'envoyer chacune un député à la diète, et dans le cours de cha* que session un certain nombre de Bourgeois devaient être anoblis. Cependant les Paysans — la masse de la nation — furent (sans aucun adoucissement à leur servitude) déclarés sous la protection des lois et le Gouvernement eut la mission de les détendre con* tre toute oppression arbitraire. La liberté personnelle fut garantie aux étrangers établis dans le Royaume.

Cette Constitution fut accueillie par la grande majorité de la nation avec des transports d'allégresse et de reconnaissance. Un petit nombre d'Aristocrates protestèrent, et l'or de la Russie encouragea leur résistance. Les uns ourdissant des trames perfides dans l'intérieur , les autres sollicitant l'appui des Cours à l'extérieur secondèrent les vues rapaces des puissances étrangères et surtout de la Russie envieuse et irritée du nouvel ordre de choses en Pologne. C'est particulièrement sur ces hommes pervers et méprisables que pèse la responsabilité des malheurs de la Pologne; ce sont eux qui ont eur couru la malédiction de leur patrie et l'exécration du monde entier.

Leurs efforts parurent cependant infructueux dans les commencements. I^ Russie à la vérité menaçait ^e loin ; mais la P o r t e et la S u è d e se montraient favorablement disposées; toutes les autres Puissances respectaient les actes de la Diète et la Prusse avait solennellement promis son assistance. Frédéric-Guillaume avait même déjà formellement conclu le 29 Mars 1 790 une alliance défensive avec la Pologne. La bonne intelligence entre ces deux états ne fut point interrompue après la publica* tion de la nouvelle constitution. L'Autriche même semblait avoir des intentions amicales^ depuis que la mort de Joseph II avait un peu relâché les liens qui unissaient cette Puissance à la Russie.

Mais la faveur des Cours et l'amitié des Puissants sont variables et décevantes. Ce n'était point par respect pour le bon droit que la Prusse s'était alliée avec la Pologne^ mais par jalousie contre la Russie et dans Fespoir de retirer de grands avantages de cette alliance. Les villes de Dantzick et deThorn devaient être le prix de cette amitié de spéculation. Le reftis que fit la République de céder ces deux villes fut la première cause du refroidissement; et lorsqu'après la paix conclue entre la Russie et la P o r t e^ (préliminairement 1 1 Août 1 79 1 et définit!* vement 9 Janvier 1792) le Roi de Prusse reconnut le danger d'irriter l'Impératrice Catherine, il changea de politique et chercha ^ dans l'alliance de la Russie,

à 5*asstirer les avantages qii^l avait précëdemsient compté retirer en se déclarant contre elle.

La Pologne perfidement abandonnée fut aussitôt assaillie par les hordes russes qui fondirent sur elle avec une barbarie digne des Scythes. Sous prétexte de venir au secours des Polonais qui^ sous le nom de Confédération de Targowitz, protestaient contre la nouvelle constitution, et de défendre la Liberté de la République contre la succession au trône par droit de naissance, établie par cette même constitution, cent mille Russes inondèrent le territoire polonais. La Prusse refusa l'assistance promise et prit même une attitude hostile. Les Polonais cependant ne se découragèrent point. La Diète appela la Nation aux armes pour la défense de ses droits les plus sacrés et prit toutes les mesures de salut qui étaient en son pouvoir.

Mais que peut le bon droit sans appui, contre l'excès de la force ? L'armée polonaise se battit avec gloire, mais avec malheur contre les bandes moscovites. Kosz i u sko surtout se signala entre tou» ses frères d'armes, par son intrépidité et son dévouement; mais Hmmense supériorité du nombre remporta, et le Roi de Pologne ne partagea pas 1 enthousiasme national; intimidé par les menaces de la Czarine, il abandonna la cause de son pays (2 3 Juillet 1792) et accéda à la Confédération de Targo-

vitZy c'eBt-à-direy qu'il se rangea du parti des traîtres à la Patrie.

Les Patriotes mirent alors bas les armes ou s'enfuirent à l'étranger ; les chefs de la confédération s'emparèrent des premiers emplois civils et militaires. Ils poussèrent l'audace au point de mettre les Patriotes en jugement.

Mais le châtiment ne tarda pas à les atteindre. Une diète fut convoquée àGrodno (29 Octobre). On lui signifia au nom de la Russie et de la Prusse que ces Puissances ayant résolu un second partage delaPologne, la diète eût à s'y soumettre. Jjes troupes prussiennes avaient déjà — sans déclaration de guerre préalable , ni aucun prétexte apparent — pénétré dans la Grande - Pologne et envahi Dantzick. Les membres de la confédération de Targowitz eux mêmes furent frappés de stupeur, à ce coup accablant qui menaçait l'existence de la Patrie. Mais toute résistance était désormais inutile.

Enfin parurent le même jour (16 Avril 1793) les deux manifestes de la P r us s e et de la R u ss i e qui annoncèrent le second partage de la Pologne, encore plus révoltant par son injustice que le premier et par lequel ces deux Puissances s'approprièrent plus de Ul moitié de ce qui restait du royaume [de Pologne et de la nation.

Les prétextes allégués pour justifier cet acte de violence sont cependant encore plus odieux que neleftit

l'action même. On prétendit que l'esprit du Jacobinisme, ayant pénétré en Pologne, il fallait, pour en prévenir les funestes effets, s'approprier une partie du pays, réduire la Pologne à l'état de Puissance du second rang et lui donner une constitution propre à assurer son propre repos et celui de ses voisins.

C'est ainsi que le monde entier vit avec étonnement dans toute son étendue et sous les traits les plus effrayants le tableau du droit d' intervention des grandes Puissances dans le gouvernement intérieur des états moindres; (car il serait absurde de supposer la réciprocité de ce droit}.

Ces Puissances ne réfléchissaient pas que, par leur procédé envers la Pologne, elles établissaient un principe qui donnait à la République française qu'elles abhorraient, un droit — incontestable au moins à l'égard d'elles-mêmes — de s'immiscer dans le gouvernement des autres états, de s'emparer des états monarchiques et de fonder dis républiques sur les ruines des trônes. II était d'ailleurs de toute notoriété, d'après l'aveu même de B u r k e ennemi juré de la Révolution française, que la Pologne loin d^étre entachée ^e l'esprit du Jacobinisme, n'était animée que du v^itable amour de la Patrie et de la Liberté, tempéré ^ar le respect pour la justice et pour le droit historiqil^ et ne tendant aux réformes que par des moyens légitimes.

Cependant pour consolider le lUHiveau partage on convoqua une diète k Grodno. Le choix des membres se ressentit pour la plupart de l'influence de la Russie. Néanmoins cette assemblée — quoique trèspeu nombreuse — protesta long-temps et avec opiniâtreté contre cette usurpation inouie (17 Juin — 24 Novembre 1793). Mais les ministres russes se moquèrent du courroux impuissant de la diète. Quelques-uns des orateurs les plus courageux furent jetés dans les prisons ; les autres menacés de la perte de leurs biens, et finalement, après avoir entouré de troupes la salle des séances, on leur ordonna avec une arrogance soldatesque , de signer ce qu on leur présentait. Les députés signèrent en tremblant d'abord le traité avec la Russie, puis celui avec la Prusse. ^

Par suite de ce traité la Russie eut les Palatinats de Wilna, Novogrodeck, Brzesc, Kiew et Wolhynie, Iç reste de la Podolie, en général tout ce qui se trouvait à l'est d'une ligne tracée depuis le duché de Se mi g aie et passant par la Lithuanie et la Pologne jusqu'au Dniester. Tous ces états embrassent une étendue de 4âoo lieues carrées avec une population de trois millipns d'habitantSt La Prusse usurpa pour sa part^ les Waywodies de Posen, Gnèsne^ Inovracjian, K.alisch, Syradie, Ploc^, une partie 4e Rava, Brzesc (en Kujavie) etc. en général la plus grande

partie de la Grande-Pologne avec Dantzick et T h o r n. En tout une superficie de plus de mille lieues carrées, avec douze cent mille âmes.

La Pologne dans son abaissement fut encore contrainte de signer un traité d'union et d'alliance défensive avec la Russie. Il fallut en outre qu'elle acceptât une constitution de la main de son ennemi^ et qu'elle renonçât au droit d'y faire aucun changement ou amélioration (i6 Octobre). Vingt mille soldats polonais furent enrôlés sous les drapeaiu russes. On ne permit à la République vassalle que 16,000 hommes pour sa défense, et l'on ordonna le désarmement du reste.

Kosziuêko, Troisième partage.

Cependant au moment où ce désarmement ckvait s'efiectuer, les Polonais exaspérée des vexations de lairs barbares oppresseurs venaient de lever l'ét^idart de l'insurrection. De généreux amis de la Patrie se dévouèrafit courageusement à sa défense. Le plus zélé d'entr'eux futThadée Kosziusko qui s'^it déjà fiiit un nom par sa valeur, ses talents militaires et ses vertus civiques. Les Patriotes le mirent à la tête de cette entr^rise qui exigeait autant de prodence que de dévouement. Ce fut le Général

/ Madalinski qiii^ ayant reçu à Pultusk non loin de Varsovie Tordre de licencier sestroupes^ donna le premier le signal de l'insurrection (Mars i794)« H refusa d'obéir et par des marches aussi heureuses que hardies se dirigea surCracovie. Arrivé dans cette ville ii se joignit àKosziusko qui, revêtu du commandement supérieur de toutes les forces militaires de la nation était en même temps chargé d'organiser et d'installer un conseil suprême national. Un manifeste de la confédération publié àCracovie instruisit la nation des mesures adoptées pour atteindre le but de l'insurrection : le rétablissement de la liberté et de l'indépendance de la Pologne.

L'embrasement gagna aussitôt les provinces nonoccupées par les armées étrangères y et bientôt aussi la Grande-Pologne occupée par les Prussiens et une partie de celles qu'inondaient les troupes russes. Varsovie ne tarda pas non plus à se voir délivrée par un courageux mouvement populaire (17 et 18 Avril). Le» débris sanglants de la gaitiison russe évacuèrent la capitale de la Pologne altérée de veiig^nce. Le R o i lui-même aifecta de se réjouir de l'affranchissement de son royaume.

Kosziusko et d'autres généraux polonais remportèrent des avantages éclatants sur divers corps de troupes ennemies; les Russes évitèrent néanmoins d'en venir à une action décisive avant d'être renforcés par l'arrivée des Prussiens* Ceux-ci vinrent^

s'emparèrent de C r ac o v i e{ 1 5 Juin), et marchèrent ensuite sons le commandement de leur Roi en personne contre Varsovie. Ils avaient quelques jours auparavant, <:enjointenient avec les Russes remporté une victoire sur Kosziusko (6 Juin), La fortune abandonna les généreux Polorvais dans cette lutte trop in- ^ égale. Ce malheur fut occasionné par des divisions intestines qui jetèrent la confusion dans l'intérieur et paralisèrent ainsi les eflbrts des Patriotes

Ils firent cependant des prodiges de valeur et battirent mainte fois en Lithuanie et en Pologne leurs ennemis bien supérieurs en nombre. Les Prussiens consternés de ces défaites levèrent précipitamment le siège de Varsovie, après avoir éprouvé ime perte considérable (Septembre). La cause de la Pologne n'était pas encore désespérée.

Mais bientôt s'avança une nouvelle armée russe conduite par Texterminateur Souwarow. Ros-^ ^iusko se hâta, avant l'arrivée de cette masse formidable de livrer bataille au Général Fer se||; mais il essuya lui-même une malheureuse défaite à Macziewice (lo Octobre) et tomba, couvert de blessures, au pouvoir de Fennemi,

Depuis ce moment les revers se succédèrent. Les bi^ilkms de Souwarow s'approchèrent de l'infortanée capitale. Ils emportèrent d'asi^ut P r a g a vissHvis de Varsovie (4 Novembre). Plus de vingt mille eambattants et habitants périrent victimes de la furie

ly. . ' ïa

(les vainqueurs, L'iucendie et le pillage terminèrent I4 catastrophe, Varsovie sans espoir demanda à capituler et obtint des conditions supportables (5 Novembre). * "

Ce fut là qu'aboutirent les espérances d'affranchis^ sèment. Tout fléchit sous les lois de la Russi e et de la Prusse, Cette dernière Puissance établit même des tribimaux pour - la punition des » R ebelles.cc

Dans ces entrefaites l'Autriche avait aussi pris les armes contre la Po logn e abattue. Des troupes autrichiennes firent une invasion en Pologne «ans aucun motif fondé et au^si sans obstacle. Leur présence appuya les prétentions que la Cour de Vienne fit valoir pour s'approprier, à son tour, une portion de ce Royaume condamné au démembremeiit.

Cette condamnation se manifesta sans ménagement et sans honte par le traité formel de partage coadu entre les trois Puissances (a 4 Octobre 1 795}, et l'o» ne daignapas mémeHauver les apparences en ag^rdaat aux Polonais le droit illusoire de donner leur consentement. En vertu de ce traité la Prusse eut pour sa part le reste du territoire de Rawa^ laMasowie sur la rive droite de la V i s t u 1 e et sur la rive gaudie du Bug, Varsovie capitale du Royaume avec un district de six milles d'étendue à droite de la VisCiale^ autour de Praga, une partie de la ^Podlacfaiey une portion de la Woïwodîe de C r aco vie, ^t enfin

les partie delaLitfauanie etdelaSamogitie situées au bord occidental du Niémen. En tout 900 milles carrés «n superficie avec un million d'àmes. U A u t r icbe s'empara de tout le pays entre la V istule et le Bu g jusqu'à B r z e s c (en Lithuanie), de L u b 1 i n ainsi qued'une partie des territoires de M a s o w i e, de Podlachi e, de Brzesc et de Chelm avec Gracovie elSendomir, sur la' rive gauche de laVistule. Ces pays présentent une surface de 800 milles carrés et ont une population de plus d'un million d'individus. La R u s s i e enfin, se targuant de son droit de conquête, prit tout le reste, (laWolhynie)la plus grande partie de la Sam ogitie et delaLithuanie avec une portion des territoires de Brzesc et de G h el m ; formant ensemble une étendue de plus de aooo milles carrés , avec une population — clairsemée à la véfité — de douze cent mille Ames. Le Roi de Pologne pour prix de sa sotnnission obtint une pension et vécut d'abord à G rodno (sous la surveillance de la Russie) puis à Pé ter s bourg, où jl mourut le la Février 1798.

Cest ainsi que par suite de la corruption du droit pubUt en Europe, disparut de la carte des Etats earopéeiis ce Royafume jadis l'mn des plus puissants de TorîeM de cette partie du monde, et maintenaot vbo timfe d'wne Vïelatiofi du droit des ge&s qui épouvantera la po^lrité la plus recu^lée* Les Boissances pai^ tiig%mtea, <qi}eï^e sédlii»awt qu'eût été f'appat du

gain dans le premier moment, n'en retirèrent cep&sk* dant, après un court espace de temps que des fruits amers ; et TEurope a sujet de trembler dans Tatteate des suites dont Tanéantissement d'une Puissance intermédiaire^ qui aura tenu écartées l'une de l'autre les trois grandes puissances militaires menacera tout k système politique du monde entier.

LaCourlande, pays dépendant de la Pologne fut aussi réduite sous le sceptre moscovite. Pierre Biron duc deCourlande fut appelé àPétersbourg et y 'signa sa renonciation à la souveraineté.

La Russie et la Porte.

Nous avons déjà fait mention de la mort Catheriné-la-Grande (i 6 Novembre 179(6), du r^pe du fantasque et fougueux Paul I son fils et son suo cesseur^ assassiné f| Mars 1801 et de l'avènemeat d' Alexandre jeune Prince élevé par le Républi* cain La Harpe et donnant les plus belles espérances* Sous ce monarque justement loué, les £3rcesde son immense empire se déployèrent d'une manière alarmante pour le système politique des Etats de l'Eu* rope. Les obstacles que les vues étroites de Paul I avaient suscités pour empêcher que les Lumières ne se propageassent du dehors parmi ses peuples furent

lavés, du moins en partie, par la sagesse de son fils. Get empereur fonda de nouvelles universités à D o rpat, Charkow et Kazan, perfectionna les anciens établissements académiques et créa un ministère particulier chargé de veiller à l'instruction du p 6 u p 1 e ; institution cependant plus éblouissante par les apparences que vraiment salutaire, puisqu'elle était au service du despotisme.

L'empire ottoman était gouverné depuis 1 798 (7 Avril) par le Sultan SelimlII prince plein de bonne YoloDté et se laissant même aller à l'impulsion de l'esprit du siècle ; mais, pour son malheur , il tenta des innovations afin de détruire un reste de barbarie dans quelques institutions de son empire. Les J anissairc s — - secondés par le^ Ulémas — se soulevèrent contre le nouveau règlement militaire (Nizam- Gedid) au moyen duquel Selim voulait donner à ses armées une organisation européenne. Il fut déposé (3i Mai 1807) et remplacé par Mustapha son neveu qui, bientôt après, fiit lui-même forcé de céder le trône à son frère M ah moud (28 Juillet 1808). Ce dernier rétablit le Nîzam-Gedid et les Seymens, c'est-à-dire les troupes régulières; mais une furieuse révolte des Janissaires le contraignit à révoquer les innovations (16 Novembre 1808). Durant ces troubles r^inpire turc continua de marcher vers sa dissolution. Cependant la S e r v ie qui, depuis 1 8o4, combattait avec autant d'héroïsme que de persévérance,

surtout sous Czerny^Geargei pour sottj^fi&aoïâùssèment, ayant été abandonnée par h Russie &it re^ mise sous le joug des Turcs (1816). MaisPassawao- Oglou à Widdin et Ali-Pacha à Janina ré^ sistèrent avec succès à toutes les forces ottoman nés, et les Turcs combattirent long-temps avec désavantage en Arabie contre la secte naissante des Wahabites.

^mt^evntment \^ivtciov\ai en Jxanct.

(depoU le s8 Octobre 1795 jafqti*aa 9 Novembre 1799).

Etat politique fie la France. Fmances*

Avant de se dissoudre la Convention avait composé le Conseil des Anciens et celui de$ Gin^^Icents en y installant les membres légalem^tdé^nés pour ces deux corps. C^s deux Conseils se coi)stituèrent aussitôt et procédèrent de suite k TélectioD des membres du Directoire. Les cinq Dîrecieurs élus furent: La Réveiller e -Lepeaux homiBeà talents, sincèrement attaché à la République ^ pur

duis ses principes, «ais rêveur enthousiaste et fon^ dateur de la secte des Théophilantropes laquelle, attÉquée également par les C r oy a nts et les non-croyants ne put prospérer ; Si e y es — qui refusa et à la place duquel futélu Carnot le savant stratégiste^ doué d'une âme romaine; Rewbell homme d'un caractère emporté, opiniâtre, intéressé, égoïste, mais actif et propre aux affaires; Letour^ neur qui s'était distingué dans la dernière lutte de la Ck>nvention, et Barras qui dans la même circonstance avait commandé les troupes* Ce dernier homme plein d'artifices, orgueilleux, changeant de principes selon les circonstances et préférant son intérêt personnel à celui de la République.

I^ Directoire s'établit sous des augures dé&vorables. Les armées étaient en mauvais état , la guerre venait de se rallumer dans la Vendée, et les Jacobins de même que les Royalistes haïssaient le nouveau Gouvernement. Les caisses de l'Etat étaient vides, toutes les ressources pour remédier à la pénurie des finances étaient épuisées par l'abus des anticipations, les assignats dont l'émission se montait à quarante milliards n'avaient plus de valeur et les prix de tous les objets de nécessité étaient devenus exor* bitants depuis l'abolition du maximum.

A tant d'obstacles le Directoire opposa le courage et la. prudence. Il trouva un auxiliaire puissant dans la disposition des esprits en général. On commen-

çait à se lasser de la révokitiou et des guerres de partis. La grande majorité de la nation soupirait après le repos, le bon ordre et la paix. On abandonna les intérêts politiques aux restes des factions. La guerre extérieure occupait seule l'attention générale. C'est pourquoi aussi l'on se rallia autour du Gouverneroeat dont la force seule offrait la garantie de la victoire ^ l'espoir du repos.

Les Conseils législatifs agissaient de concert avec le Directoire qui, élu par les mêmes suffrages , avait avec la majorité des membres de ces deiZx corps des vues et des intérêts communs. C'est ainsi que s'explique le succès des entreprises du Gouvernement, tant au dedans qu'au dehors de la République.

Laguerrecivllese termina glorieusement dans la Vendée. T^ vaillant Hoche réduisit les malbeureux Vendéens ainsi que les bandes de Chou ans. Charette le plus intrépide des che& de la Vendée, abandonné des siens fut fait prisonnier et fusillé; L'opiniâtre Stofflet avait^ précédemment subi le même sort (Février et Mars 1796). D'autres Généraux vendéens se réfugièrent en Angleterre. La plupart mirent bas les armes. Cependant Puisay^ d' Autichamp et George Cadoudal plus re^ douté que tous les autres répandirent de nouveau la terreur du nom de Chouans en Bretagne; Hoche néanmoins en vint aussi à bout. Tous ces chefs se soumirent ou s'enfuirent en Angleterre. Le

Direeloire par lin iii«8s«ge solennel annonça le.aS messidor (17 Juillet) aux deux corps législatifs la fin de la guerre civile.

Dans le même temps se tramaient à Paris même, où siégeait le Gouvernement des conspirations d'une nature alarmante; surtout celle que machina le parti des D é m o c r a t e s. Ceux-ci formèrent un nouveau club, qui s'assemblait au Panthéon et que dirigeait Gracchus Baboeuf. Cet agitateur se donnait le titre de »T r i b u n d u P e îi p 1 e.ct Le Directoire ferma ce dub (8 Ventôse an IV ou a6 Février 1 796). Les exakés du parti se conjurèrent alors et préparèrent un soulèvement, en demandant »la Constitution de 1793, la Liberté, l'Egalité, le bonheur commun et la mort, des usurpateurs de la souveraineté du Peuple.» Maàs le Directoire découvrit le complot, fit arrêter les che& (ai Floréal, 11 Mai) et les envoya devant la haute^cour de Vend ô m e. Ce fut en vain que leurs partisans firent une tentative sur le camp de Grenelle (a3 Fructidor, 12 Septembre); ils furent accablés par le nombre , et subirent la p^^ne de leur criminelle entreprise les uns en trouvant la mort sur le champ de bataille, les autres en périssant sur Técha* faud, par suite du jugement des tribunaux militaires.

La tâche la plus importante à remplir par le Directoire, c'était le rétablissemeiit des Finances. Il aillait recourir à des mesures extraordinaire#et même

violenter pour faire tooe aux besoins les plus preasAnU. Ou es^ya d'opérer un eoiprunt forcé de 600 luillioos en numéraire et de vendre une partie dea forets na* tionales; Tune et l'autre tentative échouèrent.

On résolut alors rémission d'une nouvelle espèce de papier-monnaie et l'on créa deux oiilliards quatre cents millions de mandats territoriaux (a8 Ventôse an IV, 18 Mars 1796). Ce papier spécialement hypothéqué sur des biens nationaux déterminés devait avoir une bien plus haute valeur que les assignats qui ne portaient que sur une hypothèque g^érale v aussi ces derniers furent-ils échadgés au trentième de leur valeur nominale contre les nouveaux mandats, à l'aide desquels on fit face — jusqu'à concurrence de 600 millions — aux frais énormes de la nouvelle campagne. Cependant ces papiers ne tai^ dèrent pas à éprouver le sort des assignats et finirent par être entièrement décrédités. Dèslors la banqueroute nationale fut complette; maïs l'Etat fiit sauvé par la ruine de plusieurs milliers d'individus..

L'industrie renaissante parmi les citoyens, français porta bientôt d'heureux fruits. Au lieu de dissiper son temps dans les assemblées, dans les iliscusaicms et les luttes révolutionnaires , le peuple enrichi par les acquisitions de biens nationaux se livra aux tra* vaux de l'agriculture, de l'économie rurale et à l'exercice des professions devenu plus facile par l'aboUlion desdroiA féodaux etdesobl%attons des corps de mé*

tier. Le produit des iiapoiutioUft «xislaotes augi»eiit« par Tordre qu'on introduisît dans I0 mode de peroep* tion; et quelques nouveaux impôts que Ton créa grossirent les recettes.

C'est ainsi que le Directoire sut maintenir le crédit de l'Etat et détruire les espérances que Pitt s'était foites de voir tomber la République par l'anéantisse*^ tnent de ses finances.

Guerres de la Répuhliqtte sous le Directoire Bûn€iqMtrte. Moreau,

La trêve condoé vers la fin de 1795 entre l'Au-» ti^iche et la France avait fait naître des espéra n* ces de paix. Cette paix était l'objet des voeux de tous ies, peupk»; mais l'orguei) de la Fnanee et l'opi-» v^ii^peté deP i tt anéantirent cet espoir. L' Â u t r ic he comptait encore sur son étoile. Ij9l lutte se renotti wla donc 9 et les peuples pâtirent dans l'att^ite deç résultats. Diaprés le plan gigantesque de Carnot^ rjunnée d' 1 1 a 1 i e marchant par le Piém^on t et la Lombardie, eelledu Bhin par laSbi^âbeet la Savière, et cdlede Sambre et Meuse par ki Franco nie devaient Rapprocher des frontières dé r A u t r i c h 6; opérer la leur jonction^ assiéger Vienne die conoert^ puis dicter la paix diois la résidence des

Empereurs. Ces armées devaient être oommaudées par Bonaparte, Moreau et Jourdan.

Lorsque Bonaparte, général en chef à t^ 8 ans, arriva en Italie (3oMars 1796) pour combattre Beaulieu général des forces combinées de l'Autriche et du Piémont, il trouva son armée dans un état peu satis&isant, pressée sur tous les pcmits, par les troupes ennemies qui s'étaient renforcées pendant l'hiver, dépourvue d'argent, de vêtements, manquant île vivres, à peine en état de se défendre et par conséquent incapable de tenter des conquêtes. Sa position s'étendait depuis Savone jusqu'à Montenotte, tandis que les ennemis maîtres des hauteurs des Apennins, descendaient de là sur le littoral de Gènes, d'où ils agissaient offensivement contre les Français. Cependant l'attaque des Autrichiens sur Montenotte (11 et la Avril) vigoureusement repoussée par le Généra] de brigade Rampon se termine le lendemain par une défiûte entière que leur kit essuyer Bon apa r te qui venait d'accourir; et à compter de cejour4à l'intrépide Général français poursuit et bat sans relâche les ennetais consternés* A Dégo, à Millesimo, malgré la résistance la plus désespérée, il extermine lesbataillonsd'Argenteau (12 et r4 Avril), et leur coupe la communication avec les troupes sardes. Beaulieu après avoir essuyé une perte immense quitte sa position sur la Bocchettaetae retire en Lom hardie; Golli à la

tête clés Piémontais doit caaviir tes i!.tat8 cte son souverain; mais Bonaparte le bat à Ceva, à Mondovi (ao et ai Avril) et se présente devant les mors de Turin, Le Roi découragé^ abandonné^ sollicite un armistice qu'il n'obtient qu'en cédant Coniy Ceva et Tortone, et en réduisant son armée sur le pied de paix (28 Avril). Cest ainsi que dans l'espace de quinze jours le jeune héros obtint un résultat auquel la Convention nationale s'était vaine* ment, pendant trois années entières, efforcée de parvenir.

Cet armistiœ fut bientôt suivi de la Paix (i5 Mai). Ce fut le ministre français qui en dicta les conditions à Paris. Le Roi céda pour toujours à la République française la Savoie, Nice et Tende et laissa jusqu'à la conclusion de la paix générale, la plupart des forteresses piémontaises au pouvoir des Français. Cest ainsi qu'il se détacha de la coalition et devint vassal de la France.

Bonaparte se précipita ensuite avec toutes «es forces sur les corps dispersés de l'armée autrichienne qui cherchèrent en vain à se maintenir sur les rives du P ô. Les Autrichiens battus à F om b io (8 Mai) se retirèrent derrière l'Adda; mais le vainqueur força ie passage du pont de Lodi (10 Mai) et par ce fait d'armes devhit maître de toute la Lombardie. Le Général républicain fit son entrée triomphante dans M il an.

Parme etModène firent alors la paix (9 et 17 Mai). Le Pape et le Roi de Naples achetèrent ta neutralité on un armistice ( 4 et a8 Jtiiiï) par des sacrifices immenses tant en argent qu'en denrées, marchandises, chevaux, bétail et objets d'arts. Bologne, Ferra re etIaRomagne furent occupées par les Français. Bonaparte taxa lès habitants de là Lo m hardie autrichienne et une dontribution de vingt millions. La République de Venise aussi pour conjurer l'orage qui la menaçait fit seerètement des sacrifices pécuniaires au profit de l'armée française. La République française, à l'exemple de celle de Rome trouva ainsi dans la guerre même les moyens de la cotitinaer et devînt par là invincible.

Dans ces entrefaites Beau lieu avec les débris de son armée se vit repoussé successivement au ddà de rOglîo, du Mine 10, et de l'Adige jusque dans les montagnes du Tyrol. Une révolte qui éclata en Lombardie et principalement à Pa vî e fut étouffée par la force des armes et les Français en fr if^èrient une vengeance exemplaire. . Le dt-apeau tricolore flotta alors victorieux dans toute la Lombardiis à l'exception de M a il t ou e. Cette ville fut assiégée le 18 Juillet.

L'A u t r i c h e cependant qui sentait que l'unique possibilité de reconquérir lltàlie dépendait de là ctfn* servation de cette forteresse, mit toutes ses ressOttrcéi

en usage pour la secourir. Quatre années furent envoyées l'une après Fautre; il n'en revint que de faibles restes. L'Europe attendait avec inquiétude l'issue d*une lulte qui devait influer puissamment sur ses destinées.

Dans le cours de cette guerre les contrées du Rkin et le midi de l'Allemagne furent le théâ* tre des vicissitudes de la fortune des armes. L'Ar« i^iduc Cbarles frère de l'Empereur avait le commandement supérieur; le Feld • maréchal Wurmser commandait sous ses ordres dans les pays du Haut-' Rhin. Ce dernier marcha bientôt avec otS^ooo hommes de troupes d'élite vers l'Italie, en passant par le TyroL Les Français sous lourd an traversèrent le Rhin^ et battirent les Autrichiens; mais Tarcfaîdiic Charles étant accouru au secours de ceuxci, remporta àeax victoires sur les Français et les força de se retirer au delà du R,h i n et de la - Sieg. More au alors effectue de vive force le passage dm Rhiti à K eh 1 à la tête d'une forte armée (si4 Ittlu); reuirpo^te plusieurs avantages, force les défilés de k Pôrêt-noire, pénétre en Sou abë^ puis en Bavière et marchant de succès en succès menace Je Tyrol et se r'approche de Tartaée française en Italie.,

Jour dan dé âon cÀté avait de nouveau passé le Rhin , la Sieg ièt la Lahn, il était entré dans le Ha u t <> Fa 1 a t i n a t ; son aile gaudhè létait pt*è^ d^t-

teindre tes défilés de la Bohême, tandis que la droite cherchait à faire sa jonction avec rarmée de M o r e a u. Une manoeuvre hardie de TArchiduc Charles sauva F Autriche et l'Allemagne de ce danger imminent. Ce Général par un mouvement savamment médité, se dérobe tont*à-coup à Mo r eau son principal adversaire , passe le Danube, à Ingolstadt avec vingt mille hommes de sçs meilleures troupes, et s'avançant à marches forcées se précipite sur les derrières de l'armée de Jourdan. Bernadotte assailli à l'improviste est battu àTeinin^ f 24 Août), et Jourdan lui- même est vaincu kJk m* berg, puis à Wûrzbourg (3 Septembre) où sa défaite est telle que son armée en déroute s'enfuit derrière la Lahn et enfin jusqu'à Dûsseldorf. Cette armée mal disciplinée souffrit une perte considérable en hommes et en munitions par la lureur des paysans, qui se jetèrent sur ces fuyards pour se venger de leurs brigandages.

Après les premières victoires de Mo re au dans les Etats de W û r te m b e r g et de Ba d e, la plupart des Princes de l'Empire possessionnés en Souabe, ainsi que les villes impériales et les Evêques et finalement aussi la Bavière achetèrent de ce Général une trêve qu'ils payèrent par de grands sacrifices (Juillet). Ce Général voyant, après la défaite de Jourdan , son aile^gauche entièrement à découvert, ses communications avec le Rhin coupées y ses derrières menacées,

et la grande armée ennemie grossir de jour en jour, et déborder le fro^t de bataille de Tarmée républicaine, reconnut, avec douleur, la nécessité de la retraite (iio Septembre); cette retraite lui valut de nouveaux lauriers. ' Il fit éprouver de grandes pertes à Fennemi qui le poursuivait, et remporta une victoire sur le Général Latour, à Bil^erach (a Octobre); il continua ensuite tranquillement sa retraite et força les défilés delaForét-noire. Cependant il fut battu deux fois par TArchid uc Charles; il repassa enfin le Rhin àHuningue.

Pour mettre le comble à leurs triomphes les Autrichiens s'emparèrent encore , après un long siège, de l'importante place forte de K e h 1 et de la tête du pont de H u n i n g u e.

Siège de Manioue. République cisalpine. Préliminaires de la paix de Léchen,

Pendant ce temps Tannée d' It a 1 i e avait glorieusement terminé la lutte pour la possession de M a ntoue« Cette importante forteresse fut deux fois momentanément débloquée par le héros septuagénaire W u r m s e r ; mais après les nouvelles victoires de Bonaparte, elle fut assiégée de nouveau^ et Wurmser lui-même fut forcé de s'y enfermer. Un troisième

corps darmée sous Àivinzy et enfin un quatrième commandé par le même général ^l^'^nt défaits par le bérojstcorse* I-.e premier de ces deux corps fut anéanti à la bataille d' A r c o 1 e qui dura trois jours (du ï5 au 17 Novembre)^ et l'autre fut étrasé dans celle de Rivoli (du i4 au 16 Janvier 1797). Wurmser rendit enfin la place (p^ Février) avec cinq cents bouches à feuy et une immense quantité de munitions de guerre. La garnison forte de plus de 12^000 hommes (dix-huit mille avaient péri^ pendant le siège, soit par les armes des assiégeants, soit par les maladies contagieuses) obtint la permission de s'en retourner duns les Etats autrichiens , mais sans pouvoir combattre ayant d^avoir été échangée» Quant à Wurmser Ini-ménie et aux autres généraux de la garnison on leur accorda une libre retraite ainsi qu'à un corps d'élite de 200 cavaliers, 5oo fantassins avec six pièces de canon.

Immédiatement après cet immense succès Bonaparte tourna de nouveau ses armes contre le Pape qui venait de se déclarer contre la République, parce que celle-ci exigieait qu'il révoquât tous les brefe et toutes les bulles qu'il avait, depuis 1 789 ^ fulmiûées contre la France. Mais les soldats de l'église ramas^ ses à la hâte ne purent tenir tête aux guerriers français» En moins de huit jours les Français eurent envahi, presque sans coup férir, la moitié des Etats for* mant le Patrimoine de St Pierre, et le cbemin de

Bome u'offrait plus d'obstacle au vainqueur. Les légats du Pape signèrent alors au quartier général français à T o I e n t i n o un traité dont les conditions furent impérieusement dictées par le Général en chef (19 Février 17(^7).

En vertu de ce traité Avignon et le Venaissin ainsi que les légations de Bologne, deFer^ rare et de Ra ve n n e furent cédés à la République. Le Pape paya en outre trente millions. Cependant Bonaparte eut le bon esprit de ne pas insister sur la révocation des bulles.

Bonaparte pour attacher les provinces conquises au gouveruenient français eut soin de les révolutionner. Il y fit proclamer la Liberté et F Egalité. Au gouernement monocratique , influencé par l'aristocratie , et à la magistrature presque généralement exercée par des étrangers devait être substitué un gouvernement déipocratique républicain et les peuples de Tltalie devaient recouvrer leur indépendance doot ils étaient privés depuis plusieurs siècles. Il se forma donc en peu de temps deux Républiques, la Gispadane et la Transpadane; la première ae composait des Légations du pape, du Modenais qu'on avait arraché à son souverain, en violantla neutralité qu'il avait achetée, et de quelques autres districts situés sur la rive méridionale du Pô. La République transpadane fut formée des pays de la Lo m b a r d i e au nord du P6. Cependant ces deux

républiques forent réunies bientôt en une seule mus le nom de Cisalpine.

Le Directoire fit proposer un armistice à l'Empereur d'Allemagne par le Général Clarke. On répondit à ce négociateur wq u' à V i e n n e o n ne c o nnaissait point de République française.c< Cette République cependant s'était déjà fait connaître dans le monde entier et l'Europe tremblait devant ses armes. Non seulement l'Italie) mais l'Allemagne même, malgré les victoires de l'Archiduc Charles ) cherchait son .salut dans les traités de neutralité ; et ce fut dans les conjonctures mêmes où le secours de la Russie était le plus nécessaire, que s'évanouit l'espoir de cette assistance ; car l'Impératrice Catherine mourut précisément à l'instant où elle paraissait décidée à seconder les Alliés par des mesures vigoureuses (17 Novembre 1796) et son suc cesseur Paul se détacha de la coalition.

L'Autriche persista néanmoins dans sa détenais nation hostile. Comptant sur le zèle des Hongrois l'Empereur François convoqua une diète générale à Presbourg(i2 Novembre^ et somma les Etats assemblés de concourir à la défense »de la monarchie de la Religion et de la Noblesse menacées du plus grand danger par la nation française plus crudle, plus féroce et plus impie qu'aucun peuple barbare quelconque.cc Le^ autres Etats héréditaires de F£ri-

pereur François firent aussi des préparati& considérables de guerre.

Mais par la promptitude de son attaque Bonaparte déjoua toutes les mesures défensives de son adversaire. L'Archiduc Charles qui venait de reprendre le commandement (6 Mars 1797)9 n'avait pas encore eu le temps de rassembler toutes ses forces que toute l'armée française fondit avec impétuosité sur eilesy pénétrant d'un côté en Ty roi et avançant de l'autre vers les défilés de la Carînthie après avoir traversé laPiave(ioetia Mars). Mar-i chant de victoire en victoire les Français renversèrent tous les obstacles, entrèrent àRlagenfurt (29 Mars) et à Laibach, et se trouvèrent au pied du Brenner dans le Ty roL Le gros de l'armée française chassant toujours les Autrichiens devant elle, arriva enfiq àLéoben. L'Archiduc se retira j.usqu'en Styrie. La terreur se répandit alors parmi les habitant^ de la résidence impériale, à l'approche de la redoutable armée ennemie, qui n'étaient plus qu'à trente«six lieues de leurs murs. Des envoyés se présentèrent au quartier-général français pour solliciter une trêve. Elle fut accordée pour six jours , prolongée de six autres pendant lesquels on signa les articles préliminaires de la paix, à Lébben sur la Muh r (18 Avril). D'après les conditions du traité l'Autriche céda à la Républi^e française la Belgique et les pays de lltalie jusqu'à l' O g 1 i o ; par contre l'Autriche de-

vait — en vertu d'articles secrets — ^ recevoir les Etats vénitiens depuis l'Oglio jusqu'au Pô et à la M e r- A d r i ô t i q u e, ainsi que la jiartie vénitienne de ris trie et de la Dalraatie. Il fut encore convenu, qu'à la pacification générale l'Autriche recouvrerait le Ma n to u a n et la forteresse de P e s c h i e r a. Les Légations du Pape furent destinées à indemniser Venise, Le traité de paix à signer par suite de ces préliminaires devait garantir l'intégrité de l'Empire d'Allemagne, et l'Empereur devait reconnaître la République cisalpine.

Cette paix conclue au moment où les grands intérêts étaient sur le point d'être décidés par le sort des armes , et dont les conditions surpassèrent les espérances des vaincus, décelait les craintes mutuelles des Puissances qui la signèrent. La prise de Vienne eût sans doute été un coup accablant et humiliant pour l'Autriche. Mais Bonaparte pouvait-il , en avançant si loin s'exposer à être enveloppé et peutêtre même aiiéanti par les masses de l'ennemi qui grossissaient autour de lui? D'un côté s'approchaient les troupes de la levée hongroise, de Tautre et sur tous les points, il était menacé par la levée en masse des sujets de l'Autriche. Dans les£{ats vénitiens venait d'éclater une révolte générale contre les Français, excitée par la haine des chefs duGouver-, nement aristocratique contre le systêrrfé révolutionnaire démocratique. Cet état de choses pouvant en-

■ traîner des résultats funestes pour l'année républicaine, Bonaparte s'empressa de signer t'armistke.

Vers le même temps s'était rallumée aux bords du Rhin la guerre, qui avait été interrompue depuis la prise de la tête du pont de H u n i n g u è. Hoche commandant l'armée de Sambre et Meuse s'était déjà avancé jusqu'à Francfort, etMoreau à la tète de celle du Rhin avait marché depuis Strasbou rg (iio Avril) jusqu'aux défilés de la Forêt- Noire, lorsque l'annonce delà paix leur fit poser lei5 armes (22 Avril).

Paix de Campo ^ Fùrmio,

Cependant de nouveaux événements opposèrent des retards et des obstacles à la*conclusion de la p a i X d é f i n i t i V e. Le premier fut la chute de la République de Venise. A peine Bonaparte eut il fait la paix avec l'Autriche qu^il tourna ses armes contre V é n i s e (3 Mai). Cette guerre ftit de courte durée. Le Sénat hors d'état de se défendre et quJ, par sa conduite impp'udente, s'était attiré ce malheur, se soumit à la réforme de sa Constitution (10 Mai) et consentit à l'établissement d'une magistrature démocratique. Bfes Français n'en occupèrent pas moins Venise, où ils entrèrent le 16 Mai, et jetèrent garni-

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son dans les îles gréco-véni tiennes. L'Autriche loin de s'y opposer, se mit au contraire de son côté en possession de la partie vénitienne de Tlstrie et de la Dalmatie.

C'est ainsi que disparut de la scène politique du monde l'Etat aristocratique de Venise, imposant par sa haute antiquité, fort de ses institutions et de l'extrême sévérité de son gouvernement. Cette hranche fut abattue par l'orage du siècle qui fit tomber encore mainte autre rameau desséché de l'arbre du système des Etats européens.

L'Etat aristocratique de Gènes tomba frappé de la même tempête. Les habitants forcèrent le Sénat à reformer la Constitution ; et ce fut au quartier général de Bonaparte, àMontebello que furent jetés les fondements d'un nouvel état démocratique, qui fut appeléRépublique ligurienne (6 Juin).

La République cisalpine reçut une constitution définitive (29 Juin), entièrement calquée sur la française. Les membres du Directoire furen^t cependant nommés par Bonaparte. Outre l^s pays de la Lombardie conquis par les Français, on joignit aussi à ce nouvel état, d'après l'ordresuprérae du général en chef, le pays des Grispns, laValteline, Cle- V en et Bor mi o (10 Octobre);'

L'Autriche ne pouvait voir sans, inquiétude les Français acquérir une influence aussi pyépondérante en Italie. L'heureuse issue des conférences entamées

pour la paix d'abord à U d i n e, puis à Ca m po For* mio commençait à devenir problématique.

Cependant enfin le 1 7 Octobre 1 797 le traité de paix fut signé à Campo- Formio^ au nom de la France, par Bonaparte, et au nom deFAutriche par les Comtes de C ob e n z 1, et de Me erveldt et le Marquis de Gallo.

£n échange de la B e 1 g i q u e cédée à la France et du Milanais ainsi que du Mantouan cédés à la République cisalpine, qui par cette cession se trouvait reconnue, l'Autriche reçut l'Etat de Venise avec les lagunes et tout le pays situé entre la ci-devant république de Venise et les états hérédî' taires autrichiens; puis tout le territoire entre la mer et une ligne tracée depuis le T y r o 1 jusqu'au lac de Gar d 9 et se prolongeant depuis l'A d i g e jusqu'au Pô. L'Autriche eut en outre l'I s t r i e^ la D a 1 m a t ie, les Bouche s-de-Cattaro avec les iles situées le long du littoral du golfe. La partie méridionale de l' A 1banie, ainsi que les iles Ioniennes (Corfou, Zante/Céphalonie, St. Maure, Cérigo et plusieurs autres moins considérables) furent cependant assurées à la France. Pour indemniser le Duc de Mo d è n e , l'Autriche céda le Brisgau et consentit même, par des articles secrets, à la cession duFrickthal et du comté de Falkenstein, et s'engagea provisoirement à assurer aux Français la possession de toute la rive gauche du Rhin jusqu'à An-

dernach, y compris May en ce. La République française de son côté se chargea d'indemniser iilté* rieurement l'Autriche en lui faisant avoir l'évéché de Salzbourg et une partie du territoire bavarois, à condition toutefois de s'opposer k tout agratidissement quelconque de la Prusse. Toutes les indemnités des Princes dépossédés par la cession dé la rive gauche du Rhin, celles même du Stath onde r héréditaire de Hollande devaient s'effectuer aux dépens du territoire de rAllemagne. La République Batave fut comprise également dans ce traité de Campo-Formio.

Détails historiques relatifs à Cinténeur de la France, Journée du iS Fructidor,

Le changement qu'opérèrent les élections de l'an V (Mai 1797) dans l'esprit des deux conseils législatifs rompit la bonne intelligence entre eux et le Directoire. Le parti royaliste était parvenu par Kntrigue et l'audace à influencer les élections et le tiers nouvellement élu, méditant des projets de contrerévolution alla siéger parmi les représentants de la nation. Ce parti afficha d'abord la m o d é r a t i o n, la justice et la concorde; aussi plusieurs ré pub- 1 i c a i n s sincères se joignirent-ils à lui tant qu'il dis-

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simola ses opinions royalistes. Ce fut cette faction qui fit entrer au Directoire Barthélémy ci-devant ambassadeur de la République à Bâle , en rempia^ cernent de li e t o u r n e u r, et par ce choix elle gagna un appui dans le gouvernement et osa se prononcer avec plus d'audace. Les complots contre le gouvernement se trament dans les séances du Club de Cli* c h y ; Fopposition des membres des conseils se manifeste de jour en jour plus violente contre le Directoire. Mais à mesure que les projets des royalistes se découvrent, le Gouvernement acquiert de nouvelles forces , parce que les modérés , les Patriotes de 1791 , craignant le retour de l'ancien régime abandonnent la faction royaliste et se i-allient au parti conventionnel. Le club de Salm tient tête à celui de Clic h y et les deux partis sont près d*en venir aux mains. La Constitution dans- laquelle le cas d'une conjuration des Conseils contre la République n'était nullement prévu n'offrait aucun moyen de terminer le différend. On se prépara donc de part et d'autre au combat. Le Directoire comptant sur l'appui des armées qui avaient déjà envoyé des adresses foudroyantes contre les deux conseils, fit approcher quelques troupes de la capitale. Les conseils, entre autres mesures hostiles, sommèrent le Directoire de renvoyer les troupes nconstitutionnellement cantonnées autour de Paris, et décrétèrent le réfablissement des Gardes -nationales dans toute la Ré-

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publique. Mais le Directoire déjoua |>ar un oeiip d'état hardi les projets de ses ennemis* Dans la nuit du 17 au 18 Fructidor (i et 4 Septembre) les troupes qui cernaient Paris, sous le commandement d'À.uge* reau porteur de la déclaration adressée aux deta conseils par l'armée de Bonaparte , entrèrent dans la ville au nombre de douze mille hommes et se trcmvèrent en présence de la garde du corps législatif forte de huit cents hommes qui posèrent les armes dès qu'ils furent interpellés par Âugereau de déclarer s'ils étaient républicains. Ainsi se teraaina cette révolution; les inspecteurs de la salle du conseil, et plusieurs autres membres des plus notables du corps législatif furent arrêtés et conduits au Temple. lies autres députés s'empressèrent de décréter tout ce qu'exigèrent les Triumvirs* Les chefe du parti de l'opposition ne fiirent point envoyés à l'échafaud, comme cela se fut pratiqué soi:» le régime révolutionnaire, mais ils furent condaumés à la déportation, àCayenne. Cette condamnation fut prononcée contre les Directeurs Barthélémy et Car ao t, ainsi que contre quelques membres du conseil des Cinq-Cents , onze du conseil des Anciens et dix autres individus, ministres, généraux ou hommes de lettres. La plupart des condamnés subirent leur peine; quelques-uns cependant, entre autres Car no t s'enfuirent; d'autres obtinrent leur grâce. Trente cinq journalistes furent égale-

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ment atteiuts {>ar le décret de déportation, et les élec^ tions de qnarante-huit départements furent frappées de nullité. Les cent quarante-neuf membres exclus par ce dernier décret furent remplacés dans les deux conseils par des individus au choix du Directoire. Us lois publiées en faveur des prêtres et des émigrés furent rapportées et Ton prétg de nouveau le serment de haine à la Royauté. De cette manière la France se revit sous un gouvernement révolutionnaire, bien moins cruel cependant qu'à Tépoque du règne de la terreur 'y et c'est ainsi qu'on foula aux pieds la constitution sous le prétexte — qui cependant ne manquait pas d'apparence — delamain tenir.

Les habitants de Paris apprirent à leur réveil, dans la matinée du i8 Fructidor, les événements arrivés pendant la nuit La France latiguée de révolutions reçut cette nouvelle inattendue avec tranquillité, sans manifester à cet égard ni approbation, ni mécontentement.

La journée du i8 Fructidor qui venait de retremper l'énergie du Gouvernement, aurait pu immédiatement produire un effet salutaire pour la France. Si le Directoire (dans lequel François de Neufchàteau et Merlin de Douai venaient de remplacer les deux membres expulsés) avait su pu* son intégrité, persomielle in^irer le respect, son adminis* tratîon accrût en force et en sagesse aurait pu iaire porter d'heureux fruits à la Révolution récente, et le

nouvel ordre de choses aurait pu devenir uue. source de biens poiu- la postérité. Mais lè$ destins en ordonnèrent autrement« Les membres du Directoire éblouis de leur ||2[i*andeur se mirent au dessus des lois, et reconnaissant ne devoir leur élévation qu'à Tarmée, ils se firent un principe de la guerre ^ sans laquelle les armées seraient en partie inutiles , en partie dan* gereuses.

La nation naturellement portée pour la gloire, pa^ tagf»it cet amour de la guerre, et jalouse d'être ^ pelée »1 a grande n a t i o na elle se laissait o pfi ri* mer et se £sûsait haïr plus que toute autre nation.

Les Républiques Cisalpine et Bat ave se ressentirent aussi du i8 Fructidor^ soit par laugmenta- Uon de sévérité dans le Gouvernement , soit par des cbangemexils que subit la oonstitutioo.

Expédition (VBgjrpte. BaUùUe dAbùukir.

Coup iFEtat en Italie,

Bon aparté quitte l'armée d^I t a 1 i e, traverse la S^uisse où il lance, sur son passage quelques étiooelles révolutionnaires et arrive à Ras t ad t (26 Novembre) où,, d'après l'mvitatîonde l'Empereur adiressée aux Pmees deTAttemagne s'est rassemblée k dépu-

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tatba impériale pour les cooferences de la paix. (% Général signe une convention militaire secrète avec les Généraux autrichiens Latour et Meer^* veldt relative à l'évacuatiou de Mayence (i Dé ceoibre) et se rend à Pu ris. L'opinion générale fut qu'il allait prendre le commandement de jorarmét (l'Angleterrecc que le Directoire , après la paix deCaœpo-Formio avait résolu de i^assembler sur les côte» €fe l'océan, à l'effet de menacer d'une deseente le ^ul ennani qui restait encore à la France^ Ufàs le projet de ce Général était de préparer noe entreprise bien plus audacieuse qui , dans la suite, reiaplit l'inrope d'étonneraent.

Ce fiit l'expédition d'Egypte. Une politique aussi efffonute que l'était *célle du Directoire ne pouvait manquer de prétextes pour colorer cet acte de vio*fenoe de la part de la France contre lia Porte sa plus ancienne et phis fidèle dlliée* C'était pour Tavantage ile la Pofte elle-même que le Directoire {Hré' t^iéit avoir pris les armes; il fallail châtier les re« l>dles Ma melo u k^» Les amis de l'humanité trotiveront un prétexte pltisispécteux à cette expédition; ce eera celiiitl'^tendre les progrès de la civilisation et de mettre un terme à la barbarie des Turcs et des Mamelouks ^contraire aux droits de l'huroanité et du ptuple é^tien.

Pftr la dissimiriation la ptu6 af'tifieieuse le Direc>* ^oiresmt dc»^er le ichange à l'Euiope entière sor je

but de Texpédition dani les préparatifs se faisaient k Toulon. Bonaparte y arrive à Fimproviste, prend le cotnmandement .d'un corps de quarante mille honiines de troupes d'élite cantonnés dans les environs, qu'on affectait de désigner sous la dénomination de »aile gauche de l'armée d'Angleterre« et nfiet à la voile queicyies jours après (aoMai 1798). L'amiral B r u e y s avee une flotte de treize vaisseaux de ligne , huit frégates et plusieurs au|res bâtiments de guerre escortt le convoi de trois cefit*>cinquante bâtiments de transport sur lesquels s.e trouvait cette armée.

Tout-à-coup la flotte s'arrête à la hauteur de Mal te (10 Juin) y effectuera décente, s^empare après un combat de courte durée de la *plus grande partie de cette île et se rend maître , par. eaj^ilulation de l'inexpugnable Fort de La Vallette) de la ViHe de Malte/ ainsi que de Gozzb et deCumino (la Juin). Cette prompte reddition fut L'eflfet de b surprise, de la lâdieté et de û trahison, fies Fraiiçais trouvèrent dans l'île de Malte douze cexïts pdèces de canon, avec des munitions de guerre, et des vivres pour six mois, six vaisseaux de guerre et le tréscM^ de l'ordre évalué à plusieifars millions.

Six jours après eetle conquête dont la rapidité tient du prodige B o n a'p a/* t e fait voile pour l'Egypte.. Il arrive le 1'' Juillet sous les murs d'Alexandrie et l'emporta d'assaut, ainsi que tpus les outra*

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ges de fortificaliofts qui ^n ûépem^^nt* i\ |)oursilit audacieiisenietit sa marche sur le Caire, tandis que sa flotte jette l'ancre dans la rade d' A b o u k i r.

Les cbefs d^s Mamelouks qui veulent s'opposer aux progrès de Bonaparte sont battus d'abord à Chebrisseh {i% JuiUet) à p^u de distance de Rama*^ nieb, puis déf^iits plms compl^tt^ment à Ëmb^beh (21 JuiUet) itens te vx>jsinage des P||raqfiides. Par saite de ce€l# victoire Bonaparte fraiichit le Nil «itre ^triomphant an Ca i re, capitale du pays, r^i<fermant \me pg|MilatM)n de 3oô/>oo âni^s (ti% JuiUet).

Cepwdapt au milieu dç ses pompes tripmpbales 60 n a p^a r t e appr^inl avec con9ter,iiiat)on la destruo tiofi de sa flotta. ^ L'amiral ai^^s KoraïQ^N/elsosi chargé H'observef la flotte de T oui pu, fie met à sa paursuîte f^^rès ^il'd)^ lut sortie du port, et futlotng- \mfê saa$ pouvoir La d^opyrir. Arrivé ev^n à la bauteuril' Al c^ 111)4 rie il ap^rçpj^ 1^ pprt e9ÇOj||bré de baAimêntf <W tran^i^/ort françai,$ et plus IpUi vem-^eat l'^arwé^ jnaMal^ feauçais^, r^ngé^ ^ n l^atoUle * d«D& la baie d' A bb tf ki r. Ifelspn l'att^q^ç $^»>a* lancer; .ce terrtbfe 5pmh*t s'engage au décUn du jaur; 1^ ja«wçais ^e ïl^fendeuï av^ intrépidité, ipai? i»ftlr beupçttseweiM; JCipq 4e lem^ àavires sont pn^ î^ vawiB^ dmiràl, l'Oriept,; armé de 1510 capoijsf^ pwtaUt iqdp Jip^^Qies iSait^ewc^ l'air* Quatre autres ▼aisaeaaiîc ^e P^pd?xit à 4'f§nm5?i9i. Vers le poiut 4a jour deux vaisseaux de ligi;ie .et deux h'4galies cAiQ^^

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client l<^r salut dans la finte. I^ reste de la flotte .fut détiHiit ou pris. Plus de cinq mille Français péririrent et environ quatre mille furent faits prisonniers. Cette action est la plus glorieuse et la plus importante par ses résultats qui ait eu lieu depuis le commencement de la guerre (i Août 1798).

L'Europe apprit cette nouvelle avec des transports d'allégresse^ car lit France par les actes de violence de son gouvernement s'était attiré rexécration (Je tout ce continent. La victoire d* A b o u k i r V'anima le courage et les espérances des monarques européens. Bientôt se forma une seconde coalition bien plus redoutable que la première, appuyée sur des récriminations bien mieux fondées contre ta République française. |

En Italie d'abord, où même après la conclusion de la paix, était resté un corps d'arniiée considérable, l^s Français se permirent plusieurs violence. Ils se jetèrent sur le Pape, comme sur «ne proie facile à | dévorer, parce qu'il était -hors d'état de se d^ndre. Lt Général Du phot attachent l'ambassade de Jo- | sepb Bonaparte à Rome perdit la vie dans une émeute populaire causée par les crîs de »VÎV€ la j République.» L'ambassadeur s'éloigna aussitôt ; et le Général Berthier qui avait remplacé Bona- \ parte dans le commandement'de l'armée d'Italie, entra | dans Rome (to Février 1798) où cinq jours après la dévolution se consomma.

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Le gouvernement papal fut aboli et la «République romainecc proclamée. A la tête du gouvernement furent placés cinq Consuls assistés d'uo Sénat et d'jin tribunat. Mais l'excès des contributions de guerre et des réquisitions que Tarmée française imposa aux modernes républicains ^ ainsi que le honteux pillages des chefe d'oeuvre de Tart tixHiblèrent la joie des amis du nouvel ordre de choses. Le Pape, bien qu'il n'eût signé son abdication que relativement au pouvoir temporel, n'en fut pas moins traîné en France comme prisonnier . et traité avec indignité. Supportant ses maux avec une résignation exemplaire, le vénérable vieillard mourut dans la captivité à l'âge de 82 ans (aq Août 1 799).

Les exactions jcontinuelles et l'impiété des Français occasionfrërent enfin une sédition populaire. La supériorité des Français dans l'art de la guerre l'emporta sur les efforts des masses non aguerries du peuple, et cette -victoire fut cimentée par le sang des rd]elles versé sur les échafauds.

L'exemple de la Révolution de Rome fit prévoir aux autres princes de lltatie le sort qui les attendait. Le Roi de Sa rd a i g n e ne tarda pas à tomber dans la dépendance. Ce fut en vain qu'il s'était abaissé à contracter une alliance défensive et offensive avec sa mortdle anémie; on voulait sa perte. Par suite de plusieurs différends méchamment «suscités contre lui parJes Républiques cisalpine et ligurienne

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on le somma de céder aux Français, juisqu'à la paix générale, la C i t a d e 1 1 e de Tu r i n et Tune des portes de cette capitale (18 Juin 1 798). Ce Prince fléchit et se précipita de lui-même dans rasservîssement. La République cisalpine, quoique fondée par les Français , éprouva la tyrannie de la Républiquemère. Les ministres cisalpins envoyés à Paris furent contraints de signer et de faire ratiher par le corps législatif de leur natiort ^ un traité d'alliance et de commerce avec la France, entièrement rédigé^ansle sens d'une politique léonine»

Machinations révolutionnai! es en Suisse. République helvétique.

Mais ce qui exaspéra le plus les esprits dans toute l'EurQpe, ce fut l'occupation de la Suisse.

11 est vrai que la constitution du Corps helvétÊque, mélange bizarre de tormes hétéeogènes, contraire en plusieurs points au droit naturel et à la saine politique, d'ailleurs surannée, dépourvue de sagesse, et^ entachée de vices irrémédiables ne pouvait plus se main* tenir long-temps.

Il est également vrai que dans la plupart des Cantons régnait smis le nom de Liberté, FAristoctatie la plus égoïste j dans quelques autres une

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Oligarchie pernipietise et qu'on y suivait des prÎDcipes opposés à Tesprit démocratique de la Révolution. Mais ce que la nation suisse réclainait de son gouvernement, ce que Tesprit du siècle exigeait impérieusement, ne pouvait former aucun titre en 4roit pour la France; et le gouvernement français se couvrit d'un double opprobre par l'hypocrisie à laquelle il ne rougit pas de recourir, pour voiler l'égoisme le plus impudent sous une apparence d'intentions bienveillantes. Cette même France qui naguères s'était, si violemment et si justeVnent) opposée à toute intervention étrangère dans sa constitution^ eut alors rimpudente audace d'afficher ouvertement ce principe violateur du droit des gens*

Lors de la guerre de la coalition contre la France la Suisse, résistant à toutes les insinuations des Puissances alliées, observa constamment la neutralité et supporta même ^vec résignation mainte injustice* U est vrai que ks gouvernements aristocratiques de quelques cantons tels que Berne, Fribourg, Sole ure etc. abhorraient les principes révolutionnaires; cependant on ne s'était pas permis la moindre démonstration d'inimitié, ni porté la plus légère at- ^Mte an systcime pacifique de neutralité. Cependant îwisitot après la paix de Campo-Formio comnaencèrent du côté de la France les démarches offensives. Telle fut la réunion de la V.alteline à la République cisalpine. Peu de temps après cette vio-

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lation de la neutralité, le Général St. Cy r commandant l'aile gauche de l'armée d' Allemagne occupa, pour s'assurer des défilés du Jura , la partie de TEvéché de Bâie formée des territoires suisses d*Erguel^ deBienneetdu Mûnsterthal. Au commencement de l'année suivante la ville de Mulhouse (iaisant partie de la confédération suisse, quoique enclavée dans le Sundgau (département français du Haut-Rhin) fiit incorporée à la République française (Janvier 1798^. L'occupation du canton de Genève, ayant eu lieu de vive force est une violation encore plus difficile à justifier (16 Avril).

Vers ce même temps le pays de Vaud tentant de s'affranchir du joug de B e r a e, commença par réclamer ses anciens privilèges et finit par proclamer son indépendance en se constituant en Etat particulier sous le nom deRépublique du Léman (Janvier 1798). La France ne manqua pasd*appnyer iesVaudois; une division de Tarmée dltalie entra dans leur pays: les troupes bernoises commandées par un colonel Weiss se retirèrent; le gouvernement n'osa risquer le combat.

L'Argovie comptant sur l'appui de la France tenta aussi de se détacher de Berne; cependant cette fbis-là elle fut réduite par les forces militaires be^ noises.

L'esprit de la Liberté "se répandait dans ces entrefaites successivement sur toutes les contrées de la

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Siiis^; on réclamait de toutes parts une coDâtîtuliou appropriée à l'esprit du temps et basée sur l'égalité des droits. Des émissaires (rançais provoquaient, excitaient^ secondaient le mouvement général. QueU q^ies gouvernements reconnurent alors la nécessité de fléchir^ quelques autres feignirent du moins d';étr^ disposés aux concessions deçiandées. I^ JKévolution de Baie s'opéra sans qu'il en coûtât une goutte de sang; le peuple de la campagne obtint les mêmes droits que les citoyens de la ville (i 8 Janvier). Il en fiit de xnème dans la plupart des autres cantomiiel pays, La régence de Berne seiile s'opposa avec obstination aux innovations ; car tout en promettant de changer la constitution dans le délai d'une année eUe n'en prit pas moins les mesures les plus vigour««^s pour la maintenir. Elle établit une commission supérieure de police inquisitoriale pour infoi*- Q)er ^o^tre les partisans des innovations. I>a France alors proposa au Directoire de la Confédération à Zuric un projet de constitution d'après lequel toute l'Helvétie devait former un seul état démocratique, ^•epréseniatif, divisé en a 2 cantons, el dont le gou- ^'^neH^nt, calqué sur celui de la France consisterait en un pouvoir exécutif entre les mains d'un Directoire composé de cinq membres, et en un pouvoir législatif PWagé entre un Sénat et un grand-conseiK I^a ville <Je Lucerne fut désignée p6ur capitale. Un grand ïïoiabre de partisans fuirent gagnés par la France^

pour ce projet. Le gouvernement kernois voyait de jour en jour le mécontentement gétyéml s'âoerditre et se manifester avec plus de violence. Il ne lui restait que ralternatlve de céder au torrent dea ciixxmstances, ou d opposer une prompte et cour%igeuse résistance à un ennemi inflexible. La victoire n'eét pas été ii^)po6sible si ^ auparavant Ton eut respecté lesdroits du peuple en sat»;bi)is»nt à seë justes réclamations et que par là on eût pu imérossm*. toute la Patrie dans cette lutte contre la France, qui, avant tout, en voulait à roiigai^cbie bernoise. Miris le Gouvernement de Berne égoïste pour rien abanéofmer de sea droits et tnDp lâche pour le$ dMetklie vaillamment négocia, temporisa et pér seseo»^ nueUes hésitations, et ses rétractations , effet de^ pusillanimité) acheva de perdre l'estime et laeonfoMe de ses concitoyens.

Dans ces conjonctures Brune et Schauen^ bourg à la tête de fdrces supérieures détaehâea des armées d'Allemagne et d'Italie sejelttMtft à Hm^ proviste sur les positions des Suisèes (i Mars 1798). Soleure et Fribourg tombent en mêtne leif» au pouvoir des Français (a Mars). L'orage fond sor Berne. C'est en vain queGrafenried, firlacb, Steiger à la tète de leurs intrépides ooïkipa^iotes se sacrifient avec un dévouement héroïque. Le nombre et la supériorité Stratégique remportent , et Berne voit entrer en vainqueurs dans ses murs Se ha o*

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enbofirg (d Mars) et Brnne (6 Mdrt). Cette ei«> pÀIifion^ qui ne dura que six jonrs cdùtn la TÎe à ({trit)2e ttnlle combatr^fits — Suisse» pour la plu* part ~. Le pays tomba ddtis l'anarchie ia plus épouvantabte. Erlach et d'autres cbcfe périrent nrisà'abkment sous les coups de fa populace luri* etMe qui les accusait de trahisèn. Tek furent' les i&trifaeuiis qti'attirèifent sur la ll^aflrie l'obslinatioD et k perversité de se^ Gouvernants.

Les raaux n'étaient cepaadsmf point encore à leur oomble ; Us empirèrent au contraire et s'élendirent «dr tout le pays. Les varitiqueUrs de Birme publièrent satis retard la loi relative à la coasttkitkm de toute la Saisse , et le commissaire franbais Le Ca nlier en ordonna t'accepta tioii. Les députés des prtntcipaax Cantons se rassemUérant à A ra u ( t n Avril) *etle citoyen Ochs bàlois de naissance proclama^ en <]pahté de Président du Conseil des Anciens ^ta n épubtiqueHelvétique une et indivisible^a

En même temps commença le pillage du pays dont on venait de proclatner ainsi ^indépendance. Non swriement àBerne' — où du naoln^ la guerre réceui^ ïtt^t t^rarinée pouvait encore servir de prétexte spécièut — mais partout où se faisait ènteiidi'è la voix JB^périiê»se des dominateurs français, tsti leva des coii- Wbutions excessives , on épuisa le pays pai* de^ ré^ quisitions en nàtin^ , et les arèehaux , les rtiâgaiSîns *isi que les caisses pubhques furent dédains pt6-

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priétés de la République trai^çaûse. Le canlou cfl^ fie r ne seul — non compris le pays de Vand etFArgovie qui n'en faisaient plus partie — éprouva, par .ces exactimia, une perte de soixante millions de francs.

Sous de fMireils auspices la constitution ne pouvait paraître qu'un don funeste. Ses plus chauds parti* sans revinrent de leur enthouMasme; la haine et le courage de ses adversaires y puisèrent de nouvelles forces. Dans tout le pays tes esprits étaient dnn^ une fennentatioii de sinistre présage. Mais les petits^^can tons démocratiques rejetèrent avec idignation la constitution imposée par des étrangers. Ury, Schw)iz, Unterwald^ Zug et Glarus^Togg en bourg, Afaeinthal, Sa rgan, A^ppenzell et &t &a.l se liguèrent pour la défense de leurs droits au pi*ix de leurs biens et de leur sang. La foreur patriotique iiit encore attkïée par la haine religieuse à laquelle les prêtres excitaient les crédules montagnards des Alpe$, en leur représentant les Français comme des ennemis de la £oi catholique, des profanateurs et des sacrilèges. S c h au e n b o u r g après avoir tenté sans succès la voie des négociations se décida enfin à cpmbattre. Alors s'engagea une lutte effroyable. (Mai) entre une poignée de montagnards^pasteurs se dévouant intrépidement à la mort, et une armée de guerriers accoutumés aux combats et familiarisés avec là victoire. Les riantes rivea du lac de Zuric, surtout aux environs de Ri chterschvsry 1^ et les hau-

fenrs deSchindeleggi, non loin ck»Morga rten, dans le canton de S c h wy z furent ténu>ins d'exploits qui étonnèrent les vainqueurs de la coalition, égalèrent les plus brillants faits d'armes du temps <4e Tell, n^is ne ftirent pas couronnés d'un aussi heureux succès. Les eanfons en vertu d'une capitulation hono« rable, se soumirent k l'acceptation de la contititution. Quelques baiilages italiens l'acceptèrent aii^si sans opposer une longue résistance. Mais l'établissement de la constitution dans le Valais ne s'effecttra qu'au prix de beaucoup de sang. De nouveaux troubles ne tardèrent pars à éclater. Le Conseil législatif ayant ordonné que tous les Suisses âgés de vingt ans prêtassent serment de fidélité a la nouvelle constitution, les cantons primitifs et leurs voisins refusèrent d'obéir. Cependant il n'y eut q<ie le Canton d' U nterwa 1 d qui résolut de se défendre avec la tureiir du désespoir. Les colonnes françaises pénétrant alors dans ce petit canton sur plusieurs points; dès lors on ne se bat plus, on se massacre (7 — 9 Septembre). Plus de deux mille Français sont tués , les uns d'une manière barbare. Mais la victoire resta à la supériorité numérique, Stanzstadt fut livré aux flammes. Le beau bourg de S t a n z fut pillé et saccagé. Femmes, enfants, vieillards tout fut passé au fil de l'épée.

lie silence des tombeaux succéda au tumulte des armes. On désarma les petits cantons ; l'ancienne capitu-

latioQ fut aaoulée. Les vaincus, le désespoir daos te coeui\ jurèrent ta nouvette constitution»

Le canton des Grisons seul n'était point eotré dans k Confédération tielvétique. Une diète tenue à 1 1 a n z ordonna la levée en masse pour la défense du pays^ et appela à son secours les Aiitricl^iens caiv tonnés dans le Tyrol. Six raille Autrichiens commandés par le général Auffeuberg entrèrent aussitôt dans le canton, occupèrent Coire (i 8 Octobre), et se postèrent le long des frontières pcwir tenir tête aux Français.

Dans cet intervalle la France et la Répul>lk[ue helvétique avaient conclu une alliance défensive ^ offensive (19 Août). La Suisse par ce traité perdit tous les avantages de la neutralité s'étant i^gagée à prendre une active à toutes les guerres de l'insatiable Répul^lique mère. La France eut à sa disposition deux routes commerciales et militaires en Suisse. Par un traité supplémentaire le contingent des troupes à -fournir à l'armée française par ta confédération helvétique tut fixé à 1 8,000 homnaes (3k) Novembre).

Congrès de Mastadi, Seconde CoaUtion cêfUre la Frmœ»

Durant le cours de ces événements préeurseurs de la guerre le Congrès de ilastadt cotttiDuaitses travaux

pur la paix et fournissait à Thistoire de la diplomatie un exemple unique en son genre, de transactions entre l'aiTogance et la faiblesse. Le temps de Favî- Kssement de l'Allemagne était venu. La Diète de TEmpire s'était, conformément aux préliminaires de Léot en empressée d'envoyer une députatîon de dix membres au Congrès de Rastadt qui s'ouvrit le 9 Décembre 1799. Les délibérations, comtne c'est l*ordinaire en Allemagne , furent un dédale inextricable de formalités, de lenteurs et de difficultés. Tout le désavantage retomba sur l' A 1 le m a g n e. Cette A 1lem a gn e qui avait été forcée à la guerre par T Autriche et la Prusse fut sacrifiée, et contrainte â supporter toutes les compensations , par le €hef de l'Empire nfïéme, et par le Roi de Prusse soi-disant défenseur de la Constitution germanique. Les pleinspouvoirs donnés à la députation de la diète étaient, cbnft>hnétnent au décret impérial, baàés sur le principe du maintien 'de l'intégrité du territoire de l'Empire. LâTrancc de son côté prétendait que lés mandataires fussent revêtus de pouvoirs illimités et débuta par demander la cessioh de toute la rive gauche du Rhin.

Malgré la trêve les Français avaiçnt déjà forcé Mayen ce à capituler (3o Décembre 1797). Cet événement avait été une suite de la convention militaire signée entre Bonaparte et les généraux Latour etMeerveldt en vertu de laquelle les Autrichiens aVaienft évacué la forteresse. Peu de jours

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après les Français prirent d'assaut ia redoute du Bhin pi*ès de Manuheiin (a5 Janvier 179B); et même sur la rive droite du Rhin le fort d'£hrenbrei tsteîn se trouvait assiégé. C'est ainsi que les Fran-» çais respectèrent l'armistice.

Dans le même temps les Autrichiens se retirèrent derrière le L e c k et même au delà de l'I n n , tandis que leur armée en Italie s'avançait dans les é t a ts vénitiens, que les Français évacuaient le pays.

D'après ces mouvements il était évident que l'ÂUr triche et la France s'entendaient et que d'après leurs conventions secrètes l'Allemagne devait être sacrifiée* ^n établissant une distinction spécieuse entre l'Autriche monarchie particulière et l'Autriche considérée comme Puissance européenne ou comme Etat faisant partie de l'Empire d'Allemagne, l'Empereur sut habilement se soustraire au reproche d'avoir sacrifié l'intégrité du territoire de l'Empire. Ce fut d'après ce même principe ^ fécond en conséquences, que la Prusse, la Suède, et le Danemarc représentés à Rastadt par leurs ministres, débattirent leui^ intérêts, tantôt comme Princes posse^ionnés en Allemagne , tantôt comme Puissances de l'Europe ,. quoiqu'ils ne fussent nullement appelés à figurer au Congrès conune Princes de l'Empire, et qu'ils en fussent expressément exclus comme Princes étrangers. Infortunée Allemagne !

A la demande de la cession de la rive gauche du

Bhiti bs pléfiipotetieiaires français ajoutèrent celle de donner aux Princes dépossédés en vertu de celte o^* sion, des compensations en territoire sur la rive droite. A cet effet Fon proposa le système de sécularisation ; (les villes impériales paraissaient propres à la réalisation de ce projet); mais le sacrifice n'en était que plus pénible et plus honteux. Le système de sécularisation — d'après la constitution comme d'après les lois naturelles — partageait les Etats de FEinpire égaux en droits, en deux classes: Fune, privilégié e, c'est-à-dire, arbitrairement favorisée, l'autre, privéedeto us les bénéficesdedroits.

Mais ce n'était pas là le pis ; ce Système déclarait en outre tous les peuples de l'Allemagne sans distinction, déchus du bénéfice dudroit personnel, c'est-à-dire^ dépouillés de leur personnalilé^ et les traitait comme chose; comme objet de droit réel. Ni pays, ni peuple, ni même aucun cttoyen s'expàtriant ne fut indemnisé. Leur sort fut regardé comme un malheur inévitable dont la re^K>nsabilité m pesait sur personne. Quelques femilles seulemeM — comme si l'Allemagne n'eàt été qu'une banque d'assnrance pour elles — devaient obtenir des indemnitéi, et même pour des droits qui, d'après le bon sens, ne peuvent être évalués au taus^ de l'argent,, et qui n'ont qu'une signification relative entre certains individus — c'étaient des droits régaliens-^ 6t ces ii^mnités ne devaieat pas s'effectuer en ar-

gent, ou en terril, mais eUes devaient confttôtei* €11 lioiunifts

Du côté de la France il y avait du moins quelques motifs fondés en politique pour insister sur ce principe subversif de toute justice; car elle retenait ainsi les Princes de FAllemagne et même tout l'Empire, parla crainte et l'espoir dans sa dépendance. Aussi l'Autriche et la Prusse elles-mêmes s'abaissèrent-elles au point de briguer les bonnes grâces du Directoire qu'elles haïssaient^ et même de cultiver sa faveur tant qu'elles en eurent quelque chose à espérer. Mais comment oser au nom de la nation allemande prononcer son adhésion au principe qui tant à sa perte ?

Ce fnt eau vsain <]tie la idépulUilîon de l'Empire^ pour émoiiToir l'équitë ou Ja ntagnaaioiité idu vainqwri empldppaies raisonnements de la plus saine logique; et ftit en Vaifn qu'dUe menaiça patbétiqueiairat il'^li afpfml mix contemporaiiûs et à la postérîté. filfe ai' ftit ^rs la mokié des eoticessions exigeas; oo iasista scn* la toti^lité. Mie f consentit enfin, mais i des conditions, k de X)ei1aine6 réserves :; on ag[réa âon 4M* senteihmt) mais >aii ne tint mil compte <les réserve^ tA dts od^nditions; an -côM^aire, on oi^ania^ et sé^ là ti^e gatiche du Rfaiii , qu'on divisa en quatre d^ partétuents:, comme si ia^cessic^n était d^ ÊUle défi* nfitivenietit «t dans ipaoes des formes de dnait.

La France non contente de ces résultats éleva enc&ve d'autres prétentions d'une nature tout-à-feit ré«- Yoltante. Les ministres de l'Empire y opposèrent d'humbles remontrances ^ alléguèrent respectueusement des raisons de droit, des objections fondées sur l'équité ; les plénipotentiaires français y répliquèrent par un ultimatum (6 Décembre 1 798 ) dont ils exigèrent l'acceptsftion dans un délai de 6 jours, sous peine de ruptui*e des négociations. La députation de TEmpire accepta en soupirant l'ultimatum (gDécembre) sans néanmoins obtenir la paix par ce sacrifice, carFétincelle d'une nouvelle guerre couvait depuis quelque temps, et l'av^^t même déjà allumée avant l'acceptation de l'ultimatum.

Les actes de violence que la France ne cessait d'exercer et diverses récriminations de la part de cette République contre l' Autriche amenèrent bientôt une nouvelle rupture. On entama des négociatipos à Selz pour en venir à un accommodement (du 3o Mai au 6 Juillet) , mais Ton ne parvint pqifit à s'entendre. Les conférences secrètes de C a m p o- Formio et celles de Selz prouvèrent que l'Autriche n'était guère moins ennemie de la Prusse que de la République française même» lia Prusse à% son coté, rendait amplement haine pour haine, et l'ennemi conunun de l'Empire d'Allemagne se réjouissait de cette désunion. Maintenant qu'une nouvelle guerre semblait inévitable l'Autriche re-

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