‹ Histoire générale depuis les temps les plus reculés jusquà l'an 1832Chapitre 16 sur 25 · IV. la · texte numérisé non relu

IV. la

'W)mptait avec ràfeon- sur son assentiment pour un cbatîgefnettt qai la faiisait e9|)érei*. D'iin autre côté les restas de la faction dés Jacobins et du Club de Sa Im s'érigeaieiiit en défenseurs de la constitution, tttisieurs autres partis subordonnés, menés par divers cliefs augmentaiflnt k cdnfusion.

' Téfl'ea étaient le^ conjonctures dl»ns lesquelles Bo* h^ a p a r t e troiiva la République. Son apparition sur le territoire français et le souvenir de ses trîou^phes augmentèrent la haine et le mépris qui pesaient sur le Birectoîrej et firent renaître Tespérancé. Il cacha ses projets sdus le *voile dti silence et dans Tobscurité âe \sk retraite Jusqu'au moment où le complot tramé avec ùtï petit nombi^e d'affidés — parmi lesquels Sieyes exerçait te plUsd^influence — fut parvenu à sa inattirité. Le lô Brumaire (6 Novembre) le plan d'attaquef cùMte U Constitution fut arrêté^ et trois jburs plus tard (18 Bmmaîre an VIH, gifôvcfmbre 1799) le ConsfefI des Anciens convoqué cfutte t»a*liîèÉe iriusStéé par la commission- des Inspèbleuri^ ré^ 6b|ut de ti^ansféret le corps législatif ;à S f . G 1 ô ti d et de confier à îffdfitiparté rëiéééutîon de <}è déchet^ ftinsrique le conimaudenient des troîi|)é5 dbns la i^^ pita||"et aux à^entburs. Ce génét^t k la ii£<6epti9ti dn dééret, se Ôt prêter serment de fidélité pto totii tes Oénérau^É qtii se trouvaient alôrà à PâHs — entï^'atftf es L e F e b t^ cfi^f de la garde dlrectbrlàte ---. et se rendit auxToileries oà;$l prêtât té niém« èei^

ment au Conseil des Anciens. Le Directoire attéré de ce coup d'état se sépara. Sieyes et Roger- Duc os d'après les conventions arriêtées se démirent du pouvoir; Ba rra s en fit autant par lâcheté. Go^ hier et M o u H n s qui tentèrent une résistance inl^ rite furent arrêtés. Une prodamation de Bona^ parte instruisit la nation de ces événetnents.

Le lendemain les membres des conseils s'àssemblè^ reot àSaint^CIoud. Une lutte dangereuse y at^ tendait Bonaparte. Le Conseil des Anciens au-* qpé et général adresse un discours plein d'audace applaudit aux mesures quUl propose; mais le conseil desCiniq-cents se livre à la plus impétueuse agi* talion ; il vient de renouveler avec enthousiasme lé sertnent de fidélité à la constitution. Lucien Bo* n a p a r t e lui-même a été contraint de le prononcer. L<>rsque son firère se présente dans la salle, les députés républicains s'élancent sur lui eto s'écriant: A ba^le dictateur^ hors la loi le tyran! BO'^ a a par te se trouble, il recule, ses grenadiers l'emportent. Hors de la salle il trouve ses soldats. Il eîi appelle des représentants de la nation aux satellites mercenaires. Vive le Général! s'écrient ceux*cî.

Plusieurs voix dans le conseil demandent la^i^ bors de la loi de Napoléon, la permanence des can^ seHs, et veulent que Berna do tte soit revêtu du ^mmandement militaire. Lucien refusant son att^ béston se dépouille des marques de sa magistrature

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populaire et quitte la salle. Il monte à cheval , harangue les troupes qu'il anime contre le Conseil et les exhorte à disperser par la force des armes cette assemblée d'assassins et de brigands. Napoléon donne en même temps l'ordre de chasser le cbusdi. Les soldats en rangs serrés pénètrent dans la salle. DÂu nom du Général Bonaparte, s'écrie leur commandant LeClerCyle corps législatif est dissous ; Queles bons citoyens se retirent ! Grenadiers, enavant!« Les Grenadiers présentant la baïonnette, marchant au pas décharge^ s'avancent dans toute la largeur de la salle, le son du tambour étouffe la vpix des l^islateurs qui se récrient contre cette violation. En peu de minutes la salle est vide; les députés se sauvent par les fenéti*es , et la représentation nationale est anéantie (19 Brumaire an VIII, 10 Novembre Ï799).

Ce coup d'état consommé, l'hypocrisie l'impudence et Id servilité furent mises en jeu pour lui donner une apparence de légalité* Dès le même soir Lucien Bonaparte réunit àSt. Cloud les faibles restes du Conseil des Cinq-cents; celui des Anciens se rassembla aussi. Des adresses de remerciments furent votées à Bonaparte et aux Soldats. I^ Dire#oire déclaré dissous fut remplacé par un Gouvernement provisoire formé de trois «Consuls* — Sieyes, Roger-Ducos et Bonaparte— rc?^ tus de pouvoirs très-étendus. Le Corps^légisbtif 4ont on eut soin d'exclure 6a membres qui s'étaient

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fe plus ouvertement prononcés contre Bonaparte devait être ajourné au i*' Ventôse (ao Février 1800) et dans l'intervalle deux commissions chacune de a 5 membres devaient remplir les fonctions des conseils et s'occuper principalement de la rédaction de la nouvelle constitution. Ces résolutions furent prises à minuit; les Consuls et les Conseils retournèrent ensuite à Paris et le nouveau Gouvernement fut installé incontinent. Cest ainsi que fut renversée la constitution directoriale.

^ùmtvntmmt comniaivt.

(da xo Novembre 1799 an z8 Mai 1804)-

Nouvelle constitution. tranquiUité publique rétablie.

Les Français — à l'exception des Républicains de boime foi et des Jacobins — avaient vu, les uns d'un odi indifférent, les autres «i plus grand nombre, avec joie la révolution du 1 8 Brumaire. Le ^ectade d'une réprésentation nationaleasservie avait été si fréquemment répété, que l'effroi qu'il inspire aux patriotes

éclairés avait perdu de mhrw^ H la haine vcH^e aa Gouverneoif^t .renvoraé était telle qu'on ne s'arrêta pas à centrer (es moyens qui en avaient amené la dissolution. D'ailleurs la conôance en la personne de Bonaparte était née des prodiges qui avaient signalé sa carrière et les partis les plqs, opposés mettaient leur6 espérances dans sa domination.

La nouvelle constitution achevée cinq sem^ânes après le renversement du Directoire , et publiée dix jours piqs tard (^6 Décembre) , obtint, malgré son caractère peu rassurant pour la Liberté, une quantité de suffrages bien supérieure (quoique moins nombreuse qu'en 1791) à celle qu'avaiept obtenue les constitutions de 1 793 et de 1 795. On n'en saisit point l'esprit, ou l'on se berça du rêve de l'inéa branlabilité de Tédifice de la Liberté érigé par la révoluKon.

Mais cette nouvelle constitution porta le coup de mort à tous les droits politiques du peuple, en conférant tout le pouvoir à un seul homme et ne laissant à la nation que de vains noms et de vaines formes. Cependant les contours extérieurs de cette loi jondam^emtale étaient calqués sur l'in^nieux plan de Sieyes; mais le génie ûnpérîeux de Bonaparte ay^t rejeté du travail tl# Sieyes tout ce qui^g^ranti^ «%jt les droite du peuple, et n'avait conservé qiie ce qui favorisait le pouvoir arbô^raire. U en r.ésuilta iine constitution monstrueuse -dont l'acc^tation dé-

versa le mépriâ mv les Français fanfarons de leur Liberté, ou ^en fit un objet de pitié pour tout honmie bieu pensant.

La constitution conférait àun premier Consul (à propreaient parler le seul gouvernant, les deux autres consuls n'ayant qUe vçix consultative dfaos certains cas , et nulle dans d'autres , et n'étant que des personnages de représentation) ua pouvoir peu différent de l'auto rite dictator iale, autant par la latitude des droits qui lui étaient accordés, que par la conformation du corps légjL&latif qu'on avait étab^ par forme d'opposition poui* sauver les apparences» Il est vrai que <^ Cions^l était élu; mais il l'était pOMT dix années» à l'expiration desquelles il était ré* éligi^. Il était à Fabri de toitfe respa$3at>ilité. Il noQunait à tous les emploi^ tant dyils que militaires* L'armée était sous sçis ordres. Par l'organe du Conseil d'JStat qui h^i éitaît adjoint, et des ministres iqui dd même qge les cons^Uers d'état dépendaient eoti^n^iiient de lui, il avait exclusivement l' i* nitiative des lois (le droit de le|5 proposer)* Il avait le4riHt des finances» de la police, celui de faire la gu^^rre et la |>aix et de contracter des alliances. La smlô restrîçtiop au pouvoir de ce M o n arque, était un T^énAt cp|iservate.ur« de quatr^^vingt m^mbces, nommés da|is l'origîne par les consuls , mais ayant ie droit de se compléter par des membres de leur propre choix; un corps législatif composé

de trois cents membres et tin tribu nat de eent, tous au choix du sénat conservateur ; par conséquent trois corps de l'état, lesquels* d'après leur composition étaient dans la dépendance du premier consul seul. Les Tri bu n s en outre n'avaient que le droit de discuter les lois, sans voix décisive; les Législateurs de leur côté avaient voix décisive, mais uniquement par oui et par non, et sans pouvoir s'engager dans la discussion. Le corps législatif et le tribunal privés l'un et l'autre du droit de l'initiative qui n'appartenait qu'au gouvernement, restaient d'ailleurs dans l'inaction tant que celui-ci , ne provoquait point leur coopération en proposant quel» que loi. LeTribunat seul avait dans les commencements le droit de soumettre des représentations et des demandes. Le Sénat conservateur én6n, dont les membres étaient inamovibles et à vie, et qui) en raison des riches émoluments attachés à leur charge déclarée incompatible avec tout autre emploi, devait naturellement , d'après la personnalité de ses membres, nommés par le consul, et non par le choixdu peuple, plutôt servir à seconder l'oppression et les violations arbitraires de la constitution qu'à en garantir le maintien. D'ailleurs le Sénat tenait ses séances à huis clos. Celles du corps législatif et duTribunat étaient, à la vérité, publiques, mais on n'y pouvait jamais admettre plus de detix cents spectateurs!

n ne restait donc à la Nation qu'une vaine ombre de ses droits sacrés fondés sur la raison et la nature et achetés au prix de tant de sang* et de larmes. Chaque assemblée primaire d'arrondissement devait for* mer une liste decon fiance contenant un nooip bre de noms égal au dixième du nombre de ses mem* bres ; les citoyens élus ainsi par les assemblées pri* maires d'un département désignaient pareillement un dixième d'entre eux pour former la liste départ ementale; et enfin l'on rédigeait delà même manière une liste nationale, composée du dixième des noms portés sur les listes départementales; ef dans ces trois listes, le Gouvernement d'une part, cl le Sénat-conservateur de l'autre, choisissaient les chefs des diverses administrations et les autorités ci* viles.

La Commission provisoire de législation chargée de rédiger la constitution nomma Bonaparte premier Consul. Il désigna pour second Gmsul Cambacérès, alors ministre de la Justice, attaché aux principes républicains, et pour troisième Le Brun ci-devant membre du Ccmseil des Anciens, royaliste modéré. Sieyes et Roger-Ducos furent nommés sénateurs. Les autres membres du Sénat furent Clément nommés, sans attendre l'arrivée des listes des citoyens éligibles et de cette manière la constitution fut mise en vigueur avant d'avoir été acceptée.

« Jamais coïKiouirâ.da droon^tanciea ne fut plus favo rable qu'à Tépoque où Bonaparte eoti^a au pouvoir. Toute» les iauSes des autres Gouvernauts servireot à rekver sa gloire; le 4e(itin lui avait préparé — cQntme flus tard à la ^inte alliance après Fabdication de L'empereur — les moyens de réparer les mauKy de ûiiM fe bonheur du monde. Malbeureusemeut il ne le fit pas long-temps !

On rappela les proscrits du i8 Fructidor, entre autres Ca r n o t qui fut nommé au ministère de la guerre^ en remptai^ement de Berthier à qui avait été donné le loommandement de l'année de réserve. Tous les pnétres non-afieerinentéB obtinrent leur grâce. Vingt mille vieillards mntrèreni au ^n de Mirs famtUes. hà radiation de la liste des émigrés fut rég* lée par des dispositions si mitigées, que près des nev£ dixièmes des expaitriés rentrèrent. Tous les gens de bien se r^uircent 4u retour de la justice ^ de la ibranquiUijbé.

Néamiwins, dèa les pr^ç/ssiers temps , le nouveau gouvernement laissa entrevoir des sym|>tQUfies d'ei^t 4edomînatk>o es d'abus du pouvoir* lial^jlbert^ de la pressa reçut des atteintes violenjU^; .d^ écrîMins de i^les pubMqiJies Étirant néduiik^ .au«î- Jence; d'autres foreut aoudoi^; l'ou iraila av»e a4vérité les répubUcanns^déelarés.

Tel ivtt ansii l'esprit (qui diirigea l'organisation ides autorités. Le conseil d'Etat et les minislyres

furent ravalés à la opoditiaD de sarviles exéwtinii's des volcNi»lés du premier Gcmeul ; et rudmiowtràtkm civile dans toute l'ét^ndite de la Fratice' fut réglée sur les bases de la hiérarchie militaire. Les collèges qui administraient les départements, les districts et les communes, furent remplacés par des Préfets, des Sou^ -préfet s et des Maires. Les premiers étaient généralement nommés par le premier Consul; quaot aux Maires, il ny avait que ceux d^ villes les plus ii^portacUes qui fussent à sa pominatîoo. Une division de tout ie territoire français en a5 divi-» siûus miUtaines, commandées i^aouie par un Général 4'armée rqxuidait en outre de la soumision du peuple.

Parmi les funestes tfhu du déplorajble gouvernemeat directorial^ le renouvellement de la guerre civile avait été ïam des plus aSUgeants. Les Vendéens et les Cliqua us s'étaient souillé» de nou^ veau — surtout d<^wis le i^ippel du iGé«érai HQ^hc ffà les avait goodiattus avec bun^nité.

J/ei^Gtioin de cette guerre cmhd fol la tâche la pins pressaote dn<j^uvernen)eot consulaire* }1 en» vo;a de iH>uvelles xroMpes dans les départements de Vwm^ et dédara les insMrfé» hors de la loh Cette mesare abattit leMr ^poujrage^ ils iivi^^snit <npe«da9( encore quelques combals; maM» ce furent les dernîè* res coni^ulsîAns de cette gueire d'extermination. Depuis ce «wm^t la tranquillité se .rétablit dans les

contrées de l'ouest si long-temps le théâtre de scènes sanglantes ; il s'y manifesta même dans la suite quelque attachement au Gouvernement de la patrie.

BatalUe de Marengo, Bataille de BoAenlinden,

La nation française et l'Europe soupiraient après la Paix. Bonaparte qui l'avait solennellement promise alfecta prudemment 4e la recherdier. Il écrivit même de sa propre main à George III Roi d'Angleterre dont le cabinet semblait être le foyer de la guerre. Le ministre anglais combla les sou* haits de Bonaparte en rejetant ses propositions. Des assertions offensantes se firent entendre dans le Parlement Là démarche faite pour obtenir la paix n'eut d'autre résultat que d'aigrir la haine réciproque. Bonaparte sut merveilleusement réveiller l'ardeur guer^ rière et donner un nouvel essor à l'enthousiasmé patriotique. L'armée de Réserve qui d'après les ordres du premier Consul s'organisait à Dijon se grossit rapidement de volontaires de toutes les classes de la nation ^ et tandis que la coalition doutait encore de l'existence de cette armée, celle-ci était déjà en marche vers les A 1 p e s.

La campagne d'Italie venait de s'ouvrir. Le vieux Mêlas Général de cavalerie s'y trouvait à la

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tece de i3o,ooo combattants, tandis que Mas se na — nommé général en dbief de l'armée dltalie depuis le a4 Novembre 1799 — n'avait guère plus de 40,000 hommes. ,

Gènes seule avec son littoral à Test et à Fouest restait à conquérir ea Italie. Dès les premiers jours du printemps (6 Avril) Mêlas rompit la ligne française en s'avançant^ par une attaque soudaine jusqu'à Savone et Vado (par conséquent jusqu'à la mer) et en se jetant entre M assena, et son aile gauche commandée par Suchet. Les Autrichiens sous Elsnitz repoussèrent alors Suc het au delà du Yar, ^ s'emparant successivement de Nice, Savone et de toutes les autres places fortes le long de la cote (B ~ i5 Mai) et menaçant de franchir les limites de la vidlle France. Mêlas de son côté après avoir emporté d'assaut la Bocchetta et remporté une ^^îctmre à Vol tri (18 Avril) força l'intréfûde Masseoa à se jeter dans Gènes avec son armée réduite ^ ^5^000 hommes. La famine plus terrible que les annes de l'ennemi exerça d'affreox ravages parmi la garnison et la nombreuse population de cette ville infortunée. L'amiral anglais Keith en Moquait le port; Mêlas ne comptant que sur la famine pour i^édaire la place^ en ferma rigoureusement toutes les avenues. Mais ce fut en vain qu'on somma, au nom de rhumaaité; Masiena de capituler; ce général

convaincu de ^importance de cette place, et espérant dn secours^ persista dans son refus.

Cependant Mêlas certain que Gènes ne lai échapperait point concerta son invasion en Provence avec les Anglais qui fondaient de grandes espérances sur cette entreprise. Mais Bonaparte, à la tête de 60,000 hommes , moitié vétérans , moitié nouveaux soldats, composant son armée de réserre organisée avec one rapidité qui tient du prodige, est venu de D i j o n à G e n è V e et dirige son armrée eo quatre colonnes à travers les Alpes, surmontant ton^ tes obstacles de la nature par de sages di^posi* tions et une courageuse persévérance. Mêlas, informé de cette nfiàrche impt^vue , vole vers Turin »pour y prendre, dft-il, teUes mesures qttelescî^ constances exigeront.ct Cependant Bonaparte descendu en Piémont par la vallée d*Aoste, a fait un prompt mouvement à gattche sur Milan, afcst emparé de cette capitale, et a ressuscité incontîneiît la République Cisalpine (a et 4 Juin). L a n nés et Murât ont franchi le Pô^, dans ces entrefaites, se Èàrit ^ertiparés de P 1 ai sa n ce et de ses riches ttiagasffts; tandis que Suchet, après avoir repassé le Var reprend Hice et tout le département des Alpes^-ttS' Intimes.

Bans ce même temps (4 Juin) Gènes tenait de se HîtJdrë au Keutenfânt-^néràl Ott. L'inti^épide Mâs** À en a àvttit été contraîm par l^cès ée ht famine k

évacuer cette place. La précipitation avec laquelle cette convention fut conclue pero/il; à ce général de rejoindre aussitôt rarmée de Suchet avec les débris de la sienne et de se battre de suite contre les Autricbiens.

Quinte jours plustôt cette capitulation eÂt décidé la campagne à Tavantage de rAutricke ; maintenant Foccasion se trouvait perdue. LHannée de ré* serve avait gagné une trop grande étendue de pays, et enlevé presque tous les magasins des Autrichiens, et Mél a s qui avait concentré ses {orces près d'Ale^ xaadrie,. presqu'entlèrement eemé par les Français, manquait de vivres et de munitions de guerre. Ce lut alors qtie se livra dans les plaines de Marengo (i4 luin), cette fameuse bataille qm r-« décisive comme rhistoire en fournît peu d'exemples *^ détruisit tous les fruits des victoires autrichiennes de Ut cafêrpagoe précédente et lifvra de nouveau l'Italie au pouvoir de Bonarparie^. lies deux armrées combatHrem long^témps et avec opifhlâtreté; La victoire^ comment çaH à se àèeUtPdv pour T A te t r i c h e, lorsque Desa ix Ble fiayard de la Rép^ijibliqnect surv^nafit avec deme âWiskms de troupes fraîches, fondit sur l'aile gauche des Autricbiens, et <|aoiqtte bleasé à non dès lé commencement de l'aclion , mit glorieuseflMM fin à cette bataifid qui avait ddré trafee heur^.

Mêla» pkw embàrassé du danger dé sa position^ qu'mifeiibli d^ ses pênes ne vit d'autre moyen dk salttti

que dans un armistice; le vainqueur le lui accorda (i6 Juin), mais à des conditions rigoureuses* Il lut conirenu que les Autrichiens se retireraient derrièi^ le Mine io; Gènes qu'ils venaient à peine de conquérir y les places ou forts de Tortone, d' Alexandrie^ deTurin, d' Arona^ deConi, dé Ce va, deSavone, de Milan, de Pizzigl^itone, de Plaisance çt d'Urb in, les fruits précieux de tant de victoires, avec leurs imoienses munitions de guerre, tout le Piémont, ki Ligurie et presque toute la Cisalpine furent cédés par suite d'un revers momentané. L'astre de Bonaparte brilla plus que jamais.

L'armée de réserve incorporée à celle d'Italie fut confiée àMasséna qui", par cette réunion, se vit à la tête de plus de loo^ooo hom.mes* Bonaparte s'en retourna à Paris. *

Dans ces entrefaites l'armée autrichienne en A 1 1 emagne avait éprouvé les plus rudes échecs. Elle n'était plus commandée par l'Archiduc Charles si accoutumé à vaincre, mais par le Feld-maréchal K ray* M or eau effectua le a 5 Avril, le. passage du Rhin sulr six points différents , et à la suite de plftsieurs combats heureux repoussa-^vivement les Autrichiens depuis la Foret-Noire jusqu'en Bavière. Après les l)atailles d'Engen, Stockach et de Moeskirch(3et5 Mai) il se trouva encore assez fort pour détacher de son corps d'armée ao,ooo hommes

qui allèrent renforcer Tarmée de réserve en Italie. Après une série de nouvelles défaites, K ray à la tête de son armée quitta U Im où il s'était maintenu pendant quelque temps, se rendit à Ingolstadt et de là à Ha a g et à Amp f ing, en passant par Landshut. Moreau de son côté alla occuper une grande partie de la Bavière ainsi que Munie; Le courbe après avoir débouché par les défilés» du Vorarlberg, se rendit maître du canton des G r iso ns et tendit ainsi la main à Tannée d'Italie.

On conclut alors à Parsdorff (i5 Juillet) un armistice qui ne pouvait être rompu que douze jours après avoir été dénoncé. I^ défilé de Rente dans le Ty roi, ainsi que Ratisbonne et tout le terri*^ toire de la F r anço n i e jusqu'à la R e d n i t z furent cédés à l'armée française qui en outre resta en possession de ce qu'etfe avait conquis. Les places fortes situées^ en arrière de l'armée française lurent blo^ quées.

L'Europe attendait la paix. Le Comte S t, Julien envoyé à Par is avec des pouvoirs très-étendus signa des articles préliminaires basés sur ceux du traité de/^ampo-Formio (28 Juillet). Mais l'Empereur n'ayant pas ratifié cette convention, la France dénonça l'armistice. L'Autriche acheta à Hohenlinden (20 Septembre) une prolongation de la trêve de 4^ jo^rs, et céda pour l'obtenir les forteres* sesd'Ulm, d'Ingolstadt, et dePhilippsbourg.

Ces places furent mises à 1 a d i s p o s i t i o n d e l'a rmée de la République française; aussi fat-on sans délai des dispositions pour les démanteler. Un armistice signé àXIlastiglione(i25 Septembre) interrompit le cours des hostilités en Italie,

La prolongation de la trêve ne conduisit point au but désiré. Le Comte Louis de Cobenzl et Joseph Bonaparte assistèrent aux conférences du Congrès de Lunévillat; mais la demande que fit la France d'une trêve sur mer, comme sur terre fit échouer les négociations.

Les hostilités recommencèrent sur le continent (i i et a3 Novembre). Les plénipotentiaires continuèrent cependant de rester à Lunéville.

De nouvelles armées postées le long du M e i n ^t du Bas-Rhin avaietit encore augmenté la supério* rite numérique des Français sur le$ Autrichiens. Ces derniers, alors sous le commandement du jeune Archiduc Jean (auquel on avait adjoint pour conseil le général Lauer) n'étaient aucunemmit en état de résister. Cependant malgré cette infériorité l'Arcbiduc Jean osa prendre l'offensive et passa l'Iiin, Tonabant à l'improviste à Ampsing sur l'aile ^auclhe de Mo r e au commandée par G r e nier, il la mit en déroute (i Décembre). Mais deux jours après (3 Décembre) Mo r eau remporta près deHoheulind^n une victoire sanglante qui anéantit l'armée autri* chienne. Les vaincus s'enfuirent à la débandade,

vers Tintérieur de leur pays, poursuivis, Tépée dans les reins, par leurs impitoyables vainqueurs qui, Ivvrant combat sur combat, passèrent T I n n, la S a 1 z a, laTraun, T En s et se trouvèrent après une marche de trois semaines à vingt lieues de Vienne.

Dans ces extrémités il fallut que l'Archiduc Char-» les reprit le commandement; mais il reconnut l'impossibilité de la résistance. Près de Soo^ooo hommes venant de l'Allemagne et de l'Italie étaient en marche survienne. Il fallut songer à fci paix. On convint, après de courtes conférences, à Steyer (^5 Décembre) d'un armistice dont les conditions équivalurent à une capitulation. Wii rs^bourg.Bruunau,Ruff steiu, SchaenitzetFin^termiinz furent remis aux Français ; les Autrichieo$ évacué* rent tout leTyrol et l'Empereur s'engagea solenoellement à faire la paix, quelles que fussent les inten* tions de ses Alliés.

li'arroée d'Italie de soa côté, alors sous les ordres de Bru ne, avait aussi fait de nouveau:^ progrès. Elle s'était emparée de la Toscane et Après avoir passé le M î acio et T A d ig e (aô Décembre f 8oo et i" Janvier i8oi ) elle avait, en plusieurs rencontres, battu le Général B e 1 1 e g a r d e siK^casseur de Mêlas, et s'était réunie à l'armée des Grisons dans le Tyrol méridionaL Alors se conclut également ua armistice (i6 Jauyier), en ^rtu duquel Les pliace» de Peschi«ra, Vérone, Legnano, Ferrare

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et A n côn e furent livrées aux Français. Il fut convenu aussi que la Liven^a et le Tagiianiento formeraient la ligne de démarcation entre les deux armées. Une convention postérieure remit aussi au pouvoir des Français victorieux la forteresse de Mantoue pour prix de la prolongation de l'armistice {26 Janvier).

Paùc de LunéviUe, Autres traités de paix.

D'après ces antécédents la paix ne paraissait plus guère douteuse; aussi fut-elle signée à Lu né vil le le 9 Février 1804. Pour en accélérer la conclusion la France avait exigé que l'Empereur la signât a u nom du corps germanique, et ce monarque déféra à cette demande.

Le traité deLunéville confirma la cession déjà faite à la France par l'Autriche de la Belgique, ainsi que du Falkenstein et du Frickthal; il renouvela aussi la cession de la L o m b a r d i e à la R épublique cisalpine. Par compensation, les provincesvéni tiennes cédéesà l'Autriche par le traité deCampo-Formio, restèrent à cette puissance avec la seule différence que l' A di ge fut désigné pour limite. La cession du Brisgau au Duc de Mode ne fut également confirmée ; mais l'Autriche fut forcée

de renoncer en outre au Grand*Duché de Toscane qui fut assigné à Tlnfant, Duc de Parme. On promit cependant au Grand-Duc de Toscane de Tindemnîser complèteuient en Allemagne. L'empire d'Allemagne céda toute la rive gauche du Rhin, et l'on stipula que les Princes dépossédés par cette cession recevraient des indemnités sur la rive droite; que les Français évacueraient cette rive droite , mais que les forteresses rendues par suite de cette évacuation resteraient dans l'état où elles étaient, c'est-àdire démantelées* En outre l'indépendance des R épubliques batave, helvétique, cisalpine et ligurienne fut reconnue et garantie par le même traité.

LeCorps germanique accepta cette affligeante paix que la Diète deRatisbonne ratifia sans retard, ni opposition (9 Mars)*

Cette paix avec le principal ennemi de la République sur le continent fut bientôt suivie de la réconciliation avec les autres puissances qui se trouvaient encore en état de guerre.

Naples signa la paix à Florence (28 Mars), et conserva ses principaux états , en cédant néanmoins ses possessions dans la Haute-Italie et l'Italie-centrale (l'île d'Elbe, les Etats desPrésides en Toscane et la principauté de P i o m b i n o. Cette Puissance s'engagea en outre à' fermer ses ports aux Anglais et aux Turcs. ^

Le Portugal de mïï cèté conclut à Badajoz la paix avec l'Espagne (6 Jum)^ en cédant Olivenza. Il fit aussi la paix avec la France à Madrid (19 Septembre) moyennant la cession d'une partie de territoire dans l'Amérique méridionale confinant iji la Guyane ) et le paiement d'une somme peu considérable»

I^a Russie 9 depuis, la défaite de ses armées en Suisse et en Hollande, avait^ à la vérité^ cessé les hostilités; cependant, malgré quelques rapprochements d'une nature conciliatrice > la paix n'était pas formellement conclue^ Ce ne fut qu'après la mort ée scm fantasque autocrate que s'obtint ce résultat. Le Comte de Markow envoyé à Paris par l'Ëaspereur Alexandre conclut^ au nom de son maître, la paix avec l' Es p a g n e^ ainsi qu'avec la F r a n ce (4 et 6 Octobre)^ en rétablissant les relations réciproques telles quelles existaient avant h guerre. Suivant des a«rtie)es secrets la France s'engagea à n'arranger lésait laîraa d'Allemagne et d'Italie que par iia concert intime avec la Russie. La France reconaut aussi l'indépendance de la République dea Sept- Iles (ionâeniiies) créée par le Sultan et le CMWy l6rsque les flottes combinées de ces denx puissances eurent conquis ces ilts anciennement vénitietines et alors françaises ; création politique aussi bixarre àê la part de deux nèona rques ^i faisaient la guerre à la grande République , que le fut de la part de la

Réfmblique irançaise rérectioti de la To«cane en «Royaume d'£trurie.«

Le premier Consul conclut également la paix avec la Po r t e (g Octobre 1801). I/ancienne alliance n'a* yai^ été interrompue que par Tinvasion de l'Egypte, l'évacuation de ce pays facilita le rétablissement des anciennes relations d'amitié. La paix se fit aussi avec les puissances barbaresques, nommément avec Alger ( 1 7 Décambre 1 80 1 ).

Guerre enins la France et V Angleterre. Kelations extérieures

et €»ffaires intérieures de ï Angleterre. Seconde neutralité

armée du Nord, Paix ^Amiens.

Il était plus difficile de s'entendre avecl'Angiererra. Le caractère opiniâtre de Pitt se roidissait contre la nécessité* Cependant le soin de sa propre conaerviH tioQ l'emporta enfin sur son obstination. 11 sortît donc du ministère qu'il avait long^temps administré (d'une manière à la fois digne de grands éloges et de gramk reprocbes)^ et fut remplacé par Addington (16 Mars 1801). Incontinent après ce changement Lord Hawkesbury nouveau secrétaire d'Etat pour les affaires étrtingères informa le gouvernement fran^ ça» des dispositions pacifiques du Roi d'Angleterre.

Les deux grands coups que l'Angleterre avait ré-

cemment portés à la Ft*ance son ennemie furent la reprise de Ma Ite et celle de TEgy pte. Après avoir résisté à toutes les attaques pendant un bloeus de deux ans le vaillant Yaubois fut contraint, par la famine, de rendre aux Anglais le fort de La||a* lette (5 Septembre 1800). Kleber, en Egypte, t:hargé du commandement de l'armée française après le départ de Bonaparte, continua la guerre avec gloire malgré tous les embarras qui l'environnaient; mait» il tomba sous le poignard d'un assassin. Ménou lui succéda dans le commandement par droit d'ancienneté; mais ce Général ne possédait ni l'estime, ni l'affection de ses soldats. Le désunion se mit dans le camp, le peuple murmura. Les Anglais équippèrent alors une flotte puissante pour détruire la redoutable colonie française d'Egypte. L'Amiral K ei t h commanda les forcer; navales, le Général Abercromb i e les troupes de débarquement, La descente se fit à Aboukir (8 Mars 1 801). Les Français y furent baHus, et essuyèrent à Ramanieh (21 Mars et 9 Avril) des défaites encore plus complètes, A b e rcrombie tué dans la première de ces actions fut remplacé dans le commandement par Hutchinson. M en ou capitula enfin à Alexa ndrie (3o Août). Les débris de la vaillante armée furent transportés libres eu France sur des vaisseaux anglais. Telle fut l'issue de Texpédition d'Egypte commencée sous de si brillants auspice«i^

Dans l'intérieur de l'Angleterre contiiiuait de i*égDer une fermentation violente dont les symptômes devenaient plus alarmants de jour en jour. Il est vrai que Tinsurrection des Irlandais, laquelle av^ pendant nombre d'années exercé ses ravages et occasionné des scènes sanglantes de toute espèce, avait été, en majeure partie étouflée par les mesures sages et conciliatrices de Lord Cornwallis (ao Juin 1798; qui avait succédé au barbare Lord Cambden dans la dignité de Yiceroi. La réunion de l'Irlande avec la Grande-Bretagne, réunion ef* fectuée par la persévérante et victorieuse lutte de Pitt contre des obstacles multipliés (3o Juin 1800), devint une garantie précieuse de la tranquillité pour l'avenir. I^ i ' Janvier 1801 le Roi ouvrit en personne la session du Parlement réuni de Grande-Bretagne et d'Irlande. Cent députés des villes et des comtés d'Irlande prirent séance dans la chambre des communes ; et trente deux pairs irlandais, dont quatre, ecclésiastiques et vingt-huit séculiers hirent admis dans laCbambre-Haute. L'Irlande devait contribuer aux charges du Royaume dans la proportion de deux dix-septièmes. Toutes ces concessions ne firent cependant pas cesser entièrement les plaintes de l'Irlande. I^s plus criantes, c'estrà-dire, celles des Catholiques retentissaient encore. Ce fut enfin que malgré tout l'çmpire de son influence Pitt sollicita l'émancipation des Catholiques," liC Roi

la refusa cotnnie coDti*aire au serment qu'il avait prêté à son couronnement. Ainsi continua de couver l'étincelle que le moindre souffle peut convertir en incendie.

L'Angleterre aussi recelait en son sein di|[|rs germes de discorde. Les dépenses excessives causées par la guerre contre la trop puissante France^ jointes au paiement des subsides fournis à. la plupart des Etats de l'Europe nécessitaient continuellement la création de nouveaux impôts et accroissaient d'une manière effrayante la masse de la dette nationale. Dans l'espace des six premières années cette dette s'était déjà accrue de près de deux cents millions de livres sterling; mais à l'époque du traité de Lunévil le la totalité de la dette liquidée s'élevait à dnq cents millions ! dont les intérêts seuls excédaient les forces des contribuables. Une contribution que Pitt imagina d'imposer sur les revenus fut d'une iaîbie ressource. A ces embarras se joignait encore l'iaMv ruption ou la cessation de mainte branche dHndustrie, produite par les cl^nces de la guerre ou par le changement de politique de quelque puissance éum* gère. Les impots pour l'entretien des pauvj'es s^evèrent à unie somme efifrayante^ et cependant l'on ne put suffire aux besoins des indigents* La cormptkMi du Parlement et du Gouvernement résultat dn vice de la représentation nationale était manifeste aux yeux de la Nation ; et les esprits édakés aki^ qM

les gens de bien s'entendirent de jour en jour mieux sur la nécessité de demander une réforme parlementaire, contre laquelle s'élevèrent avec fureur 1 egoïsme, Tesprît de caste, la stupidité et l'insatiable soU du pouvoir arbitraire. Il fallut donc comprimer par la rigueur et la violence le mécontentement d'un peuple quou ne voulait pas élever en écoutant ses justes réclamations ; mais par-là même on ne fit qu'aigrir les esprits et enhardir les mécontents.

Pùur compensation de tant de maux l'Angleterre n'avait que ses victoires navales et sa grandeur corn* merciale qui s'accroissait par ces triomphes. Mais même la domination qu'elle affectait sur let» mers fut enfin menacée par la résistance des puissances neutres qu'elle avait provoquée, par l'abus qu'elle faisait arrogamment de sa prépondérance. Le D a nemarc et la Suède se plaignirent hautement de plusieurs insidtes graves faites a leur pavillon , et se récrièrent surtout contre le droit que l'Angleterre s'arrogeait de visiter les bâtiments de commerce marchant sous escorte, et contre plusieurs autres actes paartictïliétis de violence.

L'Empereur de Russie, Paul I proposa alors tut PttiMaucêB du nord , une dbuveUe neutralité armée à l'inutar de celle de 1780. LaSuède et la Prusse s'y engagèrent de plein gré; leDanemarc cependant, plus exposé par sa situation topographique

aux effets du ressentiment de TAngleterre ne s*y.dé-> termina qu'avec répugnance (Décembre 1800).

Le trident britannique irrité s'éleva contre ces démonstrations inquiétantes. Une flotte de cinquante^quatre voiles sous les ordres des Amiraux ^ rker et Nelson franchit le Sund, malgré le feu violent de la forteresse de Krouenbourg et se présenta devant la rade de Copenhague (ag Mars 1801). IjCS Danois se battirent intrépidement sur leur ligne de défense contre une flotte bien plus nombreuse, aguerrie et commandée par les Amiraux les plus renommés (2 Avril) ^ et leur résistance héroïque fit payer cher aux Anglais une victoire qui ne répondit pas à leur attente. Ce fut Nelson lui-même qui, dès le lendemain de la bataille proposa un armistice, auquel le Danemarc, après quelques négociations , consentit ; à la condition que la neutralité Sfftnée serait suspendue pendant la durée de la trêve.

La flotte anglaise alors entra dans la Baltique pour attaquer la flotte combinée des Suédois et des Russes. Mais dans la nuit du a3 au a4 Mars 1801 l'Empereur Paul périt victime delà haine qu'avait excitée son despotisme. Alexandre son fils qui lui succéda se montra disposé à la paix (ao Avril). Elle ne tarda pas k être conclue; ia B ussie, par une convention mémorable, mais funeste aux droits maritimes des Puissances neutres (17 Juin 1801), reconnut — à de légères modifications près — les principes oppres-

seurs du gouvernement britannique, contre lesquels la neutralité avait été formée. Le différend relatif à File de Malte s'accommoda aussi, l'Empereur Alexandre ayant renoncé à ses droits sur la Grande*Mai« trise de Tordre et par conséquent à la possession de nie. Le Nord se trouva dès lors entièrement pacifié.

Finalement la paix se fit aussi avec la France. Les articles préliminaires furent signés à Londres le premier Octobre 1800. Peu de temps après se réunit à Amiens le congres dont les membres signèrent la paix définitive entre FAngleterre d'une part, et de l'autre la France, l'Espagne et la Hollande (27 Mars 1802).

Par ce traité l'Angleterre rendit toutes les conquêtes qu'elle avait faites, à l'exception des îles de C eylan et de la Trinité que la République bâta ve et l'Espagne lui cédèrent. Le Gap de Bon ne- Espérance devait être ouvert également à tous les bâtiments des puissances contractantes, lesquels ne paieraient d'autres droits que ceux que les bâtiments bataves payaient eux-mêmes. L' Egy p t e devait être rendue à la Porte dont le territoire serait maintenu dans son intégrité. Il fut en outre stipulé que les Chevaliers de l' Ordre deSt. Jean seraient remis en possession de l'île de Malte; et finalement que la Maison d'Orange recevrait une indemnité qui

cepemiant ne serait point k lu charge de }a Répub^ lique batave.

Délibérations de la fiéputation de VEmpife. Héforme de la Constitution du Corps germanique.

De tous ces traités de paix le plus difficile à exécuter fut celui qui avait été conclu avec TÂlletnagne. L'affaire des compensations pour les Princes qui se trouvaient dépossédés de la partie de leur territoire sur la rive gauche du Rhin et qui devaient être indemnisés aux dépens du bénin Empire d'Allemagne était déjà par sa nature une source intarissable de querelles* Il semblait qu'<^n dut savoir gré à trois grandes puissance») laFrance, la Russie et la Prusse d'avoir provisoirement réglé entre elles le plan des indemnités ei: de l'avoir simplement soumis (i8 Août i8oa) ~ de la part des deux première» — à l'acceptation de la députation de l'Empire expressément nommée à cet etiet (% Octobre 1801). Cette députation n'ouvrit cependant ses séances que le a4 Août 1803. Mais les gmndes Puissances n'étaient nullement disposées en faveur de l'Allemagne et laur impérieuse volonté mit le comble à l'abaissement de ce malheureux empire* Du moment que la régula^ riaation <ies indemnités se traita à Pa r is^ l'ou y vit

accourir les envoyés d*un grand nombre de Princes allemands, circonvenir avec empressement , obséder même le premier Consul et son ministre Ta lleyr a n d, mendier, marchander des portions de territoirei débattre leurs intérêts particuliers, pas un seul pour le bien commun de la patrie, mais tous n'ayant en vue que Taccroissement de la grandeur de leurs maîtres res)Wcti& et sacrifiant à Tenvi l'un de l'autre l'intérêt général. Dans l'énumération des droits ou des services rendus il ne fut naturellement, question que des princes ou de leurs maisons, et nullement des peuples. Le parti même de l'opposition qui, en Allemagne, parmi les membres de la députation d e r £m pire, s'éleva hautement contre le projetd'indemnités conçu par lesmédiateurs^n'avaitnuUementen vue de ménager l'intérêt des peuples, mais uniquement d'ai&iblir l'Autriche et surtout le Grand-Duc deXôscane à qui n'avait point été assignée l'entière compensation promise par le traité de Luneville. Loisque enfin ce dernier point iut arrangé, moyennant quelques concessions faites par la partie adverse; parurent, l'une après l'autre, deux délibérations majeures de la députation de l'Empire qui adoptèrent le plan d'indemnité gallo-russe p et dont la (jernière fut sanctionnée par l'Empereur et le Corpa germanique (a3 Novembre iBoa, a5 Février i8o3); a{»:ès quoi la députation de l'Empire lut déclarée dissoute (;i4 Mars et ig Mai i8o3).

Sous le ra{>port de T o b j e i ,p r i n c i p a 1 les délibérations et les décrets de la députation de l'Eaipire n'étaient qa'iine vaine formalité. Tout se décida à Paris. La France et la Russie faisaient seulement connaître à la députation ce qu'elle avait à accepter. Non seulement tous les chapitres ecclésiastiques immédiats de l'Empire , et encore les chapitres et couvents médiats situés soit *dans les anciens pays, soit dans les pays d'indemnités, mais aussi la plupart des villes impériales avec leur banlieue furent traités, d'après le droit réel, comme objet de compensation, et comme tel assignés %n partage aux solliciteurs d'indemnités, soit allemands, soit étrangers. C'est ainsi que quarante-dei>x villes impériales furent réduites s^ous la domination de divers princes. Il n'y en eut que six (Hambourg, Lubeck,Brême, Augsbour^g, Nuremberg et Francfort) qui conservèrent leur indépendance; encore ne fut-ce que par une décision arbitraire et la volonté despotique des grandes puissances. Ces villes furent même en quelque sorte isolées du corps de l'Empire par la neutralité qui leur fiit accordée, dans les guerres, que l'Empire pourrait avoir à l'avenir. Telle fut Indifférence avec laquelle on traita les intérêts les ^lus précieux de la Nation; on ne respecta, ne mena* gea , ne soutint que ceux des princes par droit d'hérédité.

La nouvelle forme que rAIlemagne reçut de l'affaire des indemnités et des décrets de la députation de l'Empire, ne pouvait, dans de telles conjonctures qu'être étrange et pitoyable* La cession de la Bel* gfigue, et de la rive gauche du Rhin, l'extinction de deu!^ électorals (Cologne et Trêves), la sécularisation des principautés ecclésiastiques' et l'asservissement des vilWl impériales avaient disjoint toute la char-* pente et ébranlé les fondements de ce caduc édiâce politique auquel lut substituée une construction d'une architecture bizarre. L'Electeur de Mayence qui, au lieu de ses anciens états, devait alors posséder Ratisb'bnne, Aschaffenbourg et Wetzlar, eo conservant sa dignité d'Archichancelier , et le Grand -Maître de l'Ordre teutonique(prince de la maison d'Autriche) étaient les seuls membres ecclé^asliques de l'Empire. Par contre on créa quatre neu veaux .électorats, Salzbourg, Wurtemberg, Hesse-Cassel et Bade, et malgré la di« iniiyti(i>n du territoire ^ le nombre des voix dans le coUèg^ des Princes de l'^lmpire ft;t porté de 99 à i3i. De là i résulta un nouveau renversement dans les anciennes relations, les Protestants, ayant a 7 votes de lî^s à émettre que les Catholiques qui firent éclUer leurs plaintes contre cette disproportion. Parmi les Princes à indemniser ce fut la Prusse qui eut le plus à se louer de la répartition. La Bavière, le Wurtemberg, le Margrave de Ëade

et le Landgrave de Hesse*Darmstadt obtinrent infiniment plas qu'ils n'avaient perdu. Le Grand- Duc de Toscane au contraire qu'on voulut, contre toute équité, indemniser en Allemagne, eut parVé.lectorat de Salzbourg, une compensation qui équiv^alait à peine à la moitié de ce qu'on lui avait ravi. .11 en fut de même duDuc de Modène à qi*i !'on assigna lé Brisgau, dont on avait retranché le Frîckthal, cédé par la France à la S u i s s e. La œaist:>n d' O r a nge dontles pertes en Hollande devaient élre entiè* rementét rangèrés à l'Empire d'Allemagne, fut dédommagée par le pays de F u 1 d e auquel on joignit tjuelques domaines épars tant séculiers qu'ecclésiastiques. Quelques autres dédommagements de moindi^e importance furent assignés en rentes annuelles sur les produits de l'octroi de la navigation rhénane qu'on substitua aux nombreux droits de péage anciennement perçus sous différentes dénominatioiis ^ ei qu'on exploita à l'avantage commun de la Franct^ et de rAHèmagne. f

Ces institutions et ces nouvelles relations àiuenèrént à leur suite une complications de débats et de querelles qui duraient encore lorsque vint à éclater une notivelle guerre qui porta le dernier coup \ J'exîstence de TEmpire germanique.

^onpfrnctnrnt l»e ^onopartr. tfontutat à me.

Dignité imjyériale héréditaire,

Loeuvre de la pacification étant terminée par les traités dIfcLiinévilleetd'Amiens, Bonaparte put se livrer à l'exécution de ses vastes projéfs qui ne tendaient à rien moins qu'à élever la France au dessus de tous les autres Etats de l'Europe et à s'arroger le pouvoir héréditaire de cet empire. Les moyens dont il se servit pour parvenir à ce résultat, furent sagement conçus, énergiques, et pour là plupart salutaires à la nation dans leurs effets les plus immédiats ; mais il eut souvent aussi recours à des mesures déloyales, iniques, criminelles et dignes , quant à leur but de l'exécration du monde entier. Bonaparte avait à cicatriser les plaies encore saignantes que la révolution avait faites à la France , il reconnut aussi le besoin d'attacher le peuplé au premier Consul par les liens de la gratitude et de là confiance. Il com« mença donc par calmer les divers partis , et par les subjuguer tous en léi^ caressait également sans se livrer à aucune II donna aussi à toutes les branches de l'administration un développement salutaire aux progrès de la politique et de l'économie nationale. 11 fit faif e de grandes routes , creuser des canaux et

des ports, élever des digues, construire des ponts, faciliter les communications au commerce, encourager l'industrie par des honneurs et des récompenses et même rendre tributaire de la France le génie étranger. Ces institutions et de pareils établissements signalent toute la période du gouvernement de Bonaparte et la moitié de l'Europe — quel que soit d'ailleurs le nombre de ses fautes et de ses inimités — n'en est pas moins remplie des monuments de son génie créateur et de la gloire de son règne.

Mais à côté de tant de travaux dignes d'éloges se décelèrent de bonne heure les manoeuvres astucieuses du despotisme, et l'insatiable désir dedominer. Il ne suffisait pas à l'égoïsme de Bonaparte d'être le chef chéri et révéré d'une nation grande et libre , il voulait dominer par la force, commander en maître à tous ; il voulait être tout. 11 ne souffrait aucune concurrence, et croyait ne rien posséder, à moins qu'il ne possédât tout.

Il commença par détruire la liberté de la presse. Mais quiconque interdit la plainte provoque le délit; ce n'est que par le pouvoir de la terreur qu'il peut le prévenir ; aussi Bonaparte recourut-il à ce système. F o u c h é, son ministre de la police leva une armée d'Argus et d'exempts qui, prés^ts partout s'emparèrent du domaine de la pensée même. Cependant plusieurs conspirations (les unes — selon toute apparence — supposées, d'autres per-

fidement suscitées par le Gouvernement même) fournirent des victimes auxéchafauds et devinrent le prétexte de mesures générales de sévérité*

Dans le même temps le premier Consul établit dans toute l'étendue de la France des tribunaux spéciaux composés de juges pour la plupart militaires tous à la nomination du Consul; véritables tribunaux révolutionnaires, organes des volontés de l'autocrate.

Quelques Sénateurs et un plus grand nombre de Tribuns éclairés et amis de la justice eurent, à la vérité, le courage d'élever la voix contre de tels coups d'autorité ; mais ce fut en vain : le Gouvernement au contraire trouva dans cette opposition un motif pour exercer des actes de violence contre la représentation nationale même. Les délibérations relatives au nouveau code civil en fournirent d'abord l'occasion. Bonaparte avait fait présenter un projet de ce code au corps législatif. Quelques membres, zélés partisans de la Liberté, se prononcèrent hautement contre plusieurs articles de ce code, qui portaient atteinte à la Liberté et sacrifiaient Tordre naturel des familles aux intérêts du pouvoir absolu dans l'Etat. Le premier Consul irrité retira le projet (5 Janvier iSoa); mais bientôt après, vingt Tribuns et soixante législateurs furent, en vertu d'un Sénatus-consulte organique, éliminés des deux corps législatifs dont, par cette sévérités, on s'as-

mrsk l{i soupi^ijon. Aus^i.le code çivil^ (ippelé.plas taxa pojde ]S[appIéon fal-il ficcepté à, la^^^eçonde présentation^ et promulgué (24 Mars 1804).. .

Non seul^mept le code civij^ mais eiiçorçi U r^ligipn çt l'église servirent d'ii:^truments au despo* tisine. Dfins les affaire3 ecclésiastiques. Bpqapçirle uçKapiina que ce qWil pouvait r— sans préjudicier a ces. propres intérêts — concédpr ^u Pape, et^ce qu'il devait, pour le succès de ses projets ambitieux ^ se /aire accorder par ce chef de l'Eglise. C'est dansret esprit que se négocia un concordat,^ par lequel Ip Cousul et le Pape s'accordèrent l'nn à l'autre, ç^ dont ils ne pouvaient nullement disposer; ce dernier sacrifia les droits de l'Eglise qu'il avait à défendre et reçut en échange le sacrifice de la Liberté française. U^ Concile national convoqué à Paris (29 Juin 1 80 1) fut dissous par B o n a p a r t e f i 6 Août), par condescendance pour le Pape qui redoutait cette réu* nipn. 11 fut ensuite ordonné à tous jes évêques de renoncer à leurs sièges, les Archevêques et les évêques (le nombre des premiers fut fixé à dix et celui des évêques à cinquante) devaient a lavenir être noRitnés par le premier Consul, et leur intronisation devait être ordonnée par Iç Pape. Les cure5 é4:^ient à 1^ nomination des éyéques, sauf la r^itificatio^ du, goU|Vernement. Nul règlement ecclésiastiqqe ne poi^vait être publié, les ordres de l'Eglise ne pouvaient être conférés à personne > aucune fête religieuse ne

pouvait être célâ>rée saos la p^rmissiou <lu goiivernemept; il fut mêipe créé un ministère particulier pour la direction des affaires ecclésiastiques» heik fonctionnaires publics eurent aussi l'ordre de cbô^ mer les dimanches. Dans toute la France il ne devait y avoir qu une seule Liturgie et un seul car théchisnie« Le gouvernement se chargea d'ailleurs de fournir à l'entretien du clergé» obligation dont î\ ne s'acquitta qu'avec une excessive parcimonie.

Ce Concordat avait déjà été conclu à Paris le* i5 Juin i8or et ratifié par le Pape le lo Septembre suivant; il ne fut cependant présenté que les 5 et ,7 Avril 1802 aux corps législatif déjà circonvenu et fut par conséquent adopté sans opposition.

Le premier Consul marchait à p^s de géant vers son but. Déjà il se sentait assez fort pour oser attaquel! le principe fondamental de la révolution, l'Egal ité, ce palladium des Français révolutionnaires, en proposant au cprps législatif le projet de loi por^ tant création d'une Légion-d'honneur, c'est-àdire, d'une nouvellenoblesse. Cette distinction ne devait, à la vérité, être accordée qu'au mérite et nullement être héréditaire; mais par là. raéme elle dégénérait en noblesse de s^ervitude, dépourvue de consistance intrinsèque et de dignité) une faveur de SuUan. jetée comme récompense à l'obéissance aveugle du soldat.

Malgré Topposkion qui se manifesta dans la dis* Ciission du projet, le décret passa néanmoins, quoique ai une majorité peu considérable (i 8 et 19 Mars i8oa). L'opinion publique se prononça hautement contre cette institution; mais Bonaparte se sentait assez puissant pour la brâvçr. Il avait déjà substitué à la simplicité qui convient au chef d'une république, un feste royal et le cérémonial de la vieille cour* Le trône s'élevait à vue d'oeil sur le tombeau de la république.

Ce fut vers ce même temps que Bonaparte fut proclamé consul à vie. Immédiatement après le traité d'Amiens le Tribun Chabot proposa »de donner au premier consul un gage éclatant de la reconnaissance nationale.» La question sur laquelle la nation — d'après le voeu adroitement modeste de Bonaparte — eut à décider, fut celle du consulat à vie; et des registres furent ouverts dans toute l'étendue de la France pour recueillir les votes de la nation. L'obséquieux empressement des Préfets et des autres fonctionnaires, ainsi que la servilité de la multitude assurèrent le succès; il eût été trop dangereux de se prononcer négativement. Carnot fut le seul membre du Tribunat qui osa dire î non. lie Sénat put donc faire connaître en moins de trois mois que, sur 3,577>379 votes (exprimés ou tacites) 11 000 à peine avaient été contraires; en conséquence de ce résultat un Sénatus-

coosuhe déclare sque le peuple français nomme Bo« naparte «premier Consul à vie, et que le Sénat portera au premier Consul Texpression de la confiance, de Famour et de Tadmiration du peuple fran* çais.tt (ji Août). Deux jours après (4 Août) parut un Sénatus-eonsulte prétendu organique, bien plus attentatoire encore à la constitution, lequel, sur la proposition du Conseil d'Etat, sans aucune communication préalable avec les corps législatifs, et de Is^ pleine autorité qu'avait usurpée le Sénat, chan« gea la forme du gouvernement consulaire, et imposa au peuple français opprimé une nouvelle constitution rédigée sommairement et sans aucune des formalités requises pour les plus simples loiSi Cette constitution confiait toute l'autorité au premier Consul, et toute la responsabilité an Sénat Ce sénat instrument servile des volontés du premier Consul pouvait modifier la constitution, dissoudre le corps législatif et le tribunat, mettre les départements bors de la constitution, casser les sentences des tribunaux et suspendre les fonctions du jury ! Les électeurs furent à vie ; le Tribunat — dont le nom seul est Teffroy des tyrans — fut réduit à cinquante membres, et le Conseil d'Etat fut renforcé. £t c'est une pareille constitution, convenable tout au plus au peuple chinois et non à une nation civilisée de l'Europe, qui fut acceptée, même sans opposition,

par des Frs^nç^is y p^r«les. destructeurs de la Bastille ou. par leurs descep^ants !

De là à l'érection d'un trpxie impérial héréditaire il n'y avait plus qu'un pas. Bonaparte dont l'âme devait n'éprouver pour les hommes d'aur tre sentiment que le mépris ^ le franchit avec audace et bonheur. IL connaissait à fond le naturel des Français inconstants 9 fougueux ^ bouillants, se lais-* sant éblouir par des mots, par de vaines apparences, incapables d'idées profondes, présomptueux et se pas^ ^ionnant pour toute création nouvelle. Il sut, en outre, de même que jadi$ Auguste, mais avec un succès plus complet encore, tirer parti de la disf)osition paj^fiVe des esprits fatigués des orages révolutionnaires. Les souvenirs, du règne de la terreur faisaient encore trembler jyour et nuit. Le plus grand nombre des mpparchistes désiraient un trône, peu leur im* portait qui l'occupât. Dans cet état de ehoses les ^^rypb^es de la République se prosternèrent aussi 4evant l'idole du jour, et même les mieux intentionnés d^ésespérant du succès de l'opposition, allièrent caçh,er leur honte à l'ombre des lauriers de la gloire militaire qui flattant lorgueil de la nation, la consolait de la perte de sa liberté. Il n'y eut qu'u n se u 1 homme qui osa manifester une opinion contraire; ce f^t le tribun Ç^rnot qui, doué d'iinç^amc yijaiment romaine; bravant les regards courroucés da tyran, défendit avec une mâle éloquence la Liberté,

Tidole de soq cofiiiiv et fut le seul C(iatt>{^on de Tboruieur ei de la cau&e xiation^I^ . . \

Ce fut vers ce même temps q^ie ïè Duc d*Enghieri petit-fils du Prince de Condé fut enlevé 'de vive forcé àEttenheim (Margraviat de Bade) pdr un détachement de troupes françaises qui avaient' traversé Tè Rhin à la faveur de Ja nuit. 11 fut emmené à Vincennes et fusillé dans les fossés du château (9-0 Mars). La sentence de mort avait été prononcéip', après un court interrogatoire, par une commission militaire spécialement nommée à cet effet."

Bonaparte s'efforça, de palier ce forfaijt ai^ yeux de l'Europe en prétextaiit un ;çoçiï|>^o|; contre ses jours, tramé par l'Angleterre de connivence avec le Duc, Il existait en effet des conspirations. George Cadoiidal et Pic h eg ru chefs des conjurés, venus en France sur des vaisseaux anglais furent arrêtés à Paris par la police inforniéede toutes leun^-démarches (16 Janvier). On s'assura aussi de la personne de Mo rea,U soupçonné d'avoir des iatdligÇLU^iesfivec Içs con^iiréa^ Un voile-sinistre couvr^ toute la prp-» cédurp, Pichegru fut étranglé eui prispn; Qcn orge qui convint fraivchemeiU de ses çoup^b^es des* seins fut exécuté avec dix- neuf c^e ses complices.. Quant il M o r e a u, il fut condapiné à une d^Heptiai> àe deu;K aQS,.qiii plus tard, fu^; cQmm.uc en i^n brunis»-, sèment dkns l'An^^tyque du nojrd (10 Juin).

Ce complot ofiBciellement commumqué au Sénat fournit à ce corps le prétexte d'exprimer dans une adresse le désir qu'éprouve la nation de conférer à Bonaparte la dignité impériale héréditaire. Le Tribunat — à l'exception de Carnot seul — avait déjà manifesté le même voeu , faisant valoir , d'une part, la nécessité d'une monarchie pour un état aussi vaste que la France, et de l'autre, la dégénération de l'ancienne dynastie qui fut déclarée déchue à jamais du trône.

Bientôt après, sous la présidence de G a m b a c érès, la dignité impériale héréditaire fut solennellement proclamée »par un Sénatus-consulte organique» (i8 Mai i8o4, 28 Floréal an XII).

Nouveaux sujets de discordes, NouveUe rupture avec VÀngleterre,

Lorsque Bonaparte s'assit sur le trône impérial la guerre venait d'éclater de nouveau avec l'A ngl eterre et la troisième coalition allait se former. L'une et l'autre avaient de justes griefs. La politique extérieure de la France n'avait été , pendant tout ce temps, qu'une série d'attentats aux droits des autres puissances ou à leur sûreté. L'indépendance des républiques fondées par la France avait été ga-

rantie en paix ; mais toutes se ressentaient du joug oppresseur de la République-mère. LaCisalpine n'avait pas encore de constitution solidement assise. Bonaparte lui en imposa une nouvelle. Une consulte de Cisalpins convoquée à Lyon le nonuna pour dix ans Président de la République italienne qui perdit son nom de cisalpine (26 Janvier iSoa). Un vice-président, une consulte d'Etat, un comité de législation , un ministre et un corps légis* latif (pris parmi, les candidats à proposer par les trois collèges électoraux de propriétaires, de savants, et de commerçants) devaient diriger, sous lui ou con* jointement avec lui, les diverses branches de l'administration* De cette manière le chef du gouvernement français était devenu le maître de la Cisalpine.

LaLigurie changea aussi plusieurs fois de constitution (1801 et iSosij; et la République deLuques reçut de Paris une loi constitutionnelle (3r Décembre 1801).

Le P i é m o n t et même le duché de Pa r m e furent bientôt après incorporés à la France. Cette dernière incorporation se fit en vertu d'un traité secret qui cédait à la France les états de Parme, ainsi que la L o u isiane en Amérique, à condition que llnfant, prince héréditaire de Parme deviendrait Roi d'Etrurie (20 Mars 1801).

LaSuisse se ressentit aussi de l'influence prépon-

déranté de Bo n a p art e. De nouveaux sacrifices pécuniaires furent exigés, et les Iroupes françaises occupèrent le Valais, contrée importante à cause deses défilés du côté de Tltalie, et en firent d*abord une république parliculièré, qui ne tarda pas à devenir une appartenance de la grande République- On tenta vainement de concilier Tancien et le nouvel ordre de choses, par divers changements apportés iv la constitution dé l'Helvétié. On cta vint finalement à un projet de constitutian établi sur le principe de l'unité (ao Mars i8bî«) qui fat, à la vérité, agréé par l'assemblée dès députés des caiitons réunie à Berne, mais qui trouva une vive opposition parmi le peuple, surtout dan^ les petits cantons et presque dans tous les anciens. L'insurrection édata. Ce furent les W a I dstettes *) qui formèrent les premières une ligue pour ramener l'état des choses au régime de 1798. Aîoyse Reding avoy er de Schwitz fut le chef de Cette insurrection qui se propagea rapidétiient dans les cantons voisins et même dans celui de fier ne. Béjà les insurgés s*étaîent rendus maîtres de Fribou rg dans l'Uechtland, et le gouvernement helvétique de Lausanne se voyait à la veille de sa dissolù-

, *) Dbiis de vieiitclictiottnaireft géogrtiphiqiies oti trouve' te mbt vier W«ldstâtte iraduit par «qnatre vi41ea foreatièresw on quatre cantons»; nuis comme il serait impossible de rendre clairement, aa moyeu de cette dénomination, le sens du texte, le tradabtetir â cHt'de* voir préférer le mot «Wald^tettes» qa'on trouve dans le nouveau dio* tionnatrc géographique universel récemment publié à Paris.

tion, lorsque tout-à-coup le Général Rapp envoyé par Bonaparte arrive à 6 e r n e, propose la »m é d i ation de son maîtres médiation dont il fait valoir Fimportance et Tefficacité du ton de supériorité que s'arroge la grande nation (4 et 5 Octobre 1 8oa). L'acte de médiation imposé, après de longues délibérations, aux députés suisses à Paris (igFévrier i8o3) fut donc accueilli sans doute comme l'expression de la volonté du puissant protecteur (lo Mars); cependant le pacte fédératif , quant aux affaires intérieures de la Suisse, ne contenait rien d'injuste. La République helvétique une et indivisible redevint, d'après le voeu de ia majorité du peuple unétatfédératit de 19 cantons indépendants chacun en ce qui concernait leur administration intérieure. Six de ces cantons (F r i* bourg, Berne, Soleure, Bâle, Zuric et Lucerne) devaient alternativement être le chef-lieu de tout l'état et le siège de la diète annuelje; et l'avoyer de ce chef lieu devait , pendant la durée de la session de la diète, être en même temps le Lândamman de la Suisse. Les privilèges des cantons, des classes de citoyens et des familles restaient abolis. Cependant les constitutions particulières des divers cantons reçurent les modifications qu'exigeaient les circonstances. On fit même quelques conceSf sions à raristocratie, surtout à celle des riches.

Non seulement Fadoption du principe révolutionnaire pour base de là constitution des Suisses, mais

encore le nom de Médiateur de la confédération helvétique furent pour Bonaparte des titres k là domination, La Suisse était tombée par là sous la suzeraineté de la France*

Cette suzeraineté fut encore plus manifeste à l'égard de la République bataye. Celle-ci fut contrainte de prendre à la solde une armée Irançaise, qui occupait son territoire , et nul acte de son gouvernement n'avait de validité saps la sanction de Bona* parte.

Tant de violations des traités de paix amenèrent une nouvelle rupture avec T A n g l e te r r e. Les armements se firent , et la restitution de lyi a 1 1 e aux Aevaliers de St. Jean, promise par le traité d'Amiens n'avait pas été effectuée. La France réclama cathégorique^ment cette restitution ^ et tous les accommodements proposées par l'Angleterre à cet égard, ayant échoué , la guerre se ralluma. Avant Touvei'âïre des hostilité^ JBonaparte au mépris du droit des gens fit arrêter tous les A n g 1 a i s qui se trouvaient en France séjournant ou voyageant sur la foi des lois de l'hospitalité. Telle fut la marche ré» trograde de la civilisation.

Le premier fait d'armes de cette nouvelle guerre fut l'invasion de Hanovre; c'est-à-dire une violation du territoire neutre de l'Empire germanique et une attaque contre un peuple étranger à la déclaration de guerre des Anglais. Le Maréchal

ad9

Mortier à la tête d'une armée rassemblée en Hdl« lanile, traverse le comté de Bentbeim et Tévéché d'Ostiabruck et entre l'improviste dans réieetorat de Hanovre (26 — 3o Mai) dont la régence se ct*oit trop faible pour opposer aucune résistance. Une convention se conclut à Sûblingen (3 Juin) et Tarmée hanovrienne forte de 1 5ooo hommes se retire dans le duché de La uen bourg, au delà de l'Elbe, en s'engeant à ne pas porter les armes contre la France, avant d'avoir été comprise dans l'échange des prison* sonniers de guerre. Par une seconde conventioii (5 Juillet) l'armée hannovrienne se dissout entièrcr ment et les Français envahissent le pays de La u enbourg. Le port de Cuxhavep et la petite vilfe de Ritzebûttel (quoique faisant partie du terHtoire neutre de Hambourg) se trouvaient alors déjà occupés par Ijes jFrançais afin de fermer Tentrée du port aux vaisseaux marchands anglais. Ce fut égale* ment là que l' A 1 1 e m a g n e apprit à connaître à ses dépens l'effet de la domination des «puissances européenne sa sur des parties de son territoire.

Les Républiques Bat ave, Cisalpine etLigurienne malgré le désir qu'elles avaient de la paix furent forcées de prendre part à cette guerre. L' Etrurie, ïlome et N a p 1 e s furent mis à contribution sous de frivoles prétextes. Il fallut que le Roi de Naples consentit à laisser occuper par les Français une partie de ses états et de ses ports. Quant:

à la Suisse, que les Français évacuèrent^ Bonaparte conclut avec elle une convention militaire pour l'entretien d'un corps de seize mille Suisses (et davantage en cas de nécessité) à la solde de la France (â7 Septembre i8o3).

agi GOUVERNEMENT IMPÉRIAL.

iDepute la font^atton t^e l'€mptr^.françat6 jusqu'à VinanVxt >e MIobcou.

Constitution de V Empire français. Napoléon couronné par le Pape. Napoléon Hoi d'Italie.

Si l'Europe coalisée avait succombé sous les coups de la République française à peine née, déchirée par des guerres intestines et affaiblie par les convulsions révolutionnaires, à combien plus forte raison n'avait-elle pas à redouter l'audacieux et intrépide Imperator qui armé de toute la force de son génie et du pouvoir le plus absolu régnait sur un empire militaire affermi et admirablement organisé ? Il n'existait d'ailleurs aucun motif aj^arent pour engager une lutte aussi sérieuse; Napoléon n'avait-il pas mis un terme à cette révolution si redoutée? n'avait-il pas détruit la L i be r t é par le pouvoir absolu, et l' E ga^ g a 1 it é pài* la création d'une nouvelle noblesse ? Il

avait donc établi un rapport communauté d'intérêts entre la coalition des rois, et la France revenue au principe monarchique.

Une difficulté cependant mettait encore obstacle à l'entier rétablissement de la concorde; c'était la question de la 1 é g i t i m i t é. Le trône de Bonaparte, quoique entouré d'une force immense de pouvoir, était un monument de la révolution, érigé sur la volonté (du moins apparente) de la Nation et non sur le droit d'héridité ou sur le droit historique; et la Légion d'honn eur n'était pas une noblesse héréditaire. A ces considérations se joignaient encore le souvenir amer des pertes essu* yéesj et le ressentiment, contre l'homme puissant qui avait porté à la coalition les coups les plus accablants et les plus décisifs. Ces motifs d'une part, et de l'autre. la témérité soldatesque de Napoléon qui, pour réaliser tous ses projets ambitieux , ne re* culait devant aucun obstacle, était une source de guerre sans cesse renaissante.

Cette lutte -— quelque immense qu'ait été le d^ ploiement des forces réciproques, quelque prodigieux qu'en aient été les résultats — n'offre cependant pas le même intérêt que les guerres de la République. Ce ne fut plus pour les idées qu'on se battit; ce ne fut plus un combat entre le droit naturel et le droit historique, entre la liberté et le despotisme; Cène fut qu'un combat entre les puissants de la terre

qui se disputaient la d o m i n a t i o n , et le résultat devait être le triomphe de l'un ou de plu si eu rs, mais non celui de la Liber té. Plus tard seulement, depuis r^évation de l'Autriche en 1809^ et plus encore dépuis Tincendie de Moscou, l'on recomtomç^ à se battre pour les idées* Uaff ran chissetnent du monde, la nationalité, let constitutions libérales parurent devoir être le prix du combat dans teguarres des peuples. Les peuples triomphèrent; mais un destin fatal leur enleva le prix de la victoire.

D'après les constitutions qu'avait données à l'Empire héréditaire «Napoléon, par la grâce de Dieu »et les constitutions de la République Empereur des »Françaisc< le docile Sénat devint encore bien plus qu'il ne l'avait été jusqu'alors le servilê instrument de tous les coups d'Etat qu'on jugea à propos de revêtir de fortnes légales. Il eut surtout le droit d'annuler les opérations des collèges électoraux. Si le Sénat, chargé du maintien de la constitution , déclarait inconstitutionnelle une loi quelqonque , l'Empereur n*en avait pas' moins le droit de la publier. Le corps législatif dont le président et les questeurs étaient à la nomination de l'Empereur dépendait absolument de lui , et la publicité des délibérations fut ravie à ce corps, de même qu'au t r i b n n jn t, à fenception descasoii l'orateur du Gouvernement demanderait expressément que les séances fussent pub-

lique^. La liberté de la presse avait déjà préoédéni'' ment été anéantie. Tout les corps constitués de V&tat devaient être éclipsés par l'éclat du trône de l'Empereur dont la succession était déférée à sa descen*' dance masculine légitime^ et à défaut de celle-ci à ses frères Joseph et Louis; (Lucien et Jérôme étaient alors en disgrâce). La liste civile de l'Empereur fut fixée à vingt-cinq millions de Francs. Les Princes delamaison, des Grands-dignitaires avec des émoluments énormes, sans autres fonctions qu€ le cérémonial de la représentation, des Grands* officiers de l'Empire, des officiers de cour de tout grade, entourés d'une pompe vraiment adatique formaient une barrière entre le Sultan et son peuple*

Le Pape Pie Vil fut appelé à Paris pour sacrer »Oint du seigneurcc le meurtrier du Duc d' E n g h i e n. La cérémonie du sacre et du couronnement se fit dans l'église No tre** Dame avec une pompe et une prodigalisé inouies (a Décembre 1 8o4)' Le rêve de la Liberté se dissippa au bruit des rejouissances de toute espèce dont on eut soin d*étourdir le peuple.

A l'exception de l'Angleterre, de la Russie, de la Suèd e et de la Porte, tous les Souverains de l'Europe, ceux de l'Allemagne surtout, s'empressèrent de reconnaître Napoléon Empereur. L'Empereur François lui-même suivit cet exemple j pres-

sentant néanmoins la dissolution de l'Empire geruftnique, il eut d'abord la prévoyance d'assurer l'éclat de sa propre maison eu prenant le titre d'£ ni pe* reur héréditaire d'Autriche (lo Août i8o4) et en se Élisant sacrer en cette qualité par l'Arche*veqiie de Vienne (7 Décembre).

Napoléon Empereur des Français suivant l'exemple de Charlemagne ambitionna aussi le sceptre de la Lombardie. La consulte de la République italien ne résolut d'adopter, une constitution monarchique et élut le puissant maître de la Fr|nce roi d'Italie. Le a6 Mai ]8o5 Napoléon ceignit à Milan la couronne de fer des Lombards, et nomma Yice^roi d'Italie son beau-fils Eugène, qu'il avait auparavant élevé à la dignité de Prince français.

Napoléon malgré la déclaration solenelle qu'il avait faite, lors de l'ouverture du corps législatif (27 Décembre i8o4) de ne point vouloir accroître le territoire de l'empire, accepta néanmoins y aussitôt après son oonromiement à Mil an, la soumission de la Ré* publique de Gènes qui par suite de négociations secrètes avait demandé son incorporation . au grand empire. Cette r^ublique fut divisé en trois départements (Gènes, Montenotte et les Apennins), et de cette manière le nombre des départements de la France fut de 110. Peu de temps après les états deParme et de Plaisance furent formellement

jÉDiii$ à la France en vertu d'un décret impérial (a i Juillet).

Dans le même temps lé peuple de Lucques ex^ pHma le voeu d'êtrç gouverné par un prince de la maison de Napoléon. Cet eraperein' y consentît ^ fit publier la nouvelle loi fondamentale et installa sur le trône hél'éditaire de cette principauté Félix Paseal Bacciocchi époux de sa seur £lrse {o^'i juin).

LaBatavie elloméme^ les principes républicains éta^t incompiaitibles avec les intéréti^ du nouvel em^ pire^ fut contrainte de se plier aux formes monàr« chiques. Son gouvernement d'alors (Staatsbewind) fut dûsy^ous (Avl*il iSoû) et remplacé par un Grand* pensionnaire élu pour cinq a ns, reéligible après ce terme et revêtu d'un pouvoir pi-esque illimitée Ce theS de l'état était assi&té d'un corps légi»latif de 19 députés (élus sous l'influence du Grand-penaioniiairej qualifiés de nHau tes^puissance&a, d'un conseil d'état et d'un ministère. Ces trois autorités éta^nt le& instrument passifs des volomtés du chef du gpu^ vef nenieot. à hi mm e Ipeti n i n k fut nomméGrand pension nait^è et se chargea^ en soupirant^ des chaînes dorées dé sa brillaiite servitudeà

Troùmne coaUtion coMre la FHmeé, BatfdUe dAunerikz. Paix de Pratbourg.

Tant de violations des traités, cette ardeur perse* vérante d'accroissement hâtèrent la formation d'une troisième coalition. La Suède d'abord^ puis laRuss i e et bientôt ensuite T Autriche conclurent avec l'Angleterre et entre elles une ligue contre la France. La rentrée de Pi tt au ministère (Mai i8o4) en fut le signal et le motif le plus puissant.

Celle des Puissances de l'Europe sur laquelle Pitt comptait le plus, c'était la Russie. Tant qu'elle par** tagea avec Bonaparte la prépondérance dans les relations politiques de l'Europe, elle le ménagea; mais du naoment qu'elle s'aperçut qu'il \oulait doipiner ' seul, elle fit ses préparatifs de guerre. La Russie de même que la S u è d e alléguèrent pour principaux grie& l'assassinat du Duc d'E n g h i e n et le non-accomplis&çmeot des promesses d'indemnité faites au Roi de Sardaigne^r

La Russie contracte à St. Petersbourg (it Avril i8oS) avec TAngleterre une alliance qui ne tend k rien moins qu'à former en Europe une ligue géné«> raie capable d% ramener le rétablissement de toutes les relations politiques, telles qu'elles étaient avant la guerre de la Révolution. L'Angleterre se charge de payer annuellement T,iîe5,ooo livres sterling pour chaque corps de 100,000 hommes que les puissances

Aliées mettront sur pied. On espérait réuuir une armée de cinq cent mille hommes et l'Angleterre avait assez de ressources pour les solder. On comptait principalement sur Fassistance de l'Autriche; on ce flattait en outre d'engager la Prusse à prendre* part à la grande lutte qui devait décider du sorte de toute l'Europe; mais la Prusse resta neutre.

Cette funeste politique de la Prusse suffisait pour faire échouer tout le projet de la coalition. L'Autriche seule était trop à découvert contre un si puissant ennemi; l'armée russe était encore trop éloignée et l' A n g 1 e t e r r e ne fournissait que des subsides et des vaisseaux.

Ce ne fut que le 9 Août i8o5 qu'après avoir vainement tenté toutes les voies de conciliation l' A ut riche se décida à signer à Pétersbourg son accession au traité d'alliance. Il parut àParis, àVienne etàRatisbonne des manifestes réciproques pleins d'aigreur; et déjà les hostilités avaient commencé (12 Septembre) lorsque l'A ut riche envoya son ultimatum, auquel la France répondit incontinent par une déclaration de guerre (23 Septembre).

L'avant-garde russe était à peine arrivée en G a 1licie que déjà l'armée d'Angleterre (c'était le nom donné au rassemblement de troupes françaises stationnées le long des côtes de la Manche et principalent au camp de Boulougne) marchant à grandes

journées, passa le R b 1 d. L^Europe attentive s'at« tendait à voir s'opérer en Angleterre la descente annoncée depuis long^temps. Mais Bonaparte en contraignant les Anglais à des efforts excessifs et con« tinuels pour tenir leurs côtes à l'abri de Tinvasion dont il les menaçait, s'abstint sagement d'une entreprise téméraire qui , même ea cas d'un premier suc* ces sur le sol britannique , eût inévitablement en^ traîné la perte de son armée, à laquelle la retraite aurait été coupée par les forces navales infiniment su* périeures de l'Angleterre.

Après avoir ainsi donné le change aux Anglais par des démonstrations hostiles (3 Août), il changea toutà-coup l'ordre et fit marcher l'armée vers l'Allemagne (!2 7 Août)* 11 fit suivre la même direction à ses armées de Hollande et de Hanovre* Des renforts nombreux portant de l'intérieur accoururent vers le Rhi n. Une autre armée nouvellement levée avançait conduite par Augereau. Près de trois cent. mille combattants inondèrent le midi de l'Allemagne*

Uans le même temps l'armée autrichienne forte de 80,000 hommes passa I n n (8 Septembre). L'Archiduc Ferdinand, qui la commandait, avait sous ses ordres le Général Ma ck, qui avait déjà fait preuve de talents militaires. L'objet principal de la mission de ce général était de ramener à la coalition les Princes de l'AUemagne méridionale lesquels paraissaient disposés en faveur de

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la France» Mais j^nàmt qiie ,s£i p^rd^it en négopiatÎQOs UD temps précieux, l'Ëlecteui^deBavi ère avait quitté Munie ( 8. Septembre ) , et s'était rendu à Wùr zb o u r g où ses troupes le suivirent. Ce Prince se jeta alors dans le bras de la France. Le Duo de Wurtemberg et le Margrave de Bade suivirent son exemple dès que l'armée française fut sur leur territoire.

Car déjà l'armée deNapoléeon avait-passé leRjbln à Strasbourg^ à Mayenceet sur d'autres points (aS et 26 Septembre), tandis que Bernadotte s'avançant du Hanovre vers la rive droite du R h i n &isait àWûrzbourg sa jonction avec les troupies bavaroises commandées par Wrede et D.eroi (2 Octobre), L'Electeur de Wurtemberg et le Prince de B ad e contractèrent alors une alliance avec Kapoléon^ s'engageant à lui fournir ^ le premier dis: mille et le second quatre mille hommes de troupes auxiliaires.

Mack^ à la nouvelle de Ta ppracbe.de l'ennemi, arrêta la marche de ses troupes derrière 1' Hier et le Lech^ s'appuyant sur Ul m; et il attendit dans'cette position l'arrivée de l'armée auxiliaire russe. Mais cette armée ne parut point. La Prusse avait pos.té à ses frontières un corps nombreux pour s'opposer au passage des Russes par son territoire neutre. t>ao6 ces entrefaites les troupes de Bonaparte avaieiit filé sans résistance par le pays d'An s pac h Êtiblement

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gardé* Cent mille français prenant le chemin le plus direct à travera la Prusse tombèrent k Timproviste sur les derrières de l'armée autrichienne qui avait pris le change (3 — 6 Octobre). M a c k se voyant tout-^ à-coap enveloppé, s'enferma dans Ulm, après avoir p^u beaucoup de monde dans divers combats. L'Arehiduc Ferdinand avec toute sa cavalerie chercha son salut dans une fuite périlleuse. Mack capitula ; son armée de a5,ooo hommes et la ville se rendirent au vainqueur (17 — 'ii Octobre ). Plusieurs troupes de fuyards tombèrent également au pouvoir de l'ennemi.

Dès lors rien n'arrêta plus la marche victorieuse des Français. Quoique les R u s s e s commandés par Kutusow fussent enfin arrivés aux bords deTInn^ ils étaient trop faibles pour résister au torrent. Les Français vainqueurs dans tous les combats entrent dans Vienne (i 3 Noyembt'e). Ils traversent dès le même jour le Da nube, sur la rive gauche duquel les R u s s es effectuent leur retraite vers la Mo r avie. Ceux-ci combattant toujours se bâtent d*atteindre Ollmùtz Buxhovden à la tête d'une seconde armée, se réunit à celle' de K u t u so w ; l'Em* pereur Alexandre arrive au catnp*

La bataille d'U Im eut aussi des résultats fiinestes pour l'armée d' 1 1 a 1 i e. sous TArchiduc Charles et pour celle du Tyr^l sous Archiduc Jean. Le prer naier avait remporté une victoire brillante sur son

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vaillaat adversaire Masse na^ aux bords de VAdige (a^y 3o et 3i Octobre). Mais la catastrophe de Mac k força le vainqueur à une retraite qu'il fit en bon ordre vers les frontières de la Hongrie, en passant par Gorz et Laibach. Là, il se réunit avec son illustre et non moins vaillant frère (3o Novembre) qui après plusieurs combats glorieux ^ avait heureusement effectué sa retraite du Tyrol à travers la Cari nthie.

C'était en Moravie qu'alls^t se porter les grandscoups. Bonaparteàla tête de masses nombreusesqu'il avait promptement réunies était ABruna; les deux empereurs alliés se trouvaient vis-à-vis de lui* Alors se livra (a Décembre) cette bataille d' Austerlitz^ si funeste pour F ra n coi s et Alexandre qui, tous deux, furent témoins de la défûte et de la déroute de leurs armées. 3o,ooo hommes de l'un et de l'autre parti étalent restés sur le carreau; 1 5^000 prisonniers, cent canons et un riche butinèrent les trophées de la victoire des Français.

Cependant dans le découragement de l'Autriche et l'aveuglement de la Prusse tout n'aurai^ pas été perdus. L'Archiduc Charles, avec une forte armée, était à peu de distance de Vienne; la levée en masse se préparait en Bohême et en Hongrie. De nouveaux corps russes s'avançaient à grandes journées, et la Prusse irrité de la violation de son territoire par les troupes françaises venues d'Ans*

pach paraissait enfin déteitninée à la guerre. Le Roi se joignit à la coalition le 3 Novembre à Potsdam , se réservant seulement encore une tentative d'accommodement. Trois armées furent mises jur pied avec de nombreuses réserves, et les hostilités de* vaient recommencer le 1 5 Décembre.

Mais au lieu decombattre, le Roi de Prusse envoya vers le milieu de Novembre le comte d'Haugwitz à V i e n n e, sous le prétexte apparent d'entamer des négodations conciliatrices, mais en effet pour observer, la marche des événements et en tirer parti suivant les circonstances. I^abatailled^Austerlitz se donna, et l'Autriche découragée abandonna le champ de bataille ;d'Haugwitz n'eut alors rien de plus pressé que de négoder une paix séparée pour la Prusse. U la conclut, sans perdre de temps, à Vienne (i6 Décembre), en cédant Anspach, moyennant quelque compensation, à la Bavière, et les principautésdeClève et de Neufchâtel à la France, en échange desquelles la Prusse obtint tous les états que \'U Roi d' A n gl e t e r r e possédait en Allemagne. A ces conditions le Roi de Prusse devint l'allié de la France , et le garant de toutes les nouvelles conquêtes de cette puissance.

La paix avec l'Autriche ne tarde pas non plus ^ se foire» Deux jours après la fameuse bataille^ l'Em- P^reur François se rend en personne au bivouac de Napoléon, près deSaroschûtz et convient

avec lui d'une trêve et des conditions préliminaires de la paix. L'armistice est définitivement signé à Austerlitz par Berthier et Lichtensteinle 6 Décembre; et la paix se conclut à Près bourg (46 Décembre), à des conditions qui brisent la puissance de l'Autriche et qui mettent le continent à la nierci de la France. Non seulement tous les pays envahis par Bonaparte avant la guerre resfent à son pouvoir, mais l'Autriche cède encore au «Royaiume d'Italiea les anciens états de Veuise sur les deux cotes de l'Adriatique; à la Bavière le Tyrol, ce boulevard de l'Autriche, leVorarlbergila principauté d' E i c h s t a e d t et une partie de Téchevé de Passau; à ^Electeur de Bavière, an Duc de Wurtemberg et au Prince de Bade toutes les possessions autrichiennes en Souabe, avec le Brisgau. Par contre l'Autriche reçoit Salzbourg pt Berchtesgade, possessions du ci-devant Grand- Duc de Toscane à qui est donné en échange TEyêché de Wurzbourg. La dignité de Grandr piaître de l'Ordre teutonîque est déférée hé- (j rédilairemetit à un prince de la maison d'Autriche. Les Electeurs de Bavière et de Wurtemberg prennent le titre de Roi et l'Electeur de B a de est reconnu souverain; cependant ces Princes continuent de faire jpartie du Corps germanique. Ld Bavière, ofutre les avantages déjà citéî^, s'accroît ettcotë du té^ ritoire et de la ville , précédemment hbté et iûipé-

riâle d' Â u g s b o u r g. Des offres de paix sont faites aussi à l'Empereur Alexandre, mais ce monarque les dédaigne. H se relire avec son armée en Sîlésie, et retourne au printemps suivant dans son emi-

pire.

Ce ne fut pas seulement la perte de tant de pays, mais bien plus l'effet moral d'une chute aussi sou- Klaine et aussi itiattendue^ et le bouleversement général des relations politiques en Allemagne, qui donnèrent au traité de Presbourg une influence désastreuse sur l'Autriche et sur l'Europe. 1/ Allemagne méridionale jusqu'alors accoutumée d'obéir à TAu t r ich e, se trouva depuis cette paix sous la suzeraineté de la France. Le titre d'Empereur d'Allemagne ne fut plus qu'un vain titre. Le système des élats européens était renversé.

Suites de la paix de Presbourg, Empire médiat.

Despotisme de Napoléon à son comble. ' Système de la

prépondérance*

Etant encore à Schoenbrunn (a^ Décembre) l'Empereur Napoléon envoya un manifeste de guerre au Roi de Na pies, qui, peu de jours avant la bataille d' A u s t e r 1 i t z , avait, au mépris du traité de neutralité récemment conclu, reçu avec enthousiasme

daiia ses ports une armée anglo-russse. »Les i>Bourbons de Naples ont cessé de régnera s'écda Napoléon dans le transport de son courroux , et il fit marcher sur le champ une armée formidable sous le»t)rdres deJoseph Bonaparte etde Masséna, pour effectuer sa menace. Cette armée entra victorieuse 4aasKapIes (i 5 Février 1806). Le Roi et sa cour s'enâ^rent à Pal er me en Sicile, et Napoléon nomma SKHi (rère J oseph Roi héréditaire du beau royaume deNaples et de Sicile (3i Mars). Le nouveau roi conservait cependant le titre de Prince français Qt le» droite d'hérédité, avec la réserve toutefois, que Us deux couronnes ne pourraient être réunies sur la mêioe tête. La reddition de Gaê te (18 Juillet) coosolida cette révolution.

Une députation batave se présenta peu de temps après à P a r i s, pour offrir la couronne de H o 1 1 a o d e à Louis-Napoléon (5 Juillet 1806). Ce Prince fut aussitôt proclamé Roi de Hollande, athc mêmes conditions , que son frère Joseph Roi de Naples. j

Par l'incorporation des riches pays formant autrefois l'état de Venise, le Royaume d'Italie s'était acGttt de plus d'un tiersi. Le Prince E u g^^n e Beauharnais, fils a<k>ptif de Napoléon et épon% delà Fi^cease Auguste, fille de Roi deBaVière, fut désigné pQur successeur sur le trône de ce b^u roy^^mie. Toute l'It ali e, à re:&ceptioa de T £ t rUri e

et de R o m e, faisaient donc alors partie de l'Empire fraoçaise.

Cet empire cependant , comme les pubiicistes du tetnps ne craignaient pas de le dire, était double; c'était un empire immédiat et médiat. Le^emier se composait de la F r a n c e avec tous les pays incorporés, le second, des états réduits sous la SQzeraineté de l'empire gouvernés, pour la plupart, par des princes de la maison de Napoléon, ou au moins par des Grands-dignitaires ou par des hauts fonctionnaires — toujours stijets — de la France et de l'empereur , ou contenus dans la dépendance du grand empire et de son chef, soit par l'introduction des lois françaises , soit par des alliances habilement ménagées. C'est de cette manière que le sceptre de Napoléon s'étendait sur 70 millions d'individus, dont la moitié étaient sujets de l'empire immédiat, et Fau-^ tre (le l'empire médiat. Dans cette multitude d'usur* patiôns de pays, on s'aperçut à peine que Raguse^ cette petite république millénaire eut été engloutie dans l'immense abime (27 Mai).

Ce fut aux dépens des provinces de Teinptre mendiât et principalement de l'Italie, que Napoléon sut décerner à ses généraux les plus distingués des ré* coftipçnses brillantes, qui ne coûtèrent rien à son propre empire.

Daiîs les anciens états de Venise furent érigés les duchés de Dalmatie, d'Istrie, deFrioul, de

db?^oogIe

Cadore, de Bellune, de Conégliano, de Trévise, deFekre, deBassano, deVicence, de Padoue et deRovigo dont turent investis les maréchaux, ou les favoris S o ul t, B e s s i è r e s, D u r p c, Clyimpagny, Victor, Moncey, Mortier, Clarke^ Maret, Caulaincourt, Arrighi et Savary. Parme et Plaisance furent destinés à former trois grands fiefs de l'empire disponibles, et dont l'investiture ne consisterait, que dans le titre joint a de gros revenus, mais, sans l'exercice du pouvoir. L'empereur se réserva en outre des sommes immenses sur les biens et les revenus des états, pour récompenser les chefs et les soldats de l'armée française. Tels furent les sacrifices qui furent imposés aux peuples de l'Italie pour prix de leur afranchissement; et les Français furent réduits à voir s'introduire et se multiplier de jour en jour — en dérision amère des principes de la révolution — les titres de princes et de ducs, auxquels ne tardèrent pas à se joindre, (en vertu d'un Sénatus-consulté du 14 Août 1806 et de deux décrets impériaux du i" Mars 1808) d'autres qualifications nobiliaires, telles que celles de Comtes, de Barons, de Chevaliers, et même héréditaires avec fondation de majorats*.

D'autres dispositions décelèrent le même esprit. Le calendrier répuljlicain, monument odieux d'idées odieuses fut supprimé et l'on rétablit le calendrier grégorien (9 Septembre i8o5). Les

fêtes républicaines furent abolies ; on y substitua^ par l'autorité du pape, celle du i5 Août, en mémoire de »St. Napoléons, ainsi que le jour anniversaire du couronnent en t de l'empereur et celui de la bataille d'Âusterlitz. Bientôt dîlparut aussi le nom de R é p u b 1 i q u e, qui fut remplacé par celui d'Empire et d'Empereur des Français mis en tête des lois et de tous les actes promulgués par Tautorité publique,

L'insatiabilité de l'esprit de domination ne fut plus surpassée que par l'excès des adulations. Parmi cette vermine de flatteurs rampants se distinguait toujours le Sénat, plus abject encore, que celui de Rome, que Tibère traita un jour avec tant de mépris* Lors du retour de Napoléon après la bataille d'Austerlitz le Sénat lui décerna par un acte solennel le surnom de »Granda déclarant, que c'était d'après la voix du peuple , et par conséquent d'après la volonté divine. Mais depuis long-temps le peuple n'avait plus de voix; La réstriction de la liberté de la presse — malgré les promesses hypocrites solennellement faites — est poussée à un point inouï, en tout ce qui concerna la politique et l'autorité. Les faibles débris mêmes du T r i b u n a t , même l'inofïensit droit de remontrances et de pétition importunent encore le despote; le Sénat aussitôt s'empresse de prévenir ses volontés, en supprimant le Tribun a t par un Sénatus-consulte (19 Août 1807); ^* le Tribunat,

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en se séparant, vote encore humblettient des actioti^ de grâces pour sa propre dissolution !

On jeta ensuite dans Téd u c a t i o n p o p u 1 aire et le System e d'enseignement public les se^ megipes de la servilité. Par oindre de TËmpereur on adopta im nouveau catéchisme^ comme seul livre dMnstruction pour toutes les comn^mes catholiques (4 April 1806), On out^gea la religion en la faisant servir aux intérêts du gouvernement usurpateur, et en présentant à la vénération des peu* pies l'Empereur, comme l'image de Dieu sur la terre.

L'université impériale érigée plus^ tard (^7 Mars i8o8) mit le comble au s^accès dtii plan adroitement conçu pour former un peuple d'iesckves. Les principes d'une discipline militaire et en métne temps claustrale et la stricte et constante saboRdina^ tion des instituteurs et cks supérieurs fireisË de Tum^ versilé une machine ingénieusei«ent organisée dont les ressorts, mus par un Grand*maâtre. guide faômême immédiatafuent par l'empereur,, laisaieut marcher l'enseignement, dans toute retendue de- Femr pire^ d'un mouvement uniforme, régiulier,. absdkoment passif aux volontés de l'autorité supt^emier ^^ par conséquent sans âme et saisis force vitale^ inlna* sèque. En feit de sciences et d'arts Napoléon bis favorisait que ceïix, qui étaient d'un intérêt matériel, o» qui relevaient la ap|«nd^eur du trône. Il i^edontail?

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les doctrines^ quiHniment Tesprit, fortifient le ooenr, élèvent le caractère et enseignent à juger sads pré-» vention ; il les poursuivait de ses mépris et de sa haine. Mais de là résulta inévitablement un moove^ ment rétrograde poiu* les lumières. Peu s'en fallut^ que l'extinction du flambeau de la philosophie ne ra-' vit aux sciences réelles toute leur valeur ntorale^ ne bornât tout le savoir-humain à une imitation roadiinale, et ne replongeât la France — ou plutôt TEurope, si le projet de monarchie universelle se lut réalisé — dans le déplorable état où se trouva l'empire romain sous ses empereurs, et où se trouve eaeore, depuis des milliers d'années, l'empire de la Chine.

Pour que toutes les relations possibles fussent con^ centrées dans la personne seule de l'Empereur, et pour que, hors de lui, n'existât pas la moindre ombre d'indépendance quelconque, il ne manquait pins tpte l'asservissement de sa propre famille. Napoléon publia le statut impérial de famille (3o Mars 1806) par lequel il serra plus étroitement les liens de l'oonpire français et des états alliés. Par ce statut tous les membres de la famille impériale se trouvé* rent, pour toute leur vie et même, dans le cas où ils occuperaient de trônes étrangers, sous la dépendance absolue de l'Empereur. Cette même dépendance fut imposée aux Grands-dignitaires de l'empire et aux ducs. Il fut ouvertement et empressement enjoint

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à ceaX) qui rEmpereur élèverait Ar des trônes^ dé ne jamais perdre de vue , que leur premier devoir était le dévouement à la pei'soiine de Napoléon , le second leur attachement à la France* L'obligation de veiller au bien être de leurs peuples était subor* donnée à ces deux premières conditions. Mi l'on eut l'audace d'appeler libres et indépendants de tels peuples^ esclaves d'autres esclaves !

Mais bientôt on ne jugea plus même nécessaire de ménager ces apparences. Les journaux officiels fran* çais ne craignirent plus d'annoncer sans détour, que l'indépendance des états et l'égalité entre eux, ainsi que leur équilibre n'étaient que des chimères; qu'il fallait une puissa nce prépo ndérante pour procurer aux peuples une consistance de droit, la tranquillité et la paix. Ils présentèrent donc l'Empire français comme le premier dans le système des états alliés, c'est*à-dire, des états-vassaux; comme l'Etat dont la prépondérance assurerait la pi*ospérité de tous les autres ; système qui d'après son but , et les conjonctures du temps devait successivement embrasser tout le monde civilisé.

Confédération du Hhin, Abolition de timtnédialcté des Princes en Allemagne. Souveraineté,

Ce fut en Allemagne que la paix de Pr esbourg produisit les résultats les plus déplorables. L'arbitraire le plus absolu et le despotisme du plus fort sy déployèrent ouvertement, et par les sUcrifices et les soumissions les plus pénibles on n'y obtenait, que la perspective de maux plus grands et d'un abais* sèment encore plus humiliant.

Par le traité insensé, que le ministre prussien d'Ilaugwitz conclut à Schoenbrunn avec Duroc plénipotentiaire de Napoléon, le Roi de Prusse échangea une partie de ses ^états héréditaires contre des territoires violemment usurpés et se rendît par la complice de l'usurpation. L'indignation de l'Europe et la déclaration de guerre qui s'ensuivit immédiatement de la part de la Suède et de l'Angleterre furent les premières conséquences de cette faute. Napoléon donna alors, à titre de' duché héréditaire le pays de Clè ves réuni à celui deBerg qu'il avait eu de la Bavière, en échange d'Anspacb, à son beau-frère J o a c h i m Murât (époux de Caroline-Annonciade soeur de l'Empereur) aux mêmes conditions qu'il avait imposées à ses frèresj les rois de N api es et de Hollande (i5 Mars i8o6).

Bientôt après la paix de P r e s b o u r g,, là ville de

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Frank fort, jusque là restée libre, se vit, en vertu d'une décision arbitraire de Napoléon , tout-à-coup envahie par les troupes françaises, mise à contribution et offerte en don à l'Electeur Archi chancelier de l'Empire d'Allemagne (19 Septembre j8o6) pour le récompenser d'avoir chcrisi pour son coaJjuteur, le Cardinal Fesch^ oncle de Napoléon (a8 Mai). Le corps germanique, s'il continuait d'exister, devait alors voir un seigneur français présider la diète de l'Empire d'Allemagne.

])fais l'existence de cette diète touchait à sa fin. Une as^mblée de seize princes d'Allemagne réunis à Paris sous les auspices de Napoléon-le-Grand {1% Juillet 1806) prononça la dissolution de ce corps si vénérable pour sa haute antiquité. Ces Princes, nommément les Rois de Bavière et de Wurtemberg, l'Electeur Archi-chancelier, l'Eleoteur de Bade, le Duc de C lèves et deBerg (Murat), leLandgrave de Darmstadt» les Princes^ Nassau, de Hohen^oUern et de Salm (tous trois représentant leurs maisons dans la ligne douUeX ceux d'Isenbourg, de Lichtenstein^ d'A^reBoberg, et le comte de Ligne lurent les niembres primitifs de la Confédération du Rhin, quà déclarèrent leur séparation du corps germanique^ pro« clamèrent la souveraineté des membres de leur aou' velle confédération, sous le protectorat de l'Empereur Napoléon, et rangèrent $om leur domina-

lion ub grand nombre d^autres anciens membres de l'Empire d'Allemagne. Les confédérés prirent en conséquence de nouveaux titres. L'Electeur Archi* chancelier se qualifia de Prince -Primat de la Confédération. Les Princes de Bade, de Berg et deDarmstadt prirent le titre de Grand-Duc, el le prince de Nassau celui de Duc. Une diète, divisée en deux collèges, celui des rois et celui des princes devait siéger à Frank fort sous la pré^ sidence du Prince-Primat, sans que cependant les délibérations de cette diète pussent porter une atteinte quelconque aux droits de souveraineté des membres de la confédération. I^ nomination du Primée- Primat devait à Tavenir dépendre du Protec** teur. Lesi Princes de la confédéi^ation s'engagèveni; en outre, par un traité d'union, à fournir à la France, dans toutes ses guerres sur te continent une armée auxiliaire de 63,ooo hommes en contingents proportionnels répartis entre eux. I .es villes d' A u g s b o u r g et de.Liada(U furent désignées pour lieux de rassembUwent d^: ses contingents.

I^ formaition de cette cosiédératioa fut notifiée sans peinte de ten^s k la diète de Ratisbonne (i Août), par le Chargé d'affaires de France Ba cbe r, qui décia^a en même temps, que la France cessait de reço«gdal|lre le cprps germanique. Ce corps fat dissons soudainement et sans bruit. François U renonça solenellement au titre et aux prérogatives

rfemperefir électif d'Allemagne (6 Août), et l'empîi^e fondé par Charlèmagne depuis plus de mille ans s'écroula»

Les Princes confédérés ne se bornèrent pas au soin de leur propre conservation. L'acte de confédération avait d'abord décidé l'a sservissement des villes impériales de Nuremberg et de Francfort, puis celui d'un grand nombre de villes libres du second ordre, membres aussi du corps germanique, et celui de beaucoup de seigneurs immédiats possessionnées en Souabe, en F rançon te et aux environs du Rhin. Les terres ou possessions princières et seigneuriales enclavées ou situées entre les pays des membres delà confération furent rangées sous la souveraineté de ces derniers (opération qu'on appela médiatisation), et il en résulta une funeste complication d'intérêts, source intarissable de différends , de confusion et d'actes oppressifs pour le peuple.

Il est naturel qu'on ne pouvait — sans risquer de faire crier trop haut à l'injustice — léser dans leurs droits particuliers les seigneurs qu'on venait de spolier et qui, autrefois immédiats de l'Empire, se voyaient maintenant sous la souveraineté de leurs cidevant égaux. On imagina donc d'établir, entre les nouveaux souverains et les seigneurs médiatisés, un partage de droits, dont la ligne de démarcation portait une atteinte funeste aux droits des peuples.

On mit au rang des droits particuliers des médiatisés, c'est-à-dit^, on regarda comme biens et droits qui leur restaient en propre: tous les domaines et revenues domaniaux, de même que les droits seigneuriaux féodaux et tant qu'ils n'appartiennent pas essentiellement à la souveraineté; c'est*à«dire, en tant qu'ils >ne tiennent pas à la législation, à la haute-justice , à la haute-police , à la conscription et au droit d'imposer les tailles. Ainsi les seigneurs médiatisés furent maintenus dans lexercice de la basse et moyenne justice civile et criminelle, de la police des chasses, dans la possession de divers droits régaliens, ainsi que des dîmes, des corvées et d'autres servitudes*

Mais» les domaines, originairement affectés pour la plupart, au salaire des fonctionnaires royaux, ou donnés au fief aux gouverneurs royaux (plus tard appelés seigneurs) et destinés , comme fiefs , à faire face aux charges de l'Etat, ne devaient pas être généralement censés propriété privée. Or, comme il était difficile, dans ce cas, de fixer positivement la propriété réelle, il n'y eut d'autre parti à prendre , que d'établir un partage au moyen d'un accord à l'amiable* Mais quant aux droits de régale, il n'y avait aucun moyen de transiger, puisque naturellement il n'existe aucun intermédiaire entre le sujet et le souverain, et qu'après l'extinction de la dignité du chef de l'empire en

Allemagne^ et la proclamation de ta souveraineté des princes non opprimés, chaque ci-devant $eigi\eur était devenu ou sujet ou souverain.

Une autre source de maux naquit d'une des dispositions de Tacte fédéracif, laquelle assurait aux Princes ête la Confédération le droit de souveraineté absolue sur leurs anciens et leui*s nouveaux pays. Ces Princes se crurent dès lors affranchis de toutes les r^ strictions qui, pour la défense des droits du peup 1 e contre Tabus du pouvoir , avaient été établies par des lois fondamentales, par des traités ou par les coutumes, et ils se prévalurent de la décision arbitraire du despote étranger comme d'un ti*^ tre suffisamment valide pour renverser les constitutions qu'ils avaient précédemment jurées. C'est ainsi que dans tous les pays de la confédération, cesâa la tenue des Etats qui furent ou dissous par des édits formels de suppression, ou tacitement ensevelis dans les ténèbres de l'oubli.

A ces maux se joignit pour les peuples un accrois* sèment d'oppression par la réunion du système de souveraineté absolue avec l'ancien système patrimonial production des temps de la barbarie; c'est-à-dire par la réunion de la servitude publique aVeù la servitude particulière.

Pulâ vinrent les exigences incessantes duProtec« teur qui disposait des biens et du sang des peuples des Etats confédérés comme de sa propriété et trai*

tait les Princes de la confédération comme ses fîerviers. . Finalement encore les pernicieuses maximes de publicités es des financiers de cour portèrent au comble l'art odieux de pressurer par les extorsions les plus vexatoires la subsistance du peuple, et surtout de la masse du peuple*

Tant que dura la Confédération du Rhin, l'Allemagne languit dans l'avilissement et dans un état digne de pitié. Cette période cependant amena quelques résultats heureux ; elle contribua surtout à l'affaiblissement de l'aristocratie; elle réveilla la force guerrière; elle simplifia, affermit, perfectionna l'organisation et le gouvernement des Etats; résultats qui, dirigés par un meilleur esprit, tournent en mille manières au bien , mais dont on peut malheureusement aussi abuser.

Guerre entre la Prusse et la France. Bataille de Jéna.

Par rorganisation de la confédération rhénane le territoire de l'Empire de Napoléon s'était accru d'une superficie de deux mille cinq cents milles car* rés et d'une population de huit millions d'âmes ; car soit comme empereur du roi, soit comme protecteur ou médiateur, tout titre quelconque devenait tui mij^en d'accroissement à la domination

du puissant ambitieux* La facuRé d'accéder à In confédération du Rhin fut aussi expressément réservée à tous les autres princes et seigneurs ci-devaut membres de l'empire, qui auraient envie d'y participer. Cette disposition flatta les vues ambitieuses de la Prusse toujours jalouse de dominer en Allemagne. Napoléon lui fit voir en perspective une confédération des états du nord de rAllemagne, dont le Roi de Prusse deviendrait le Protecteur; mais il abandonna bientôt ce projet.

Vers cette époque s'étaient ouvertes entre la Russie et la France, de même qu'entreTAngleterre et la France des négociations de paix, qui cependant échouèrent (i Octobre). Par ces négociations la France consentait à rendre à l'Angleterre, le pays de Hanovre, quoiqu'elle eût déjà vendu cet état à la Prusse à un si- haut prix, et trahi de plusieurs manières les intérêts de cette dernière puissance. Ce fut alors — mais trop tfltrd — que la Prusse se réveilla dé son funeste assoupissement» La guerre fut résolue ; les préparatifs se firent de part et d'autre en toute hâte et avec les derniers efforts. L'Angleterre et la Suède, qui voyaient avec joie ces dis* positions, se réconcilièrent avec la Prusse ; la R u s siê de son côté promit sa puissante assistance. La Saxe prit également part à cette ligue. 'L' Electeur de H es se cependant chercha son salut dans une neu« tralité apparente. C'est ainsi que se forma la qua^

tri«ime coalition. La Prusse, dans son ultiihaiiim auquel Napoléon ne jugea pas à propos de répondre, demanda que la France renonçai à réunir Wesel à l'empire français; que les armées françaises quittassent le territoire de l'AllemagMe et ne ^missent plus d'obstacles à la formation d'une coufédération des Etats du Nord de l'Allemagne (i Octobre).

Alors parurent les manifestes réciqroques (celui de la France, le 7 Octobre), et celui du Roi de Prusse le 8). Puis le survint le coup dMsif. L'armée prussienne forte de 120,000 combattants était rassemblée à Erfurt. Elle se composait de vaillants soldats, mais qui n'avaient à leur tête que des jeunes officiers qui n'avaient d'autre mérite que leur naissance et des généraux affaiblis par l'âge et entraînés tantôt par une aveugle présonîption, tantôt'par un funeste découragement. ''>■% -,

Napoléon ce maître consoçnraé dans l'art de diriger les grands mouvements stratégiques sut dérober aux Prussiens la marche de seâ bataillons rassemblés « la hâte et fondit sur eux à l'^mjjiwiste.* Ceux-ci «"nptant marcher contre l'armée ?^çai8e,j^«n défilant à travers la forêt de la Thuringe, se virent inopinément asaillis sur leur flanc gauche et sur les der- "^eres. Un combat livré près de Saal feld (10 Octobre)où le Prince Louis Ferdinand de Priissé périt de la mort des héros fut l'avant-coureur de la

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méfxior^k et désastreuse journée de J é n a et d' A uerstaedt(i4 Octobre), Cette seule journée abaissa -la monarchie prussienne. L'histoire moderne n'offre point d'exemple d'une défaite aussi entière, aussi irréparable. Les deux armées qui défendaient la Priiase 4iarent, malgré plusieurs faits d'armes glorieux, détruites et di^ersées. Le Roi de Prusse perdit plus de 5o,ooo hommes dans cette journ€e; mais les suites jeiî furent encore bien plus funestes. Deux jours . Après cette bataille Ërfurt et ses deux fortes cifa- "dkliès se rendirent aux Français avec 1 4^000 honnmes, et le jour suivant (17 Octobre) l'armée de réserve des Pruiiiens commandée par le Prince de Wùrtembaiir^&t battue près de H a 1 1 e, parBernadotte. I^* Français passèrent l'Elbe, occupèrent Potsdam et la forteresse de S p a n d a u et firent leur en*trée à B e r 1 î n (î^ et aS Octobre).

Le malheur n'était pas encore à son terme; aux: environs de Prenzlaw, le vaillant Prince deHohenlohe, voyant sa retraite coupée, fat contraint de se rendre aux Français avec les 17,000 hommes qu'il commandait (^iS 'Octobre). Le lendemain un corps de 6000 hommes de cavalerie en fit autant 4 Pase walk (29 Octobre;, et plusieurs autres corps détachés subirent le même sort* Bliîcher enfin, qui conduisait vers le Bas -Elbe les débis de Tar^ mée de réserve, se voyant vigoureusement poursuivi par trois corps d^rmée, se jeta dans la ville de Lubek,

que les Français emportèrent d'assaut (6 Novembre); œ béros forcé de céder à la supériorité numérique^ »e rendit avec dix mille hommes.

L'exemple d'Erfurt et de Spandau fut bientol «tiivî par les places forteà de S te t tin (a8 Octobre)^ deCustrin (3i Octobre), et au grand étonnement de l'Europe par l'importante ville de Magddboui^» qui ïnmn fortifié, bien approvisionnée, pourvue d'une garnison de 20,000 hommes , formait un des principaux^ boulevards de la monarchie. La reddition de Hamel n, puis celle de Nieiiboarg (20 et a& N<^ vembre) entraînèrent la pertç totale des pays du Veser.

Cèdt ainsi que toute l'étendue de pays depuis le Ah in jiKsqu'au delà de l'Oder, avec une population de neuf ipillions d'individus tomba dans l'espace de six semaines, par suite de la s e u 1 €k bataille de Jéna, an pouvoir de îfapoléon. Les troupes françaises occupèrent le pays de 6 r u n s w i c^ l'Electoral de H e s s t- C a 8â,e 1, les villes a n se a t i q u e s et ftialement au^si ks duchés deMecklenbourgetd' Oldenbourg, filles »e prévalurent du dr<f^i|.deconquéte en levant d'énormes contribution^^ et exerçant d'autres actes arbitraires. Tout le n o r d de l'A Hem ag n e gémissait sous la verge de fer du vainqueur; le Sud lui fournissait des ti'oupes et des trésors. Le Grand- Duc d e T o s c a n e (Wûrzbourg) se joignit aussi aux Princes de la Confédération du Rhin, et le Grand-Duc

deHesse-Darmstadt eonclut un traité particulier avec la France. La principauté de Hesse -Cassel vit bientôt oiettre un terme à sa neutralité; Tout le pays avec les places fortes fut envahi par les Français ; les troupes furent désarmées et déclarées prisonnières de guerre (3i Octobre). Lélecteur dépossédé alla chercher un refuge en Danemarc.

Le Duché de Brunswic avait déjà subi un sort pareil le %6 Octobre. Le Duc Ferdinand grièvement blessé à la bataille d'Auerstadt eut le malheur de survivre encorç à la ruine de son pays et à la perte de sa gloire. I^ vainqueur avait déclaré »que »la Maison de Brunswic avait c^ssé de régn e r.c( L'infortune Duc de Brunswic, septuagénaire, malade 9 privé de la vue par rffet de sa blessure, poursuivi par l'ennemi, mourut privé de toute consolation, àOttensoh(io Novembre).

De toute l'Allemagne, il n'y eut que les 'provinces de l'Autriche qui n'purent aucune part ni active, ni passive, à c#tte guerre. Mais le coup, qui écrasa la Prusse avec la rapidité de la foudre, bien qu'il diminuât l'humiliatioiè 9e l'abaissement du reste de l'Allemagne, n'en fut pas moins pour celle-ci un sujet de consternation et de douleur.

Caerrs de la Russie avec la France, Bataille de Priediand. Paix de Tilsit,

Déjà retentissait au dehors de rAHemagne, en Pologne et en Prusse le tumulte des armes. L'heure de la vengeance, du partage de la Pologne avait sonné ! A peine arrivé aux frontières, Napoléon ap* pelle les Polonais aux armes pour leur régénération et le cri de la Liberté se répand d'une Vayvodie à Tautre- K a 1 i s c h donne Fexemple ; Tincendie se propage jusqu'à Varsovie et par delà la V i s t u 1 e. Murât était entré à Varsovie dès la fin de Novembre (28); A la nouvelle de ra{)proche des Russes, Napoléon se rendit dans cette cilé pour diriger en persoijpe les opérations de celte guerre pénible.

Bennigsen à la tête d'un corps d'armée considérable, et Kamenskoy et Buxhoevden, qui suivaient avec deux autres corps d'armée non moins nombreux s'avancèrent pour défendre leurs propres froutières menacées, tandis qu'une levée de 600,000 honmites de troupes de milice attestait l'imniensité des ressources défensives de la Russie. Napoléon de son côté appela de nouvelles levées de conscrits, qu'il fit venir de France, d'Allemagne et d'Italie.

Plusieures affaires eurent lieu sans résultat décisif de part, ni d'autre. Depuis la nuit du 23 jusqu'à celle du 26 Décembre , on se battît aux bords de la Narew, et surtout aux environs de Pultusk où

après un combat acharné les deux, partis s attribuèrent chacune la victoire. Bonaparte néanmoins garda ses positions siv la Vistule, tandis que Famée russo-prussienne fit son mouvement vers le Niémen.

Dans ces entrefaites les Français en Si lés ie firent capituler les places fortes de Glogau, Breslau, B r ieg et l'importante forteresse deSchweidnitz (Décembre 1806, Janvier et Février 1807).

Ces conquêtes assurèrent les derrières de Tarraée française. Cette sécurité s'affermit encore par la paix que la France conclut avec la Saxe (la Décembre 1806). En vertu de cette paix l'Electeur de Saxe, devenu roi, accéd«. à la confédération rhénane. Le nouveau roi promit de fournir î l'armée de la-coulédération un contingent de 20,000 hommes (cependaut pour la campagne qui allait s'ouvrir il n*en eu! à fournir que 6000); et il obtint le cercle de K oitbus, en échange de quelques cessions dans laThnringe. Les maisons ducales de Saxe (i5 Décembre) et quelques autres princes prirent également part à ht confédération du Rbin.

La lutte gigantesque se rengagea sur le terrain même qu'on se disputait. Bennigsen vint r^ pi'eodre i'ofiensive vers la mi- Janvier ; enlin $6 h^^ à P r e u s sise h - Ey U u (7 et 8 Février) une hatliUe de deux jours ; 3o,ooo cambatta^ts restèi^nt sur le CArirci^; 5o,ooo fiuent hkssés; les deux arnoéee 3'a^

tribuèrent chacune la victoire et Tune et l'autre se retirèrent.

UnartnifiticedeprésdequatremoiSy qui suivit cette bataille décela répuisement des deux armées. Cepen* dant les places fortes de l'Oder et de la Vistule restèrent assiégées* Parnai les premières — eo Silésîe se rendirent Neisse (i Juin 1807), Ko sel et Glatz. Dantzick sur la rive gauche de la Vistule succomba, après une glorieuse résistance à la supériorité numérique des Français habilement dirigée par le Maréchal L e f e v r e (24 Mai).

Lia4>orlante forteresse de Colberg, dans la Po« méranie prussienne se maintint; jnais la Poméranie suédoise ainsi que l'île de Hûgen tomba au pouvoir Français, après que la paix avait d^à été conçue avec la Russie et la Prusse (Août et Septembre).

Cette paix avait été le résultat d'une nouvelle victoire de Bonaparte. Par la supériorité de ses taiMta militaires il remporta, près de Friedland, le 14. Juki jour anniversaire de la bataille de Marengo, une victoire éclante, quoique chèrement achetée. La prise deltonigsberg par les Français (i5 Juin) et la retraité des Russes sur le Niémen lurent les fruits immédiats de cette victoire. Mais Alexandre, intimidé par le découragement de ses troupes, demanda une trêve et la paix. Napoléon, qui avait béx son entrée à Tilsit, cinq jours après la bataille,

accorda Tune et l'autre, après avoir eii, d'abord sur le N i é m e n, puis à ï i 1 s i t, quelques entrevues avec l'Empereur de Russie , et le Roi de Prusse humilié. Cependant les négociations, proprement parlant, n'eurent lieu qu'avec la R u &s i e ; la Prusse, hors d'état de résister ^ reçut la loi du vainqueur. Le traité de paix se conclut donc, après un court intervalle de temps, avec la Russie (7 Juillet, et deux jours plus tard avec la Prusse (9 Juillet).

La Russie resta intacte dans toute l'étendue de son immense superficie; elle reçut même un agrandissement par la cession du cercle de Bialystock situé dans la Pologne prussienne et contenant une population de près de trois cent cinquante mille âmes. Mais elle ne s'opposa pas à rabaissement de la Prusse qui descendit au rang des états inférieurs, en devenant vassalle de la France; elle consentît à l'érection du duché de Varsovie dont l'existence, le nom même compromettait la domination russe sur la Pologne; elle rei[K)nnut les frères de Napoléon en qualité de Rois deNaples, deHollandeet de Westphalie, ainsi que la Con fédération du Rhin telle qu'elle existait alors et existerait à l'avenir, et parconséquent elle reconnut la domination de Napoléon sur toute rAllemagne. Par un article secret elle promit d'évacuer le cercle oe cercle deCatt a r o et céda les îles ioniennes à la France. (Cattaro ainsi que Raguse furent incontinent in-

corporées au rauyamie dltalie, et les lies ioniennes (levaient former un état particulier dépendant de la France). Finalement elle s'engagea à faire, sous la. médiation de Napoléon, la paix avec la Porte contre laquelle elle était en guerre depuis l'année précédente par suite des intrigue^ de la France , et elle se sour mita abandonner la Moldavie et laValachie ses cc^nquétes.

La Prusse, qui nesonserva son existence, comme il est dit expressément dans le traité, que »par considération pour l'Empereur de Russie^ per* dit de la moitié de son territoire, une étendue de làjâo milles carrés avec cinq millions d'individus. Elle abandonna à la disposition de la France, pour être donnés au nouveau roi de Westphalie, tous les pays situés entre l' E 1 b e et le R h i n ; elle céda le cercle deKottbus à itiSaxe et, pour comblet^ la mesure des sacrifices les plus douloureux, elle renonça en faveur de la Saxe ou du nouveau duché de Yarso vie à tous les pays de ta Pologne qu'elle avais acquis par les divers partages depuis 1772 — à l'exception du cercle deBialytock qui fut donné H la Russie. La Prusse abattue ne conserva que l'Ërmeland, une langue de terre étroite que Joint la Poméranie et la nouvelle marche à la vieille Prusse, puis la forteresse de Graudenz. Elle perdit encore Dantzick, qui recouvra-sqn ancienne indépendance avec quelque agranâiil^&îêitit

de territoire; mais \e port de cette ville {ut fera^éaii pavillon britMRique pendant la durée de la guerre .de la France avec l'Angleterre. Les ports de la Prusse devat^it aussi être interdits aux bâtitnents aurais. 11 fat accordé une route militaire au Roi de Saxe pour se& communicatioiis avec le duché de Yarso- Y i tj et Ton amnistia les insurgés polonais dans les districts rendus à la Prusse. A toutes ces conditions fut' ajoutée celle de l'évacuation des pays et des forteresses à restituer moyennant une contribulion énorme payable en plusieurs témnes.

Immédiatement après la conclusion de la paix Napoléon élaat à Dresde donna au ducbé^de Varsovie la nouvelle constitution cidc|uée sur la C'ello: de France. La coi^tîtutîoa de I>anlzick tut aussi réglée ^ quoique avec des dispositions plus anak^uea aiiix anciennes relations de celte ville: ce^ pendiu^t le pouvoir véritable se trouvait eotre les mains du gouveraeur irapçais de cette ville.

La majeure partie des provinces ail e m an des arrachées à la Prusse, les états de l'Ëlecteur de Hesse, ceux du due dt; Brunswic-Wolfwbutlel, le pay6 de Hanovre avec quelques autres districts servirent à former le nouveau royaume de Westphalie, qm£iit reconnu f^r la plupart des puissanoes de l'Europe. 11 tut incorporé^ à la confédération du Rhin et eut pocii? roi Je lippe, freine cadet de Kapoléon, leqiael 9plêi^»dt>so{ution de son mariage avec sa piemière

Ut

kmmef épousa en 56eaiK)e& noces^ la Pmcesee de Fréderic|ue*Catbériiie 6Ik du Roi de Wùr« temberg. Napoléon avait contracté de pareilles Ikttsoos de famille avec la Maison de Bade, en do»** oant pour épouse sa fille adoptive Stéphanie Ta^ scher, nièce tle Joséphine, au Prince héréditaire de Bade.

Système continental, BatmUe fie Trqfalgar,

La gaerre contre l'Angletepre inaccessible à toute t^talîve directe d'envahissement > contre sa domitta" tiûnstiriefi mers, contre son despolisnw commerciiil &iumt maint prétexte à Napoléon pour le suecèa da se» entreprises sur le continent ed pour piAHer ka latsitres les plus attentatoires au droit des gesa et lea actes de violence les plus révoltants* Toutes les Puis^uiœs de TËurope^ à moins de se dédacer en nen)ies de la France, furent contraintes de prendre part à la guerre^ sans exemple^ suscitée contre 1^^ p»^ ^'ifen et le commerce britanniques^ Tdle fut Tori*^ giaedtt sy &tèm e contin entaL

Encore enivré de la victok^e de léna Napoléon pttbKa (21 Novembre 1806) l'étrange décret qui dé^ clara les lies britanniques en état de bloeus. 1^ décret interdisait tout commerce et correspond

dance avec l'Angleterre; dédarait de bonne prise tous les vaisseaux y qui contreviendraient à cette disposition, ainsi que toutes les marchandises et produits de fabrique anglaise en quelque lieu qu'on les découvrit et fermait Tentrée de tous les ports de France et de ceux des états de la confédération à toos les bâtiments venant de l'Angleterre ou des colonies anglaises.

Par représailles le gouvernement anglais recourut à des mesures non moins barbares. Deux»ordres du cabinets (7 Janvier et 11 Novembre 1807) interdirent tout commerce avec les bâtiments français et avec ceux sortis des ports sous l'influence de la France ; ilt constituèrent en éCat de bloeus toutes les côtes de France et des états de Ja confédération du Rbin, et déclarèrent de bonne prise tous les vaisseaux qui trafiqueraient avec ces pays , ainsi que les marchandises et les produits de fabriques de France ou des états ses alliés.

Napoléon, irrité de ses mesures de réciprocité, augmenta la sévérité de ses précédents décrets, par un nouveau décret rendu à Milan (17 Décembre ^1807). T^oui vaisseau qui avait rempli qudqu'une des conditions imposées par l'Angleterre était censé «dénationalisécc , et déclaré de bonne prise comme marchandise anglaise. Tous les bâtiments sortis des ports de la Grande-Bi^etagne ou de c§ux des colonies anglaises, ou s'y rendant devaient

«tre confisqués coiiime bonne prise. Le resBentîment de Napoléon ne se borna pas à ces rigueurs. Les décrets impériaux datés de Tria non et de Fontainebleau (5 Août et 4 Octobre i8ii) ordonnèrent que toutes les denrées coloniales seraient soumises à un soi-disant impôt continental de5o p<nir cent 9 et que toutes les marchandises anglaises seraient binilées»

Ainsi, pour la seule querelle de Thomme puissant, tout cooimerce pacifique fut anéanti. L'Angleterre cependant, étant en possession du commerce avec les autres parties du monde , n'en souffrit que faiblement; parcontre le dommage n en fut que plus sensible pour les autres peuples de l'Europe.

Le système continental fut aussi mis en vigueur par le Danemarc , en vertu de son traité d'alliance conclu avec la France à Fontainebleau (3i Octobre 1807) ; puis par la Russie, qui, en outre, dédara la guerre à l'Angleterre (7 Novembre); il fut inéme adopté en Autriche. La Suéde et la Porte seules — ainsi que la Sa rd a igné et la Sicile — le rejetèrent. La péninsule audelà desPyré* nées si'y opposa aussi; mais à l'exception de ces états, tous les ports de l'Europe depuis Archangel jusqu'à la mer de Turquie furent fermés aux bâtiments de la Grand-Bretagne.

Ces mesures ne furent pas seulement l'effet de la ^onté despotique de Bonaparte ; elles furent aussi

le résultat du mécontentemeiit général que le gou* vernement britannique avait occasionné par ses rues iniénessées et ses actes de violence.

L'Angleterre ne faisait en gépérat la guerre qoe pour eile^méme, et ne pesait les intérêts de rfa& manité es les dixnts les plus sacrés , que dans la {mi^ lance àe& spéculations mercantiles* Aussi ms victoires n'excitent-elles nullement notre intérêt.

Un de ses triomphes les plus brillants &it celui qu'elle remporta àTrafalgar -^ à^-peu^près dam te même temps que rAutricfae reçut un coup morlel pdr la capitulation d' U Im — . L'An^eterre se résolut à la guerre contre T Ë s p a g n e, parce cpae cette dernière puissance s'était allié avec la France par le traité de St. ildefonce; mats, avant la déclaration de kl guerre, le Ck>mmodore Graham Moore épia quatre vaisseaux espagnols chargés de seise milliofis de francs en or , et d'autres objets précieux^ ùisÊai paisiblement voile vers Cadix; ces bâtiments fureiit aisailKs et pris; l'un d'eux sauta en l'air p^feckiBtk combat (5 Octobre i8o5). Les flottes combinées de {^rance et d'Bspagne, fortes de 33 voiles, étsat irlors sorties de Cadix^ hirent assaillies et anéanties à la hauteur du Cap deTrafalgar par Nelson, qui n'avait que 117 vaisseaux sous ses ordres, etqai fut tué, au moment de sa victoire (21 Octobre 180S). {j^amitâl C ra vi n a ne rafi»ena dims le port que dix Misseftmt fortement avariés; tow les autres blli^

ffleots tMt Iraoçais qu'espagnole liurents ou coulés k tondy ou pris.

Quelque temps auparavant rAmiral Missiessi sorti dé la rade de R o c h ef o r t avec dix vaûseaux (ti Janvier lêoS) était heureusement arrivé aux In^ tie^^occiden taies et avait fait essuyer aux An- ^hk éea pertes considérableB. Après le désastre de Trafalgar ses entt^prises n'eurent phas de succès. Mnsieurs escadres , qui tentèrent quelques coups ^e main, (tirent pour la plupart prises ou détruites* ht vaittant Amiral Lin ois lui-même , longtemps kl terreur des parages des Indes^mentales , tomba au pouvoir de l'ennemi.

Le cap de Bonne-Espérance fut alors reconquis par les Anglais. Ce fut David Bai rd, qui, après plusieurs combats heureux contre le Gouverneur hollandais Jansens, et une capitulation honorable accordée à ce Général, mit à fin cette entreprise (Janvier 1806),

Bétails historiques sur les Indes-occidentales , et particulière^

ment sur St, Domingue, Toussaint^Vouveftare,

Empire d'HalH.

Les principes éê la Révolution française et dereeHe du Kord de I^Améritpie, et en génénrile» progrès de

la civilisation universelle et désolations du droit natu* rel présentaient un contraste frop«frappant avec l'état des colonies et particulièrement, avec l'esclavage des hommes de couleur, pour ne pas amener inévitablement tôt ou tard un changement dans cet état de choses» Le cri de la Liberté parti des bofds de la Seîne retentit avec force jusqu'aux iles des Indesoccidentales. Mais là lutte des factions dans cette dernière partie fut encore plus confuse qu'en France même. Blancs, Mulâtres, Noirs, partisans des intérêts la colonie ou de la mère-patrie , défenseurs des théories de l'humanité , amis de l'ancien ou du nouveau régime, les uns sans plan arrêté, les autres aveuglés par la passion , se livrèrent de bonne heure entre eux, soit pour leurs intérêts, soit pour leurs opinions y des co/nbats sanglants dont les succès furent balancés et^qui, long^temps, ne décidèrent rien. Le gouvernement et la /orce armée partageant l'esprit des factions qui divisaient la mère-patrie, étaient indécis dans les mesures et la direction qu'ils devaient prendre, et la perfide Angleterre toujours habile à taire tourner à son profit les malheurs des autres états ne manqua pas, surtout dès que la guerre eut commencé , d'attiser par ses menées astucieuses le feu de l'incendie qui venait d'éclater. C'est ainsi que sous les apparences séduisantes de la Liberté en perspective, une longue série de maux et de misères commença à fondre sur ces îles sur lesqudles là na-

ture &V$t plu à répandre ses dons les plus riches et que dévastèrent l'erreur et la folie humaines. r

L'assemblée constituante condescendant aux voeux des colons avait admis dans son sein, en qualité des membres de la représentation nationale six députés des colonies. Mais dans l'île même, se forma une assemblée coloniale particulière pour délibérer sur les intérêts particuliers des insulaires et sur la nou** velle constitution à établir dans llle. Mais la question sur le degré d'égards dûs aux voeux de l'assemblée coloniale et sur celui d'obéissance aux décrets du gouvernement français fit naître de nôuveltes divisions. Le sang coula. L'assemblée nationale publia des décrets rigoureux contre les colons. Mais les partisans de la liberté nationale, c'estiÀ-dire, de la domination des Blancs sur les hommes de couleur virent se soulever contre eux, non seulement les partisans du gouvernement colonial et du sol natal, mais encore les Mulâtres (Novembre 1 790). Ils les vainquirent, à la vérité^ dans les commencements et châtièrent cruellement ces rebelles, . < i

Alors* parut le fatal décret de l'assemblée nationale (i5 Mai 1791) lequel admit tous les hommes de couleur, nés de père et mère libres , à la jouissance de tous les droits de citoyen français et leur accorda surtout le droit de suffrage dans toutes les élections populaires. Aussitôt tous les colons résolurent de s'opposer à l'exécution de ce décret et organisèrent

byÔoogle

IMnsuHréctJoti. Le Gouverneur royal lai-ïjiiéfaé pôrut pencher r6j)posioil. Mais les Mu 1 ft t r e s, et ensuite ^éfs Wdirs coururent aux armés et le carnage ainsi (^xfe Ja guerre d'extemiination commencèrent (Août). -Mais le bruît répandu dans la colonie, que rassemblée 'rtàtionale effrayée des suites de cette révolté, avait rétoqué sou décret du i5 Mai (^4 Septembre) rendit le cbùrage aux Blancs et redoubla la fureur des hom- TOès de couleur*' La malheureuse contrée devint plus que jamais le théâtre de la guerre la plus acharnée. C'est ainsi que dans le nouveau monde ^ l'o p p o s itïoti de l'égoisme contre Thumanité, du droit histo- Wijiïlff'feôntre 1« droit naturel fut une source intarissable de calamités.

' A» lié s'agissait pas même de TaboUtion de l'es cl a- ^a^gô -proprement dît, — car la liberté n'avait nul* lemé^t été accordée aux véritables esclaves; — il n'était question que de l'égalité des droits entre lei hommes de couleur n é s 1 i b r e s et les Blancs. On se borna alissi dans rassemblée législative en France, à renouveler, en lui donnant plus de vigueur, le déçues évidemment équitable du ï5 Mai 1791 (4 Avril 1790)» Afin d'en assurer Texécution on fit partir pour St# Doitiingue un corps de troupes nombreux avec trois commissaires munis de pleins pouvoirs.

Mais l'effeiryeéeénce des esprits était à son comble; le rétablissement <}e la paix était impossible, et la longue fermentation des haines engendra enfin une

guerre à mort. Une Iroupe de Nègi^es furieux pénétrèrent au C a p - f r a n ç a i s, y massacrèrent tous les Blancs sans distinctinction d'âge, ni de sexe, pillèrent et incendièrent toutes les habitations. Le dégât fut évalué à 5oo millions de francs, De pareils désastres eurent lieu dans d'autres contrées; la famine et la fièvre jaune achevèrent la ruine de ce malheureux pays.

Les Anglais en guerre avec la France firent passer des troupes à St. Domingue ; mais les Noirs craignants de retomber dans l'esclavage leur opposèrent une vigoureuse résistanse, car la convention nationale venait de proclamer solennellement J'entière abolition de l'esdavage (4 Février 1794), déclaration qui força les égoïstes propriétaires de plantations à rechercher la domination de la G r a n d e - B r e t a g n e, tandis que les hommes de cotileur n'en furent que plus animés à sTy opposer de toutes leurs forces.

Secotîdé de ces esclaves brûlant de conquérir leur liberté VictorHugues député conventionnel avait maintenu de la manière la plus décisive la prépon^ dérance de son parti, dans les Tndes occidentales, jusqu'au moment, ou le Général anglais A berco nabi e vint feiîre • ime descente avec a5,ooo honnîmes et retabiir par la supériorité numérique les affai* rés de son pays (1796). Mais les Anglais échouèrent datisleuTs projets sur l'île St. Domingue, et ce fut principalement la bra^roure des hommes

de couleur, qui repoussa leur attaque et les força d'abandonner leur entreprise. Parmi ceux-ci se sig* naia surtout le Nègre Tousaain t-Lou vert ure par son courage héroïque et ses talents; aussi fut-il nommé par le Directoire exécutif de France Général en chef de St. Domingue.

Cet homme extraordinaire se maintint pendant plusieurs années ,de suite dans la jouissance d'un pouvoir presque absolu dans l'île, non seulement contre tous les partis opposés, mais encore contre les forces étrangères, La domination du gouvernement français, lequel ne pouvait plus Êiire parvenir de renforts , à travers les flottes anglaises, n'était guère plus qu'un vain nom. Il se forma donc ainsi un Etat deNègres lequel acquit de la consistance par la fermeté , la sagesse et la modération du gouvernement de Toussaint - Louverture. Les Blancs restés dans l'ile se félicitèrent de la domination de ce général qui avait mis un terme aux massacres et avait ramené l'ordre et la sûreté publique.

Bonaparte, alors premier consul de la Républiquemère convoita de nouveau, dans ces entrefaites, cette île précieuse, où Toussaint- Louverture, quoique n'exerçant l'autorité qu'au nom de la République, n'en régnait pas moins eu souverain indépendant. Les Anglais en évacuant par capitulation le Mol e- St, Nicolas où Jils s'étaient défendus le plus Ipng-

34i temps ^ s'engagèrent à respecter Ttle comme »p iiissan ce neutrec< (Mat 1798). Toussaint chassa ensuite du Cap-Français le Général français Hécl o u V i 1 1 e, qu'il déclara ennemi des Noirs^ et fit ensuite la conquête de la partie espagnole de l'île jusqu'à la capitale St. Domingue (1801).

Par les déclarations solenelles Bonaparte avait promis de maintenir la Liberté et l'Egalité des Nègres (1800); mais ceux-ci pour s'en assurer la possession se donnèrent eux-mêmes de leur propre autorité une constitution (Mai 1801) par laquelle ils nommèrent Toussaint-Louverture Gouverneur à vie et lui déférèrent le droit de désigner son successeur. Cette constitution confiait le pouvoir législatif (limité) à une assemblée centrale composée des députés du peuple. L'île restait partie intégrante du ten'itoire français, mais elle devait avoir sa légis* lation et son gouvernement particulier. La domination de la France cessait par là de fait.

A peine des préliminaires de la paix avec ï A ng le terre, que Bonaparte résolut de réconquérir St Domingue. Avant l'expiration de la même année ) où avait été proclamée la nouvelle constitution de la colonie, une flotte nombreuse sortit du port de Brest (Décembre 1801) pour transporter à St. Domingue 25,ooo hommes sous les ordres du Général Le clerc époux de Pauline soeur de Bonaparte.

Le^ Français débarquèrent (Février 1602)) après avoir fait répandre dans la coionie des pit>claiiiations pleines de protestations amicales et de promesses sé« dnisantes; mais les Nègros ne s*y tiei-ent point; ils incendièrent les places fortes qu'ils ne pouvaient dé* fendre contre un ennemi supérieur en nombre^ et se retirèrent dans leurs montagnes. Ils se défendirent avec la fureur du désespoir contre l'esclavage qu'oa tentait de rétablir sur plusieui*s points de llle. Cette guerre épouvantable réduisit l'armée française à la moitié de ses foinces. II fallut dès lors employer la Fuse au défaut de la force ouverte. On chem^ha par une réconciliation feinte à apaiser divei^s corps de troupes insurgés et leur& chefs, entre autres Toussaint lui-même et Christophe, un des génë^ma noirs les plus vaillants. Us mirent bas les armes. On leur promit de nouveau la lAberté et l'Egalité {Mai 180a).' Mais tOutnà-^coup les soldats de la République se saisirent de la pei^sonne du respectable Toussaint qu'ils chargèrent de fers. U fut transporté en France (i4 Juin) et mourut dans les cachots du château deJoux, pràs de Besançon (5 Avril i«o3).

Les Nègres outrés ée oette perfidie coururent de rechef aux armes; Dessalines et Christophe se mirent a leur tête. La fureur barbare avec laquelle on se battit de part et d'autre, pendant cette guerre, fit de cette ile un théâtre des massacres et

d'iticendi^s ; dans Tespace'de cinq moi% près: d^. 30,ooo Gombattants périrent par les» ar(ues ou vic-^ ttmes des ravages de la fièvre jaune* La renouyellet ment de la guerre avec T Angleterre Qt évappui^. les dernières lueurs d'espérance. Les faillie», déb^ri^ de Tarmée française se virent doqc réduUs k OonK dure aux Dessaiines une capitulation en vartu de laquelle ils évacuèrent l'ile'et se rendirent ensuite prisenniers de guerre à une escadre anglaise^ La ville de St. Domingue seule dans la partie espagnole de nie commandée par le Général Fer r and se maintint encore quelque temps , quoiqu'avec de pénibles efforts.

Les chefs de l'armée des Noirs proclamèrent alors Dessalines Gouverneur à vie d^Hajiti— nom primitif indien de St. Domingue — (i Janvier 1 8o4). Ce chef du gouvernement signala sa promotion par le massacre général des Blancs. Peu de tertips après — voulant singer Bonaparte — il se fit proclamer Empereur d'Haïti, sous le nom deJaquesI et publia une nouvelle constitution (aè Mai i8o5).

Il périt cependant bientôt dans une émeute ( i6 Octobre). Christophe se saisit alors des rênes du Gouvernement sous le titre 4e »Prjé«îdetit d'Haï ti« et ouvrit aussitôt les ports de l'île aux bâtiments neutres.

Contre ce président s'éleva un adversaire, le mulâtre Pét ion, qui après une guerre sanglante ^'établit

au Port-au-Prince tandis que Christophe fixa sa résidence au Cap^Français (1806, 1807). Les Anglais, dans ces entrefaites, se rendirent maîtres de la ville de St. Domingue (1809). Ils s'emparèrent aussi de la Mart iniqiic et de la Guadeloupe. Les Français perdirent toutes leurs possessions dans les Indes-occidentales.

L'île de St. Domingue se trouva donc partagée en deux Etats. L'un gouverné par le Nègre Christophe, qui, après avoir son pouvoir, ceignit le diadème royal sous le nom de Henri I (181 1), et prenant pour modèle l'Empereur des Français, établit dans son royaume un gouvernement presque tout-àfait militaire^et s'entoura d'une pompe asiatique, tandis que Pétion dans son état peuplé de Mulât res maintint les formes ré pu blicai ns.

Mais la guerre ne cessa d'exercer ses ravages entre les deux états» Cependant le rétablissement des Bourbons sûr le trône de France, menaçant d'un danger commun les deux états rivaux, les hostilités cessèrent. C'est ainsi qu'Haïti conserve son indépendance.

Après la mort de P é t i o n, le Général B o y e r lui succéda, par l'élection, en qualité de Président.

Détails historiques sur tEspagne, Manuel Goiloy Prince de

la Paix, Mésintelligences entre le Roi <t Espagne

et son fils.

Peu après la paix de Tilsit, Napoléon toiir^' rnenté de son insatiab]|^ soif d'agrandissement tourna ses regards vers FEspSigne et s'empara de ce royaume pour un acte de violence révoltant. Mais cette entreprise téméraire fut le point solsticial de son bonheur^ la première cause de sa chute. Le traité d'alliance de l'Espagne avec la France , signé à St. lldéfonse (lo Août 1796) n'était naturellement utile qu'à ceite dernière puissance. Le peuple espagnol gémis^ sait de cette dépendance et diversa toute sa haine sur le favori Manuel Godoy »Prince de la Paixtf aux vues perfides ou étroites duquel il imputait le mauvais état des afiaires en Espagne. Cette haine était méritée, car ce parvenu ne gouvernait l'Etat qu'au gré de ses nombreux et frivoles caprices, de son ambition et de son égoïsme. La nation dans sa débonnaireté ne se laissa point ébranler, par l'indignité du favori) dans sa fidélité et son respect pour le chef couronné, qui souriait complaisamment aux volontés du parvenu, et, à défaut de toute autre perspective, elle tourna ses regards vers l'héritier de la couronne, le Prince des Asturies Ferdinand en qui du moins, elle trouvait une analogie de sentiments dans la haine qu'il portait au P^4»ce de la

Paix. Elle voyait aussi avec satisfaction qiie Ferdinand nourrissait de profonds ressentiments contre la France. D'ailleurs Tamitié apparente delà maison royale et celle même du favori pour Napoléon , n'était que l'effet de la dissimulation et de la crainte, de l'ignorance des ressources ^ qui se trou* vaient dans l'énergie nationale, «et de la faiblesse, qui em|>échait de prendre une détermination vigoureuse. Lors du renouvellement de la guerre avec la Pr usse, Tespoir de la possibilité d'nn affranchissement reprit naissance dans les coeurs; des préparatife se firent à la bâte, et une proclamation appela le peuple à prendre les armes pour la défense de la patrie ^ de l'hoqueur et de la Religion.

Napoléon reçut le jour de la bataille de Jéua la nouvelle de cette proclamation à laquelle il était loio de s'attendre. De ce moment-là il conçut le projet de détrôner la Maison d'Espagne. Mais ce n'était point par la force des armes, c'était par les intrigues qu'il voulut obtenir ce résultat. Les dissensions intérieures de la famille royale , les divers partis à la cour, l'état pitoyable de l'administration, le royaume dans l'avilissement et l'abandon, tout coptrilniaît au sueoès de l'eutneprise.

Il feignit d'^abord de se laisse! fléchir par les excu «es du Prince de la paix ; il exigea néanmoins qu*o9 mk k sa i^«)^sition un corps de 16,000 fispagook pour rwfçccer ses armées dans le nord de l'Europe.

Ott souscrivit k cette demande , et l'élite de l'araiée espagnole abandonnant la Patrie à laquelle son secours était 8i nécessaire, marcha^ aoua les ordres de LaRoniana aux côtes de la B a 1 1 î q u e.

Napoléon avait rassemblé aux environs de Bayonne, vers Tautomne de 1807, une armée, en apparence contre le Portugal, dont l'attachement à l'Angleterre avait foiu'ni le prétexte d'amers griefs. Â la suite de quelques négociations les troupes françaises pénétrèrent en Espagne; elles étaient destinées à marcher contre le Portugal qu'elles devaient envahir conjointement avec les troupes espagnoles. Mais elles s'emparèrent provisoirement des forteresses espagnoles de Pampelune, S t. Sébastien, Figuières et Barcelone. On appaisa dans ces entrefaites le Prince de la Paix par un traité secret relatif au partage du Po r t u g al, signé à F o ntainebleau (27 Octobre). L'Empereur garantit en outre les possessions espagnoles sur la terre ferme en Europe, et promit de reconnaître le Roi en qualité d'Empereur des deux A m é r i qu es.

Dans le même temps un corps de troupes françaises s'empara du royaume d'£t r uvie^ g<»uvai*né alors, après la mc^rc de Prince de P^rAie éle^é par Bonaparte au rang de Roi , par la reine douairière en qualité de tutrice de son fUs encore mineur. Sans autre "fpnaœ de procès, on signifia à cette Princesse

Tordre de quitter le pays dont la domination avait passé à Napoléon (lo Décembre 1807).

La mésintelligence entré le Roi d'Espagne et son fils était^ dans ces conjonctures, parvenue à son comble, et les inquiétudes qu'inspiraient les actes de vk>lence journaliers de Napoléon , se multipliaient de jour en jour. L'Infant de TEspagne entra secrètement en négociations avec Napoléon. Mais le Prince de la Paix, ayant découvert ces intrigues, obtint subitement l'arrestation de l'Infant. Le peuple apprit avec étonnement et indignation, par une proclamation royale (3o Octobre 1 807) , que le fils pour monter au trône avait attenté aux jours de son père. Cependant le Prince de la Paix craignant que de part et de l'autre l'on n'en vint aux extrémités, ouvrit les voies à la réconciliation. L'Infant , dans une lutte pleine soumission, mais conçue en termes vagues, se reconnut coupable envers son père et son roi, et eu implora le pardon ( & Novembre ) , et le Roi lui pardonna publiquement.

La cour de Portug€U se réfugie au BrésU,

Révolution d'Jra^/uez. NégociaUons à Bayonne.

Joseph-Napoléon roi.

Dans ces entrefaites le destin décida du sort du l^or tu g al. Le Gouvernement de ce faible Etat re-

connut rimpossibilité de résister aux troupes fran*» çaises, qui s'avançaient pour envahir le pays. La cour prit alors une noble résolution ^ qu'elle avait méditée, mais tenue secrète jusqu'à ce-jour là—-. Elle quitta l'Europe (^^S Novembre) et s'embarqua^ sous escorte anglaise^ pour le Brésil, où elle mit son trône à l'abri des atteintes de la France. Presque au même moment où la flotte sortait de l'embouchure du Tage, le Général Junot à la tête de sou ar« mée entra dans Lisbonne (3o Novembre). Il fit aussitôt répandre une proclamation par laquelle il dé* clara: sque, par sa fuite, la Maison de Bragance, »ait renoncé au trône, et cessé de régner,«

Le Po r tugal se trouva donc ainsi au pouvoir de Napoléon. Mais les Espagnols , contre la foi du traité, furent presque entièrement exclus de la prise de posssesion du pays ; de nouveaux corps de troupes françaises pénétrèrent par divers chemins dans le coeur de l'Espagne; ils étaient commandés par M u r a t, qui s'avançait déjà vers Madrid ( Février 1808). C'est ainsi que cette orgueilleuse na^ tion, prise au dépourvu et hors d'Etat de se défendre vit son territoire envahi par l'étranger. Une voix unanime retentit dans toutes les provinces consternées, accu^nt d'imbecilité ou de trahison le Prince de la Paix.

Ce fayori reconnut, mais trop tard, qu'il était la dnpe des artifices de Napoléon, et que son réigoe

3So

ainsi que celui de son maître était fini. Il conseilla dèslors à la famille royale de fuir, d'abord dans le ftnài de l'Espagne et delà en A m é r i q u e. Le peuple voyant la fuite de son Roi décidée, et l'Espagne ibenacée du'sort du Portugal, se résolut a une résistaticé désesf)érée. Une sédition épouvantable éclata te j8 Mars à Aranjuez; le peuple en furie força le château, y accabla de mauvais traitements Todieux favori et eût fini par l'égorger, si le Princedes Asturies attendri par les pleurs de sa mère nt l'eût soustrait à là fureur populaire, en le faisant con* diiire, couvert de blessures, en prison, pour être livré aux tribunaux. Ce fut contre lui seul et ses plus intimes affidés qu'éclata Tindignation générale. L'épouse du Prince de la Paix, princesse de Bourbon, ainsi que le Roi et là Reine, que l'on ne regardait que comme entraînés par les séductions du fa^ vorî, ne furent nullement compris dans les malédictions dont lé peuple exaspéré chargea ce dernier. Cependant la frayeur s'empara du pusillanime monarque; il signa et ptibli^ dès le Iendehiain(i9 Mars) son abdication en faveur de son fils» Il protesta néanmoins deux jours après , contre cette abdication qu'il prétendit hii avoir été «arrachée de force* et la déclara nùfle et comme non aVenue (i Mars); mais le Prince des Asturies sans aucun égard à lÀ pfrotestatibn de son père se maintint dans son tître et BW et 6% son entrée à Madrid (ïi4 Mars)*

3Çi

Les troupes françaises commandées par Mural entrèrent alors à Madrid. Mais le Grand-Duc de Berg (Murât) refusa de recounaitre roi le Prmce de% Ahuries et annonça Tarrivée prochaine de Napo* léon à Madrid. On conseilla au Prince des A s tu ri es, dont le voeu le plus ardent était d'étré reconnu Roi dIEspagne par l'Empereur, d'aller jk la rencontre de ce puissant arbitre de ses destinées, qui était déjà en route pour l'Espagne, et de s'assurer ses bonnes grâces par cette manque de confiance. AbaH" donnant donc son peuplé, qui plaçait en lui ses espé* ratîces et ses affections, de même que les peuples de tous tes pays mettent toute leur confiance dans un nouveau roi, Ferdinand, dédaignant tout moyen de saint autre, que la faveur de Napoléon, franchit les limites de son royaume et se rendit àBayonne où son poiiissaAt et artificieux protecteur attendait ses victifiue» (ao Avril).

Après quelques feintes assurances d'amitié lors de là première entrevue avec Napoléon , Sa va r y sîg* nifia à Vlnfant, que la résolution irrévocatble dé ffim* pereur était d'écarter du trône d'Espagne la maison deBourbott;'et que Ferdinand devait en conséquence renoncer pour lui et sa famille à la couronne d'Es-î paf n é et des în des en faveur de la dynastie de Napoléon. '

Cette pf*bpolsï*ion révoltante fut vivement combat tue par le Prince et feés fidèles adhérents au notâbre

desquels le chanoine Escoïquiz et le ministre Ceval 1 os se signalèrent par leur esprit et leur cou* rage. Mais Napoléon fît venir à Bayonne le Prince de la Paix^ le vieux Roi et la Reine, ainsi que les Infants. Ferdinand fut appelé dans les apparte* uients de son père et en reçut l'ordre de lui rendre la couronne injustement et violemment usurpée, a peifie d'être, en cas de refus, traité comme émigré et traître à la Patrie. Le Prince effrayé de ces menaces se démit de la couronne, mais seulement à certaines conditions, et en appela au Grand Conseil de la Nation. Mais alors se répandit le bruit d'une révolte sanglante qui avait éclaté à M a d.r i d (2 Mai), à Toc* cation du départ des Infants , et que Murât vain* queur des rébelles faisait expier par de nombreuses exécutions. A cette nouvelle. Ferdinand déclara enfin solennellement qu'il renibiit sans condition à son père la couronne que ce dernier réclamait (6 IVfai).

Dans le même temps , et même un jour plustôt, Charles IV conclut avec Napoléon (5 Mai) le mémorable traité en vertu duquel il cédait à l'Empe* reur tous ses droits au trône d'Espagne et des Ind es, à la seule condition que le Prince, qui Napoléon placerait sur ce trône serait indépendant , et que la religion catholique serait la seule dominante en Espagne.' En compensation le Roi, la Reine, la famille royale et le Prince de la Paix eurent uii asile assure en France; on leur abandonna le château de Com*

ik

p i eg u e avec ses giboyeuse fiM*éfs ; on assigna au Roi un traitement viager de 5o millions de réaux palan ; à chacun des Infants une pension annuelle de 400,000 francs et Ton y joignit encore quelques domaines et d'autres revenues.

Peu de temps après cette transaction, les Infants signèrent aussi leur acte de renonciation (10 Mai). Le Roi avec la vieille cour alla s'établir à Compiegne, et le Prince des Asturies partit pour le château de Valençay.

Napoléon disposa ensuite du trône d'Espagne en faveur xle son frère Joseph, qui, à cette époque, régnait à N api es. (Il donna ce dernier royaume à loachim Murât, jusqu'aloi*s Grand-Duc de 6e r g etde Clèves. Ce dernier céda son Grand-Duché à Napoléon qui dans la suite (1809) le donna à son neveu, fils premier-né de Louis Roi de Hollande). On contraignit le Conseil de Castille à faire la de* mande du nouveau Roi, et les Grands d^£spsigne, les <lignitaires et les membres des Conseils de Castille et des Indes présents à Bayonne saluèrent avec soumission le monarque arrivé de Naples (8 Juin). Dans ces entrefaites arrivèrent de tous les pointsdu ro* yaume les membres de la Junte nationale convoquée à Bay o n ne, les uns élus pour les provinces^les vil* leset les corporations ; d'autres arbitrairement nommés par Murât. Cette Junte devait être de i5o membres; il ne s'en réunit que 90. La session s'ouvrit le 1 5

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