IV. a
Juin ; la Junte adopta unanimement , avec quelques amendements^ le projet de constitution qu'on lui présenta er qui étail calquée sur le système représentatif. I^ Roi et l'assemblée jurèrent ensuite la nouvelle loi fondamentale; les membres de la Junte se saparèrent et le Roi se mit en route pour FEspagne.
^ La nation espagnole se relève de son abaissement.
Bataille de Baylen»
Napoléon crut son grand oeuvre consommé, et cependant ne ce fut que dès lors que le danger commença. La maison royale était abattue^ mais la tia^ tion ne Tétait pas. Bonaparte ne s'en inquiéta guéres , accoutumé qu'il était à faire peu de cas des peuples j mais cette insouciance finit par lui coûter cher.
La nouvdle des événements de Bay on n e fit naître dans les cœurs espagnols le sentiment de la honte et celui de la vengeance. Ce fut moins Taffection pour la maison royale^ que la haine de la dominatk») étrangère^ et Vm^giieil national révolté d'un joug imposé par la force, ainsi que l'outrage fait à la fàmilk royale , considéré comme personnel à la nation en* lière^ qui allumèrent dans tes âmes l'ardeur des corn* combats et la répandirent dans toutes les provHWW de ce vaste roj^uiaet.
Le jour même où Napoléon nomma son frère roi i*Espagne, la Junte de Sévil le déclara la guerre à usurpateur; et le jour de l'entrée solennelle du roî [oseph à Madrid (^o Juillet) fut celui de la bataille de Bay 1 e n, qui porta le premier coup à la dominarion française. A compter de ce moment la nation espagnole combattit pendant six années de suite oontre les forces redoutables de l'oppresseur du monde entier, et combattit, à la vérité, avec désavantage dans quelques rencontres particuliers, mais en géiié- ' rai, elle resta invaincue et sortit même victorieuse de la lutte. Elle brava le vainqueur des rois et remporta de prix de la résistance désespérée, en reconquérant l'indépendance du royaume.
Mais le prestige sous lequel le tableau de la guerre d'Espagne — dans les temps de ^exaspération contre l'ennemi commun — se présentait à nos regards s'est maintenant dissipé. L'exaltation des esprits s*est modérée par le calme de la réflexion, et les faits récents ont à jamais terni la gloire des feits antérieurs. Les motifc de cette guerre, son caractère et celui de cette nation se voient à présent dans un jour plus lumiwwx, et la guerre de i8a3 a détruit tous les trophées ^ cette lutte de 6ix ans, et fait disparaîtV'e jusqu'à Ift dernière tra^e de l'admiration et de l'af fection, qtie *w» avions vouée à ce peuple pour seâ précédente
Gettd cofadAmoatioQ ne doit cependant par fr^f)^^
23*j00gle
les hommes généreux , qui donnèrent , soit Fimpulsion, soit la direction au grand mouvement, les amis éclairés de la Patrie, brûlants d'ardeur pour la Lil!{erté et le bon droit, héroïquement dévoués à des idées mâles, mûrement approfondies, ces hommes d'un caractère énergique, éminemment élevés au dessus, de la bassesse vulgaire qui l'es environnait. Le cette condamnation doivent être exceptés Palafox, Mina, LaRomana, Porlier, Don Juan Martin (el Empecinado) et d'autres chefs et soldats également estimables, dont le courage héroïque brava le vainqueur de l'Europe et sut inspirer à la multitude l'ardeur des exploits. Le même tribut d'éloges est pareillement dû aux généreux auteurs de la constitution de r î 1 e d e Léon, sous les auspices du ce* lèbre Augustin Arguëlles, lesquels au milieu du fracas de l'écroulement de la monarchie espagnole, isolés dans un coin de terre, méprisés du vainqueur arrogant , objetà de la compassion du reste de l'Europe déplorant en eux des victimes vouées à une perte inévitable, conçurent la sublime idée de fonder, pour leur Patrie encore à reconquérir, une constitution adopté à l'esprit du temps , d'élever un boulevard pour la défense de la Liberté et des droits des générations à venir, et de garantir la gloire et la prospérité fûitures de l'Espagne. Rendons la même justice à la très-nombreuse multitude d'Espagnol de toutes les classes, mais principalement du 'Tiers-
état, qui animés de l'esprit du temps et dociles à la voix des che& dont ils avaient saisi Tidée, marchaieift avec enthousiasme sur leurs traces, dans une lutte qui ne présageait que des sacrifices. Mais les uns et les autres ne formaient que la faible minorité de la Dation. Ce n'est point d'après eux que nous pou* vont juger et apprécier la totalité de la nation. Ils appartiennent en général plutôt à l'Europe cru au temps actuel qu'à l'Espagne; de même que LaFayette, Lanjuinaîs, Carnot, Foy avec tous les hommes de leur opinion en France, rAr« chiduc Charles, Wurmser, le Duc de Brunswic-Oels, Schill, Lutzow, de Stein et Ârndt avec leurs adhérents en Allemagne ont droit à Fadmiration et à l'affection y mais ib ne chargeront point l'opinion générale quant à la prédominance de rinlêrêt personnel, ni la servilité ou la petitesse d'esprit de leur nation et de leur temps.
Cependant ni l'enthousiasme des esprits bien intentionnés, ni le zèle servile des individus méprisables n'eussent sauvé l' E s p a g n e, sans le secours de l'Angleterre, et la nouvelle guerre de l'Autriche et si Napo léon, dans les commencements, n'avait envoyé des forces insuffisantes dans la péninsule pyrénéenne.
A la réserve du terrain occupé par les corps d'armée des Français, l'insurrection s'était rapidement propagée dans toute l'Espagne. Soldats et citoyens
se liguèrent pour la cause commune. Dans toutes ]fs provinces et dans les communes les plus populeuses se formèrent des Juntes, pour organiser les masses du peuple. La Junte de S e v i 1 1 e s'érigea en Junte supérieure et se saisit de Tautorité suprême dans le gouvernement.
Les Français se virent donc tout-à-coup environnés d'etraemis. Â peine le Roi Joseph eut-il mis le pied sur le territoire espagnol, que la Navarre, l'Estremadure, l'Ârragon, les deux Castilles, la province de Léon, lesÂsturies, la Biscaye et laGallice s'insurgèrent. Bientôt après, cet exemple fut suivi, mais avec plus de violence encore , par les provinces du midi : le bruit de la guerre retentit d'une extrémité du royaume à l'autre.
Les troupes insurgées en Aragon étaient commandées par le vaillant JosephPalatox; celle de l'Andalousie par Castan nos; le héros à cheveux blancs La C u e s t a était à la tête des troupes dans les A s t u r i e s et la G a 1 U c e. Celui-ci essuja une défaîte entière à M e d i n a d e 1 R i o s e c co (i4 Juillet i8o8), par suite de cette bataille Léon se trouva conquis avec tout son territoire et le Roi Josep h fit son entrée solennelle à Madrid (ao Juillet),
Des nouvelles fâcheuses vinrent cependant troubler la joie de cette faite triomphale. Le corps d'armée commandé par Dupont et sorti do M a d r i d pour
msH^^her contre rAiulalousie, uiéf)risaat Tennemi qu*il croyait trop faible, gravit les sonmiets de lu Sierra- Mo r e n a, travei-sa témérairement le G u adalquîvir, pilla Cortloue et emporta de vive force le camp retranclié de J à en. Mais tout à l'entour ne tardèrent pas à se rassembler les masses espagnoles altérées de vengeance. Dupont coounença trop tard sa retraite. Après une tentative désesfiérée pour se faire jour au travers des Espagnols, Dupont lut contraint de se rendre prisonnier de guerre avec tous les siens (20 Juillet); seize mille Français mirent bas les armes.
De plus grands revers sont souvent restés sans suites importantes, La bataille de B a y 1 e n fut cause que N a p o I é o n perdit l' Ë s pa g n«» Ce n*est point la perte en hommes , c'est Teffet moral , produit par cet événement, qui amena ce résultat décisif.
L'Angleterre se sentit alors plus disposée aussi à secourir les Espagnols ; elle leur 6t passer des subsides^des armes, des munitions de toute espèce, et fit débarquer plusieurs corps de troupes, tant en E spagne qu'en Portn ga 1.
Mais les Espagnols virent avec une joie bien plus vive arriver l'armée de La Romana, qui profitant de sa position en F ion ie avait surpris à l'iraproviste la forteresse danoise deNyeborg(9 Août), et s'était lernise en liberté en s'embarquant sur des vaisseaux anglais. Dix mille hommes faisant partie des trou-
pes d'élite^ que Napoléon avait enlevées au sol natal pour les opposer aux Suédois, arrivèrent ainsi aux cotes d'Espagne; huit mille autres restés dans Tile de Seeland furent alors désarmés par les Danois et envoyés prisonniers en France.
Par suite de la défaite de Bay 1 en^ lé Roi Joseph avait aussitôt quitté la capitaie menacée (i Août) et continué sa retraite jusqu'à Y i 1 1 o r i a» Par suite de cette retraite Sarragosse se vit débloquée. Depuis le commencement de Juillet cette place importante, dans laquelle Palafox s'était jeté avec îo,ooo hommes était pressée par un siège opiniâtre. La résolution, la fureur des assiégés rappelle les temps de Numan ce, ces jours de gloire des vieux temps. La retraite du Roi Joseph fit lever le siège (i5 Août); l'Europe partagea l'allégresse des habitants de la ville délivrée.
Vers le même temps les Français perdirent le Portugal* Les Anglais commandés par We lies ley et réunis avec les insurgés portugais s'avancèrent versLisbonne et remportèrent à Vimiera une victoire complette sur le maréchal Junot (Ducd'Abrantès) (a i Août). Le résultat de cette victoire fut la capitulation de Cintra (3o Août) en vertu de laquelle l'armée française fut renvoyée en France sur des vaisseaux anglais ; et tout le Portugal resta au pouvoir des Anglais. Une (lotte russe de neuf vaisseaux de ligne, qui croisait à Tembouchure du T âge
sous les ordres de TÂmiral SiniavinsevU également contrainte de se rendre. A comter de ce moment les Anglais eurent un point d'appui solide pour leurs opérations stratégiques dans la péninsule.
Seconde période de la guerre. Congrès ^Effurt, Troisième période. L'état' des affaires empire en Espagne.
A la nouvelle de ces revers Napoléon rassembla une nouvelle et bien plus formidable armée et i*ésolut d'aller en personne éteindre l'insurrection eu Espagne. Afin de soulager la France, les peuples de ritalie et de l'Allemagne furent prêts ou contraints à envoyer leurs fils au delà des Pyrénnées pour prendre part à cette lutte fatale. I>es pères et les citoyens des contrées de l'Allemagne virent avec douleur partir leurs fils et leurs compatriotes pour aller dans ces régions lointaines aider à subjuguer un peuple infortuné ou courir à leur propre perte. Cette époque fut celle du plus profond abaissement de l'Allemagne.
Mais avant de s'engager dans la guerre d'Espagne Bonaparte eut soin de couvrir les derrières de son armée en s'alliant plus étroitement avec la Russie. Depuis la paix de T i 1 s i t l'Empereur Alexandre fietait déclaré — soit de bonne foi, soit par dissimu-
latioii — raïui, et même l'allié île Napoléon. Il lui abandonna la domination dans le Sud et FOoiies t de^ l'Europe, se réservant les conquêtes à faire au n o r d et à r e s t. On ne fit aucune objection lorsque Napoléon s'empara du Portugal et renversa le trône des Bourbons en Espagne, mats on s^attendait à une réciprocité de déférence pour la conquête de la Finlande qu'on voulait arracher aux Suédois pour celle de la Moldawie et de laVa- 1 a c h i e qu'on méditait d'enlever aux Turcs.
Pour cimenter cette alliance les deux TEmpereurs concertèrent une entrevue à Erfurt (du 28 Septembre ^ au 14 Octobre). Elle eut lieu avec un pompeux appareil aux yeux de l'Europe allarmée. Les destinées du continent semblaient dépendre de l'accord des deux arbitres dépositaires de la toute -puissance. L'Angleterre se plaignit hautement de la fausse politique de la Russie. Les gens de bien de tous les pays étaient dans la consternation.
Les conférences d' Erfurt furent au commencement ensevelies dans les ténèbres du mystère. Cependant ce qui en transpira dans la suite^ et ce qui en résulta justifia la conjecture qu'elles précisèrent et cimentèrent les conventions amicales déjà concertées à Erfurt, et que ces conférences avaient pour but principal de faire reconnaître la nouvelle dynastie en Espagne, et que de son côté la France ne s'oppose-
rait pointa ragraudissement de la Eiissie du côté du nord et de Test.
Napoléon fondit alors avec toutes ses forces^ur la malheureuse. Espagne. 200,000 combattants venus de France et des états de lu confédération accoururent au secours des faibles restes de la première armée qui forte à peine encore de 40)000 boulines se maintenait difficilement sur la rive gauche de TEbre, contre 1 5o,ooo Espagnols , auxquels s'était jointe l'armée auxiliaire anglaise commandé par le Général Moore; à ces forces se réunit en outre une levée en masse d'un demi -million de milices bourgeoises que la Junte centrale avait appelées à la défense de la Patrie.
Peu de temps après le départ 4t|i Roi Josepb de Madrid s'était formée à Aranjuez une Junte centrale composée des députés des diverses Juntes provinciales ; l'autorité de c^tte Junte ceptrale était cependant contestée en partie par le Conseil de Castille, en partie par quelques Juntes de provinces.
Cette campagne ne tarda pas à être terminée. Quelques combats décisifs ■ suffirent à Napoléon, ce grand^maître dans l'art de la guerce, pour abattre l'ennemi. Il battit d'abord le centre de l'armée esl>agnole à G a m o n a 1^ près de Burgos ( 1 o Novembre), et presque en même temps à Espinosa (10 et 11 Novembre) l'aile gauche ou l'armée de Galice qu'il
anéantit presque totalement Peu de jours après (a3 Novembre) Taile droite subit le même sort à Tudela; après ces succès le dernier boulevard de Mad^ridy Timportant défilé de Somo sierra fut em« porté de vive force (3o Novembre) , et la capitale se rendit par capitulation (4 Décembre). La Junte supérieure se retira à T o 1 è d e.
Plusieurs défaites dans des combats postérieurs convainquirent les Espagnols de la supériorité des armes françaises dans cette grande guerre. Les Fran* çais n'éprouvèrent que dès pertes partielles, dans des escarmouches et des embuscades, par les Guérillasy bandes mobiles, qui attaquaient subitement à Timproviste et qui disparaissaient avec la même promptitude.
Dans ces entrefaites Tarmée anglaise, forte de 3^^000 hommes', passa du Portugal en Espagne, pour seconder les efforts de ses alliés. Mais à Tépoque de son arrivée à Salamanque (i3 Novembre), ceux-ci venaient d'essuyer une défaite décisive. N apoléon, transporté de joie, partit aussitôt de Madrid pour marcher jk sa rencontre (22 Décembre) ; mais Moore se hâta de "se retirer vers la Co rogne. Cependant Bessières et Soult l'atteignirent et après un combat sanglant livré à ce dernier les Anglais se rembarquèrent (16 Janvier 1809). Moore murut de ses blessures. Quelque temps auparavant les Français avaient de nouveau mis le siège devant
Saragosse (Décembre 1 808). Après une résistance désespérée et à jamais mémorable , cette cité jonchée de ruines et de cadavres, tomba enfin au pouvoir d'un ennemi trop supérieur en nombre (ai Févritr i8o9>
Cependant Napoléon méditant ses projets contre l'Autriche avait quitté l'Espagne afin d'aller dans ses propres états £aire ses dispositions pour la nouvelle lutte, qui allait s'engager. Telle fut la fin de la seconde période de la guerre d'Espagne.
A peine Bonaparte eut*il fait son entrée à M adrid qu'il cassa le Conseil de Castille et le tribunal de l'Inquisition, abolit les droits iéod aux ainsi que la gène des corps de métier, et réduisit d'un tiers le nombre des^ monastères (4 Décembre). Mais le bien résultant de ces édits fut me*
connu de la masse du peuple, et les hommes éclairés le rejetèrent comme étant le bien£siitd'itn ennemi. Cependant Joseph fit sa second entrée à Madrid {m Janvier 1809); et son parti s'accrut d'un nombre assez considérable d'hommes rampants ou sans caractère, et même de patri^ytes^^iui, pénétrant dans l'avenir sentirent le besoin d'un nouvel ordre de choses, pour relever la monarchie abaissée.
Sept corps d'armée restèrent aussi en Espagne après le.départ de Napoléon* Le Maréchal Jour dan avait le commandement en chef, sous les auspices du Roi Joseph. La guerre se continua avec aiccès, quoi-
que avec moins de vigueur; mais chaque défaite augmentait la fureur des Espagnols; les vainqueurs de leur côté iriîtés de l'opiniâtreté de la résistance et pfais encore de mainte trahison et de maint guetapens redoublèrent de sévérité et de barbarie.
Dans ces conjonctures de jour en jour plus pénibles, il ny eut que les secours de la Grande-Bretagne, qui soutinrent la cause des Espagnols. Au commencement de l'année ( i4 Janvier) le Secrétaire d'état C a n n i n g , et l'ambassadeur espagnol A p od a ca, à fx)ndres, signèrent un traité d'alhance ot&nfensive et défensive entre les deux états , lequel assurait à l'Espagne l'assistance puissante de l'Angleterre. ftB corps auxiliaire anglais, qui, après s'être embarqué à laCorogne était rentré en Angleterre, revint avec des renforts, sous le commandement de Wellesley, et pénétra en Espagne conjointement avec des auxiliaires portugais et des troupes espagnoles venues de Portugal. Cette armée, après le combat le plus acharné, remporta une victoire brillante à Talavera de la Reyna^ dans la nouvelle Gastille (a7 et a8 Juillet). En mémoire de cette victoire k Roi d'Angleterre conféra à Welle s le y le titre de Vicomte Wellington deTalavera.
Cette ^victoire cependant n'eut |)as de suites impor« tantes» tes armes françaises regagnèrent bientôt le deasus^ et le snoces de ht guerre <£ Autiicbe provqite* menf ^ t^mittiée aeheina. d'aissnrer cette prépondl^ance.
Aussitôt après la conclusion delà paix de Vienne (i4 Octobre) Na|'K>léon avait envoyé de nombreux corps de troupes en Espagne. Soult, entre les mains de qui Jour dan avait remis le commande'' ment en chef surpassait de beaucoup son devancier en activité et en connaissances militaires. La puis^ sance des Français s'affermit alora aussi dans le Sud. Les défilés dangereux delaSierra-Morena n'arrêtèrent point la marche des armées françaises (Février i8io% La junte supérieure se retira dans l'ile de Lé on. Cependant Cadix bravait les efforts de l'arrogant ennemi. I^'armée anglaise sous Wellington et Beresford fut bientôt pressée aussi par Massena. Les Français envahirent le Portugal.
Le Roi Joseph organisa alors administration civile et militaire du royaume. Irrité de fanatisme desmoi-*» nés et des séditions fréquentes des provinces il avait déjà supprimé les ordres de religieux-mendiants dans toute rétendue JÊt l'Espagne (i8 Août 1809). Les propriétés des monastères furent confisquées au profit de l'état. Des décrets rigoureux fiirent publiés contre les pères dont les fils servaient dans les armées de la Jante. De graves peines pécuniaires, la déten*» tidn et la confiscation des biens furent prononcées contre eux et leurs enfants.
Dans le cours cte l'année 181 1 les armes françaises mainti^rem leur stipéi*iorité, malgré tous les e£R}rts
des Espagnols et quelques revers. Le Maréchal jSucbet s'illustra surtout par des brillantes faits d'armes. Napoléon pour le recompenser le nomma Duc d'Albuferra.
Les Espagnols cependant ne se laissèrent point abattre par tant d'infortunes. Les guérillas n'en combattirent qu'avec plus d'audace; divers succès obtenus compensèrent quelques échecs»^ * Pendant ce temps Cadix soutint avec fermeté un siège opiniâtre. Il est vrai que les A n g 1 a i s échouèrent dans la tentative de débloquer la ville en faisant une descente àAlgésiras. Cadix cependant ne se rendit f)as.
Quatrième période de la guerre, Gortès eMraordbuUres. Nouvelle constitution. Ficioires de ^ellington^
La guerre de Russie, qui éclata aà iSiafut le commencement d'une période plus heureuse pour l'Es* pagne* La France fit marcher plusieurs corps d'armée vers le Nord ; les envois de renfort en Espagne cessèrent. Il y eut en outre une cireonstance bien plus importante encore eu faveur de l'Espagne; c'est que la situation des affaires avait éprouvé un changement essentiel daûs l'intérieiu* du royaume.
Déjà vers la fin de 1809 et grâces au zèle actif de
LaRomanà, la Junte supérieure avait promulgué un décret^ qui convoquait les Cor tés du Royaume pour le commencement de Tannée suivante } résolution d'autant plus sage et plus nécessaire que la Junte eHe-méme par la faiblesse, Tirrésolution, et l'inquiet égoi'sme de la plupart de ses membres avait encouru le mépris public,
L élection des Cortès, dont le réunion fut remise au 10 Mars, eut lieu dans toutes les provinces du royaume, malgré la présence des troupes françaises. Les députés aux Cortès furent nommés à raison dVn pour 5o,ooo habitants , par des électeurs librement choisis. On fit venir aussi des députés des colonies de l'Amérique et des îles Philippines^
Diverses circonstances retardèrent jusqu'au 24 Septembre 1810 l'ouverture de l'assemblée des »C or t'es générales et extraordinaires«; mais une nouvelle vie se répandit dans tout le royaume, dès louverture de la session. Le caduc édifice de la monarchie espagnole, battu par les vagues de la révo- Ilition , ne pouvait plus se soutenir sur ses vieilles ba-* ses frêles et dégradées. Sa chute était inévitable à moins d'un nouveau principe de vie, d'un rajeunissement de système. Telle fut la tâche, que s'imposèrent les composées de représentants de la nation, librement et heureusement élus, portés pour le bien, animés de Tamour dé leur pays et sacrifiants à sa cause leur iq*
térét personnel ; et ils s'acquittèrent de cette mission avec autant de succès que de gloire.
Et quel fut le nouvel esprit , qui , évoqué par les Cortès ranima de son soufQe rajeunisseur le corps décrépit de TEtat? Quelle puissance effectua glorieux sèment ce que n'étaient plus en état d'opérer, ni Torgoeil national — abattu par tant de défaites — ; ni lemonachisme — alors brisé et foulé aux pieds — ; ni la gra ndesse, dont les membres encensaient servilement le nouveau trône? Quel ressort nouveau remplaça le levier usé de l'ancien esclavage? Ce fut la Liberté dont l'appel exerça naturellement son influence séductrice sur les coeurs généreux et qui retentissant parmi la masse du peuple même (semblable à la lyre d'Orphée, qui attirait les animaux les plus sauvages) rallia sous le même drapeau tous les amis de la Patrie, résolus de la défendre au prix de leur sang.
Conformément de l'esprit de cette Liberté les Co rtès dès l'ouverture de leur session proclamèrent le droit de réclamer le redressement des griefs, le droit sacré de la p u b 1 i c i t é dans l'administration de l'état et celui de la liberté de la presse, le plus important de tous les droits, sans lequel toutes les autres concessions ne sont qu'illusoires; droit que tous les hommes bien pensants et éclairés aiment et r^[ardent comme le premier des biens; objet de haine et d'e£froi pour les méchants et pour ceux redoutent les
les progrès de lumières; condition essentielle d'un gouvernement juste.
À la suite de ces actes préparatoires les CJortès or* ganisèrent une nouvelle régence composée de trois membres investis de la confiance de la nation; ce furent Black e, Agar et Ciscar. Ces nominations valurent aux Cortès de nombreux témoignages de re« connaissance et d'attachement de la part des amis de la Patrie.
Tandis que les Cortès s'occupaient de la rédaction du projet d'une nouvelle constitution, Ferdi« nand YII à Valançay multipliait les démonstrations de soumission à l'égard de l'usurpateur de Hapoléon, exprima même le désir de devenir son fils adoptif, et confirmait ainsi de plus en plus sa renonciation au trône d'Espagne. Une telle conduite relâcha aussi les liens qui unissaient à lui le peuple espagnol.
L'oeuvre de la Constitution s'acheva; malgré ses défauts ce fut un monument digne du temps mémorable ou elle vit le jour. Assez conforme quant aux principes à ceux, qui avaient dirigé l'assemblée constituante en France, elle avait, de même que la constitution de 1791, deux imperfections graves qui renfermaient le germe d'une destruction difficile à empêcher. Le pouvoir exécutif, d'après cette constitution, était trop restreins, et l'article, qui s'opposait à ce que les membres d'une assemblée des Cortès fus-
sent réélus pour rassemblée suivante enlevait à la représentation nationale tout moyen de persistance dans la direction , et à la nation la continuation de Tappui de ses plus habiles et plus zélés représentants, qu'elle avait intérêt à conserver, au lieu de s'en priver par une exclusion imprudente.
La nouvelle constitution fut promulguée et jurée (18 et ao Mars); et l'assembléo, des Cortès régulières fut convoquée de suite pour l'année suivante. Les Cortès établirent encore une nouvelle régence de cinq membres sous la présidence du Duc de l'Infantado et d'un conseil d'état composé d'hommes éclairés et fermes dont l'utile activité se fit ressentir dans la prompte amélioration de toutes les branches de l'administration.
Mais cette constitution des Cortès, incontestablement valide de droit, quant à son origine, sa substance et son acceptation fut encore surabondamment reconnue telle par les puissances étrangères. Non seulement la Grande-Bretagne, mais encore — ce qui est remarquable à caute de la guerre de iSaS — la Russie reconnut solennellement cette constitution comme conforme à l'esprit des traités. Dans le troisième article du traité d'alliance, que l'Empereur de Russie conclut à Yeliki- Luki, avant le commencement de la guerre entre la France et l'Espagne (ao Juillet i8ia) se trouvent les expressions suivantes : >xSaMajestér£mpereur
ude tonts les Russes reconnaît la légalité »des Cor tes généra les etextraordinaires, «maintenant asssemblées à Cadix, ainsi »que la constitution qu'elles ont rédigée »et app rouvée.«
Le premier échec décisif qu'essuyèrent les armes françaises en Espagne eut lieu à Sala manque {12, Juillet 1812) où Wellington battit complètement le Maréchal Marra ont qui' s'avançait vers le Portugal. Par suite de cette bataille le Roi Joseph quitta Madrid et Well i ng ton 6t son entrée dans cette capitale (12 Août). La nouvelle constitution y fut aussitôt proclamée et jurée.
L'honneur des armes françaises se soutint contre les forces alors supérieures des ennemis y par les ta* lents et l'intrépidité des généraux français, et principalement de Soult revêtu du commandement en chef, et de Su ch et, le vainqueur de Valence. Les Espagnols de leur côté, combattant sous des généraux à-peu-près indépendants, jaloux l'un de l'autre et plus jaloux encore du Général étranger Wellington éprouvèrent tous les désavantages résultant du défaut d'unité dans les opérations.
Le corps d'armée française réunis marchèrent de nouveau vers Madrid. Wellington après avoir perdu considérablement de monde dans des assauts inutiles sur la citadelle de Bu r go s, se retira en
Portugal, et le Roi Joseph rentra dans tes murs de sa capitale (a Novembre).
Les Cortès avaient, dans leur sagesse, conféré a Wellington le commandement en chef de toutes les armées espagnols (2 5 Septembre). Cette mesure avança le moment de la crise. I^a Grande-Bretagne re(]publa d'efforts ^ tandis que les Cortès mirent sur pied toutes les forces de la nation espagnole et qu'outre les corps d'armée de nombreuses guérillas augmentaient les embarras des Français. Le vaillant S ouït fut appelé avec 25,ooo hommes dans le Nord de l'Europe par Napoléon (Mars i8i3); après son dé part le Maréchal Jourdan reprit le commandement en chef; mais la mauvaise étoile continua de le poursuivre. Les Français avaient perdu la plupart des positions littorales ; ils ne taidèrent pas à abandonner .Madrid, se retirant de plus en^^lus vers le Nord. Ce ftit alors que se livra près de Vittoria la mémorable bataille (21 Juin 181 3) qui mit fin auitoalheureux règne deJoseph. Wellington, Hill etGraham conjointement avec plusieurs généraux espagnols anéantirent pendant et après la bataille, le gros de l'armée française. Les Français en fuite vers Pampelune furent encore battus sur ce point, et après avoir traversé la vallée de Roncevaux arrivèrent couverts de blessures et découragés sur le sol natal. Le Roi Joseph ne revit plus l'Espagne.
Napoléon envoya de nouveau le Maréchal S oui t
en Espagne avec So^ooo hotDmes de troupes fraîches. Mais ce Général fut vaincu par Wellington dans la bataille dite des Pyrénées, laquelle dura trots jours (a8 — 3o Juillet;; Ensuite les plUces fortes de St. Sébastien et de Pampelune capitulèrent après une i^ésistance opiniâtre (9 Septembre et 3i Octobre;.
Détailif historiques sur V Amérique ^ et particulièrement sur U Nord de cette partie du monde.
Quoique les projets de Napoléon sur l'Espagne eussent échoué^ l'invasion des Français dans cette péninsule n'en avait pas moins eu des résultats immenses tant pour l'Espagne elle-même, que pour ses vastes colonies en Amérique. Le peuple espagnol éprouvé par les souffrances et les dangers s'était formé aux vertus mâles, qui sont la condition essentielle de la liberté. L'admirable l'élévation de sentiments, qui brisa lejoug de l'autocrate et qui donna soudainement à l'Espagne un gouvernement représentatif en fut le premier fruit, qui, à la vérité, a été violemment détruit avant d'être parvenu à sa maturité, mais qui n'en a pas moins laissé un germe, qui se développera tôt ou tard.
La fuite mémorable du Prince régent de Portu-
gai aufirésil (1807, Novembre) avait déjà donné, en Amérique, Timpulsion à un déploiement de forces supérieures. Elle fut aussi la cause indirecte de la séparaMon, qui eut lieu dans la suite entre le Brésil et le Portugal, et par laquelle le Brésil sVrigea en empire indépendant. La guerre de Napoléon avec la péninsule contribua encoi;^ plus immédiatement à l'affranchissement de l'Amérique espagnole.
H est vrai, que même avant cet événement le génie de la liberté avait lança quelques étincelles parmi les peuples du Sud de l' Â m é r i q u e. Encouragée par l'Angleterre la province de Buenos-Ayres avait secoué le joug de l'Espagne en 1 806 et proclamé son indépendance; cependant la domination de l'Espagne s'était bientôt rétablie, au moins de nom. Les provinces de C a r r a c c a s et deVeue- 2uela avaient presque en même temps fait quelques tentatives pour Taffranchir, à l'exemple de Buenos-Ayres; mais leurs efforts étaient restés infructueux.
Mais les changements que subit le trône en Es^ pagne donnèrent un élan plus sublime aux idées de Liberté que la révolution française avait répandues dans le monde entier. La nouvelle domination, c'està-dire, celle de Napoléon ou des Français était détestée ; on était habitué à regarder la maison royale d'Ëspagae comme maîtresse du pays et des
habitants et l'on avait pour elle un attachement d'instinct. La nouvelle domination , quoique les grands dépositaires du pouvoir envoyés par le Roi d'Espagne ne négligeassent rien pour là faire respecter, n^en était pas moins , aux yeux du peuple tra* vaille par les moines, un objet d'exécration* Mîiis d'un autre côté , l'autorité légitime en Espagne per-^ dait aussi de sa iorce par les victoires de Napoléon* Alors commencèrent àCaraccas, Santa Fé de Bogota et dans toutes les grandes vielles de la vaste étendue de pays (précédemment appelée Terra firma et maintenant Colombie), de même qu'à Carthagène, Quito, St. JagodeChili, Buenos- Ayres et au Mexique^ ces mouvements si féconds en résultats , qui d'abord n'eurent pour but , que la défense du pays contre des invasions prochaines, mais qui amenèrent ensuite la séparation totale d'avec la mère-patrie , ainsi que la conquête de l' i n d é p e n* dance, c'est-à-dire, le rétablissement des droits de rfaumanité jusqu'alors trop dédaignés en Amérique.
Portons maintenant nos regard»- vers le Nord de l'Amérique* . Depuis la paix de 1 783 qui confirma l'indépendarice de l' A m é r i q u e s e p t e n t r io n a le, jusqu'à l'jépoque de la Sainte Alliance^ c'est-à-dire, dans l'espace d'une seule génération , une population dé trois millions d'individus s'est élevée à dix millions et l'Etat, composé d'abord de treize provinces, en contient maintenant vingt-deux. Malgré les ob-
stades qu'opposaient la rigueur, l'humidité ou l'iosalubri|é du climat, le nombre des habitants s'est accru de cette manière prodigieuse par les bienfaits de la liberté et d'une sage législation. L'£tat de l'Europe s'empirant de jour en jour devint aussi une source continuelle d'émigrations qui concoururent à l'accroififiement de la population américaine, en attestant la situation déplorable des choses dans le monde ancien-
L'agriculture, l'industrie, le commerce, les forces de l'état et l'aisance des particuliers augmentèrent dans la même proportion que la population. Les arts et les sciences fleurirent également et la dignité morale essentiellement basée sur la Liberté mit le comble à la gloire et à la prospérité publiques*
Ces fruits précieux de la Liberté commencèrent déjà à mûrir sous l'administration de l'illustre Washington, qui après avoir présidé la convention constituante assemblée en 1787, fut nommé pour quatre ans premier président du congrès , et qui, réélu en 1793, par la ju^ confiance de ses concitoyens dirigea les affaires publiques jusqu'en 1797. Après qu'il se fut retiré de l'administration couvert de gloire *), ses successeurs A d a m s (4 Mars 1797)» Jefferson (4Mars 1 801), M ad is on (4 Mars i8o9)etMonroé^'')
*) Ce grand homme, rentré dan* la vie privée mourat le i4 Béccmbie
**) depais le 4 Mars 18x7 ; il nVntra donc dans radroiniatration, qne depnia la eoncltiiion da traité de la Sainte Alliance.
dirigèrent le timon de Tfitat avec la oiéme sagesse et la même fermeté. Les relations avec les puissances étrangères et les affaires de Tintérieur se traitèrent avec publicité, droiture et dignité.
Les forces du gouvernement entreténues et augmentées par un système aussi sage mirent l'Amérique en mesure de braver les tempêtes dont la révolution française ébranlait, ou menaçait tous les* peuples ci* vilisés. Il est vrai, que les principes du jacobinisme, les tentatives de bouleversement de Tordre des choses existant, ne pouvaient réussir dans un pays, où le citoyen possédait déjà, ce qui n'était encore que le but auquel tendaient les efforts des Français modernes^ et où tout changement dans l'état actuel des choses ne paraissait aux yeux de tous qu'une salami té. 11 ne fallait, dans ce pays, ni police secrète, ni gêne de la presse, ni suspension de la liberté individuelle, ni barricade aux frontières, ni mesures de terreur pour maintenir le repos de l'Etat, la paix etitre les citoyens et l'autorité des magistrats^ »Le bond r oit et la Liberté» ces deux biens seuls r^kdent toute révolution impossible. Mais mafgré toute la sûreté dont l'Etat jouissait dans l'intérieur, il s'éleva néanmoins à l'extérieur, par les chances variées, que charria le torrent de la révolution, des dangers imminents que le congrès sut ou détourner par sa sagesse, ou surmonter par son courage et par la force de ses armes.
La cession de la Louisiane cédé parrEspagne à la France en vertu d'un traité secret signé à St. Ildefons€ (i Octobre 1800) jeta la constei'nation dans TAmérique. C'est pourquoi l'achat de ce pays que le Président Jefferson vint à bout d'«ffectuer par suite des négociations très-actives avec le premier consul Bonaparte (3o Avril i8o3) répandit une allégresse générale. Cette acquisition cependant engagea les Etats-unis dans ime querelle avec P Espagne qui éleva des prétentions inquiétantes, surtout au sujet des frontières encore douteuse entre cette colonie et la Flo r i de. Ce différend ne se termina après de longues discussions qu'en 1819, par l'acquisition de la Floride orientale et de la Floride occidentale, que l'Espagne consen tit à céder entièrement aux Etats-unis moyennant une somme de cinq millions de dollars
L'acharnement toujours croissant de la guerre entre la France et l'Angleterre entraîna , pour le commerce neutrt;, un surcroît de mesures rigoureuses par lequel la poUtion de l'Amérique devint extrêmement embarrassante. Dans ces conjonctures le congrès, renonçant à tout commerce, par mer mit un embargo général sur les propres vaisseaux de son pays, cette mesure désespérée ^tant alors la seule, qui pût assurer la fortune des citoyens et prévenir les actes de violence les plus extrêmes (22 Décembre 1807).
Dans la suite le Congrès tnitigea la ^rigueur de Fembargo par un décret qu'il nomma Non-intercoiirse-acte (i Mars 1 809) ; ce décret rétablit la liberté du commerce avec loutes les puissances , la France et TAngleterre seules exceptées, et permit l'entrée de ses ports aux bâtiments de toutes les nations hormis aux vaisseaux français et anglais ; mesure aussi équitable que conforme à la dignité du peuple américains , mais par laquelle les deux grandes puissances en guerre se crurent grièvement of* fensées.
L'esprit public s'aigrissait de plus en plus, surtout contre T Angleterre. L'atteinte portée à l' i n v i olabilité de la personne des sujets américains appelait à la vengeance, et la conduite insolente de Jackson^ négociateur anglais porta la haine générale au comble. Le congrès déclara alors (i Mai 18 10 que les mesures prescrites par le décret du i" Mars 1809 (non-intercourse-acte) seraient révoquées en faveur de celle des deux puissances, qui, avant le 3 Mars 1811 , abolirait sei décrets oppres* seurs. La France s'y montra disposée, à condition, que l'Angleterre en ferait autant. Mais cette dernière puissance ayant ixipntré de l'hésitation, le congrès lui déclara la guerre (17 Juin 1812). Une guerre de deux ans troubla dès lors la paix de la généreuse république. Dans le cours des six premiers mois les Américains se rendirent maîtres de plus de aoo bâti-
fnents marchands anglais; maïs les attaques tentées sur le Canada furent repoussés avec des pertes considérables et les Anglais firent des descente» sur divers points des côtes des Etats-unis. Dans une de ces expéditions les Anglais s'avancèrent jusqu'à Washingto n, capitale nouvellement construite des Etats de la confédération iiorissante, se rendirent maîtres de celte ville (a4 Août i8i4) et réduisirent en cendre la plus grande partie de ses magnifiques bâtiments publics.
La puissance de Napoléon ayant été renversée dans ces^ entrefaites et la première paix de Paris ayant été conclue F Angleterre crut devoir pour ses intérêts, se réconcilier avec l'Amérique. Les Etats- uni es de leur côté soupiraient après la fin d'une lutte dévastatrice. Les deux Etats conclurent donc à Gand (ao Décembre i8i4) une paix, qui rétablit en général les choses dans l'état, où elles étaient avant là guerre, mais qui ne décida r i e n à l'égard des deux questions principales qui avaient allumé la guerre.
Quelque considérables qu'eussent été ses pertes, quelque dispendieux qu'eussent été ses efforts dans cette guerre (la dette de l'Hat s'était élevée de 45 millions de dollars à io8 millions), la république, grâces à sa solidité intérieure, ne tarda pas à se retrouver dans un état florissant. Déjà en 1817, quoique la dette publique se fût encore de quelque peu
accrue, tous les impôts directs intérieurs avaient été supprimés* Les droits de commerce seulsy avec quelques autres impositions indirects couvrirent par conséquent la totalité des dépenses de TEtat (montant à 26 millions de dollars). Dans le même temps le nombre des combattants de la nation inscrits sur les rôles s'éleva à plus de 800,000 hommes , tandis que celui des soldats de l'armée permanente n'était que de 10,000. — Heureuse Atnérique!
Angleterre. Conquêtes dans tes Indes - orientales.
L'Amérique septentrionale comparée, quant à ses progrès et à sa prospérité, avec la G r a n d e- Bretagne éclipse cette dernière, malgré l'éclat de sa grandeur et de sa puissance dominatrice du monde fondée pour la plus grande partie sur l'injustice*
L'illustre Pitt dans le temps, au la prépondérance croissante de la République française faisait sentir à l'Angleterre la nécessité de la paix, pour son propre salut, quitta le ministère (5 Février 1801); après sa retraite Addington it Hawkesbury se chargèrent de la direction des affaires et signèrent la Paix d' Am i e n s (27 Mars 1 80a). Cette paix cependant fut bientôt rompue, et P i 1 1 reprit le gouvernail de l'Etat (i8o4). Sa mort (a3 Janvier 1806),
ainsi que la promotion du digne Fox au ministère ranimèrent les espérances de paix; mais ce censeur constant des mesures de Pitt, ce défenseur éclairé du bon droit et de l'humanité fut également enlevé au monde (i 3 Septembre 1 806), et fut remplacé, quant au titre, par le duc de Port la nd (îè5 Mars 1807), mais de fait, par Canning, Hawkesbury (Lord Liwerpool)y et C a s 1 1 e r e a g h.
Perceval et Wellesley, qui leur succédèrent dans le maniement des affaires (1809) suivirent en général la même direction. Malgré de changement des individus r e s p r i t de despotisme conserva le prépondérance dans le ministère. Le Palladium même de la constitution, la liberté de la presse fut violée par les mesures de rigueur employées contre les écrivains libéraux. Le Parlement lui-même dont la majorité était ou vénale ou entachée d'aristocratie prêta son autorité pour persécuter les partisans du libéralisme.
La nomination du Prince de Galles à la régence (10 Janvier 1811), occasionnée par Taliénation mentaie du vieux roi , laquelle était à-peu-près reconnue incurable ne produisit aussi qu'un faible changement dans la marche des aiftiires.
Le ministre Perceval fut tué peu de temps après d'un coup de pistolet par un marchand ruiné (11 Mai i8ia). Lord Liwerpool fut nommé à sa place etCastlereagh partagea le pouvoir avec lui. La
lutte gigantesque coD^*e Napoléon se renouvela principalement sous les auspices deCastlereagh et la Grande-Bretagne eut enfin à se féliciter du trioniphe le plus éclatant et qu'elle avait à peine osé espérer. Ce fut surtout à la politique de F Angle terre que les Bourbons durent leur rétablisse menf sur le trône» L'Angleterre assouvit en même temps sa haine, en confinant sur un roc isolé au mi» lieu des niers ce Napoléon si long-temps l'objet de son efiroi, et enfin les dépouilles de l'empire de Nar poléon furent pour la plupart partagées y malheuy reusement sous bien des rapports i selon le bon plai« sir du gouvernement anglais*
Mais la part décisive que l'Angleterre eut aux conférences du congrès de Vienne et aux deux traités de paix de Paris fut le terme^de la supériorité jde son influence. La conclusion de la sainte^ Al liance^ l'alliance intime des grandes puissances du continent porta uu coup sensible à l'importance du trident bri? tanmqite. Le gouvernement anglais avait d'ailleurs dé|à perdu L'affection et la confiance des paiples, en s'éoartant des principes par lesquels il se les était, du moins en partie, acquises auparavant, et en. décelant une avidité mercantile,^ une rigueur despotique ^ une tendance contraire à l'esprit du ssècle.
Nous avons parlé précédemment de l'accroisse^ ment de la puissaqce dès Anglais dans les Indte - o r i-r entai e S} ils coutinaèrent de £EÛre des çoripquétet
ÏV, aS
josqne dans les Umps lés phis récents. Typpo- Saîb, Prince de Mysore, après avoir été yaiocu dans les guerres de 1790 à 179^*, et forcé de céder la moitié de ses états ^ ( 1 7 Mars 179a) recommença les hostilités dans le temps , où l'expédition de Bojl a p a r t e en £g y p t e lui donna qudque espérance de succès. Mais malgré une résistance héroïque il perdit ses états et la vie lors de la prise de Sei^in* g^ a p a t u a m f4 M^î < 799)* ^^ An^ais partagèrent son pays, à leur gré, en s'en réservant la plus belle partie.
- Le projet de conquérir en entier les lndes-ori«en taies avançait successivement vers sa maturité. Les Anglais combattirent principalement et.avec des tuceès balancés <xmtre les belliqueux Mahra.ttes, dont 4es bordes^ réunies se montaient à près de 3o0^oo< combattants. Mais les divisions intestines dtaiis ce vaste pays, qui comprenait alors la maîeure partie des Etats du Grand'^MogoI faciliÉèrent la irietoire aux Anglais* Ces derniers dans plusieurs guerres successives (surtout sous le gouvernement du Marquis de W el 1 e s 1 ey , et sous le commandement de son vaillant frère Arthur-Weileslej -*-daiui la suite due de Wellington -7) détruisirent les Etats mahrattes, et étendirent leurs conquêtes, non seulement sur toute la côte orientale e}: la plus grande partie de la céte occtdenlale de la péninsule indtenne anférleure, mais encore sur les pays arrosés par le
Gange; ce fut même daos celte derutèra contrée, qu'ils établirent leur principale résidence. Depuis ce temps-Ui le sceptre de la €k)Dipagnie anglaise des Tn<» des oridentales s'étend sur 46 tnilUom d'âmes. L'^Q quisition de Tile de Cey lan, par le traité de paix d'A miens, el celle de Tlle^de-France par celui de Paris accrurent encore cette, immense étendue de domination^
C'est cepmidânt moins la domination dan^ iseji vus* tes pays, que l'extensioa et. la sûreté, que l^ur pos* session assure au commerce, qui les rend précieux a l'Angleterre, Ce sont les ludes^m^ient^les, ainsi que les nombreuses autres possessions anglaises, les colo« nies sur toutes les côtes, et les parties du monde les plus commerçantes^ qui rendent la méne^|ialrie mai" tresse des trénors de la nation* ii'ioduati» angfadsû fait ^ns relâcbe des prc^rès tcMi^nrs no««veaux; les macbinps seules dcHiblent, d'après leurs eifets, h masse productiite de la population* Près de trente mille bâtiments de mer servent au commerce areç l'extérieur; mille vaissaux de guerre maintiennent la domination sur les mers. Sur le sol de l'Angleterre s'élèvent journellement de nouvelles et précieuses fondations^ de nouveau^ mpnuoients de la grandeur bntannique, Cette fmissance suppor^e^ sans être ao? câblée, les frais énormes de son gouvernement, et Ip paiemeoi anonel fie plus {de quarimte miUipnfs ppur les intérêts cte Y'mmévi» û^tp^ d^i'fitat, lRf|uelli
s'élève y selon quelques-uns, à près d'un milliard de livres sterling et y selon d'autres, au delà méim de cette somme ; et lorsque les circonstances lexigeot, l'Angleterre entretient, de ses subsides, la plupart des armées de l'Europe* Cependant une grande partie 4e y population languit dai» l'indigence par l'extrême disproportion des fortunes, et l'impôt afiecté à l'entretien des pauvres se monte annuellement à huit millions sterling. La sévérité de la législation, en divers points, principalement l'oppression intolérante qui pèse sur les Catholiques, et la mauvaise organisation du Parlement (auxquelles les réformes récentes n'oot remédié qu'imparfaitement) ainsi que les actes arbitraires se renouvelant de jour en jcHir de la part du gouvernement, fournissent constamment matière aa mécontentement, qui se propage, fermente, et qui, selon roccmrrence) peut Revenir dangereux. Les Otflio* liques d'Irlande et les^Radicauxa en Angleterre ne sont redoutables que par suite des £antes du gouvernement
Quatrième guerre éC Autriche (\%f^), Bàtaittes d^Eckmùhi, dAspem et de Fagmm. Pmx de Fierine.
Revenons à l'histoire principale. ïX^ nous offre maintenant la nouvelle (quatrième) guerre (de 1809)
contre les Autrichiens , appelée par les Françaia la cinquième guerre de la coalition. Si l'histoire des guerres précédentes nous à présenté l'Autriche comme t'Ëtat le plus important ou le plus en forcer parmi ceux de la coalition armée contre la France^ nous la voyons maintenant lutter elle-même et seu^ contre la coalition terrible qu'avait créée la parole toute-puissante du maîti*e de la France. Si l' A utri che, dans les temps antérieurs, s'arma contre la Liberté, comme principe de la révolution, nous la voyons maintenant combattre pour défendre la li- . berté ^e TEurope et du reste du monde. Si, précédemment elle exhorta les peuples à la fidélité et à l'obéissance envers leurs souverains légitimes , nous la voyons actuellement exciter les peuples à se révolter contre leurs maîtres et par conséquent à s'arroger le droit de juger de la légalité ou de l'illégalité du titre de Souverain.
Malgré tous les revers qiw l'Autriche avait essuyés pendant la guerre de la révolution, elle recela néanmoins toujours de grandes ressources intérieures. Il ne lui manquait que de les employer sagement et de leur donner une direction conforme à l'esprit du temps. Depuis la mort deJosephll le gouvernement autrichien avait malheureusement ré* trogradé ; on méconnut, on craignit, on repoussa,les mesures salutaires; semblable à un fantôme menaçant la France révolirtionnaire inspirait la terreur. A chaque
vlcitdi^e de )a l'épublique française l'Attlpicbe redotr* blait de sévérité contre laLibertédes opinions qu'elle regardait comme ta source de ia révoiutioti. La censure sévissait de plus en fdus. La police secrète exerçait sa funeste surveillance, qui dégradait le caractère de la nation « A la libeiié des doc^^ triués ftitCcécla une gène titnorée ; tes bons écrivains cessèrent d'écrire. Le monachisme de son côté leva de nouveau son front audacieux. Les Etats qu avait gouverné Joseph dégénérèrent tous. A ces maux se joignirent encore la petitesse des vues en fait d'éco<» nomie politique; les entraves apportées au com* merce et à l'industrie ; les charges foncières, découra^^ gement des agriculteurs; et enfin l'oppression des communes par l'effet des mesures de rigueur emplo-» yés pour le maintien des prérogatives historiques^ La masse excessive de la dette de TEtat, suite déplorable des dépenses inouies qu'avaient occasionnées les gtierreS) semblait menacer l'Etat d'une ruine inévitable; le papier^ monnaie baissait tous les mis davantage» Diverses opérations de finance^, qui portèrent atteinte aux droits des créanciers anéantirent ia confiance publique et achevèrent de discréditer les effets publics» Ils baissèrent jusqit'au douzième de leur valeur nominale ^ et Von crut avoir gagné beaucoup lorsque le gouvernement échangea (en 181 1) au cinquième de leur valeur nominale 1060 millions de florins en billets de banque conttis des billets de r^
trait nouveUieoieiit créés. On ue fit cependaal que pénibleôiient hee aux (>esoiQs de r£tat par de nou«» veaux emprufilSy par la vente cootinuelle de domaines de l'Etat et par une hausse considérable dans les tailles.
L'Autriche ne perdit cependant pas de vue les grands iatéréts politiques ^ et ne renonça point, malgré le& conjonctures affligeantes du temps, à l'espoir de re*. Gouvrer sa puissance. Elle ne regardait les trattéa de paix Ëiits avec la France, que comme des suspensions d'armes nécessités par l'urgence du moment,, trop chèrement achetées et par conséquent révo-. cables.
Des l'ouverture de la guerre en Espagne, l'Autriche commença ses dispositions hostiles. L'aitnée, par des augmentations successives fut portée à 400,000 hommes. On organisa en outre jme milice pour renforcer ou remplacer l'armée permanente- et Ton prépara finalement une levée en masse de tous les hommes en état de porter les armes depuis l'âge de j 8 à 40 ans. La France fit des réclamations, aux-* quelles J' Autriche répondit pacifiquement, sans cepédant discontinuer ses préparatifs»
Bientôt se manifestèrent des indices de relations secrètes entre l'Autriche et l'Angleterre, et les- affaires prii*ent un aspect si inquiétant que les journaux français prédirent hautement la guerre, que le Général A n d reo s sy, ambassadeur de France
à la coui" de Vienne, quitta eeiié ca{Htâle (^8 Février 1809), et que les corps d'armée se mirent en marche sur toutes les routes. Alors parut le manifeste de l'Autriche (a5 Avril).
Le renversement des trônes de Portugal et d'Espagne joint à l'envahissement de l'Etat de l'église^ qui eujt lieu presque dans le même temps annonçait trop ouvertement it^ prpjet d'asservir le monde entier, pour qu'un Etat quelconque^ jaloux de son indépendance y pût rester dans l'inaction. I^ guerre d'Espagne, qui menaçait d'épuiser les forces de la France, offrait d'ailleurs aux ennemis de Napoléon une perspective, qui ranimait leurs espérances*
L'Autriche crut devoir saisir le moment, qui peutêtre ne se retrouverait plus, de se relever et de se venger. Elle commença donc la guerre.
i>La Liberté de l'Ëuropea était-il dit dans le manifeste autrichien ^ )»s'est réfugiée sous les Ddrapeaux de l' Au t riches, et celte assertion ré* ellement vraie dépeignait l'état désespéré de l'Eu* rope.
Cependant quel que fut le sens que l'Âuiridie at** tachât à l'affranchissement du monde; die aurait pu l'effectuer en remportant la victoire; car, ce n'est que sur l'équilibre entre plusieurs puissances que repose la garantie du droit public ; et bien qu'à la vérité l'espoir de la Liberté ne dépendit pas uniquement de la protection soit de l'Autrii^he^ soit de la
ik
Ptàtïce^ il se trouvait du moins clans la lutte entre ces deux états. Aus»i apprécie-t-on , et ap* préciera-t-on toujours les sentiments nobles de la maison impériale, qui, malgré tous les revers, t<His les covips dout Tavait accablée uti destin contraire, ne désespéra cependant ]pas du salut de l'Europe et de sa propre monarchie et déploya la force et te courage d'affi*onter seule la lutte gigantesque contre lès puissances continentaleSé
Car ce ne fut pas seulement par le grand empire, qui , plus d'une fois , avait dissipé , comme la pouS"^ sière, les coalitions les plus formidables que FAut riche isolée fut abatttie; parmi les ennemis de cette dernière puissance se rangèrent non seulement les Etats vassaux dé la France, telsque Fitalie, laHolIande^ et, surtout avec une animosité particulière, lel$ Rois et les Princes de la Confédération rhénane, et la Polt>gne, qui avait à venger d'anciens outrages; mais on vit encore le paisible Da ne marc embrasser la cause de Napoléon, et même le puissant monarque de la Russie, autrefois l'allié de l'Autriche contre la France^ assez fort pour n'avoir pas à céder à des influences étrangères, s'armer, par une politique aussi peu généreuse, que peu sage, contre la maison impériale d'Atitriche^ pressée partant d'ennemis réunis.
Celle-ci cependant forte de la justice de sa caQse et de dévouement de ses peuples ouvrit la guerre. L'Europe s'étonna de voir l'Autriche déployer, malgi-é
son. affaiblissement, une liiasse àe forces aussi formidable, L^ArcbidiK: C.b a r 1 e s entra en B a v i è r e à la tête de deux cent mille hommes, divisée en six: corps d'arniée et deux corps de réserve;- l'Archiduc Jean marcha vers leTy roi etTltalie avec quatrevingt mille hommes; et TArc^ôduc Ferdinand conduisit Gont)re la Pologne une armée de trente^^six mille combattants. Outre ces forces toutes les fronttèf^es et les forteresses étaient munies de garnisons, et bientôt après il fallut une nouvelle armée poui^ tenir tête aux Russes.
£a franchissant l^s limites de la Bavière TArohiduc Char les fit répandre une proclamation (8 Avril) par laquelle il engageait la nation allemande, »à »se relever, à'bri^r le joug honteux, à reconquérir »son indépendance et à reprendre parmi les peuples »rang qui lui était dû.a Des exhortations plus pressantes furent adressées aux Tyroliens, et ces der^ nkrs seuls, conjointement avec le$ l^bitants du Vorarlberg obéirent à cet appel. Les autres, à l'exception d'un petit nombre, se contentèrent d'adresser des voeux au Ciel, et attendirent, danis Tinac^ lion, l'issue des événements.
Cette issue fut déplorable. Ije$ armées auirif^bienne» avaient passé T I n n et l'I s a r et occupé Munie (lôApril), pendant que Bellegarde et KoLlowrath sortis de la Bohême traversaient le Haut- P a 1 a t i n at pour se joindre à la grande armée, près
chi Dan»be. Bans le même temps le Géoéral Chasteler avait pénétré dans leTyroL et secondé avec zèle par les habitants s'était remlui en peu de temps maître de ia pins grande partie da pays« ÎA9i Tyroliens insurgés accablèrent les Bavarois» qui par leur conduite sans ménagement dans ce pays recemiiientacquisy avaient rallumé la vieille haine nationale, se jetèrofit avec furie sur les F ra n ç a i s partout où ils pouvaient les atteindre et procIamèt*ent en triomphe le retour de la domination autricbienue. Lo loyal et courageux. And ré Ho fer aubergist a Passe y r se mit à la tête de ce mouvement populaire. Tout le T y r o 1> à Texceptioii deKuffsteiii, ainsi que le Vorarlberg, tombèrent au pouvoir ée^ braves insurgés. Les Bavarois et les Français perdirent près de dix mille hommes en se défendait contre eux*
Mats tant d'efforts Courageux et dévoués devini^nl; inutiles par les revers qu'essuya la grand armée. Napoléon fondit avec l'impétuosité de la lenxpéte sur cette armée qui s'avançait pleine désespérance. Napoléon ce £Dudre de guerre écrasa les forces de TAutrtehe dans une bataille, qui dura cinq jours et qu'on peut appeler avec plus de justesse tine e a il) p a g p e de cinq jours* Pfalfenhofen, ïaqn et Rohr^ Abensberg, Landshut et principalementEokmiihi et Ratisbonne (i8 — 23 Avril) fuirent les théâtres des défaites de l'armée autrichienne. Le
génie et la fortune de Napoléon déjouèrent touls tes efforts de son ennemi et forcèrent l'illustre Archiduc à farre tristement sa retraite vers la Bohême en abandonnant à la discrétion des Franc ai s tout le pays méridional aux environs du Danube jusqu'à Vienne*
Les Français ne perdirent pas un moment pour continuer leur marche victorieuse vers cette capitale. Un mois après l'ouverture de la guerre Napoléon fit son entrée dans Vienne (la Mai).
Par suite de (5e revers l'armée autrichienne en Itata lie, malgré les succès qu'elle avait obtenus dans le commencement de la campagne, fut contrainte à se retirer avec précipitation* L'archiduc Jean avait repoussé le Viceroi Eugène jusque vers l'Adige (9 — ao Avril); cependant celui-ci reprit bientôt l'offensive et les nouvelles désastreuses arrivées de Ba« vière achevèrent de décourager l'Autriche. L'Archiduc commença aussitôt sa retraite, et la continua avec des pertes considérables à travers les provinces italiennes et allemandes de l'Autriche , jusqu'à K ô r* mond anx rives de la Raab (34 Mai). L'armée française en Italie se réunit immédiatement après, àSommering prèsdeBrnck avec la grande armée commandée par Napoléon (27 Mai).
Cette dernière avait essuyé peu de jours auparavant, un échec considérable. Napoléon passa le Danube pour aller renverser le dernier boulevard
de la moiiarcbie autricbienne, Tariaée de TArdiiduc Charles qui depuis la dé£ûte d'Eckmûhl occupait la rive gauche du fleuve. L'Archiduc prit une position avantageuse en avant de la capitale et attendit de pied ferme l'arrogant vainqueur. Ce der« nier, qui^ pour le passage du fleuve, avait choisi l'endroit y OÙ deux îles partageant en trois bras le Danube facilitaient la construction des ponts y conduisit ses bataillons à la rive gauche , occupa Aspern, Ëngersdorff et Ësslingen et vint présenter la bataille (ai Mai). L'Archiduc à la tête d'une année qu'animait la fi^reur et qu'exaltait l'aspect de la résidence impériale se jeta avec impétuosité sur les Français et remporta la plus brillante victoire. A s p e r n fut emporté d'assaut dès la première journée. Pendant la nuit l'Archiduc fit avancer des bateaux char-» gés de bois et de matières combustibles contre les ponts qui furent incendiés. I^e lendemain (a 3 Mai) le combat recommença avec furie. Les Français dont la comm^unicalion avec la rive droite était coupée se battirent avec la foreur du désespoir, les Au-* tri chiens avec le preœentiment de la victoire. Après la résistance la plus opinî&tre l'armée française si&àhlie par des pertes considérables se retira dans nie de Lob au y à la rive gauche du fleuve, laissant sur le champ de bataille i i,ooo morts et 3o>ooo blés* ses. La cavalerie pesante dç Ni^oléon fut presque tcrtalemeat am&aMîe. L'intrépide Mgoiéehal La nn e%
ckic de Mo ti t« b e 1 1 o ei plusieni^ autres généÉ^aux distingués perdirent la yie. La consternation Ait génei^ale dans ('armée,
L'Europe apprit alors avec joie que Napoléon n'était invincible ; cependant cette victoire éclatante n'eut pas les résultats qu'elle semblait promettre, f I s'ensuivît (car les Au tri chiens avaient aussi perdu beaucoup de monde , et Ton calcula les chances terribles dé celte lutte) un armistice de six semaines pendant lequel Tarmée française en Italie fit la jonction avec celle de Jïapôléon qui fit ses dispositions pour une seconde et irrésistible attaque.
Pendant ces préparatifs 5 le Viceroi remporta sur l'Archiduc Jean une victoire sanglante près de Raab (1 4 Juin) et se rendit maitre de cette forteresse (a 2 Juin); l'Archiduc se retira sur la rive gauche du Panube«
Apre» avoir rassemblé. i5o,ooo homvoM et 6€o ca^ nous Napolèair, s'afaoçant sur la wèmfji route qui •kii avdit déjà été si ftmeste, pa9sa de aouveau le grand fleuve (4 luillet)« Le» plus aagfis pnéc^utioM et la supériorité du nombre garantissaient la victoire : Cependant elle ne put être obtecuoe qu'a|irès:uii cùinb«t terrible^ qui dura' deux jours (5^. 6 JuUlet)» G^te ba« taillé immense ) connue sous le nom de liataUte de Wagram^ fut perdue pour les Autriebiens^ Gepan* dant il' J leut dans l'ériaciée: des . MiîiiqueilfS.plm d0
moHs et de blessés et presque autant de pHsonniars qoe dans celle des vaincus.
L'Ârchiduc opéra sa retraite sur ia route de M or a V ie^ en bon ordre sans cesser de combattre. Une affaire sanglante s'était engagée de nouveau à Zn a ïm, loreque la nouvelle de la concluaion de l'armistice les comlKittants, «
Par suite de cette trêve , une étendue de pays de 4000 milles carrés avec huit millions et demi d^babi*tBUts, (plus d\in tiers de la monarchie autrichienne) fîit abandonnée à l'occupation militaire et aux exactions énormes du vainqueur. Enfin, après trois mois de négociations entamées k Altenbourg, en Hon* gr i e et continées à&ghonbrtinnyse condut défr* nitîvement le traite qu'on appda depuis paix de Vienne (14 OotçAre),
L'Autriche, par les conditions de ce traité , renonçait en &veur de la confédération dutlhin à un t^TÎtoire de phis de 1000 milles carrés^ avee une popidation de^fHrés de^^ois millions et demi d'ha«biCants; c^est4«-dire, aux pays de S al 2; bourg et de Beri^fatesgaden, au quartier de l'Inn aveelâ vitte de Braunau et au cercle de Hausmck. Elle cédait en outre le cercle de Villach eaCarin" t h ie, le duché de Ca r n i o le, le territoire de Tries te, le comté deGôrz etleFriaul, ainsi qu'une partie de la Croatie et tout le littoral deHongrie, de manière que la Save formait la limite de la monar-
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cfaie. (Ces provinces Sirec la D a 1 m a t i e ^ la^partie vénitienne d'Istrie, etRaguse détachées du ro<yaume d' 1 1 a 1 i e furent destinées par Napoléon à former un nouvel état^ appelé Tllly rie^ sous la domination française). L'Autiiche renonça de plus^ au profit du duché de Varsovie, à toute laGallicie occidentale y compris la ville de Cracovie, (les salines de Wielisk a devaient être propriété commune de TÂutriche et du duché de Varsovie) et au cerde de Zamosc dans^ la Gallicie orientale. Finalement encore T Autriche promit e» core à la Russie une étendue de territoire dans la Gallicie orientale avec, une population de 40O)Ooo âmes. (Une conven^n postérieure signée avec la Russie, même désigna pour cette cession la cercle de Tarnopol avec quelques autres disr tricts.)
L'Autriche renonça encore à. la Grande-mai^ trise de Tordre teutonique (supprimé par Bonaparte pendant laguerr?), ^nité qui revenait de droit à l'Archiduc Antoine; elle . reconnut aussi tous les changements faits ^t à faire dans la suitey en Italie^ en Espagne et Portugal^ et accéda^ sêm réserve au système contkiental.
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Episotles (le la guerre. Détails historiques sur la Russie et
la Suéde, ^
I>' Archiduc Ferdinand, qui, à Fouverture de la campagne, était venu de la 6 a 1 H c i e dans le duché de Varsovie (i 5 Avril) s'avança jusqu'à la capitale du duché et l'occupa conformément à une capitulation (2 1 Avril), d'après laquelle les Polonais se retirèrent au delà de la Vistule.Maisle Prince Po niât owsky^qui commandait ces derniers, remontant le fleuve par la rive droite, tandis que les Autrichiens le descencendaient en côtoyant la gauche, battit ces derniers en plusieurs rencontres et ne tarda pas à pénétrer en G a 1 1 i c i e. Les hâtbitants se soulevèrent contre l'Autri che, de la même manière, que les Tyroliens se soulevaient) dans le même temps, contre la Bavière. Cette insurrection augmenta les forces de Poniatowsky. Lublin, Sendomir, Timporlante place forte de Zamosk, Jaroslaw et Le mberg même tombèrent en sou pouvoir. L'Ar- <jiidue accourut alors au secours de la G a 1 1 i c i e, dans laquelle les Russes, par suite de leur convention avec la France, venaient de faire une irruption (3 Juin). Les Russes et les Polonais^ naturellement plutôt ennemis qu'amis , se rencontrèrent , à leur grande surprise et non sans défiance réciproque, armés pour la même cause. Cest par ce motif, plutôt que par celui de quelque ménagement pour ^Au^
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triche, si s'explique la tiédeur avec laquelle les Russes se conduisirent dans le cours de cette expédition. L'Ârchiduc Ferdinand après avoir éprouvé la vicissitude du sort des armes, se retira enfin à GVa- ^ V i e, livra cette ville aux Polonais par capitulation (i4f iS Juillet) et dirigea sa marche vers la Moravie. La nouvelle de l'armistice de Znaïra mit fin aussi à la guerre de Pologne.
La guerre en Saxe et dans le Nord de l'Ali e*magne bien que conçue dans de plus vastes des* seins, fut moins importante quant aux moyens'etaux résultats* L'Autriche ne pouvait employer de ce coté-là que des forces peu nombreuses^ et ses entreprises réitérées sous A m £ ti d e contre Dresde^ ainsi que celle deRadewojewich en Franconie (Bamberg) Baireuth et Nuremberg) ne furent en par^ tie que de vaines démonstrations^ et en partie des tentatives pour insurger le peuple, lesquelles échouèrent eo Saxe et ne réussirent que passagèrement ea Franconie. Il est vrai que panni quelques patriotrès courageux et dans quelques émeutes partielles se décelèrent des symptômes de l'esprit qu animait la nation opprimé; maïs l'ennemi était trop supérieui* en nombre. C'est ainsi que furent d^oaées ses efforts les tentatives &ites dans le pays de £[«ssë parK.atty Dôrnberg et plus tard par Ëmmerich; les Wûrtembergeois étouffèrent dans le sang I^Q^révolte éclatée k Mergenthèim^ telle fut ausaî
la fupfste issue de l'eiUrepris^ du magoapime Schilli entreprise qui attira l'admiration de l'Europe entière et qui tient du prodige; eet intrépide partisan torti dç Berlin (a8 Avril) a la tête d'un faible escadron (k ^Hyalerîe légère^ |>i*avant les proscriptions de Vl^ paléon et de ses va^aux, encourageant dans sa sa marche les peuples à l'insurrectiouy menaçai^t^ cbâtiant, combattant, se fit jour à travers U Haute el laBasse^Saxe et arriva enfin à Stralsund (3i Mai), où il mourut glorieusement les armes à la main, avec ses fidèles compagnons d'armes.
Le destin fut plus favorable àGuillaumeDuc d e B ru n s w i c, qui avec une troupe de volontaires, rassemblés par lui en Bohême, pénétra intrépide^ meut dans les contrées du nord de rAUemaçne. A la tête de ses biave» à peine au nombre de i&oo, ve-» nus de toutes les parties de l'Allemagne) il se fraya --mais swlemwt «pnès l'armistice de l^naïm — depuis Zwickau (a ^) Juillet) à travers Leipsig, Hall^ Ei s 1 ^b ^ n et H a 1 b e r s ta d t, qu'il prit d'as^^ut, im pa^e jusqu'à & r u n s w ic, Tancienne résidence de m ancêtres, où il ne se reposa que qu^uies heures delà nuit; pais, livrant journettement des combats yietorieux à 3es enomnis de diverses «atkms , il can<tiftw sa warche par Hanovre et après avoir tra» vewsé de Veser et passé pa^ EUf letb , il arriva à Helgoland, s'y ^embarqua ap«s paviJyk^B britanni* q«e et aborda en Angleterre, où U fiit apw^li avec
îy\SoogIe
les plus rives démonstrations de l'admiration et de la joie publique (i4 Août).
De memeque dans l'Allemagne septentrionale quelques hommes courageux et des associations secrètes (déjà s'était formée en Prusse Ta so dation de la vertu, réunion de patriotes éclairés, profondément affligés de l'abaissement de leur pays) maintinrent, par leuFS opinions et leur conduite, l'honneur du nom allemand, de même, dans l' A 1 1 e m a gne méridionale un peuple entier, les montagnards du T y roi se signalèrent par une valeur non moins héroïque et. par une persévérance également digne d'admiration. Non seulement, pendant la présence de leurs amis lesAutrichiens, mais même après que ceux-ci, par suite de l'armistice, eurent évacué le pays, les Tyroliens tinrent ferme, quoique isolés, et vainquirent l'ennemi dix fois plus nombreux. Ils battirent, à plusieurs reprises, les Français et les Bavarois en bataille rangée, et dans maint combat particulier ; ils affranchirent trois fois leur pays; étendirent l'insurrection jusqu'à S al zbourgeten Carinthieet détruisirent plus d'une armée. Mais la nouvelle de la conclusion de la paix anéantit toute espérance de victoire. Cependant les exaltés ne quittèrent point les armes. André H of é r forcé de céder aux instances de ses compatriotes, reprit les armes après s'être soumis ; mais les Français;le firent prisonnier (ay Janvier i8io), le jetèrent
dans les prisons de la forteresse de Mantoue; et le fusillèrent en exécution d'une senlencemilitaure dictée par Bonaparte (%o Février).
Tandis quel' Autriche, combattant contre l'usurepation universelle, épuisait avec une générosité hé« roïque ses dernières ressources, T Angleterre, que son esprit mercantile laissait spectatrice oisive de cette lutte^ détruisit par sa lésinerie, et plus tard par l'emploi intempestif ou malhabile des moyens auxili* aires, les espérances d'affrranchissement dont on s'é* tait flatté^ comptant sur son assistance* Ce ne fut qu'après le coup porté à l'Autriche, que l'Angleterre se détermina à une double entrepcise : l'une contre N api es, et l'autre dans l'ile de Seeland; entre* prises, qui toutes deux eussent pu opérer^ dans les forces de l'ennemi , une diversion favorable à l'Autriche, mais qui tentées trop tard, ou maladroittement exécutées n'eurent aucun succès.
Dans la guerre contre les T u r c s qu'avaient principalement attisée, depuis 1806, les intrigues de Sebastiani ambassadeur de France à la Porte, les Russes avaient conquis la Moldavie et la Yalachie, et quoique, par la paix de Tilsi t, (1807) ils fussens tenus de rendre ces provinces à la Porte, ils s'en étaient maintenus en possession sous divers prétextes; c'est pourquoi le congrès assemblé à Jassy pour la paix (Février 1809) s'était dissous sans rien conclure. La fortune des armes se montra cependant chancelante
après la reprise des hostilités; et lorsque Napoléon qui) phii tard, déclara la guerns k la Russie^ Ht mar* cher sa grande armée vers les frontières russes (i8iîfe) rEoiperéur Alexandre eat à se féliciter de iâ modération de la Porte^ qui souscrivit à la paiic (28 Mai i8j!2} par laquelle le Prutb fut désigné pour limite des deux empires. La Valahie et ta partie orientstle de la Moldavie furent donc rendues à la Porte; mais la par tie occidentale de la Moldavie, la forteresse deChroc^zim (Kfaotiri), ainsi que la Bessarabie restèrent au pouvoir des Russes.
Ji'amitié de N4M:)léon valut à l'empire de Rus^ imé acquisition entore plus avantageuse dans le nord de l'Europe. La R u s s i e , alliée jà la F r a n c e de-^ puis la paixde Tilsit^ avait sommé Gustave lY^ rdî deSuède, de rompi'e Tàiliatice avec l'Angleterre, et de fermer aux Anglais bes ports sur la Ba 1tiquè^ jusqu'à la conclusion de la paix générale. Gustave refusa de souscrire à ces deux demandes, à moins que les troupes françaises n'évacuassent les provinces danoises* LeDanemardetla Russie lui déclarèrent alors la guerre (ta Février 1808); un corps d'armée russe marcha contre la ï^iti lande et s'en rendît en peu de temps, ainsi que dé Sweaborg^ principale forteresse du p^s (3 Mai)»
Le mécontentement qu'avaient fait naître la cohduite et la politique du roi de Suède oecasionnèretu
une révolution rapide ^ qui détrôna GustavèlV (t3 Mars 1809), et fit passer la couronne siy? la léte de sonoDchCharlesDuc deSudermannland^ qui avait été régent du royaume pendant la minorité de son neveu. Ce nouveau roi fut proclamé par rassemblée des Etat$ du royaume (10 Mai et 6 Juin) les* quels publièrent en même temps une nouvelle con« sti t u ti o n^ qui restreignait le pouvoir monarchique au moyen d'une représentation nationale et de lois fondamentales.
L.a Suède et la Russie conclurent alors la paix à Frédéric«bamm (17 Septembre), Toute la Finla nde, les lies Âland, la Botaie orientale, (Ostrobotnie) et la Botnie occidentale jusqu'à la T orné a furent cédées "à la Russie. Ces pays trèsétendus situés fort avantageusement pour la Russie, habités par plus dVin million d'habitants formaient le tiers de la monarchie suédoise.
L.a Suède fit aussi la paix sans avantagé ni préjudice, avec le Danemarc à Joenkoeping (loDécembre). Elle se réconcilia aussi avec la F r a n c e, par un traité signé à Paris (6 Janvier 1810), en vertii duquel laPoméranie et l'île de-Rûgen farexA rendues à la S u è d o , mais à des conditions onéreuses, entre autres celles de son accession au système continental.
Non seulement Gustave IV, mais encore ses descendants nés et à naître furent déclarés exclus à jamais
du trône. Les autres potentats de l'Europe , daos cette circonstance y où cepend^int le droit était évident, ne s'entremirent nullement de la cause de la légitimité; Charles XIII fut généralement reconnu roi. Pour assurer un successeur au trône, les Etats du royaume élurent à cette dignité le Maréchal Bernadotte, Prince de Pontecorvo (28 Août ] 8 j o). Ce prince après avoir embrassé la r el i g i o a protestante fut adopté par Charles XIII et son fils Oscar fut nomjg^é Duc deSuder m annland* L'élection de Bernadotte étonna toute l'Europe et Napoléon lui-même, qui exprima son assentiment d'une manière un peu équivoque.
Mariage de Napoléon avec Marie^Louise Archiduchesse d'Autriche, Naissance du Roi de Rome, Nouveaujç actes de « violence du gouvernement français.
Après la paix de Vienne Napoléon se trouva au Zénith de sa grandeur.
Pour l'affermir il fit une nouvelle démarche décisive. Son épouse Joséphine (l*ascher de la Pagerie) ne lui avait point donné de descendance. Il lui fallait un héritier pour son bonheur et l'affermissement de son trône. 11 fit connaître |K>n intention de &e séparer de son épouse Joséphine (iSDécenaLre
1809)^ et ceile-ci se soumil à sa volonté. lie choix àe la nouvelle épouse tomba , au grand éloimement de TEurope^ sur une princesse d'Autriche, sur l'Archiduchesse Marie-Louise fille aînée de ce même Empereur François, dontNapoIéon avait été jusqu'alors l'ennemi le plus acharné et le plus intraitable. Après de courtes négociations les articles du contract de mariage furent réglés (7 Février 1810) etBerthier partit pour Vienne en qualité d'ambassadeur extraordinnaire à Veffe^Ae demander solennellement la main de rArchiduchesse* Marie- Louise après la célébration des cérémonies du mariage par procureur se rendit à P a r i s suivie de l'ambassadeur et les noces se firent avec l'appareil le plus magnifique ( i et a Avril), L'année suivante Marie liouise donna le jour au prince Napoléon-François-Charles-Joseph (aoMars 1811) qui iut salué au berceau RoideRome avec le luxe asiatique d'une cour peuplée d'esclaves.
Cette alliance du £avori de la lortune avec la plus illustre maison des princes de la chrétienté sembla réconcilier la révolution avec ses adversaires. Aussi maint orateur politique et maint écrivain ne manquèrent-ils pas de prôner cette étonnante union comme la garantie du bonheur du monde entier et le commencement de nouvel âge d'or.
Mais après avoir été comblé de toutes les faveurs du destin le plus propice ^ après être parvenu à un
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degré de gloire et de piûssancie ^ que nul m o.r t al n'avait «tteînt avant lui, le guerrier corse, pardon insatiable ambition renversa, de gaietéde cœur, lédtfice colossal de sa grandeur.
Dans le cours de la guerre avec TAulriobe^ il avait déjà anéantie, par la violence la plus maniiaite,. la souveraineté temporeHe du Pape, Les troupes françaises sous Miollis occupèrent Rome (i Février 1808), et s'y «induisirent de la manière la plus révoltante. Bientôt après parut le dé<^*et impérial (a Avril) qui ordonna l'incorporation au royaume d' i t a 1 ie des délégations d' U rbi n, d' A n co ne, de Macerata et de Came ri no, sous prétexte que «l'intérêt du grand Eknpire, exigeait une comulunica- ]9iion immédiate entre Na pie s et laHau te- Italie, et »que la donation de Ch a r 1 e m a g ne, prédécesseur »de Napoléon avait été faite pour l'avantage de la «chrétienté et non pour celui des ennemis de la efaré- »tienté.(( Enfin^ quatre jours avant la bataille d'Aspern un nouveau décret impérial daté de Se ho en* brunn (17 Mai 1809) déclara partie intégrante de 1- e mpirefrançais tous les pays qui formaient le reste de l'Etat de l'Eglise. Rome fut déddi*ée seconde ville de l'Empire. Au surplus ITapoléon fit offrir au Pape un traitement considérable en qualité de chef de l'église et lui laissa loption entre P.a r i s et Rom e pour y établir sa résidence. Mais
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h porrtffe iettûe ei conrageux r^eta tout aocotno* dHnêtit.
Le Saint-Père avait déjà publié leâ prot^estatiovw 1^ plus solentiellefi» contre l'occupation de R o m e et rosurpation d'Au co n e en déclarant bautement^ que la France rfétant point en guerre avec lui, il était vie* tiiné de la violence la pins nianifeste. Mais les cfao* se5 en étant venues à ^extrémité , il pronotiça Texcotnmuntcation contre tous ceux qui participaient à ces actes de violence , puis contre Napoléon-lui-* tttétti^ et enfin contre tous ceux, qui s'opposeraient à la publication de cet anatbéme (to, ii et i^ Juin). Ces belles se répandirent dans le monde par les soins d^ fidèles san^iteurs du Pape, malgré toutes les pré^ cautions et Ite mesures de rigueur qu'employèrent les autorités ^an^ises pour en empêcher ta publication. L'empereur au surplus s'inquiéta peu des ma-* lédicdofis du ponti£e; il lui fit cependant éprouver son t^eesentiment. Ce vieillard fut enlevé inhumainement et avec Une violence barbare de son palais quirittal^ et emmené à travers l'Italie et les Alpes àGrenoble(6 — 8 Juillet). Ensuite il fut conduit, avec sa feibte suite par des Gendarmes à Va le ne e, puis on îe transféra, en passant par Aix et par Nice à S«iVone (9 Août il languit pendant trois ans dans les ennuis de la captivité.
Le détrôn^meM de l'Èvéque de Rome ne tarda pas a Mt^ suivi de pksîeurs autiTS actes de violence si
révoltants, que tout le génie oratoire des conseillers d'état de Tenipire s'épuisa presqu'en vain à trouver des raisons pour les pallier.
On agrandit d'abord les états du Pr in ce P ri ma t en y joignant les principautés deHanau etdeFulda pour en Élire le Grand-Duché dePrancfort, qui cependant fut déclaré devoir j après la mort du Prince Primat, passer sous la domination du Prince Eugène Beauharnais, aucune souveraineté temporelle n'étant compatible avec »les dignités ecclésiastiquesa (i Mars 1810). Dans le même temps le reste.de l'électorat de Hanovre, à l'exception du territoire deLauenbourg fut ajouté au royaume deWestphalie, la France se réservant néanmoins un revenu de quatre millions et demi de francs pour en disposer en donations , et le commerce, westpbalien fut déclaré soumis aux droits des douanes françaises. D'autres décrets réglèrent les agrandissements de la Bavière et du Wurtemberg et le morcellement peu naturel du Ty ro 1 en trois parties. Les vallées méridionales de ce pays furent incorporées à rillyrie et à l'Italie.
La Hollande fut bientôt après déclarée partie intégrante du gran empire. L o u i s roi de Hollande, frère de Napoléon/ se vouait de bonne foi et avec zèle au bien-être de son peuple , et s'efforçait de défendre contre la tyrannie des décrets impériaux le commerce de ses sujets avec T Angleterre, lequel
dans la position politique de la Hollande était le prirfcipe vital de cet état. Par cette conduite il encourut la disgrâce de son frère, qui ne voulait voir dans le Roi de Hollande, que l'instrument de ses volontés et de sa haine contre FAngleterre. Pour appaker Napoléon ^ Louis conclut avec lui un traité (i6 Mars 1 8io), qui interdit aux Hollandais tout commerce avec l'Angleterre et pour exécution duquel il fut arrêté qu'une armée française s'établirait sur les côtes de Hollande. La ' Hollande devait en outre, d'après ce traité équiper une flotte pour le service de la France, et céder à cet insatiable empire le Brabant hollandais, toute la Zélande avec d'autres territoires. Par compensation l'Empereur garantit T î n t é g r i té de la Hollande; d'après les limites déterminées par le traité.
Mais que servaient les cessions et les traités contre la puissance sans bornes de Napoléon ? Ses troupes s'approchèrent de la capitale. Le généreux Louis abdique alors en faveur de son fils aîné et nomme son épouse régente du royaume (i Juillet); il se retira en Autriche. Napoléon proclame aussitôt l'incorporation de la Hollande à l'empire française (9 Juillet). La Hollande est divisée en 7 départements (en 8 si l'on y comprend les pays, qui lui ont été enlevés antérieurement); et la vîUe d' Amsterdam proclamée troisième ville de l'empire est désignée pour la résidence d'un grand dignitaire re-
vêtu du titre de Oouverneur-g^néi^al ; lu delt^ publique est en outre réduite au tier», et; par rétablt^e- Hient de la conscription ce peuple de mnrcfaaQds de^ vient une pépinière de satellites pour Its. conquérant.
Prespue dans lé même temps le colossal empire engloutit le V a la i s (i r Novembre), L'on all<?gua, ëans détour pour motif de cette usurpation, le/i dépenses de construction de la route du S i m p 1 o u, dont la Finance retirait le principal avantage*
I^ gouvernement français avait déclaré solooeelle* ment et plus d'une fois, et même récemment lors des conférences .avec la HolUnde^ que jamais les limites de la France ne s'éteudraient au delà du B bi n. Malgré cette <léclaration Napo léon sV^nça jusqu'à la Bal tique. L'Europe apprit avec étoonement -^ si toutefois elle trouvait encore, matière à s'étoiiAer -*• que le despotisme maritime de l'Angleterre nécessitait un changement dan« i'ordres des cboses et de aottvelles garanties; que ces garanties ne se trou* vaîeet que dans la réunion des boucbes de l'Ëms, idu Veser et <le TBlbe au grand empire déjà en poasessions des embouchures de l'Escaut, de la Meui^a ^ du Rhin; et qu'il fallut que la domination de la Fraoce s'étendit ju$qa'au^ rives de la mer baltiqua (ro Déceml»*e i8io)«
Le dodle Sénat reçoit avec une respectueuse sou« mission les ordres de son maître et publie le S en a» tu s ^consulte, quesandwone c«tte nouvelle u$ur«
patâon ^e territoire eu même temps que celle de la Hoilande(i3 Décembre). Cette nouvelle incorporation embrassait: les villes anséatiques, oQ6 débris de Tanlique liberté^ des villes d'Allemagoey le Lauen bourg, une très-grande partie du grandduché de Berg et du royaume de Westphalie, et les Etats des Prioces de Salm-Salm et deSalm- Ky rbourg,. de même que des ducs d'Aremberg et d'Old en bourgs qui se qualifiaient da souverains* et de membres de la confédération du Rbia.
Ces pays formèrent quatre départemeats nommés: bouches de 1' £1 be, bouches duWeser, Emssu* périeur-e et Lippe; de manière^ que l'empire fraci' çais comptait alors 1 3o départements avec une pop^ir lation de 4^ millions d'âmes. Kapoléon exerçait un pouvoir absolu sur cf tte immense étendue de pays. Le corps législatif auquel ou contestait même déjà le droit de représentation, n'était plus qu'un vain fiintdme. Le Sénat (le nombre des membres de oe corps s'était accru jusqu'à i4o) était devenu l'imtru* Q»ent la plus servile de ia tyrannie» Le. peuple supportait tout 60 silence et awc. résignation» Toute pfetfite était interdite^ L'£ur(^ pliait aussi sous h jougi réduite à Timpuissanee, saisie de^ terreur et oon* tenœ partout dans une soumission passive, par les proconsuls et les agemis français* L'Angleterre seule continuait k guerre sur mer; et la fit alors aussi sur terre dans la péninsule pyrénéenne^
et la R u s s i e sortit enfin de son assoupissement , pour c^oser une barrière à la puissance toujours croissante, qui, menaçant les frontières, se frayaît un chemin à la domination du monde entier.
Guerre eC^ec la Russie, Napoléon entre à Moscou»
* LaRussie, àla vérité, n'avait pas de motif réel pour faire la guerre à Napoléon, et n'était, d'ailleurs, guère fondée à se charger de la défense de la cause générale de l'Europe; et même, quant à la question principale, c'est»à-dire, quant au système contjn entai au maintien duquel la Russie refaisait de continuer sa coopération, le droit extérieur était pour Na poléon, puisque par la paix de Tilsit, et plus formellement encore par les traités postérieures, cette puissance s'était expressément en gagée à faire cause commune avec lui contre V Angleterre.
Déjà depuis 1810 les ministres de ces deux empereurs étaient en conférences sur ces questions. Les diîscussions s'ecfaaufïèrent peu-à-peu, et l'Enro^pe dont les intérêts n'étaient que le prétexte et non le véritable motif de la guerre, qui allait éclater, ne vit dans cette guerre qu'un combat, qui déciderait de la possession, mais non pas de la liberté du monde.
Dès le oommencetneot clc l'année iSii TErapereur Alexi^re avait mis sur piecl de fortes Années. Il forma en autre un corps de troupe nombreux pour la garde de rintérieur de Fempire et ordonna une prompte Je^ée extraordinaire de cent ti*etite- mille hommes. Il réussit^ vers le méniii temps , à faire la paix avec la Pt) r t e (28 Mai id(a). Les armées, qui venaient de ooiiii)atlre en M o 1 d a v i e et en V a I a« ch i e dtrtgereot alors leur marche rers la Po 1 o ^ ne. Mais à rapproche des masses françaises la Russie fit encore de nouvelles et immenses dispositions de dé* fetise. Elle fit en même temps des démarches pour se racoiicâier avec l'Angieterrre et i-echercha 1 alliance de la Suède.
Cette dernière puissance^ que Napojéosi traitait en vassale portait le joug avec un mécootientemeat <|u'eUe ne dissimulait guère. Peu avant Touveiture de ia oamfngne de Russie, Kapoléon exhorta ia Suède à iormier une ligue dans le Nord de TEn^ rope avec le Oanemarc et le liucbéde Yarso^ vie; il lui proposa plus tard de s'allier, pour cette guerne^ avec la {Vaiice; peu satisfait des réponses de la teède^ il fil emraàir à 'l'iwpro vîste la Po m é r a a le- ^néidoise (^ Février i6id) par un oorps detroupos ^'ouçaiisea, qui désarma les garnisons suédoiaes ée œ fiÉys et les oov^a prisonnières en France, La Su^^t déohra sans détour alors ^ qu'ayMt fierdu la Fin* la«de, par la politiqoe du ^pm^ornemenl fiaoçaiCi
elle ne s'allierait qu'aVec la puissance, qui raideraît à conquérir la Norvège, seule compensation proportionnée à cette perle; déclaration sans doute bien naïve, comme si une puissance quelconque pouvait être fondée en droit à prêter la maiu à la spoliation du Dandina rc! La Russie souscrivit sans délai à cette condition, et son alliance avec la Suède se conclut (24 Mars 1812). L'Angleterre signa un pareil traité avec la Russie et la Suède, à Oemebro (18 Juillet), et dans l'excès de son ressentiment contre Napoléon , Alexandre ne dédaigna pas même l'assistance des Cortè s- espagnoles avec lesquelles il contracta alliance à Weliki--Luki (8 Juillet 18 12).
Napoléon de son côté rassembla toutes les forces de son immense empire contre la Russie. Les armées françaises formaient à elles seules un ensemble de masses, qui se perdait dans l'horison ; mais il y joignit en outre des troupes auxiliaires de diverses nations* Plus de 1 00,000 Allemands formant le contingent de la confédération du Rhin, marchèrent vers le nord, pour servir les intérêts de Napoléon. La Suisse fournit 22,000 hommes à la solde de là France. Mais les auxiliaires les plus ardents qu'eut Napoléon, ce furent les Polonais* Il leur promit le rétablissement de leur nationalité et ouvrit les digues au torrert de leur haine contre les oppresseurs de leur patrie. Soixante mille Polonais, dont 18^000
hommes de cavalerie mardièrent contre la Russie, tandis que la^ooo hommes de leurs compatrotes se battaient en Espagne. La Pr u s s e elle-même, ainsi que TA ut riche prirent part à la ligue gigantesque qui menaçait la Russie. Il faut avouer cependant que la Prusse n'y accéda qu*à contre-coeur, et qu'elle fut contrainte de signer le traité (^4 Février 1812); mais l'Autriche en conclut un pareil (14 Mars). Cette puissance devait fournir 3o,ooo hom* mes et recevoir, pour prix de cette coopération une augmentation de territoire..
Et tandis que de tant de côtés s'avançaient vers les frontières de la Russie des colonnes ennemies préo sentant en total une masse d'un demi-million de combattants il se formait encore dgns l'intérieur de la France une milice nationale à laquelle furent appelés tous les individus en état de porter les armes.
Napoléon partit pour la «Grande armées. Il reçut à Dresde la visite de l'Empereur d'Autriche et du Roi de Prusse (Mai i8ia) ainsi que les hommages des princes-vassaux de son empire. La publication solennelle du manifeste fut néanmoins précédée de l'ouverture d'une diète générale delà nationpolonaise convoquée par les soins de l'abbé de Pr ad t Archevêque de Mali nés, ambassadeur de France àVarsovie. Les députés de cette diète se constituèrent aussitôt en Concédé r^
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tion de la Pologne (28 Juin 181 3) et proclamèrent le rétablissement du royaume. Quelques joars auparavant (is Juin) Napoléon ayait annoncé dans une proclamation datée de Wilkowisky «rouverture d\ine «seconde guerre dePologne<c etavaitpassé le Niémen le lei^emain (a3 Juin). Il approuva sommairement la déclaration de la diète, quant à la confédération générale de la Pologne ; mais il en excepta la GalliciC) qui devait rester sous la domination de TAutriche.
Jamais l'univers n'avait vu une armée aussi formidable en forces morales et physiques, que celle, que Napoléon lança dans cette guerre , où devaient s'accomplir de si grandes destinées. Une réunion de 575,000 combattants et de i^ioo bouches à feu se trouvait en présence de près de 3oo,ooo Russes divisées en plusieurs corps de bataille et de réserve, avec im nombre à-peu-près égal en troupes de milices ar* mées et de volontaires. Napoléon avec le principal corps d'armée, fort de plus de 1200,000 hommes passa le Niémen sur trois points (aa et îi5 Juin); Mac* donald à la tête de l'aile gauche, renforcée par les Prussiennes passa le même fleuve à Tilsit avee 40,000 hommes; Jérôme Bonaparte comman* dant 100,000 hommes dirigea sa marche sur Groè* no etNowogorod; et Schwarzenberg à là tête de 5o,ooo hommes tant Autrichiens qm S a X 0 ms venant du B o u g (Bug) s'avança vers la Po-
d o 1 i e. Ce ne fut qu'alors que FEmpereur A 1 exandre publia son manifeste contre la France (a5 luin), avec la promesse solennelle de ne point taire la paix, tant qu'il resterait encore un seul ennemi sur le temtoire russe.
Cependant contre la supériorité numérique de l'ar* mée française y qui grossissait de jour en jour la Russie ne pouvait attendre son salut ^ que d'un système de défense k la manière des Scythes. Eviter les batailles rangées^ se retirer dans les immenses déserts pour y attirer l'ennemi, le fatiguer en le harcelant par de petits combats , incendier les villes , les villages , les magasins , pour détruire plus sûrement et à mesure qu'elle avancerait l'armée ennemie épuisée de fatigues , de privations et de besoins ; tel fut le plan de campagne des généraux russes , lequel , pour peu que le climat du pays et la nature le secondât , et que l'ennemi eût l'audace de braver de telles extrémités, leur promettait à la fin une victoire infaillible.
Leur attente ne fut point trompée* Napoléon s'avançant toujours à marches foroéaes «ans livrer de batailles , que les Russes avaient soin d'éviter , mais vainqueur dans de petites rencontres successives arriva à Wilna (aS Juin) à Witepsk, à Smolensk (17 Août). Les deux ailes de l'armée françaises ne purent suivre la marche rapide du gros de l'armée, et la position de Napolée se trouva déjà compromise
paf* ee coutre-téuipâ. Cependant Smolensk suc Comba aux efforts héroïques des Polonais (17 et 18 Août). Les Russes dans leur retraite mirent le feu à cette ville, lis incendièrent également Valontina^ Dorogobuj, Yiasma et Gzatsk (19, a6 et 29 Août et I Sept.). îls s*arrétèrent enfin à B o r o d i n o Rutusow avait pris le commandement en chef (en remplacement de Barclay de Tolly). La san* glan te journée delà Moskwa (7 Septembre) coûta la vie à aS^ooo hommes de chacune des deux armées. Les Busses se retirèrent et Napoléon vainqueur entra dans l'ancienne Métropole de l'empire mosco^ vite y et s'établit dans l'antique et respectable palais des Czars (le Kremlin) (17 Septembre).
paiï ie ^am rt à la datntr-^Hlliancr»
(Depuis le i5 Septembre i8ia josqa^i i8i5.)
Incendie de Moscou: Désastres de la Grande-Jrmée,
Napoléon s'étonna d'abord du silence sépulcral qui régnait à Moscou; mais bientôt il découvriti
avec la stupeur de l'effroi, le système a£fi*eux de dé^ fesse qu'arait adopté uu ennem barbare poussé au d^espoir. Gelte cité immense, avec tous ses monu* ments gothiques, recelant des trésors amassés depuis des siècles, cette capitale, qui'comptait dans ses murs une population de 35o,ooo âmes fut d'après la réso-^ solution des chefs de l'armée, et par les soins de son gouverneur Rostopschin livrée aux flammes, dans le dessein de réduire les vainqueurs à l'extrémité, en ne leur laissant, ni lieu pour se reposer, ni moyen de se se restaurer , ni point d'appui pour continuer leur marche dans l'intérieur du pays. Les habitants abandonnèrent la ville, n'emportant que ce qu'ils purent sauver dans la précipitation. Il n'en resta que quelques milliers, dont une partie aida les criminels renvoyés des prisons , à attiser le feu q\^'ils avaient allumé dans tous les quartiers de la ville. Bientôt dans les rues et sur les places muait une mer de feu et de fumée, qui dévore les quatre cinquièmes de cette capitale avec ses richesses et ses immenses magasins Kapoléon lui-même est forcé, par les progrès de l'incendie, d'abandonner le Kremlin pour aller, non sans danger pour ses jours, se réfugier dans un château de plaisance impérial à peu de distance de la ville ; et de retour, après l'incendie, il livi*e au pillage pendant huit jours, les quartiers de la ville, qui n'ont pas été consumés.
Le but de la campagne était manqué; Moscou
n'étmt ploft UD poiat d'appui pour des opéralioli;^ ut* férHsum; cette ville n'offrait f^os de ressources mi^ sautes pour l'entretteD de Tannée pendaut rjbsyerv et ke Busses en inœodîaut leur capitale avaient mwi festé la résoknîeo de Séieudre leur pays au prix de tous les sacrifices. L'empire russe cependant avait aussi été ébranlé de ce coup funeste; et Napoléon espérait qu'en £iisant des praposittons de pcôi , elsM la cafMtale même, son ennemi humilié serait plus dis* posé à les accepter. L'Empereur Alexandre sut Déaii« moins le retenir par ses artifices, et rejeta enfi» toa« tes les ofires de paix. Ce ne fîit qu'alors, mais trop* lard, que Napoléoo se détermina à kl retraite {t^Ot> tobre)^
Déjà se faisaient sentir la disette et les rigueoi^ àm redoutable Jûvar, Kutusow campé près deRa« lu g a renforçait jouro^lement son <x>rps d'armés au moyen des détacfaemeots, qui affluaient de listerieur. Et l'Amiral Titschakoff accourait des fron* tiéree de la Turquie^ avec son armée defemie disponible, par la pai)^ qui venait d'être beureusement signée avoo la Porte* Du côté du nord l'armée de Wittgenstein ^en Ltvonie reprenant l'ofiensive s'atancait par Polotzk et Vitepsk vers le tbéatare de la guerre.
Napoléon réduit a l'impossibilité de ré«ograder par une autre route, que ceHe qu'il avait nagu^ paroenaie, effectua sa i*etraite à lraA^rs4es contrées
àêserbd^ déjà totateHMMit riuaiées par les dévasiàtkiM léata^es. Son heureuse étoHe avait cessé de kiire; Ëes éckecs réitérés jetèrent le décoomgeneieiit et le désordre dms l'armée* Les iroids eExcessiis et préoo^ ces vinrent mettre le comble aux embarras Après avoir éprouvé des ]>ertes immenses en hommes et en mumtiO0% l'armée atteignit enfin Smolensk (lo N^^vembre). Mais il n'y eut pas moyen de s'y maintenir» L'approche de Wittgenstein et deTitschakoff^ près d'opérer leur jonction sur la route de l'armée française ^ menaçait de lui couper toute retraite. Kutusow de son coté s'avançait sans ob* stacle avec le principal corps d'année. Napoléon tenta contre ce dernier àKrasnoë (17 Novembre) une attaque généiale, qui fut repoussée avec une grande perte^ et le lendemain (18 Novembre) le Ma-^ réchal Ney essuya un autre échec encore plusconsidérable«
Les débris de l'armée se hâtèrent alors d'atteindre la Bérésin a* Mais les trois jours, que dura le passage de cette Ëitale rivière sont signalés par des roaU heurs inouïs, par des pertes immenses en hommes et en effets , et par des désastres dont le détail fait frémir {rf>— ^afl Novembre).
A partir des rives ensanglantées de k Bérézina jttsqa'à Vilna la retraite n^ffrit pk» que le tableau • de la déroute la plus entière. Napoléon Ininnoiême reeannaiflSMit fétoit désespéré des aikires avait daan?
donné la cî-devant grande armée à Smo r go u y (5 Décembre), après en avoir laissé le commendement au Roi de Naples. La famine, le froid exeessif, et les charges continuelles des Cosaques détruisaient journellement les colonnel "entières
Dautres colonnes se laissèrent prendre sans résistance. Les débris de la garde impériale seuls conservèrent encore quelque tenue militaire. Les restes de cette orgueilleuse armée, dispersés, sans armes, ni bagages, semblables à des fantômes sortis-des tombeaux, arrivèrent à V i 1 n a (Décembre) , pour continuer de là leur course fugitive vers le Niémen. Us ne parvinrent pas à ramener au delà du fleuve un seul canon, un seul fourgon. On prétend qu'au commencement de l'année suivante 3oo,ooo cadavres humaines et i5o,ooo chevaux morts furent brûlés sur le territoire russe.
La Prusse se relève de son abaissement. JUiantè entre la Russie et la Prusse conclue à KaUsch,
Les effets moraux et politiques de ces revers furent
bien plus funestes pour Napoléon que toutes les
- pertes. L'affaiblissement momentané du tyran de
l'univers ranimant le courage des états opprimés leur
inspira l'idée de l'afiranchir. La Prusse, cette
(>uissance, qui Napoléon avait le pltis humiliée, inoti«- Ira Texemple aux autres. Le général York, comtnan<» dant le corps auxiliaire prussien, signa^ dans te moulin de Poscherung, sans y être autorité, une convenvention avec le Général russe Wittgenstein, en vertu de laquelle Tétendue de pays occupé par leà Prussiens entre Memel etTilsit fut déclaré neutre, en laissant néanmoins le passage libre aux troupes russes (3o Décembre). Dès le lendemain (3j Décembre) le Général Massenbach abandonna le Maréchal Macdonald sous les ordres duquel il se trouvait et alla joindre le corps d'armée , que commendait York. Toute l'Europe applaudit à cette action; le Roi de Prusse néanmoins fit juger York par un conseil du guerre. Cependant ce monarque re* marquant l'exaltation patriotique de ses ^ijets quitta Berlin occupé par les Français (2 3 Janvier 181 3) et se rendit àBreslau, où, délivré de la présence de ses oppresseui's, il appela à la défense de la Patrie en danger, tous les hommes en âge de porter les armes. Cet appel fut accueilli — non comme un o rdre auquel on ne se fût conformé qu'avec la tiédeur de Tobéissance — mais comme un encouragement à une insurrection préparée en secret, depuis longtemps, par une association de patriotes vertueux ; et l'on vit éclater une insurrection générale , qui égala, quant à l'enthousiasme, au dévouement et au dé^ploiement de torces , les plus brillants exemples cité^
par rUstoire, et qui les écli(>$a même quant à l'unaniniité des sentiments et à la conviction de l'importance de la cause k défendre* Il ne s'agissait pas moites que d'une entière destruction y si' l'on était vaincu, ou du glorieux rétablissement de la Patrie et l'affranchissement du monde entier, si l'on remporportait la victoire.
Wittgenstein et TschitschaVoff s'avancèrent alors avec plus d'audace et les Français furent contraints de se retirer avec prédpitation depuis le N i e m e u jusque derrière la V i s t u le, puis derrière roder et même jusqu'à l'Elbe etàlaSaale. Ce fut en vain , que des renforts accouraient de toutes parts à leur secours. Une insurrection générale des Polonais, que Poniatovrsky avait organisée à Varsowie n'eut pas plus de succès* La retraite des Autrichiens en Gallicie et la marche rapide de^ Russes, facilitée par cette retraite déjouèrent ce plasL. Miloradowitsch entra le 6 Février à Varsovie, et Winzingerode battit quelques jours plus tard les Saxons à Ralisch (i3 Février 181 3); les Français continuèrent leur retraite au delà de l'Oder en se battant presque sans cesse et avec désavantage. Le v i c e r o i d' 1 1 a 1 i e, qui avait pris, en Pologne, le commandement en chef à la place de Mural (26 Janvier) ne put avec sa poignée de bra* ves arrêter le torrent. Il se retira Jusqu'à l'Elbe (Mars>
LelVmceRepniti fie son entrée àBerlin aux ao claitiations unanimes des habitants (5 Mars). Peu avant cette circonstance^ fut conclu entre la Russie et la Prusse à Kalischun traité d'alliance offensive etdéfen^ sive (28 Février) lequel garantit le rétablissement de la monarchie prussienne dans l'état, où elle se trouvait en 1806. La guerre fut formellement déclarée à la France le 16 Mars; outre l'armée, qui brûlait de se venger , l'on vit se lever avec une célérité , qui tenait du prodige, la milice nationale (la landv^ehr) aniraée d'une ardeur patriotique, La levée «n masse (Laudsturm) de son côté se tint prête à dééendre aussi le pays, en cas de besoin.
Le torrent se répandit alors sur la Saxe: Vinziogerode occupa Dresde^ Blùcher r^rit pour la Prusse, possession du cercle de Ko t bu s cédé en 1807 (27 Mars;; et les puissances coalisés sommèrent le Roi de Saxe, quoique en vain, d'accéder à la iigue contre la France.
Dans ces entrefaites parut àKalisch au nom do la Russie et de la Prusse (a5 Mars) un«r proda« mation adressé aux peuples de i'Âllemagiie) annon-* çant la régénération d'un empire germant-* q ue, ainsi qu'une constitution plus conforme au gé« nie primitif de la nation all«ttiand« et surtout plus propre à en consolider l'unité. Sé« doits par des es^péranœs «i ravissantes les jeunes geM et les bcnximes accoururent par milliei^s de toatts lea
contrées de T Allemagne ^ pour conquérir au prix de leur sangy rindépeudance et la régénération de leur chère patrie. La prochaine dissolution de la confédération rhénano, s'annonçait alors chaque jour par de nouveaux pronosties. Le manifeste deKaiisch proclama cette dissokition à la vérité sans en avoir le droit, cependant avec la certitude fondée du succès^
Nouvelles entrefaites de Ncqjoléon. La Suède et V Autriche se déclarent contre la France, ,jGuerre sainte.'' Ba-^ taille de Leipzig, Convention de Ri€d* ..
• Napoléon dans ces entrefaîtes avait réuni de nouvelles et formidables légions* A son retour à Paris il fit proposer au Sénat (lo Février ï8i3) d'envoyer aux armées, outre la lêirée déjà ordonnée de la consmp* tion de i8i3, un supplément extra - ordinaire de 35o,oo hommes ; mais le Sénat prenant en considération le vide que laissait dans l'armée la défection du Général York , augmenta de 5o^ooo combattants la quantité demandée. Lors de la publication du manifeste prussien, une nouvelle levée de 180,000 hommes fut ordonnée par un nouveau sénatus*cou* sulte^ Les armées françaises, non compris les trou* pes de l'intérieur, devaient être portées. à 800,000 hommes. Pour taire face des préparatife aimsi ina^
raenses ie gouvernement demanda pour cette annula un crédit de i i5o 'millions de francs.
Ce fut au mois de mai, que se rengagea la lutte gigantesque, qui devait être si féconde en résultats. La plaine de Lûtzen (ou Grossgôrschen) fut le théâtre de la sanglante victoire, que Napoléon remporta sur les armées combinées, russe et prussienne (2 Mai) par suite de laquelle il reprit Dresde. Deux victoires remportées postérieurement àBautzen et à Wurschen (ao et ai Mai) rendirent Napoléon maître de la Lu sa ce; les Alliés se retirèrent vers le Si lé si e, les Français s'avancèrent jusqu'à Breslau. Dans le nord ils reprirent Hambourg. Un armistice signé àPeischwitz (4 Juin) interrompit pour deux mois et demi le tumulte des armes«
Pendant la suspension d'armes s'ouvrirent à Prague des conférences pour la paix qui n'aboutirent à rien. L'Autriche, qui après avoir été l'alliée de * Napoléon, s'était chargée du rôle de médiatrice se déclara alors son ennemie(i9 Août;. Un surcroit de trois-cent mille combattants vint peupler le théâtre de la guerre;
La Suède y figurait déjà; après que la Norwège lui eut été définitivement garantie ^ ieRoi de Suède conclut une alliance offensive avec l'Angleterre et fit marcher une armée en Poméranie (Avril et Mai). Le Prince Royal C ha r 1 e s- Jea n la conduisit en personne^ et se chargea plus tard du
Gommetidemant de toute T armée du nord. Uae nouvelle alliance, que Napoléon contracta alors avec le Danemarc (lo Juillet) ne contrebalança point le88ecoai*sdelaSuède. Une guerre sainte, s'ooTritdonc pour la cause sacrée de l'affrancfafôsenient du monde, et les armées mises sur pied, de part et d'autre^ sem- Matent en effet assez puissantes pour affranchir rusi< Ters ou pour Tasservir. Huit cent mille hommes en ai*mes formaient depuis la ,Ba 1 ti q u e jusqu'à V 1 1 a- 1 ie une ligne immense faisant face, à celle que pré> sentait le déploiement des forces de la France, les quelles pouvaient bien é(re évaluées k 5oo,ooo oom* baitants.
- Les Alliés sous le commandement de Schwarw eenberg venu de la Bohême avec des iorces nombreuses s'avancèrent vers Dresde et y essuyèrent une défaite sanglante, occasionnée par la prompte réunion des forces de TEmpereur des Français (ià6 et ^7 Août). Douase mille Autrichiens tombèrent sa pouvoir de l'ennemi* Ce fut dans cette bfiitaiQe, que Mo r eau fut atteint du coup mortel. D^^rèsTiavitation d'Alexandre, cet illttstre guerrier, grièvement olfensé par Nftpoléon, avait quitté so» arih dans le ïford de l' Amérique^ pour venir, «en qualité de lieuteuant-générale des armées russes, firire b caMpagnè contre l'ennemi généralement redoiiAé. Otiem^it'^uldureuse "vint leMctslmre «me posittas
qui, sous tous les rapports , devait être une supplice pour lui.
Après cette derniél^ faveur du destin, Napoléon n'en éprouva plus que les rigueurs. Le jour même de la bataille de Dresde. Blûcher remporta une victoire éclatante sur Macdonald, aux bords de la Katzbach en Silésie (26 Août). Le corps d'armée de Yandamme, qui avait pénétré en Bohême, (ut complètement défait ^^ ulmetàNollendorff (3o Août). Napoléon essuya un troisième revers à Dennewi tz, par la défaite du corps de troupe, qui) d'abord sous Oudincft, puis sous Ney avait compté s'emparer de Berlin, Ce corps fut battu à platte couture par lePrinceroyaldeSuèdeet le Général prussien Bul o w. Les Français se retirèrent en tlésordre sur Torgau etWittenberg.
Par le résultat de ces défaites de ses généraux Napoléon , qui n'avait pas été vaincu personnellement, vit à peu de distance de lui, trois grandes armées ennemis se tendre la main; •«- celle du -nord sous le Prince royal de S u èd e, celle de S il es i e sous B 1 ûcher, et la grande armée, qui suivaient les monarques alliés et ^ue commandait Schv^arzenberg; finalement encore l'armée de réserve russe par B e nnigsen. Le danger devenait de tous côtés plus pressant ; il fallut renoncer à l'espoir de battre ses ennemis séparément; les Alliés s'approchaient toujours davantage. Les communications avec le R h i q
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étaient menaoées; il faillait opter entre une bataille décisive ou la retraite.
Après de longues hésitatioils et mainte tentative hardie pour sortir de cette position critique Napoléon se décida enfin à quitter Dresde (6 Octobre) et de marcher vers L e i p s i a Ce fut là que se livra cette grande et immortelle bataille, à laquelle prirent part tant de peuples divers, et où le del accorda aux Alliés la victoire sur le ginpd maître dans l'art de ia guerre. EUe dura du i4 au 19. Octobre. La journée du 18 fut décisive. Napoléon malgré ison habileté et son audace succombai l'exaltation, qui entraînait ses ennemis et à leur supériorité numérique. Ses forces s'élevant à peine à 200,000 hommes en avaient 3ioo,ooo à combattre. Le désavantage de la position et d'autres fatalités, entre autres la défection des Saj^ 0 n s et d'une partie des troupes wùrtembergoises, qui passèrent dans les rangs 4es Alliés achevèrent sa ruine.
La perte qu'éprouva Napoléon dans cette épouvan^ table et longue bataille est év£duéeà8o,ooabQ0(in»es. lies Alliés en avaient perdu 5o^ooo. Mais les Français dans leur fuite précipité vers E rf ur t essuyèrent encore d'autres rudes échecs surtout à Fribourg au passage de l' U n s tr u t h. Erfiirt ne leur offrit pas de position tenable. Mayence et le Rhin seuls pouvaient couvrir leur retraite, car déjà ayant la bataille de Leip^^ig le Boi de Bavière awaii:
oonelii à R i € d (8 Octobre) avec FEmp^^ur F r a n^ çois une convention d'uiie haute importance par les résultats qu s'ensuivirent. M se détadia de la con- Mdération du Rhin, et déclara, par suite de ce traité, la guerre à Napoléon, qui jusqu^alors avait été son aaû et son protecteur (i4 Octobre), Wrede fit aussitôt marcher les troupes bavaroises, auxquda se joignit un corps d'AutricbienSi contre Wûrsbourg dont s'empara, puis à A s cil a f f e n b ou r g et d^là k Ha nau (a8 Octol^re), où il arriva ppcsqm^ m même temps que l'armée française/ Mais Napoléon, semblable au lion en furie, se jeta sur les Ba v a r o is, qui hii barraient la retraite écrasa leurs masses , et se fraya orgueilleusement une route sanglante à travers ses eiinemîs vaincus (ag et 3o Octobre). Delà il passa le Ehin et ne remit plus jamais le pied sur If fiol de la Germanie.
4cc€9siùn des Princes de la co^dération du Êkin à la
Qrande Coalition* Evénements militaires. Conférences
pow^'la paix,
L-infinence puissante de la ooovenftiofi deHicd ue taida pas km ipootrer dans la mardbe des évéMmep ts* H est vrai , que la {K*indp«lfi clause de œtt^ cppveiit tion n'esprîmatt qu'une mesure, q%ii ne pouvait plu^
rester cachée; c'était la dissolution de la confédé* y^-- ratio II du Rhin; mais cette convention n'en con- ^ lierait pas moins le prhicipe de cette confédération, la souveraineté des princes laquelle, maintenant que le protectorat était abattu, acquérait une importance encore plus grande, car le traité de Ried garantissait à la Bavière diminuée quant à l'état de possession une souveraineté pleine et illimité et lui promettait en outre une compensation entière poi>r toutes les cessions, que pourrait exiger le règlement des limites militaires entre les deux états. Mais l'acces&ion à l'alliance contre Napoléon fut exigée et le Bavière j souscrivit. Comment l'ÂUr triche aurait-elle pu refuser aux autres princes de la , confédération du Rhin , [ce qu'elle avait accordé à la Bavière, qui, précédemment j lui avait porté les coups Jes plus sensibles ? Le démembrement permanent de l'Allemagne en une multitude de principautés souveraines se trouvait donc prononcé à l'avance, et tout moyen de rétablissement d'un empire germanique, ou d'une unité nationale fut anéanti»
L'exemple delaBavière fut incontinent suivi par leWûrtemberg, le duché deWeimar,les grandsduchés deDarmstadt, Bade et par tous les autres princes de la confédération, qu'on jugea à propos d'admettre dans la coalition. La plupart de ces priaces consentirent, d'avance par des articles seecrets, k
faire toutes les cessions, que pourrait exiger la nouvelle oragnisation de rAllemagne, ou le maintien de son indépendance. Quelques princes cependant fîirent exclus de - la coalition : le Royaume de Westphalie et de Grand-Duche de Berg furent^ comme de raison, déclarés dissous, puis qu'ils avaient des Français pour maîtres, et que la Prusse, le Hanovre, Brunswic et Hesse-Cassel reprirent aussitôt les pays dont ils avaient été dépouillés , et que l'état de possession ne fut reconnu qua l'égard des Princes d' A 1 1 e m a g n e. Le Grand-Duché de Francfort n'étant point héréditaire le Grandduc ne pouvait également prétender à conserver sa souveraineté. Mais le R o i d e Sax e ne fut victime que des convenances politiques. Etant resté dans s a ville de L e i p z i g^ après la grandre bataille livrée sous les murs de cette ville, il fut traité comme prisonnier de guerre par les Alliés, et attendit dans le château de Friedrichsf eld en Brandebourg jusqu'au 22 Février 181 5 la décision de son sort et de celui de son peuple.
Cependant les Princes admis dans la nouvelle confédération — ainsi que la ville de Francfort sur Me in et les villes anséatiques auxquelles leur ancienne liberté fut vendue — eurent néanmoins , comme de raison et de toute nécessité à satisfaire à de fortes réquisitions en argent, en hommes ^ et en munitions de guerre. On exigea d'eux premièrement,
cowme oontribotian , la totalké de kurs revenus d'une année. Les autres pays ftirait administrés ea commun, pour le compte des Alliés, ^ it y eut^ à ce sujet, une longue série de contracts particuliei^ eatre le» parties intéressées.
Dans ces entrefaites la reddition susseftsi¥e des places fortes de TOder et de TËlbe et des autres pdbits occupés par les Français avait achevé de délivrer te sol de TÀllemagne de la présence des troupes ennemies. Le Danemarc après une vigoureuse résistance fut également cofitt*aint par le Prince royal de Suède à signer à K i e I (i 4 Janvier 1 8i4) ua traké de paix par lequel il céda bien malgré lui la Nofwège qt la Suède (cession, qui néamnoîas coûta dans la suite encore beaucoup de sang), et le Helgoland à T Angleterre. Il eut en échange la Poméranie suédoise et on lui garantit en outre quelques autres indemnités à venir.
BiiiloW renforcée par un corps de troupes russes pénètre) pendant ce temps, en Hollande. La promptitude de son attaque,. secondée par des émeutes populaires lui facilite la conquête de la plupart des forteressBs: des mouvements tumultueux renversent la domination française à Amsterdam, où s'établit provisoirement un gouvernement du parti orangiste (17 Décembre i8i3). Le Prince d'Orange rappelé et proclamé souverain se hâte de venir reprendre possession de ses anciens états^ qui^ mène
sont ag^Mdia ( 2 Décembre )• Uq petit nombre de places fortes , entr'au très Berg-op-Zoo?o et A a« vers, restent seuls au pouvoir des Français. Les Alliés envahissent la B e 1 g i q u e.
La naarçbe des événements fut la même en 1 1 a li e etenlUyrie* Avant la défection de la Bavière le Viceroi d'Italie avait combattu avec des succès balancés et même, en général, avec avantage, quoique avec des forces inférieures contre l'armée autrichienne en Carinthie et en G^arniole. Après la convention dç Ried il se retira, en combattant, vers (a Piave et de là vers FAdige, pressé par le Grandmaître de Tartillerie H i 1 1er, qui le poursuivait avec soixante mille Autrichiens. Vers la fîn de l'apnée 1^ Fddn^aréchal Bellegarde prit le commandement des armées autrichiennes en Italie (i5 Décembre), et après une trêve de courte durée les destins de l'Italie furent décidés par la défection de Murât.
Lors de la retraite de Moscou la mésintelligence avait déjà commencé entre le Koi de Na pi es et son beau- frère Napoléon, A compter de cette époque Murât avait pris à tâche d'entretenir des relations avec les Alliés, et avait même offert, quoique inutilement, sa médiation entre eux et Napoléon. Tout-àcoup, au grand étonnement de l'Europe , FAutriche signe avec lui ime convention (11 Janvier 1814) p^r laqueUe elle lui garantit toutes ces possessions^ et lui promet de détermin^er les autres Alliés à la même ga-;
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l-antie^ à condition, qiiê lui (Murât) garantira i^^ proquement les possessions autrichiennes en Italie^ et fera cause commune avec les Alliés contre Napoléon.
Le vicerôi fit éclater hautement sa noble indigtuh tion contre le Koi de Naples ; il continua à se défeo" dre avec autant d'intépidité, que de prudence contre des forces ennemies, qui Tattaquèrent alors de deux côtés, et il se maintenait encore en possession de toutes les places fortes et de la majeure partie du royaume d'Ttalie, lorsque l'abdication de Napoléon init un terme à ses glorieux efforts.
Ainsi, par une suite de revers inouïs et dans le cours d*une année le despote dominateur de l'Eu* r o p e se voit réduit à défendre la F r a n c e ; et cette France, cet homme seul, que Ton redoute cependant encore, sont assaillis par une multitude d'armées telle qu'il ne s'en vit jamais de pareille depuis les croisades. Mais lui, inaccessible à la crainte à supérieur à sa mauvaise fortune, ordonne ses péparatife dé défense, crée de nouvelles forces et les dirige avec taot de sagesse , d'habileté et de succès qu'il aurait , sans contredit, triomphé, si des défections dans l'intériair de l'empire û*eussent entraîné sa perte.
L'impératrice Marie-Louise, que Napoléon avait nommée régente de l'etnpire, pour le temps de ^on absence, avait déjà, avant la bataille deLeipft ig, soiiimé le Sénat, en séance solennelle (9 Octobre),
de décrét€r une levée de aSo^ooo hommeâ. Les dé<» darations de guerre de TAutriche et delà Suéde avaient provoqué cette demande» De nouveaux et de plus grands sacrificeit devinrent nécessaires lorsque^ après la bataille de Leipsig^ Tarmée réduite à de fai* blés restes eut repassé le Rhin, et que la confédét ration duRhin^ jusqu'alors l'arsenal de Napoléon^ se fut jointe aux ennemis de cet empereui*. Il de* manda en conséquence une nouvelle levée de 3oo,ooo combattants, que le Sénat ordonna (i 5 Novembre). Bientôt après fut convoqué le corps législatif. Â cette occasion quelques représentants du peuple élevèrent courageusement la voix. L'empereur irrité de cette résistance exhala sa colère avec une arrogance indécente. On ne saurait cependant nier, que cette résistance eût été plus honorable, dans les jours de prospérité, et que toute opposition à des mesures de défense, toute dissension avec le gouvernement est condamnable quant l'ennemi est aux portes. D'ail leurs la conduite de Napoléon lors des dernières conférences pour la paix semblait exempte de reproches ; car, d'un côté, les Alliés avaient solenellement déclaré (i Décembre) xKjuils ne taisaient la guerre qu'à »la prépondérance excessive de la France ; qu'ils ac- »corderaient à cette puissance une étendue de tecri- »toire qu'elle n'avait jamais connue sous ses rois, »parce qu'ils désiraient eux-mêmes, que la France fut •forte et heureuse.tf — D'un autre côté le baron de
St. Âignan, rétidenl de Frmcé à Weiiiiaf,.avaît été dépécbé à Na po lé on^ de la part de V A u trichey de laRussie^ de TAngletevre et de la Pru&se, pour lui propofer, comme coodition de la paix, ïim<^ tégrité de la France circonscrite dans les limites naturelles, les Pyrénées, les Alpes et le B.hin« Napoléon n'iiésita point à souscrire à ces propositions (7, Décembre) ; mais -^^ comme il est dit daas une note postérieure de Metternich — l'Angle^ terre désavoua la déclaration faite à Frank fort par Lord Aberdeen; et le ministre Lord Gastlereagh voulut venir sur le continant pour assi^er en personne à une négociation de si haute importance. Les Alliés , dans ces entreli^es contimièrefit leurs opérations militaires, et la fortune des araies le rendit Inentôc plus exigeants. Lors du congrès assemblé quelque temps après à Chàtillon (4 Février 1814)9 on proposa à Napoléon , la France restreinte dans ses anciennes limites et la remise provisoire de six forter^ses du premier rang, par laquelle il eut été hors d'état de se défendre. Il ne lui restait donc plus d'autre parti que de tirer l'épée, et il le fit en mettant dans ses refus autant d'arrogance, que les Alliés en avaient mis dans leut^s propositioD, et en rompant ainsi les conférences.
L'empereur cependant calculant les dangers de sa position chercha du moins à apaiser luie partie de ses ennemis; il commença par renvoyer le Pape, à
ko jÉie (aàiaaviei^ iSi4) 9û 1m rMlîittiii»t uoa partit de r&at <k Véglîseu
U avait déjà auparavain sîgoé à Val e ne a y avec sou prÎMimier le Boi (l'Espagne t un tSBsàié de paix (|S Décembre i8i3) 6n vertu duquel il rendait à Ferdinand VII le trône de seapèrea» àconditioD que ce dernier s'engagerait à faire évacuer l'Espagne moL Anglais et ferait ensuite cause commune avec la France contre la Grandp-Bretagne. Le conaeil de régence établi par les cortès rejeta néanmoins ce traité. Alors -Napoléon remit Ferdinand en liberté sans cowdilion , et fit revenir d'Espagne les troupes fran* çaîsea. Ferdinand poursuivit aussitôt ses projets de vengeance; mais rétabUissant en même temps, vio- . temtnent , l'ancien pouvoir despotique, il accabla de toutes Les terreurs de la tyrannie, c'est-à*dii*e, les partisans de la liberté, les dignes de I9 patrie, les seuls sauveurs de son royaume.
Guerre des jiUiét sur le territoire Jraitçaise^
TraUé Âe Chmumont. Capitulation de Paris,
Napoléon détrôné.
Après quelques bésttations les Alliés se décidèrent, enfin à confier à leurs armes la solution du grand problème. Quatre cent mille guerriers repartis en
trois grandes années bordaient la Praoee le long du Rhin et en Hollande; les forces combinées de l'Autriche et de Naples arrivaient du coté de ritalie, et du sommet des Pyrénées descendaient les légions vengeresses espagnoles et portuga ir ses jointes aux Anglais, et à la suite de ces masses, et pressaient , dans toutes les directions , et surtout du coté de l'orient, de nouveaux bataillons d'Allemands, d'Autrichiens, de Prussiens et de Russes.
Pour plus de sûreté dans l'attaque^ la grande armée sous Schwarzenbergse dirigea paria^uisse, qui, qui, à la vérité et du consentement de Napoléon, s'était déclarée neutre (i8 Octobre i8i3), mais dont la neutralité n'avait pas été reconnue par les Alliés. Les bons vieux seigneurs de Berne , soupirant après le retour du »bon vieux temps« prévinrent officieusement les intentions des Alliés, et le passage annoncé de la grande armée se fit dana les derniers jours de Tannée entre SchaffhouseetBâle. Le premier jour de l'année suivante (i8i4) l'armée de Blùcher passa la moyen-Rhin sur plusieurs points, tandis que Bliiche r s'avançait au Nord par la Hollande.
Contre un déploiement de forces ennemies aussi prodigieux Napoléon n'avait à opposer que quelques faibles restes de son armée et des gardes nationales rassemblées à la hâte. Cependant malgré leur im-
mense supériorité numérique les armées combinées n'avançaient qu'avec défiance, circonspeéHoa et même avec inquiétude. Il fut. résolu qu'on se contenterait de bloquer les places fortes et que les forces principales se dirigeraient vers le cente de l'empire* Déjà les Princes de la maison ed Bourbon se montrent sur divers points pour rallier autour d'eux ^ sous les drapeaux protecteurs des Alliés, les partisans de l'ancienne monarchie.
Cette campagne fut féconde en prodiges de valeur et de tactique militaire. Cependant Napoléon pressé par son mauvais destin ne parut jamais plus grand qu'alors. Il fut fut presque toujours vainqueur lorsqu'il combattit en personne et resta Ye&roi de ses ennemie», jusqu'au moment de sa chute. Aussi ne fut-il renversé que par des malheurs — et enfin par la trahison — des généraux, qui commandaient sous liîi, et par la vénalité du Sénat; ^ur les champs de bataille il fuVrédutable jusqu'au dernier moment. A Brienne (29 Janvier 1814)9 ^ Champ -aubert (10 Février), à Montmiral (ii Février), à loinville (14 Février), à Nangis (17 Février), à Monterau(i8 Février), il écrasa alternativement l'élite des troupes prussiennes, russes, autrichiennes et celles des divers princes d'Allemagne, et força les armées, malgré la supériorité de leur nombre à se retirer avec des pertes énormes de la Champagne jusqu'aux frontières.
It forma ak>rd des prétentions plus éle^^ées d&ns h& conférences fie Cbàtillon ; mais les coalisés fermèrent à Chaumont (i Mars), une alliance enoore^is étroite y résolurent de replacer les Bourbons snr le trône«de France et rompirent les négociatîoaB de Chàtillon(r9 Mars).
Malgré toutes ses victoires Napoléon s*aflbibltssait par Texcès de ses efforts; ses Maréchaux avaient en outre essuyé diverses défaites, et du côté du nord Bulow et Winzingerode s^avançaient par la Belgique pour renforcer let grandes armées. Enin du côté du midi s'accrorent aussi les embarras. D'une part les Autrichiens avaient envahi la Bourgogne et s'étaient rendus maîtres de Lyon; de Tautre les Anglais sous Wellington et les Espagnol s sous l'illustre Mina pénétraient en vaiQ° queurs dans Tintérieur de la France. Bajonne était déjà bloquée; Bordeaux pris, et deux victoi* res remportées àTarbes et à Toulouse (m Mars et lo Avril) avaient entraîné la chute de cette der* nière ville. L^ntrépide Maréchal SouU fut cofi" traint de céder au t)ombre, et Suchet se retira aussi vers Tintérieur. Mais partotrt; où pénétrèrent les armes anglaises on arbora te drapeau blunc; car dès le commencement de Tannée le Duc d'An goa^ lém e avait para au camp de Well i a g ton et l'oa et l'autre ^ sans attendre le eonsententement é» puissances alliés — arnuoneère^t le retour de la
domination des Bourbons, en sommant le peuple et Tarmée de se soumettre à Fancienne dy* nastie.
Dans ce péril imminent Napoléon conçut Tau* dacieux projet de porter la guerre sur les derrières de l'ennemi et de fondre sur lui dans les pays situés entre La Rhin et la Moselle. Mais les Alliés au lieu de marcher contre lui vers les frontières , poursuivirent leur mouvement contre Paris (a4 Mars«et jours suivants)* La défense de cette immense cité avait été confiée à Joseph Bonaparte.* Mais les Grands de l'empire se découragèrent ou formèrent des intrigues , et l'on ne se trouva pas en mesure de repousser l'attaque d'une armée ennemie, he conseil de régence alla donc se réfugier à El ois (a8 Mars), et deux jours apjrès se Uvra la dernière bataille (3o Mars) dans laquelle les Alliés s'emparèrent des avenues de la capitale et des hauteurs deMontm a rtre. A la suite d'un très-courte armistice le sort de Paris et celui de l'empire ae décida par une capitulation (3i Mars).
Les Monarques alliés et les généraux entrèrent dans Paris À la t^e de, 200,000 combattants; cependant ils déclarèrent qu'ils n'entraient pas en ennemis vaîup vainqueurs, mais qu'ils venaient comme amis et comme libérateurs puis qu'ik rammiaient à leur suite la domination des Bourbons Une centaine des Royalistes vinrent à boiA de Êiire ciier irrive i«
roioc à l'entrée des Alliés. I^s chefs du gouvernement français — Talleyrand à leur tête — se rassemblèrent avec les plénipotentiaires des Monar* ques étrangers et se concertèrent avec eux sur la destitution de Napoléon.
Le lendemain le Sénat conservateur, assemblé par Talleyrand ayant établi un gouvernement provisoire (sous la présidence de Talleyrand) rendit u» décret motivé, qui déclara Napoléon déchu du trône et le peuple ainsi que l'armée déliés envers lui du serment de fidélité (a Avril). Talleyrand donna au principe de cet acte perfide et criminel le nom de légitimité.
Louis Xrin. La Charte.
Ce même sénat présente aussitôt un projet de constitution, qui affermit la couronne sur la tête de Louis-Stanislas-Xavier, frère de Louis XVI, appelé au trône »pskr la libre volonté du peup 1 e.<x Cette constitution maintient en outre (chose assez caractéristique) les intérêts des membres duSénat, et consacre le grand principe de la révolution, c'est-à-dire, le système représentatif. Le corps législatif adopte sans différer le projet de constitution qu'on vient de lui soumettre.
£a vertu de l'acte constitutionnel leComted'Antois revêtu du titre de Lieutenant*général du ro* yaume s'empare provisoirement des rênes de l'Etat, et Louis XVIII quittant T Angleterre, qui jusqu'à* lors lui à servi d'asile, reparait sur le sol de la France (a5 Avril) et vient s assevoir sur le trône.
Ce prince, avant son arrivée à Paris, avait déjà an« nulle la nouvelle constitution et s'était engagé à en soumettre une autre au Sénat et au corps législatif {
Il s'acquitta de cette promesse en publiant (4 Juin) la Charte destiné par lui à son peuple. Il appela en même temps Tannée de son retour, la d i x - n e uvième de son règne, comme si, le d roit, son règne eût déjà commencé en 1795, dès la mort du Dauphin (soi-disant Louis XYIIl), et eût continué validement sans interruption. Il déclara également, sans desour , que ce n'était que de son plein gré , et parce qu'il le jugeait convenable, qu'il mettait, par la Charte qu'il octroyait, des bornes au pouvor suprême qu'il tenait de Dieu et de ses pères.
Cependant cet assertions choquaient l'opinion gér néraie ; quoi ! se disait-on, une possession de fait pendant une génération entière ne suffit pas pour établir la légitimité d'un pouvoir? Napoléon couronné par les mains du Pape, uni à l'Autriche par les liens du sang, long-tems honoré comme le légis^ lateur de l'Europe par la Russie — qui elle-même ne se reconnaissait, qu'une participation à ce pou-