‹ Histoire générale depuis les temps les plus reculés jusquà l'an 1832Chapitre 18 sur 25 · IV. ao · texte numérisé non relu

IV. ao

voir — , Napoléon dcmt la parole puiftsante créa des Etats et des royaumes dont la légitimité ne fut point contestée, devant qui les plus grands potentats ont tremblé , à qui la plupart des monarques européens se sont officieusement empressés de rendre hommage, et avec qui ses vainqueurs, naguère avant la catastrophe, traitèrent d'égal à égal comme avec le monarque incoutestablement légitime de la France, ce Napoléon n'aurait été qu'un souverain illégi* time ? S'il en est ainsi à quoi les peuples pourront* ils s'en tenir? Comment pourront-ils reconnaître si le maître qui veut être obéi est usurpateur ou légitime?

Au surplus les vices de forme, qui existèrent originairement dans la charte furent corrigés dans la suite par diverses concessions réciproques; et ce fut un bonheur pour la France, que la rédaction de ce statut fondamental eût eu lieu dans un temps où l'on respectait l'opinion publique et l'amour de la liberté fruits de la révolution.

En vertu de cette Charte, le Roi revêtu d'un caractère sacré et inviolable était exclusivement en possession du pouvqir exécutif et du droit de faire la guerre et la paix ; mais ses ministres étaient rsponsa* blés. Le pouvoir législatif appartenait en commun au Roi et à deux chambres, l'une composée des Pairs (héréditaires ou à vie nommés par le roi), l'autre des députes élus par le peuple. Les chambres

devaient s*assetnbler une fois tous les ans* L'initiative pour la proposition des lois appartenait au Roi ; les chambres cependant avaient la faculté de deman*» der des lois. Le nombre des Pairs était illimité, et le roi pouvait l'augmenter selon son bon plaisir. La Chambre des pairs s'assemblait en outre extraordi-^ nairement pour juger les coupables de baute-trahi'» son. Les séances régulières étaient secrètes. La chambre des Députés se composait des députés de département (au nombre de «62 comme aupara* vant), âgés pour le moins de 40 ans, et payant cba* cun mille francs de contributions directe» par an ; ils étaient élus par les collèges électoraux, .dont les membres étaient âgés de 3o ans et payaient 3oo francs d'impositions. La nomination des députés était pour cinq ans, et tous les ans la chambre se renouvelait par cinquième. Les séances de cette chambre étaient publiques. Le règlement des impôts n'était valable que pour un an ; celui de la liste civile était fixée pour toute la durée du règne du roi» La justice était administrée par des juges nommés paf le roi, m^is inamovibles; Tinstitution du JU17 et ceîlè des juges de paix fut maintenue.* 11 ne devait point être créé de tribunaux extraordinaires, hormis (exception dangereuse, les cours prévotales dans les cas, qui paraîtraient; nécessiter cette mesure, Outi'e ces dispositions la Charte garantissait encore la liberté des personnes et de^ propriétés, celle des cônscîencers

)9£oogle<

et de la presse ; Tégalité des citoyens devant la lot, et celle de la répartition des impôts, TaboUtion de la confiscation des biens et de l'odieuse conscription*

Fin de la guerre en Italie^ Première paix de Paris,

Après avoir inutilement tenté de conjurer l'orage en abdiquant en £iveur de son fils, Napoléon se résigna enfin à une abdication sans réserve. L'île d'Elbe lui fut cependant accordée pour être possédée par lui en toute souveraineté et propriété , en conservant le titre d'Empereur avec un revenu annuel de deux millions de francs sur le trésor de l'Etat. On assura aussi des traitements considérables aux princes «t princesses de sa famille (i i Avril). Napo^ léon partit en effet peu de temps après pour l'île de l'Elbe.

En Italie, Eugène avait remporté en Février une victoire décisive aux bords du Mincio sur les Autrichiens et maintenu jusqu'au dernier moment la supériorité des JB'mées françaises. Mais la nouvelle de la catastrophe en France et de l'abdication de Napoléon lui fit poser les armes. I^es troupes françaises retournèrent dans leur patrie en vertu d'une suspension d'armes (i6 Avril). Bientôt à la suite d'un nouveau traité \%i Avril) tout le pays lut

remis auxtroupes autrichiennes, qtii prirent possession de toute la Lo m hardie au nom de l'Eoipereur François, On forma aussi un étahlissèment convenahle au viceroi Eugène et Ton prit possession du Piémont et de la Toscane pour leurs anciens maîtres, et de Mo dé ne pour TArchiduc d'Autriche François héritier de la Maison d'Ëste. Quant au duché de Parme il fut doifhé en toute propriété et souveraineté à Tépouse de Napoléon Marie-Louise, qui partit de Blois, avec son fils, sans revoir son époux et alla se mettre sous la protection de son père.

Bientôt après ces événements la paix générale fut signée à Paris, Toutes les puissances, qui avaient pris part à la guerre, l'Espagne exceptée, signèrent le même jour les expéditions conformes du* traité (3o Mai). Les Monarques alliés coiltidérant, que le démembrement de la France jetterait de la défaveur sur la restauration de la dynastie des Bo it rbons laissèrent à ce royaume ses anciennes limites ' telles qu'elles existaient au i Janvier 1791^, et y joignirent quelques augmentations de territoire ; lui rendirent les colonies qu'elle posséd||| à la même époque dans les mers et les autres parties du monde, à l'exception cependant des îles deTabago, Sainte-Lucie et de l'île de France qu'elle céda à l'Angleterre, et delà partie de St. Domingue qu'elle avait acquise par le traité de Ba)e, et qu'elle rétrp-

céda à l'Espagne* £n outre ils exemptèrent là France de toute contributk)n de guerre et de réquîsitionsi

Quant aux conquêtes antérieures de la Frahiie les Alliés décidèrent que la Hollande avec une aog^ mentation considérable de territoire serait donnée à la Maison d'Orange; que la Suisse indépendante continuerait de se gouverner par elle-même} que r Allemagne formerait une confédération d'états indépendants; que l'Italie, hors de pays, quire» viendraient à l'Autriche serait composé d'états souverains, mais que l'île de Malte resterait au pouvoir de l'Angleterre; etquienim toutes le» puissiDceSy qui avaient été engagées dans cette guerre eBverraient, dans le délai de deux mois, des plénipoteiH tiaires à Vienn e, pour régler dans un congrès géaé» rai, les •rangements relatif à l'exécution de ces disposttions»

HéiéUr été tfàjMéèri éfk PtaAté, BatàiOé de 0^ûtHhd^ tfapdléM en èêè Sêinté^Hétéàt,

La paix fut de courte durée. Car, d^ùtte part, te itiafs^iiiiés d^éfat depuis la restauration des Bourbons (telles surfout àe la cour et du parti dominait des EtttÈgf«és) excitèl^ent un mécôntenteikitènl si géùérrf*

sî profond dans la masse de la nation , qui celle-ci soupirait de jour en jour plus ardemment après le moment de sa délivrance; d'une autre part, les délibérations du Congru de Yien ne faisaient naître les plus vifs débats et semaient la division entre les puissances alliés elles-mêmes. N a p o 1 é\) n du fond de son île ne perdait pas de vue les relations politiques du continent, et jugeant la conjoncture favorable, il reparut tout-à-coup sur le sol de la France, accompagné seulement des quatre cents hommes de sa garde qu'on lui avait permis d'emmener et de quelques volontaires corses et polonais formant en en tout une troupe de moins de 1200 hommes (i Mars i8i5). Cannes non loin de Fréjus fut de nouveau le point où, plein de ses vastes projets, il débarqua sur la côte française. De là, comme dans une marche triomphale, il traversa les départements aux acclamations d'un peuple enivré de joie, entra comme souverain à Grenoble, à Lyon et enfin à Paris (ao Mars)» Nulle époque de sa vie ne "fut plus glorieuse pour lui. Ce ne fut point avec sa poignée des Gardes qu'il reconquit le vaste empire avec la rapidité de l'éclair ; ce fut par 1^ dévouement volontaire de la nation, ou bien, — si l'on ne veut pas cpnvehir de ce fait — par l'effet de la haine, que le peuple portait à la restauration. Le Boi apprenant successivement la défection des |[rand fonctionnaires de l'Etat , celle des troupes qt

des généraux y aimi que la marche progi'essive de l'empereur 8 enfuit de Paris (ao Mars) à Lille et ne s'y trouvant pas sufâsâmment en sûreté^ il se re-> tira àGand. Napoléon (sur la tête duquel avai t été mis un prix de deux millions) prit y sans verser une goutte de s^g, possession de tout le royaumei

Les amis de la liberté levèrent alors le front, esp&* i^ant que y sous le bras protecteur de Napoléon dont le caractère tyi'annique <levait avoir été corrigé par les épreuves de l'adversité, ils se maintiendraient dans la jouissance des droits raisonnables et des in« stitutions libérales qu'ils avaient achetés par des com« bats et des sacrifices immenses. Ces espérances se fortifièrent par les proclamations et les mesures de Napoléon après son retour et surtout parl'acteadditionnel de la quatrième constitution publié au champ deMai en présence de députés de toutes les parties de l'empire. On revit alors figurer parmi les représentants du peuple librement élus et même parmi les ministres des noms célè* bres, dés patriotes des beaux jours de la république; et les actes dânf^ouvernement décelèrent un esprit de justice, de môidération et de clémence. Même vis-à«» vis des puissatices à l'extérieur Ce gouvernement se présenta dans une attitude inofïensive et ne parut aucunement disposé à porter atteinte à l'état de paix. Napoléon déclara solennellement Vouloir observer la paix de Paris; avoir abaiidoHifié 6éâ femcienneft

idées cie monarchie Universelle ethe plus rouloir s^occuper que de Fadministration intérieure, c'est'^à'dire^ du bonheur de son peuple.

De leur côté les Monarques encore réunies à Vienne publièrent, dès la nouvelle du débarquement de Napoléon, une proscription foudroyante contre lui (i 3 Mars); elles déclarèrent qu'en quittant l'île d'Elbe il avait détruit le seul titre auquel était attachée son existence ; qu'il s'était placé par là hors des relations civiles et sociales, et que ^ comme en* nemi et pertubateur du repos du monde, il s'était li"* vré à la vindicte publique. Premier et unique exem*j^e dans l'histoire du monde (hormis les excommu*» nications lancées par les papes) d'une sentence de proscription, prononcée pour cause de rupture de la paix, contre une tête couronnée ! Cette déclaration fiit signée au nom des huit puit puissances signatai* res du traité de Paris.

Mais tandis qu'on répandait sur lui -^ conime sui* le chef d'une bande abjecte de brigands — les torrents de l'opprobre et de l'exécration, les armements immenses qu'on faisait à la hâte témoignaient assez combien sa puissance en imposait. Le traité de Chaumon t fut renouvelé et confirmé; tous les potentats de l'Europe (à Texception de la Sue de ^ de Naples et de la Porte) le signèrent* Les forces mises sur pied contre Napoléon furent évaluées à > ,365,000 combattants. Les peuples réveillés en sur-

taut, au milieu de leurs songes de paix ofirirèot de nouveau le sacrifice de leui*s biens et de leur sang pour combattre l'objet de la terreur générale.

La lutte recommença. Murât Roi de Naples revenu trop tard de son aveuglement et s'étant engagé trop tôt contre l'Autriche fut bientôt mis hors de combat; sa démarche prématurée en faveur de Na-^ poléon eut une issue funeste pour lui. Les Autri'chiens lui déclarèrent la guerre (jo Avril), repoussèrent son armée, qui s'était avancée jusqu'aux rives de Pô 9 et la poursuivirent Tépée dans les reins. Battu coup sur coup dans plusieurs rencontres successives, et désespérant de sa fortune Murât quitta son royaume (aoMars i8i6) pour aller se réfugier sur les c^tes de France.

La guerre contre Napoléon ne fut pas longue. L'empereut* à la téle de ses belliqueuses phalanges avança d'abord heureusement vers l'ennemi, passa la S ambre, remporta une victoire sanglante sur les t^russiens à Ligny (i6 Juin), et se disposait à faire subir le même sort aux Anglais et à Wellington, qui tendait la main à l'armée prussienne; mais la froide ténacité de W e 1 1 i n g ton, lors de la terrible bataille de Waterloo, (appellée de Belle^Allia n ce par les Prussiens) (i8 Juin), arrêta les progrès des troupes de Napoléon et donna à l'armée prussienne sous Blûcher — qui malgré sa défaite de l'avant-veille n'en accourait pas moins avec

ion intrépidité ordinaire — le temps de venif arra* cber à Napoléon la victoire que celui-ci avait d^à ireniporté à^demi. Telle fut l'issue de cette bataille à jamais mémorable dans Thistoiré du monde. La perte en hommes et en matériel fut immense du c6té des vaincue) et l'Empereur lui-même se voyant sans r^sOUrces revole à Paris (8 Juin). I^es vainqueurs de leur coté avaient aussi, dans ces deut mémorable» journées, perdu près de 5o,ooo combattante.

Après la bataille d% Waterloo, il ne fut plus guère question de combats. Les vainqueurs n'eurent qu'à poursuivre , à faire des prisonniers et du butin. Blilcher ne tarda pas à paraître devant les murs de la capitale consternée ( 29 Juin ). Au bout de quelques jours fut signée la capitulation (3 Juillet) en vertu duquel l'armée française se soumit à évacuer Paris dans trois jours et à se retirer dans huit derrière la Loire.

Le 7 Juillet Blûcher à la tête de l'armée prussienne et Wellington avec ses Anglais entrérem à Paris par deux côtés différents et le iende* màhi (8 Juillet) Louis XVHI reparut dans sa résidence reconquise. La chambres de& députés, qui, sous le eanon des batteries ennemies, avait courageusement publié plusieurs dédaratidns pleines d'une mâle énergie pour le maintien df^s droits du peuple, fut dissoute (1 3 Juillet); et malgré les assurances d'une amnistie générale dOMées par LmiisXVIIl pendant son^

séjour à Gand , les vengeances trouvèrent moyen de s'assouvir à l'aide des ordonnances exceptionnelle» publiées contre les pairs et les généranx auxquels on en voulait le plus.

Le règne de Napoléon avait déjà cessé antérieure^ ment. Après son retour dans la capitale il conçut le projet de dissoudre les chambres et de se faire prp«* clamer dictateur. Mais la chambre des représentantSy sur la motion de LaFayette se constitua en permanence et déclara quft toute tentative pour la dissoudre était un crime de haute trahison. Les hommes magnanimes de qui émana ce décret sentirent l'important devoir de sacriâer le salut d'un homme, au maintien de la liberté. L'empereur alora abdiqua en faveur de son fils Napoléon II (i^a Juin) et les chambres lui votèrent des remerciments. On nomma une commission provisoire de gouvernement sous la présidence de l'artificieux F o u c h é. Une députation des chambres (LaFayette, BenjaminConstantet quatre autres députés distingués) se rendit àHaguenau, quartier-général des Monarques alliés. Mais ceux-ci déclarèrent par écrit (3o Juin), qu'ils ne s'engageraient dans aucune négociation avant que la personne de Napoléon fût en leur pouvoir. La commission du gouvernement ne fit d'autre démarche pour la sûreté de sa personne que d'ordonner^qu'on équipât dans le* port de Roche tort deux frégates pour son passage en Âmé-

rique. Quelques tentatives, que Napoléon fit luimême pour entrer en négociation furent également sans succès. Il s'embarqua donc à Roche fort (8 Juillet); mais les croiseurs anglais l'empêchèrent de mettre à la voile. Dans cet embarras il accepta l'asîle, que lui offrit l'Anglais M ai tl and capitaine du Bellérophon, et déclara qu'il se mettait sous la sauvegarde des lois anglaises et que son intention était de mener une vie privée en Angleterre.

Mais les lois et le bon droit ne protégeaient plus le proscrit. L'entrée du port de P 1 y mo u t h fut refusée à Napoléon à qui l'on signifia qu'il serait transféré à l'ile Sainte-Hélène, comme prisonnier de toutes les puissances alliés, et qu'il y resterait sous la surveillance spéciale du gouvernement britannique. Cet ordre fut mis sur le champ a exécution (7 Août) et le^i8 Octobre, l'homme qui pendant dix-neuf ans avait été l'objet de l'admiration et de l'effroi du monde entier, aborda sur le rocher isolé qui devait être son tombeau. Cependant l'impression terrible, effet une catastrophe aussi inouïe, et l'intérêt qu'inspire naturellement le grand homme, dont l'âme forte ne s'est laissé abattre ni par les coups du sort, ni par le choc de taht de forces ennemies réunies contre lui , ont maintenant réconcilié l'univers avec celui, qui fut autrefois haï, et même abhorré presque généralement hors de la France. Les jugements qu'on en porte actuellement, les comparaisons et les rai«

sonnements auxquels donne lieu le prisonnier de Sainte-Hélène sont bien plîis glorieux pour lui, que ne le forent jamais les adulations d'un Sénat ser* vile et d*une tourbe rampante d'écrivains à gages.

Seconde paix de Paris, Sainte-Jlliance.

Par la captivité de N a p o i éon le but de la guerre se srouvait atteint ; les puissances alliés, selon l'opinion des partisans de la France, n'avaient plus rien à prétendre; il n'était pas même nécessaire, selon eux, de faire un traité de paix, puisque l'ennemi commun, à qui seul on avait fait la guerre était abattu.

Cependant les Monarques crurent devoir exiger quelques sacrifices de la France, sq^t pour indemniser des frais énormes de cette guerre, lesquels, sans contredit, devaient tomber à la change du peuple délivré de la tyrannie de l'usurpateur; soit pour prévenir désormais de semblables malheurs ; soit enfin aussi pour satisfaire leurs propres peuples, qui avaient manifesté assez haut leur mécontentement de la clémence dont on avait usé lors de la première paix de Paris. Ce dernier motif était assurément très-péremp-< toire. Les ministres français ne prêtèrent qu'à contrecoeur l'oreiUe à de pareils motifs; cependant , après de longues iiégoci^tions , les plénipotenttaJre$

français et ceux des puissances alliés conclurent un traité, appelé^ seconde paix de Paris (ao Nobre i8i5).

Par cette paix la France consentit à la cession d'une partie de teritoire assez considérable. On restreignit rétendue de la France dans les anciennes limites de 1790 {et non dans celles de 179^9 comme il avait été . stipulé dans la première paix de Paris) et Ton en détacha en outre plusieurs territoires, nommément: les forteresses de Phi lippe ville et de Ma rienbourg, le duché de Bouillon; Sarre-Louis, Sarre-Brûck et tout le pays situé entre la Sarre et la La u ter; ainsi que la forteresse de L a n d a u* Les premiers territoires furent cédés au royaume des Pays-Bas; les quatre autres à la diète germanique), LaSavoieetNice furent restitués en entier à la Sardaigne et le petit pays de Gex, à la Suisse. La France se chargea en outre de payer aux Alliés à titre d'indemnité une somme de sept cents millions ; (dont un quart était destiné à mettre les frontières dans un meilleur état contre la France ; destination, qui jusqu'à ce jour n'a pas été remplie, du moins quant à la majeure partie), et de faire liquider toutes les réclamations des sujets des puissances alliées, ainsi que les sommes dues à la banque de Hambourg, Il fut convenu aussi que cent cinquante mille hommes de troupes alliées occuperaient pendant cinq années (lesquelles pourraient être réduites à trois, dans

le cas où Ton serait satisfait de la conduite des Français) une certaine étendue de territoire français avec un nombre déterminé de forteresses importantes et que pendant ce temps la France payerait annuellement cinquante raillions par l'entretien de ces troupes. Finalement il fut décidé que la domination des Bourbons serait imposée à la France ^ comme loi dictée par les puissances étrangères, et par contre^l fut recommandé aux Bourbons — recommandation digne d'éloges — de respecter la Charte.

Outre le traité général, les diverses puissances con-* durent encore entre elles de nombreux traités partiels.

Enfin s'opéra, et même a van t la conclusion de la paix, la resprise des chefs d'oeuvre de l'art enlevés par les Français pendant les diverses guerres de la révolution. Cette reprise combla la mesure de l'humiliation de la France.

Telle fut l'issue de la révolution. Mais pour que cet abime ne se rouvrît jamais les vainqueurs de Napoléon, les Monarques de Russie, d'Autriche et de P r u s s e encore présents à P a r i s , signèrent entre eux^ et sans le contre-seing de leurs ministres le traité de la Sainte-Alliance (a6 Sept. i8i5). Pans le commencement de ce traité , dont l'histoire du monde n'offre aucun exemple, les trois monar-* ques contractans en personne, font savoir que l'expé-r rience des trois années récemmens écoulées leur à

donné la con^ctiou intime^ qu'ils doivent baser leur conduite sur les sublimes vérités enseignées aux hommes par le divin sauveur, et prendre, par conséquent, pour règle, dans la gouvernement de leurs états et ^ans leurs relations politiques réciproques, les principes de la justice , de la charité chrétienne et de la paix. Ils déclarent, que, conformément aux expressions de la Saint-écriture, ils- resteront unis par les liens d'une véritable et indissoluble amitié, se regardant comme compatriotes, s'engageant à se prêter réciproquement secours et assistance dans toutes les cir constan ces et promettant de diriger, dans le meipe esprit de fraternité , leurs peuples et leurs armées dont ils se considèrent comme les pères. Ces trois monarques déclarent en outre ne se regarder que comme chargés par la providence divine de gouverner les branches d'une seule et même famille, reconnaissant que la nation chrétienne, dont eux et leurs peuples font partie, n'a réellement d'autre souverain, que celui à qui seul appartient la puissance, c'est-à-dire,^Dieu, notre divin Sauver Jésus-Christ, 1« Verbe du Tris-Haut, la parole de vie,

Toutes les puissances de l'Europe, à l'exception du Pape et de la Porte, furent invitées il prendre part à ce traité. Elles y accédèrent toutes aussi à l'exception du roi d'Angleterre, qui djiclara qu'il partageait personnellement les principes de la Saint-Alliance, mais que la ironstitution de son royaume ne lui per^ m- 3o

mettait pas de s'engager par aucun traité avec des puissances étrangères sans la coopération çt le contre-seing de ministres responsables envers sa nation. Les événements , qui suivirent ont mis au jour le véritable esprit et les résultats naturels de cette pré« tendue Sainte-Alliance»

Congrès dû Tienne, Kussie^ Prusse. Pologne^

Il avait été stipulé par le premier traité de paix deParis que, dans Tespace de deux mois, s'assemblerait à V i e n n e , un congrès pour accommoder toutes les affaires de l'Europe et de ses divers états, lesquelles n'avaient pas été terminées par le traité* Après quelques délais se réunit enfin à Vienne vers la fin de Septembre et au commencement d'Octobre, cette illustre assemblée à laquelle, sous le rapport de la haute dignité de sis membres ^ et de l'importance des affaires à traiter, nul autre congrès antérieur, pas même celui de Westphalie ne saurait être comparé. Deux empereurs, quatre rois, les plus grands ministres et hommes d'état de presque tous les pays de l'Europe, et une foule innombrable d'agents envoyés par divers princes , de députés des villes y de mandataires de familles et d'individus s'assemblèrent dans la résidence impériale de rAutriche pour fixer^

par UU6 loi fondamentale, le droit public et le système politique du continent , de même que pour ré* gler définitivement une multitude de différends par« ticuliers. L'Europe entière et même tous les peuples civilisés de la terre dirigèrent leurs regards sur Vienne dans Tattente des grandes décisions du Congrès.

Cependant — comme le constatent les plaintes unanimes de tous les esprits pensants -«- le Congrès de Vienne n'a nullement répondu aux espé* rances qu'avait fait concevoir sa haute mission^ sans exemple dans l'histoire du monde* II. est vrai, que le congrès ayant le pouvoi r de décider, semblait en avoir aussi 1 e d r o i t ; mais, dans tous les cas, il était tenu à décider conformément au bon droit et à l'intérêt de tous. Sous ce rapport il reste responsable envers l'histoire. C'est à celle-ci qu*il appartient déjuger librement l'esprit et les principes des décisions du Congrès de Vienne.

La grande question, celle qui par son importance l'emportait sur toutes les autres, c'était de satisfaire les prétentions, ou réclamations des maisons régnantes. Les unes demandaient un agrandissement de territoire, d'autres réclamaient des indemnités; d*autrea encore voulaient être rétablies. L'Europe avec ses peuples pouvait se comparer à une masse de biens, dont la distribution dépendait du bon plaisir du congrès. La population , les revenus, la

superficie n'étaient que des nombres abstraits servant au calcul ; jamais les peuples ne furent traités plus ouvertement et avec moins de retenue, comme marchandises réelles que par le congrès de Vienne.

Bientôt éclata parmi les membres de ce congrès un dissentiment qui faillit amener une nouvelle guerre et qui ne cessa que diffilement par l'abandon réciproque de droits fondés et par la concession mutuelle de prétentions injustes ^ et aussi par Tadoptions d'expédients opposés aux principes dominants. On substitua l'artifice à la saine politique et l'on sacrifia les conséquences générales pour satisfaire à des réclamations individuelles.

Occupé d'intérêts particuliers le congrès se vit bientôt inondé d'un déluge de pétitions, de requêtes et de réclamations à l'examen desquelles fut prodigué un temps précieux qui devait être consacré aux intérêts généraux du continent et du genre humain. Rien ne se fit pour le bien des peuples. C'est de cette injusice que le congrès est responsable envers l'hiimanîté.

Finalement parmi les décisions du congrès plusieurs furent directement contraires aux besoins vivement sentis, d'autres notoirement préjudiciables ou attentatoires au bien gfénéral.

L'aperçu suivant des décisions du congrès justifiera cette condamnation.

Dès rouverture du congrès on étabHt parmi les af^ faires à traiter une distinction entre les affai r es de TEurope et celles de rAlleraagne. Les premières furent soumises à la décision des huit puissances, qui avaient signé la paix de Paris. Les affaires de TAl-^ 1 em a g n e ne furent d'aboixl traitées, que par les plé^ iiipotentiaires de F Autriche , de la Prusse, de la Bavière, du Hanovre et du Wurtemberg, auxquels cependant on réunit plus tard tous les membres de la confédération germanique laquelle était encore k former.

Parmi les affaires européennes la plus essentielle était de satisfaire les principales puissances dont les grands efforts avaient abattu la domination, que Napoléon avait usurpée sur le monde entier.

Gn donna d*abord, comme prix stupulé par avance, la Pologne à la Russie, qui n'avait pas fait la guerre pour l'Europe et à qui, dans sa guerre contre Napoléon , le secours de l'Europe avait été bien plus utile , que ne l'avait été à l'Europe l'assistance de la Russie. On laissa donc enjamber la V i s t u 1 e au colosse russe, et on lui laissa en prise les flancs de la Prusse et de l'Autriche et par conséquente le centre de l'Europe, tandis que, du côté de la France, on se retrancha timidement derrière une barrière hérissée de forteresses et que frappé de la ter-, reur chimérique enfantée par le souvenir des daViger»

passés, on parut na s'inquiéter niiilemeot dd €6tti deFaveniré

L'agrandiissement de la Russie fut un obstacle bien fâcheux aux réclamatious de la P ru s s e, qui (ayant sans contredit beaucoup plus contribué que la Russie à Taffranchissement de TEurope) prétendait avec justice être rétablie dans son ancienne grandeur. Pour la dédommager de la pçrte de son territoire en Pologne (la majeure partie du duchée de Yarsoie}) il n'y avait que la Saxe, qui parût offrir une compensation suffisante; aussi la Prusse en fit^-elle la demande* Mais T A n g 1 e t e r r r e, la F ra n ce, l'An* triche et la Bavière s'opposèrent vivement à cet acte de violence fnon pour l'intérêt de la nation salconne, mais uniquement pour celui du roi); elles contractèrent même pour ce motif, contre la Ru»sie^ une alliance formelle (6 Janvier i8i5) qui appuya le bon droit de la Prus&e, sur des raisons d'inté» rét personnel* On convint enfin d'un arrangement^ qui conserva à la Prusse quelques districts de la Pologne auxquels on donna le nom de Grandduché de Pose Ui et lui donnadeux cinquièmes de' la Saxe* On compléta ensuite l'indemnité delà Prusse par une étendue considérable de pays entre le Rhin et la Meuse; cet arrangement produisit des communications aussi peu naturelles que l'étaient précédemment les intersettionif) et la Prusse bien tpie complètement indemnisée > sous le rapport de là

population et des revenu6| se trouva cependant létét) quant à sa position politique et militaire.

Dans cette organisation si arbitraire de la Pologne, l'objet auquel on songea le moins, ce fut nation polonaise elle-même (abstraction faite de quelques vagues promesses de droits constitutionnels). Les puissances ^e complurent seulement à une création étrange» celle de la République de Craco» V i e sous la protection de ses trois puissants voisins ; anomalie singulière qui fournit seulement la preuvç qu'on ne put s'entendre pour donner la ville et le territoire deCracovieà l'une des trois puissances.

Suite de congrès de Fienne. Autriche. liaiie. Pe^s-Sae.

Âuires étais de t Europe et décisions panicuUères du

congrès.

C'était vers Tltalie surtout que TÂutricbei outre le rétablissement de sa domination sur la Gallicie-orientale et la plus grande partie de l'onest du même état, leTyrol, Salzbourg et nu y rie récemment agrandie, portait ses regards avides. Les états vénitiens, ainsi que la Lombard ie avec des limites avantageusement tracées furent abandonnés à la triomphante ip a i s o n d' A utriche, et le songe flatteur d'indépendance et de

liens de nationalité se dissipa ainsi pour les peuples de l'Italie. Un sceptre étranger s'étendit sur leurs plus belles provinces. Lés pays de Parme et de Plaisance, regardés comme objetde trafic fiirent donnés en indemnité à une princesse, qui n'avait nulle prétention fondée au duché de Parme. La destinée de ces états fut cependant moins malheureuse que celle de la république de G è no s, qui, sans l'avoir aucunement méritée, fut condamnée à perdre son indépendance et à subir là domination de la Sardaigne. Ce changement fut le résultat de l'idée, principalement soutenu par l'Angleterre, que l'agrandissement de la Sardaigne était nécessaire pour opposer une barrière à la F r a n c e ou pour séparer la France de l'Autriche par une forte puissance intermédiaire. Par la destruction de l'existence politique d'une autre république (L u c qu es, qui fut donnée à la ci-dévant reine d'Etrurie, soeur de Ferdinand Vit et à son fils) on apaisa les plaéutes peu fondées de T È s p a g n e. En revanche, couimé dans un accès de gaîté, on consentit à laisser subsister la petite république de S t. M a ri n, qui, vu son extrême faiblesse, ne pouvait porter ombrage.

Dans la Basse- Italie, Murât fut d'abord reconnu roi de Napl-es et on lui promit même un agrandissement de territoire; Ferdinand IV ne conserva que la Sicile. Maïs la guerre follement entreprise par le premier de ces deux 'monarques

contre rAutricbe obcasionna, sanâ autre raisoiy fondée en droite le rétablissement de la maison de Bourbon sur le trône des deux- Siciles,

Une autre création politique de haute importance^ émanée du même principe que celui de l'agrandisse* ment de la Sardaigne ^ fut Téi^ection du royaume des Pays-Bas en faveur de la maison d'Orange. On réunit à la Hollande la Belgique et quelques au-> très pays limitrophes de la France, pour former un boulevard solide contre le voisinage redouté de cette dernière puissance. On y joignit encore le Grand- Duché de Luxembourg dont cependant la capitale fut déclarée forteresse dé la Confédération germanique. Ce projet, dont on ne saurait contestée la sagesse, échoua néanmoins dans les mesures d'exé^ cution, parce que non seulement on renonça timide^ ment au système des limites naturelles, mais aussi parce que la bizarre dispersion de diverses principautés, priva de sa force intrinsèque le ter ri toi ré* allemand sur la rive gauche du Rhin, et que l'extension de la Prusse jusqu'à la Meuse et à la Moselle dona lieu à une multitude de. points de contact dangereux.

Le congrès ne s*occupa que peu ou point*du tout des acquisitions de l' A n g 1 e t e r r e. Cette puissance conserva doisc les îles de Ma 1 1 e, et d' H el g o 1 a n d, le Cap de Bonne-'Espérance avec plusieurs colonies importantes dans lés deux In d'es^ ainsi que ' 1^ pro^

tectorat de$ lies Ioniennes. Le Hanorre fut aussi restitué au Roi d'Angleterre » à titre de Royaume iaisant partie de la confédération germa^ nique, avec une augmentation considérable de terri* toirci laquelle fut réglée en partie par Tacte fédératif et en partie par divers traités particuliers* . La Suède fut confirmée dans la possession de la Norvège* LeDanemarc à qui la Poméranie** suédoise avait été donnée en compensation échangea cette province avec la P r u s s e contre une partie de la principauté deLauenbourg.

L'Espagne et le Portugal, à l'exception de la restitution d'Olive nç a à <;ette dernière puis* fiance, ne gagnèrent, ni ne perdirent rien aux confé** * rences du congrès, Les prétentions arrogantes de l'Espagne traversèrent cependant ou embrouillèrent diverses négociations. Le Congrès ne prit aucune mesure pour reprimer l'horrible tyrannie exercée au nom de Ferdinand YIJ contre sa nation , c'est*à«dire contre la plus noble partie de cette nation, les généreuses Cortès et leurs partisans , qui avaient sauvé son royaume, que lui-même avait laissé à la merci de Tennemi.

. Neuchatel, le Valais et Genève furent agrégés de nouveau à la Suisse, qui, par cette réunion, se trouva composée de aa cantons, et fut déclarée neutre à perpétuité. Le canton de Berne iot augmenté de l'évéçhé de Bàle et de quelqaw au-

très partie» de territoire. C e d è ve eut aiissl quelques agratidissetneiils du côté de la Sa voie et de la France. La Valteline, Cbiavenna et Bormio restèrent sous la domination de TA ut riche qui 9 en échange, céda aux Grisons la seigneurie de R âz u n s.

Nous passerons sous silence un grand nombre d au* très décisions de peu d'importance ; nous ferons cepen* dant mention encore de deux résolutions du 6bnç»*ès relatives à l'abolition de la traité des Noirs, et ^ '* libre navigation du Rhin et de l'Escaut. La première de ces décidons, malgré tout le zèle avec lequel les ministres anglais, s'entremirent pour l*^ succès de la chose ne fut prononcée que d'une npanière vague et oblique ; la seconde supprima, à 1^ vérité^ quelques trois Je péage, mais ne donna que de vaines espérances quant à Tobjet principal. Quelques propositions tendantes à des mesures rep?essives contre les pirates d#r Afrique restèrent sans effet, ainsi que d'autres questions qui furent abordées dans l'intérêt général.

C'est ainsi qu'après maint retard, mainte difficulté et plusieurs dissensions inquiétantes se termina cet acte qui décida de tant d'intérêts et dont la conclusion fut principalement accélérée par le retour de Napoléon en France après la sortie de l'île d'Elbe. Après avoir concerté les mesures les plus efficaces pour eoiabaltre T^nemi commun, sep^ puissan-

ces, l'Autriche, la France, l'Ângletefre, le Portugal, laPrusse, la Russie etIaSuède signèrent cet acte mémorable (9 Juin). L' E s p a g n e refusa de signer, par suite du mécontentement que lui donna la cession du duché de Parme, et le Saint-Père protesta contre cet acte, (»mme le fit jwiis un de ces prédécesseurs contre le traité de Westphalie.

Confédération germanique.

De tous les lit^ts de l'Europe, c'était l'Allemagne, qui avait le plus d<» droits à la sollicitude réparatrice du Congrès. Le vi«il empire germanique s'était écroulé; la confédération du Rhin, qui lui avait été substituée était dispersée; l'Allemagne^ masse confuse de peuples, de forces et d'intéi^s divers, attendait du génie du grand ordonnateur politique une organisation nouvelle et conforme à l'esprit du temps. La nation allemande dans l'ivresse de ses victoires, dans la joie de son affranchissement du joug étranger se berçait des rêves enchanteurs d'un avenir de gloire; et pleine de confiance et d'espoir , elle tournait ses i*gM-ds vers Vienne, où se préparait le nouvel ordre de choses.

Alori ptrut (8 Juin 181 5) après utt^favail pénible

souvent inferrompu^ comme le furent en général tou* tes les délibérations du Congrès^ Tacte fixant la con* stitiitîon fédé«ative de l'Allemagne , récemment par* venu à une conclusion hâtive^ effet du retour inopiné de Napoléon évadé de l'ile de FËlbe.

D'api'ès cet acte les Princes souverains et les villes libres d'Allemagne se réunirent et formèrent entre eux une confédération perpétuelle pour le maintien de la sûreté extérieure et intérieure de l'Allemagne, ainsi que de l'indépendance et de l'inviolabilité des états faisant partie de la confédération. Ces princes et ces états sont i) l'Autriche, a) la Prusse, 3) la Bavière, 4) la Saxe, 5) le Hanovre, 6) le Wurtemberg, 7)Bade, 8) la Hesse-électorale (conservant son ancien titre), 9) le Grand- Duché de Hesse, 10) le Danemarc (pour fa principauté deHolstein), 11) les Pays-Bas (pour le Grande-duché de Luxembourg), 12) les Maisons Grand-ducale et ducale de Saxe, i3) Br unswic et Nassau, i4) Meklenbourg - Schwerin et Meklenbourg-Strélitz, i5) leHolstein, Oldenbourg, Anhalt, et Schwarzbourg, 16) Hohenzoller, Lichtenstein,Reuss, Schaumbourg-Lippe, Lippe etWaldeck, et finaler ment après tous ces princes viennent, distinction surprennante pour elles mémies , 17) les villes libres : Lubeck, Francfort, Brème et Hambourg- Ces princes ^ états et viU^ ont^ régulièren^^mt: dans

le$ assemblées de la eonfédératioiiy qui doivent m te* nir à Francfort, les 17 voix délibérât! ve^, dans Tordre que nous venons d'indiquer; fnais dans les cas d'importance majeure^ ou pour des affaires ex* pressément désignées dans l'acte fédératif ils volent en plein avec une totalité de 69 voix. La majorité des voix décide; dans les séances régulières, il suffit de la majorité absolue ; dans les séances plénières la majorité doit être des deux tiers du nombre des vo<» tants; et lorsqu'il s'agît d'institutions organiques? de la confédération , de changement ou d'amende* ment aux lois fondamentales, de décisions sur d j u r a s i.n g u 1 o r it ma ou d'affaires de religion, on ne décide qu'à l'unanimitér La rédaction de ces lois fondamentales devait être la première affaire de la diète germanique. Les membres de la confédération avaient, à la vérité, le droit de contracter des allian* ces avec des puissances étrangères , mais ce devait être sans préjudice de la sûreté de la confédération en général, et de ses membres en particulier. Ils ne pouvaient non plus se faire la guerre entre eux; leurs querelles devaient ou s'accommoder par la médiation d'un comité composé des membres de l'assemblée, ou être jugées par un tribunal d'Austrègue.

Telles étaient les dispositions générales de Tacte iëdératif (exprimées aussi dans l'acte définitif du congrès), dispotitions sans doute très^sages, à en juger d'apris^ur tendance apparente. Une drcowtanoo

seule paraissait devoir porter ombrage et même oom* promettre la sûreté de rAUemagne ; c'était que, parmi les membres «lu corps germanique, Ton complait cinq puissances européennes (l'Autriche, la Pruss^ TÂngleterre, les Pays-Bas et le Danemarc) dont l'inclination et la marche politique deyaient na« tnrellement avoir deux directions diverses; la pre* xnière (comme il laut croire) vers l'intérêt de l'Allemagne, la seconde vers celui de ses relations euro* péennes, qui pouvaient sans peine devenir contraires au repos de l'Allemagne.

Il restait encore une ano^ de salut pour se soustraire à Tarbitraire de la prépotence européenne; c'était la clause ^dangereuse sous un autre rapport) en vertu de laquelle les questions d'importance ma» jeure ne pouvaient se décider quà T unanimité des membres de l'assemblée. Par cette disposition, tout état particulier dont le gouvernement était s in* cèrement porté pour les intérêts et le bien de son peuple, se trouvait du moins assuré de l'appui des lois.

Passons maintenant aux dispositions particuliè* res et matérielles de Tacte fédératif : outre quel* ques dispositions transitoires, qui pour la plupart appartiennent au droit privé^ l'acte définitif du congrès contient plusieurs promesses, les unes du plus précieux intérêt, les autres d'une haute impor» tance, mais la plupart de celles dont la réidisation

efti le plu# ardemiaent désirée, non pas encore été ac* compliçs.

T^ promesse d'une parfaite égalité d^ droits entre les chrétiens de toutes les coniess'ions était une conséquence si naturelle des relations polit iqu . existantes en Allemagne, que par ce motif seul, mé^ié abstraction feite de Tesprit du temps, elle au* rait dû se réaliser généralement. A cet article de r«ct;e sont jointes quelques dispositions à l'avantage des J u i f s.

Pour satisfaire du moins en partie le voeu que la nation manifestait hautement pour l' un i té n a tiop aie on accorda la liberté d'acquérir et de posséder des biens fonds hors du pays particulier où est domicilié l'acquéreur; la liberté de passer d'un état confédéré à l'autre sans payer* ni droit d'îssue, ni droit de détraction, et la faculté de passer au service civil ou militaire de tout paysdeTAllémagne. Cependant quant à une des conditions essentielles et indispensables pour établir quelque unité nationale en Allemagne, — laliberté du commerce et de la navigation d'un état à l'autre ^-^ on se contenta de promettre que les états 4^ libéreraient sur cet objet »dès la p rentière réunion de la diète à Fraiicfort.<€ Dix-sept ans se sont écoulés depuis, et cependant il existe encore de nombreuses lignes de douanejs dans cette patrie «OLmMuu% ^ Tai^iculture «in» que l'industrie gi-

missent encore sons le poids de ce système de barrières.

Un autre promesse du congrès, plus importante encore aux yeux des esprits éclairés , que celle dont nous venons de parler, celle de la liberlé de la presse n'a encore eu d'autre effet jusqu'à ce jour que l'augmentation des rigueurs de lacensure ordonné par le congrès de Carlsbade.

Mais ce qui excita au plus haut degré l'attente gé<nérale, ce furent les articles XIII et XIV de l'acte du congrès de Vienne , tous deux aussi importants l'un que l'autre, tant par le texte et le sens , \que par les conséquences à en déduire. L'article XÛl promet formellement la récompense des sacrifices et des maux que souffrit pendant longues années un peuple fidèle et loyal , dont l'attachement à sçn prince et k sa patrie ne se démentit jamais, même au milieu des convulsions politiques et des séductions de l'exemple; le prix du sang qu'il vei*sa si glorieusement surtout dans la guerre-sainte; le témoignage qui ne saurait être réfusé à la marche progressive de sa civilisation et aux exigeances urgentes de l'esprit du temps. L'article XIV règle la condition d'un certain nombre de maisons nobles ci-devant membres de l'empire germanique et pour la plupart seigneurs régnants, qui, par l'acte fédératif ou par ses conséquences, perdirent leur immédia teté et leurs droits régaliens et se trouvèrent placés sops la souveraineté de leurs

Page 1