‹ Histoire générale depuis les temps les plus reculés jusquà l'an 1832Chapitre 20 sur 25 · SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE

JùtpniiS^ i8i5 iu0(|u'à 1820^ on îre))ut0 la (cnifatim

€axhhàbt H ImqvCk Vamttibaxieta "àe la lot mv 1^6 iUctiùm m Svance.

Histoire de Ftance,

La France quelque eût été la diminution matérielle que lui eût fait subir la chute de Napoléon,

n'en resta pas moins, si on la considère sous le point de vue des intérêts constitutionnels, le premier et le plus important des Etats du monde. Les partisans comme les adversaires du libéralisme portaient leurs regards sur elle comme sur le type normal des Etats, et les événements qui survenaient dans l'intérieur de ce pays ranimaient leurs espérances, ou réveillaient leurs craintes et les enrichissaient des le* çons de Texpérience* La position dans laquelle se trouva la France après la seconde restauration des Bourbons, par conséquent après la conclusion de la seconde paix de Paris et des conventions accessoi* res dfe ce traité, et surtout la position des Bourbons vis-à-vis de leur propre peuple est sans exemple dans l'histoire du monde.

Plus d'une fois , à la vérité , l'on a vue l'influence ou la force d'une puissance étrangère donner ou imposer un monarque à un peuple; plus d'une fois aussi l'on a vu un gouvernement se maintenir contre la volonté ou la défaveur d'un peuple; mais que tous le& potentats de l'une des cinq parties du monde se soient ligués pour renverser un chef de parti , et remettre sur le trône un roi légitime ; que même après ce rétablissement, représenté comme l'objet des voeux de la nation, ces potentats, pour prévenir un nouveau bouleversement , aient conservé sur pied toutes (fleurs armées, c'est-à-dire, un million d'hommes en armes et qu^, comme mesure préservatrice , ils aient

entouré d'une garde de i So^ooo guerriers étrang «^ le trône qu'ils viennent de relever, c'est ce dont les annales de toutes les nations ne nous offrent aucun exemple. Les Français protestant, d'une part, que ce n'était point le peuple, mais seulement une factien, qui avait combattu contre les Alliés, et triant, de l'autre , l'Europe dans la crainte d'une fermentation des esprits dans la masse entière de la nation, se virent réduits à jouer en même le rôle d'affranchis (du joug d'un usurpateur) et celui de vaincus (partisans du chef détesté) ; par conséquent obligés de montrer de la reconnaissance pour les bienfaits reçus et d'expier en même temps leurs &utes passées. Le Roi, qui avait appelé toute l'Europe à son secours „contre quelques ré belles et des soldats égarés^^ et qui n'avait retrouvé son fidèle peuple qu'à l'aide de baionettes étrangères, fut contraint de reconnaître que les amis ' qui le protegaient de leurs armes, le tenaient luinrëme en tutelle et tyrannisaient son peuple. Le rétablissement des Stuart sur le trône d'Angleterre s'était opéré, sans intervention étrangère, par la seule volonté libre du peuple anglais, qui fatigué d'un gouvernement mal-administré et révolutionnaire, était revenu avec confiance à la dynastie de ses anciens rois. Le trône des Bourbons fiit relevé par les armées des puissances étrangères; trophée pompeux érigé à la légitimité triomphante «sur les idées IV. 3a

de la révolution, c'est*à-dire , du temps , c^t pr conséqueUI en double opposition avec T o r g u e i 1 n ational des Français et l'orgueil civique de la ^uération appartenante au dix-neuvième sièclç.

Si les Stuart eux-mêmes ne purent qu'à force de sagesse et de modération raffermir leur trône ébranlé par les tempêtes révolutionnaires , et si, faute de ces qualités, ils perdirent la domination de nouveau et pour jamais, combien plus difficile était la tâche des Bourbons dans des circonstances aussi défavorables et dans la complication inextricable de leur positiou !

li est incontestable — et les mesures prises par les Alliés le prouvèrent — que sans la protection des puissances étrangères, le trône des Bourbons se serait écroulé promptement de nouveau ; et c'est par «cette raison méme^ c'est-à-dire, par. cet te protection des Alliés, que le gouvernement fut privé de l'indépendance sans^ laquelle nul état ne pèse dans la balance politique. Tant que dura cet état de'^choses, l'Europe put être sans inquiétude sur les projets ambitieux de la France abaissée. Mais aussi lorsque «près les autres événements elle eût pu élever la voix 4ans le conseil des grandes puissances pour le salut^ de la cause générale, elle n'osa le faire, ou du moins .elle ne put se faire écouter. La politique général e dut fléchir devant les innombrables baïonnettes, des 4nionarques 4e Russie, d'Autriche et de Prusse

étroitenaieDt nois, et de la Grande-Bretagne que ses orgueilleux Aristocrates entrenaient dans la même direction.

La politique intérieure de la France resta paiement sous Tiofluence prépondérante des grandes puissances; cette suprématie fut du moins salu* taire dans les commencements, puisque les monarques recommandèrent au Roi d'écouter »la sagesse et la modérations; de rejeter les «conseil s de l'imprudence et de la passiona, et proclamèrent dans un sens vraiment libéral les op r i n c i p e s invariables des cabinetsa en conséquence desquels «le-Roi devait oppt)ser à tous les ennemis du bien public et de la tranquillité de son royaume son attachement aux lois constitutionnelles et sa ferme volonté d'être le père de tous ses sujets sans distinction d'état, ni de religiona (Note sur les moyens de maintenir le traité de Paris, remise par les quatre grandes puissances au gouvernement fran* çais en même temp que le traité du ao Novembre i8i5).

L'observation de cçs salutaires avis eût sans doute été le moyen, mais aussi l'unique, de rendre le repos, l'ordre et 1^ prospérité à la France déchirée dans^son intérieur et dont Içs plaies saignaient encore, de r<?concilier toute la nation avec les Bourbons, de lui reiM^m son ppî4l& datis )a balance politique de FEu^

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rope, et de prévenir à jamais de nouveaux bouleversements.

Mais la foule d'Emigrés rentrés en France depuis la restauration^ réunis aux autres Aristocrates et ennemis de la révolution — qui, pour conserver leurs propriétés, n'avaient pas quitté la France, ou qui avaient été , sans néanmoins s'amender, amnistiés par Napoléon , — la vieille noblesse surtout ^ et la classe des prêtres ennemie des lumières , les individus qui dans le cours des ^5 mémorables années de la révolution n'avaient ni rienappris, nirien oublié, les hommes de la réaction sourds aux leçons du temps moderne , comme à celles de l'expérience des siècles, ne reconnurent pas non plus dans le terrible intermède des »cent jours« le devoir d*écouter la modération et la justice, et n'y virent au contraire qu'une occasion favorable pour étendre leur pouvoir et un prétexte heureux pour assouvir leurs vengeances. Forte de ses richesses, de la faveur de la cour , et de la nombreuse clientèle alléchée par ce double appât; forte aussi de l'exaltation ou de l'assistance à gages de la multitude habilement travaillée, en partie fanatique, en partie stupide et partout vénale; forte enfin de l'attachement hypocrite d'un grand nombre d'apostats de la révolution qui, enrichis par celle-ci attendaient d© la nouvelle domination l'affermissement de leur fortune particuculiére, la faction perverse obsédait le Roi, qui, mal-

Soi

gré la droiture de ses inteotioDs et sa sagesse , man-^ quait de la fermeté nécessaire pour résister aux sollicitations pressantes^ aux importunités de ses anciens compagnons d'infortune et de ses prétendus amis* On interpréta, on dénatura le sens des paroles royales, qui avaient annoncé le pardop; des proscriptions et des exécutions eurent lieu en vertu de lois d'exception; les vaincus furent^ traités comme des coupa blés; et les cours pré* Totales— à l'instar des ci-devant tribunaux révolutionnaires — prononcèrent avec les formes judici-» aires les condamnations dictées par la vengeance. La presse cessa d'être libre ^ et toute plainte , toute prière, toute parole de vérité fut interdite aux amis de la constitution. C'est ainsi que le triomphe des Ultra donna naissance à un nouveau »r ègn e de la terreur* et acheva de diviser la nation en deux peuples ennemis dont l'un fut le parti subjugué, l'autre le parti triomphant 11 est vrai, que ce derniei* formait à peine le dixième de la nation ; mais l'im** mense majorité était découragée et comprimée par Fautorité publique dont le parti adverse était déposîf taire et par l'attitude hostile des armées étrangères prêtes à s'opposer à tout mouvement révolutionnaire. Le fanatisme religieux joignit aussi ses fureurs à celle de l'exaltation politique, et les contrées de l'ouest et du sud de cet infortuné royaume devinrent sans que le gouvernement s'y opposât à peine — le

théâtre de désordres et de rnassacres exercés contre les protestants, de méine que contre les républicains^ et qui rappelèrent les scènes de carnage des tefnps désastreux de la persécution des Huguenots.

Le changement opéré par le Roi dans lé m i n i stère, pendai^t que lés monarques étrangers séjournaient encore {dans sa capitale, fut une victoire importante du parti contrerévolutionnaire sur celui deà Ubéraux. T a 1 1 e y r a n d, F o u c h é et leut's collègues dont le nom seul rappelait les souvenirs de l'a révolution, furent renvoyés, el les nouveaux ministres furent placés sous l'autorité du Duc de Richelieu nommé premier ministre.

Ce ministre, sans doute bien intentionné, mais peu familiarisé avec l'esprit de son temps et de sa nation, et d'ailleurs sous Tinfluence de la Russie, adopta le principe de la sévérité , autant par suite de ses opinions aristorastiques personnelles, que par défiérence pdhr le parti des U 1 1 r a , dominant dans la Chambre des députés. Peut-être aussi s'y déterminat-il encore dans l'intention , en quelque sorte popii- IfLÎre^ de complaire aux grandels puissances étrangères, en comprimant tous les mouvements et toutes les forces favorables aux idées révolutionnaires, et de réussir de cette manière à délivrer plutôt la France delà présence de l'armée d'occupation. Il avait entre autres collègues dans le minisère Damb ray, P e 1 1 r e et L ai n e, tous trois de la faction uhraroya-

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liâte, et Decazasy qui^ au contraire, était sage et modéré.

Richelieu cependant ne parut pas assez sévère,* ni assez partial aux Absolutistes forcenés et aux Àris\ tocrates. Cette faction audacieuse prétendait qu'il laissât impunies les violences exercées p|ir leurs pa^tisans, et que, par contre, il tirât une vengeance sanglante des libéraux, qui, la plupart pour leur.défense persontietle, se soulevaient contre les royalistes, R i-. chelieu sentit qu'une partialité aussi révoltante pouvait amener un nouveau bouleversement, et re-. jeta avec fermeté les conseils sanguinaires de cette, camarilla. Les monarques étrangers, de leur côté, voyant s'accumuler les nuages précurseurs de la tempête recommandèrent la modération au .gouver-nement, et ce fut par ces considérations , que le Roi se résolut enfin ^ dissoudre la Chambre des députée», instrument terrible de la plus implacable réaction (&. Septembre 1816). La nouvelle Chambre malgré le» ressorts mis en jeu par les royalistes) lors des élec-» tions, se trouva composée en majorité de partisans de la constitution , quoique de leur côté les Coryphées <les Ultras eussent également opéré "des réélections. *

Cette lutte des partis, qui exigeait et absorbait presque toute }a sollicitude du Gouvernement et presque toutes les forces de l'Etat exerça aussi la plus funeste infliience sur toutes les branches de l'ad-

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ministration. Les emplois les plus importants de TËtat) tels que les préfectures, occupés par des sujets ^qui avaient moins à coeur l'intérêt des citoyens que celui de leurs factions; Tindéftendance des tribunaux lésée par des influences illégales;, la fortune publique prodiguée au parti des Emigrés et à leurs favoris; le monacbisme cboyé et fêté ; les Jésuites illégalement rappelés \lans le royaume sous le titre de »Pères de la foi«; le peuple effrontément travaillé par de fanatiques »Missionnaires<(; la jeunesse attirée dans les filets de bigoterie par les «Frères ign ol'antin sec; l'hypocrisie^ Tobscurantisme, la supersti-^ tion, l'esprit de persécution à l'ordre du jour ; tels furent les symptômes prédominants de la restauration en France. Le poids des contributions de guerre à payer aux puissances étrangères et les fVais d'entretien de l*armée d'occupation ipirent le comble à la détresse de cette France naguères si brillante et si forte. Elle n'avait plus qu'un seul espoir et un seul soutien; c'était la constitution et l'esprit des partisans de cette Constitution»

Le miiûstère et tnètné le Roi revinrent aussi potii* quelque temps à des idées plus libérales, surtout par l'influence deDecazes dont le génie supérieur cotn*' battait la fureur des exaltés de tous lés partis*

C'est dans cet esprit que fut conçu le projet de loi sur les élections, loi qui manquait encore pour cdnoi^ pléter la Charte; c'est-à-dire, que cette loi fut rédigée

dans le sent des dispositions générales de la constitu* tion , dont elle ne faisait que régulariser l'exécution par des mesni^és plus précises , d'après son principe qui j à la vérité fut détruit par la condition de la quotité des contributions directes exigés pour le droit d'élire; loi sage puis qu'elle déclarait habiles à élire tous les citoyens possédant une fortune indépendante (poor une prétention injuste on ne regarda comme tels, que ceux qui payaient une contribution directe annuelle de 3oo francs au moins), jouissant d'une ré^ putation intacte et âgés de trente ans^ et que par là -— pourvu la liberté des suffrages demeurât intacte et que le cens conformément à Tidée, fut mis à un taux moins élevé — elle promettait à la nation des collèges électoraux sur lesquels on pourrait compter et du sein desquels sortiraient de dignes organes et des orateurs ^dèles aux principes. Cette loi fut fht adoptée le 6 Janvier 1817 par la chambre des dé* pûtes malgré l'opposition la plus vive 'du parti des Ultras.

Les partisans de la constitution se rapprochèrent de plus en plus du ministère, tandis que les Ultras se déchaînaient contre lui avec une fureur aveugle» Aussi vit-on les premiers — par déférence pour les bonnes intentions du ministère ou par forme de me^sures conciliatrices -— approuver divers projets de loi qui restreignaient même la liberté individuelle ou celle de la liberté^ et que les derniers, en contradio-

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tioti avec leurs propres priocipes combattaient avec véhémence*

La tranquillité publique s'affermit en proportion de la confiance qu'obtint le gouvernement^ et dès le commencement de 1^17 l'armée d'occupation fut diminuée d'un cinquième. Mais l'évacuation totale du territoire trançaià par les troupes étrangères eut lieu l'année suivante et fut le résultat le plus impor^ tant des conférences des Monarques réunies à Aix-la Chapelle*

Les progrès du système constitutionnel excitèrent la fureur des Aristocrates el des Absolutistes. La division régnait au sein même de la famille royale, et le parti mieux intentionnée du ministère rencontrait a diaque paS) fait dans la route constitutionnelle, des obstacles, des pièges et la résistance des passions. C'est ainsi que se maintint la lutte ipharnée des par^ tis et que de nombreux nuages vinrent obscurcir la perspective d'un meilleur avenir qu'avaient laissé entrevoir quelques résultats isolés.

Le gouvernement entraîné par la faction s'efforça alors, par des intrigues et surtout par l'abus de son autorité , d'exercer sur les élections une influence illégale; et ce moyen ayant manqué son effet, on cornbattit la représentation nationale avec des plans £eictices de guerre, et l'on imagina la ressource d!interprêter faussement ou de subjuger la voix du peuple. L'ambition personnelle de quelques ministres

qui cherchaient à se maintenir, ou de quelques hom« mes de Topposition qui aspiraient à ces places, aug-» menta la confusion de cette lutte embrouillée; et bientôt la vérité et le droit raisonnable ne trouvèrent plus d'organes que dans un petit nombre de dD o ctri n a i r e sa (dénomination primitivement honorable, mais discréditée dans la suite , ayant été appliquée à ceux qui se tenaient à une une distance égale de Tex* trème gauche et de rextréra#droite).

Toutefois dans le cours des années 1817 et 1818 le principe constitutionnel conserva une préminence d'heureux augure. La diminution de la gêne de la presse , rabolilion des cours prévôtales, une loi sage, du moins comparativement, pour le mode de recrutement , l'accommodement du moins temporaire des différends avec le pape relatifs au nouveau concordat dont les dispositions compromettaient les intérêts libéraux, et par dessus tout les progrès étonnants de la prospérité intérieure, de la puissance et du bien-être de la France signalèrent cette prééminence de courte durée. Mais les implacables ennemis de ce principe ne cessèrent de s'agiter et ne saisirent que trop tôt l'occasion d'exercer leurs vengeances.

Le résultat des élections de^ 1818 — presqu'à la même époque que le congrès d'Âix«la-Chapelle •«*- sembla provoquer les Ultras au combat. Ma^

Duel| Grenier, Camille- Jordan, La Fayette furent du nombre des élus,

La chambre s'assembla vers la &h de Tannée , et immédiatement après s'opéra un nouveau changement de ministres. Leduc de Richelieu et Laine se retirèrent, Decazes et Ct, Cyr furent conservés, Désolles^ Louis et Portalis entrèrent au ministère. Ge changement . fit concevoir de grandes espérances; mais le nouveau ministère — comme tous ceux qui l'avaient précédé — n'était pas libre et fut par conséquent irrésolu dans ses démarches et équivoque dans sa tendance. Aussi ne tarda-t-il pas à se voir abandonné des libéraux et la Session de 1819 ne produisit aucun résultat décisif. La plupart des séances se passèrent en combats inutiles entre les partis : mais la motion de Barthélémy relative à r amendement delaloi su ri e^ élections répandit l'alarme dans les esprits des partisans de la constitution et parmi la nation.

Une tempête plus violente éclata vers la fin de Tannée à l'occasion de la prochaine ouverture des chatn<* bres. Les nouvelles élections avaient été en faveur des constitutionnels, et Textrême gauche avait reçu de puissants renforts. Effrayés de ce résultat, et outrés, surtout de voir figurer sur la liste des élus le nom de Grégoire (l'un des députés de la convention qui avait voté la mort de Louis XVI, et dont la nomination fut sans doute une méprise déplorable

du collège électoral) les Anticonstihitiotinels résolurent d'attaquer ouvertement la constitution. Us parvinrent à mettre le Roi lui-même dans leurs intérêts. Les ministres libéraux ftirent renvoyés ; etDecazes le seul que Ton conserva fut, après qu'il se fut déclaré en faveur du projet d'amendement de la constitution f appelé à la présidence du ministère. »Le moment est venu de fortifier la chambre des députés et de la soustraire à Taction annuelle des partis^ c'est ainsi que déjà dans le discours d'ouverture prononcé par le Roi s'annonça le commencement du grand oeuvre, et l'expulsion tumultueuse de Grégoire hors de la chambre des députés fut le prélude de scènes plus violentes. Déjà l'on avait fixé le jour où devait être présenté à la chambre le projet d'amendement de la loi sur les élections, et par conséquent de la constitution jurée, lorsque l'attentat d'un fanatique qui assassina du Duc de Berry fournit aux fanatiques partisans de la cour, l'occasion désirée ou le prétexte de dépouiller la n a t i o n de ses libertés. dLcs libéraux , disaient-ils impudemment, sont des assassins, et le ministre lui-même est complice de ce crime pour avoir négligé de suivre les conseils des fidèles amis du trône; il sagit maintenant de sauver la royauté et la patrie.^ En effet Decaze devenu odieuse aux deux partis fiit renvoyé et R i^ chelieu placé de nouveau à la tête du gouyeri^ement

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Dès lors les Ultras nommés pf^r les élections an< térieures et formant la majorité de la chambre des députés remportèrent la victoire la plus complète sur Jeurs adversaires consternés ^ découragés et assaillis avec furie au dedans et au dehors, et malgré Toppo* sition héroïque des plus éloquents orateurs , et des patriotes les plus éclairés^ la charte subit les violations les plus déplorables sous le nom de lois d'ex- ,ception. La liberté de la presse etia liberté ! individuelle reçurent le coup mortel; la première par la commission de censure et de surveillance des ouvrages livrés à l'impression^ la seconde par l'autorisation accordée aux ministres d'ordonner la détention des prévenus de délits politiques ;V et la constitution fut menacée d'une destruction entière dans sa substance, c'est-à-dire, sous le rapport de la la loyauté de la représentation nationale^ parla promulgation d'upe nouvelle loi sur les élect i o a s«

. Ces lois publiées en 1820 amènent e& France un

,IK>uvel ordre de choses, de même que.les conférences

de Carlsbade produisent ausfsi un changement en

^ 1 1 e m a gn e. Par conséquent se termine ici \t^ pre»

Hnic^e période de sa plus récente histoire.,

Su

Sainte-Àllance, Congrès d Aix-la-Chapelle,

Quelque peu satisfaisant que fut, d'après ces conjonctures, pour la cause des libéraux, et par conséquent pour Teicemple du reste du monde l'état inlérieur de la France, une certitude néanmoins parais* sait évidente ; c'était que les autres états n'avaient plus la France à redouter. Il leur était maintenant libre à tous de profiter d'une paix durable pour travailler , sans crainte d-étre troublés par un ennemi extérieur, à cicatriser leurs plaies profondes, à rétablir leur bienétre et à s'occuper de l'accomplissement des demandes et des espérances de leurs peuples fondées sur le droit le plus sacré comme sur le besoin le plus évident. Aussi vit-on en effet la plupart des gouvernements déployer une activité extraordinaire et un zèle ardent à régler leur administration intérieure; et quant aux grandes puissances elles porterent en même temps leurs regards sur l'intérêt commun des peuples et sur le besoin de s'allier étroite^ ment pour concourir à un seul et même but» Les potentats les plus élevés , remplis de l'idée du devoir personnel dn veiller au repos du continent et au salut du molide entier, manifestèrent leur ardeur pour la cause sainte , en écartant avec un soin , qui tenait de l'anxiété, tout conflit d'intérêts ou tout sujet de désunion , 6t ils cimentèrent leur amitié réciproque en re^^rrant tes liens de leur union, par des

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communications non interromques et par de fréquentes entrevues personnelles.

Des efforts aussi généreux ^ pour assurer le repos et la félicité du continent n'atteignirent cependant pv leur but ; et ce mauvais succès est bien la preuve la plus évidente que la voie qu'on avait prise pour •-' parvenir à cette félkité n'était pas la véritable. Une

t^eule promesse des grands monarques , la promesse de Faccomplissement de tout ce qui avait été promis^ une résignation magnanime à quelques sacrifice imposés par l'esprit du tempSy une sommation sérieuse Êiite àFaristocra^ tie de se soumettre à ces sacrifices, — d'ailleurs tôt ou tard indispensables, -^ eût , d'après tous les cal* culs humaines, suffi pour rassurer les nations, pour efiectuer la réforme de l'état politique dans son chef et dans ses membres , réforme désirée avec ardeur, qui ne pouvait plus être refusée à la génération du ïQ^^ siècle et dont l'exécution était encore plus infaillible sous les auspices des grands souverains. Mais plusieurs gouvernements au lieu de chercher, comme ils l'auraient dû, à se femiliariser avec l'esprit du peuple, crurent leur existence intéressée à le comprimer, et excitèrent par là de dangereuftea fernatations. Préoccupés d'ailleurs du soin, pour eux ie^us important, de se défendre, contre les atteintes , de cet esprit redouté, qu'ils appelent révolutionnaire^ '% négliçèreut aussi des intérêt» plus rapprochés et

des bésoiîis plus essentiels; voilà pourquoi/ parmi les peuples gouvernés de la sorte , se répandit d'un côté le mécontentement, de l'autre le découragement, au lieu de la satisfaction et de la joie; voilà de pourquoi des &natiques isolés , des esprits turbulents , des hommes de parti trouvèrent çâ et là un terrain propice à leurs manoeuvres; et voilà pourquoi dans d'autres contrées comblées des dons de la nature, mais dégénérées par les fautes des gouvernements. Ton vit, dans un temps de paix et de progrès en civilisation y des essaims de citoyens honnêtes et indus«> trieux abandonner leur sol natal pour aller , au delà des mers, chercher au loin, dans des régions inconnues et sous un climat insalubre, une patrie moins ingrate*

Le Congrès de V i en ne, daiis la précipitation avec laquelle il se sépara , laissa plusieurs objets indécis ou seulement réglés en général , et la seconde paix de Paris ainsi que les conventions ^accessoires de ce traité n'avait fixé que les relations concernant la France, Le pouvoir central européen — car c'est ainsi que se présentèrent aux yeux de l'univers les grandes puissances, en se déclarant appelées à consommer Fouvrage de la paix et de la prospérité du monde --^ eut donc encore de nombreux et d'im<portants intérêts à régler, et l'Europe flottant entre la crainte et l'espérance attendait de lui sesdestinéei» Les Mbnarques de Russie, d'Autriche et de

Prusse s'assemblèrent vers la fin de ï8i8 à Aixla-Chapelle pour se concerter sur les résolutions à prendre relativement à la situation politique du inonde; les plus grands diplomates de rEurope et le duc de Wellington général en chef deTarméc d'occu* pation travaillèrent immédiatement sous leurs auspices à <:ette grande tâche. Cependant ces travaux n'eurent guère d'autre résultat qu'une convention avec la France au sujet du paiement encore arriéré des contributions de guerre et des indemnités, de même que relativement à la retraite de l'armée d'occupation, le pays étant dans les conjonctures actuelles reconnu pacifié. Par suite de cette reconnaissance le couvernement français fut invité à prendre part aux délibérations sur les moyens d'assurer le bien-être de l'Europe et expressément admis dans l'alliance tendante »à assurer et à consolider le système qui donna la paix à l'Europe et qui seul peut en garantir la durée.a

Il est vrai, que beaucoup d'autres questions furent agitées dans le congrès d'Aix-la-Chapelle et qu'un ^rand nombre de représentations en partie d'une haute importance lui furent soumises ; mais la plupart restèrent indécises. La plus vive sensation fut produite — mais lort diversement — par le mémoire méprisable quant à son contenu j mais d'une im^por^tance qui ne fat que trop grande quant à ses efletS) que publia lier Fétat de- rAUemagne Alexandre

deStoufdza conseiller d'Etat an service de Russie; Dians ce mémoire l'auteur attribue principalement la disposition inquiétante des peuples de FAllemagne aux universités^ c'est-à-dire , au mauvais esprit, qui régnait aussi bien parmi les professeurs que parmi les étudiants de ces académies et provoque par cet écrit la proscription de ces établissements*

^ Etat de fJUemagn^^

Tout observateur loyal et éclairé eût reconnu dans le mécontentement et la fermentation des esprits en Allemagne des causes bien différentes. Avant tout il les eût trouvées dans la contrainte générale, dans les vexations suite du régime ancien, et dans la non-réa* lisatiim des espérances qu avait fait naître le nouvel ordre des choses ; dans la douleur de voir la nation morcelée en une trentaine de peuples ou de popula* tions dépendantes de princes différents -^ morcelé^ ment qui non seulement ne se conciliait qu'avec le droit historique des maisons princières, et qui, vu la restriùtion de ce droit ne portait pas atteinte à la na» tmmlité, mais qui était réellement hostile; dans la non^-exéoution ou FexécuticHi incomplète des pr4- ^uses garanties annoncées par Pacte lédératif, «t 8iti;tDut par l'article XIII; dana l'accmmilation d^

toiis lès genres d^dppression y de celles qu'exerçaient le seigneur ÎPonciery le seigneur médiatisé , le prince régnant, de celles qui provenaient encore de la constitution de l'empire et de la confédération du Rhin, de celles qui résultaient de l'état de guerre , et d'un état de paix mal organisé, et enfin dn fardeau dont la législation, les administrations, les tribunaux, la politique et les finances^écrasaient un peuple en qui la guerre d'affranchissement avait re veillé des idées de liberté.

Par les dispositions contenues dans l'acte % la confédération germanique le Congrès de Vienne n'avait qu'insuffisament, ou du moins non pratiquemen^, assuré le bien-être de la nation allemande, et peu de choses seulement s'accomplirent de ce qui avait été arrêté dan^ ce but. L'affaire esj>enlielle — à en juger d'après le long détail des dispositions énoncées au ï4"*® article de l'acte fédératif et d'après l'empressement qu'on mit à les exécuter — parut être de satisfaire les prétentions des seigneurs médiatisés depuis 1806 (maintenant appelés Standesherren) et des seigneurs fonciers ; affaire, à la vérité, protégée par le droit extérieur^ — puisque le grand tribunal de l'Europe avait reconnu aux médiatisiés des droits aussi exorbitants, — cependant très-impopulàire, dont l'ardente poursuite — si directement opposée aux prétentions des citoyens fondées sur Tesipirit du temps — jointe à l'oulHi de la plupiàrt des

iniérèts populaires et genoux devait infailliblement produire l'impression la plus sinistre. On se plaig>nit des promesses vagues et évasives faites au peuple quant à ses droits^ telsque, la liberté de la presse celle de la n a v i g a ti o n et du g o m m e r c e, et sui> tcmt les constitutions représentatives; et Von déplora encore plus les retards, les difficultés et les obstacles qui s'opposaient presque partous à Tac* complissement de ses promesses.

Ajoutons à ces sujets de mécontentement celui que de^it produire la comparaison de l'état de la nation allemande avec celui de ses frères sur la rive gauche du Rhin, lesquels par leur réunion temporaire avec la France avaient obtenu les franchises les plus précieuses, telles que l'exemption des dîmes, des corvées et de toutes les charges attachées à la condition serve, et qui , réunis de nouveau à l'Allemagne , continuant à jouir de ces exemptions regardaient en pitié leurs concitoyens au delà du fleuve dont les deux rives apt partiennent à la patrie commune.

Plusieurs regardèrent donc la nation allemande comme déçue de ses plus justes espérances, frustrée du prix du sang de ses enfants vainqueurs de la France, et traitée — à en juger par le dédain qu'on lui montra (puisque dans l'acte de la constitution fédérative l'article 17, uniquement consacré aux intérêts de la maison de la Tour et Taxis, ocoipe un espace huit fois plus grand que l'article ï%

4x>ntenaDt la disposition esstaiielle » relative à Inexistence politique future de la nation allemande) ^-^ avec moins d'égards qu'un petit nombre de seigneurs et tde nobles. La diète germanique^ congrès de ministres, ne parut aux yeux de la nation, de même quejaâisla diète de T Empire, qu'une autorité dictant des ordres et non une assemblée représentative* Lorsdoncque l'ouverture de la diète germanique fixée par l'acte de la constitution iedérative au i Septembre i8i5 fut retardée de plus d'un an , puis qu'elle n'eut lieu que le 5 Novembre 1816 (retard qui fut, à la vérité, inévitable vu les circonstances), et que le peuple, qui avait attendu cet événement, avec espoir et confiance, reconnut que les actes de cette diète ne présentaient, quant aux formes et au fonds, aucun sujet de joie et peu de consolations pour l'avenir; que les affaires des parti* * culiers, par exemples, celles des pensionnaii*es ecclésiastiques, des ci- devant attachés à la chambre impé^ riale, des chevaliers de l'ordre teutonique et de ceux -de Tordre de St. Jean etc. , absorbaient plus de temps, <]ue les délibérations sur les intérêts généraux de la nation ; que cependant les réclamations privées, soit pour déni de justice, soit pour lésion de droit& -^ -entre autres, principalement, les plaintes des acqué* reurs de domaines en Westphalie^ dont le bon droit aux yeux des hommes éclairés ne pouvait être équivoque r-« étaient, les unes écartées^ sous pré*

texte d'incompéteoce de la diète, ou de manque d*it»structioBa^ les autres renvoyées à la décision des souverains respectifs; que dans cette confusion de formes, d actes préparatoires, de demandes d'instructions aux cabinets, de protestations etc. Ton ne réussissait presque en rien, pas même dans les circonstances les urgentes ; que même les délibérations sur les mesures impérieusement commandées par le besoin du moment, lors de la famine de 1817 (suite des entraves mises au commerce par des spéculations avides; n'avaient abouti, jusqu'à l'époque de la moisson suivante, à autre chose qu'à des renvois aux cours df leurs souverains pour en obtenir des instructions; que tous les objets les plus importants pour le salut de la nation, lesquels auraient du, soit en vertu de l'acte de la confédération , soit en raison de leur nature, être décids sans retard, tels que la liberté du corbmerce, de la navigation et de la p r e s s 6) l'organisation de l'état militaire tlans les Etals de la c o n f é d é r a t i o n, les travaux des f o rtifi cations auxquels devaient être spécialement' employées les contributions de guerre payées par la France, traînaient infiniment en longueur; que même les points snr lesquels on avait pris quelque délibération restaient dans un état équivoque, par le défaut de clarté dans l'énoncé de cette délibération, ou par des clauses restrictives pu par des stipulations d'exr ceptions; qu'enfin relativement à l'objet le plus es*

6!to

sentiel au bonheur de la uation, c'est-à-dire relativement à la constitution représentative promise par i'ar* ticle XIII de l'acte fédératif, la diète n'avait non seu* lement fait aucune démarche sérieuse, mais même qu'elle perdait son temps en futiles déclarations et contre-déclarations ) en renouvellements de promes* ses, en réponses évasives et en justifications de retard, et que, même encore en 1819, elle avait indéfiniment ajourné la poursuite de cette affaire d'un intérêt aussi éminent, tandis qu'elle recommandait avec chaleur l'exécution de celle stipulée dans l'article XIY du même acte , laquelle ne regarde aucunement la na* tion, mais simplement un certain nombre de familles, et qui avait déjà été généreusement exécutée par la plupart des gouvernements; il était bien naturel, que la nation perdit de sa confiance et de son affection pour une assemblée, qui, eut-elle été composée même des hommes d'état les plus dignes et les plus excel* lents, paraissait cependant^ par les formes suivies dans la marche des affaires, par les bornes étroites de sa compétence, et généralement par la force des conjonctures et des choses , être hors d'état d agir avec succès, soit pour le bien^-étre de la patrie corn» mune, soit pour la défense du bon droit des particuliers« L'idée d'une unité netionale si chère à l'im*» mense majorité du peuple, réveillée et entretenue même par les grandes puissances pendant »la guer r e sain te « et ne portant aucun préjudice à une indé«>

Sat

{leiidaûcé (conçue dânâ ua Jens ruitonnaUé ) ou à la souveraineté des divers états de la confédération s-'ér ranouït; et les citoyens de la patrie allemande n'en*» trevirent plus d'autre lueur d'espérance que dans la sagesse^ ou la grâce des gouvernements particuliers^ qui dirigeaient de tribus, des masses, des agglomérations d'hommes, telles qu'elles se trouvaient pour le moment réunies ou partagées. Les opinions à cet égard ne furent pas même dissimulées; et plusieurs écrivains allemands ainsi que des étrangers (surtout euti*e autres les journaux anglais^ belges, et français, de même que des feuilles suisses) ne craignirent pas d'exprimer leurs prévisions peu favorables quant à la dtète germanique.

Cortsiitutiàns représentative^.

Cependant divers gouvernements de l'Allemagne avaient prévenu ou calmé le mécontentement de leurs peuples, par des concession libérales et volontaires. Quoique plus d'un écrivain servile eut osé vouloir attenter au droit qu'avait la nation de réclamer une constitution représentative, on le ravalant à celui d'attendre ce qu'il plairait aux princes de leur octroyer, il y eut en Allemagne des Princes magnanimes , qui n'interprétèrent pas d'une

manière si peu noble l'article XJlI de Tacte de la con'^ stitution fédérative et qui remplirent , avec loyauté et dans le sens de l'esprit du temps, la promesse con-^ tenue dans cet article. Parmi ces Princes ce fut le Grand -Duc de Weimar, qui, le premier accorda à ses sujets une constitution représentative (5 Mai 1816) qu'il affermit, en k faisant garantir par la diète germanique. Quelque temps auparavant (i Septembre i8i4) les ducs de ^Nassau avaient, à la vérité, annoncé une constitution représentative; mais elle n'avait pas encore eu son exécution , et ne fut mise en vigueur qu'en 1818 (3 Mars) à l'ouverture de la session des états convoqués pour la première foiSk Le Wurtemberg obtint aussi, dàjà en 1 81 4? de son souverain le Roi Frédéric I, à la place de l'an» cienne constitution d'Etats,» dictatorialement abolie par ce monarque, une nouvelle constitution plus conforme aux nouvelles relations politiques; mais les représentants du peuple, ceux surtout, de l'ancien duché de Wurtemberg refusèrent avec obstination de l'accepter, persuadés qu'ils seraient plus fermes 5ur le terrain du d r oi t ancien (dont l'abolition arbitraire, selon eux, était nulle), et que ce ne serait que sur ce terrain qu'ils pourraient élever avec sûreté le nouvel édifice de l'Etat. Ce roi» malgré la fermeté de son caractère ne put venir à bout de vaincre cette opposition soutenue avec ténacité, dans plusiems^tstemblées qui se succédèrent^ Son successeur G ui 1*

latime ne réussit pas aiteuz^ en iSi*) ^ à iak e ac* ceptcr la constitution dictée par son père. L'idée qu'une constitution valide ne peut être établie que fiiir les bases d'une convention, prévalut dans le Wiir» temberg, et célébra le triomphe le plus éclatant par Tacte constitutionnel signé des représentants du peuple le 24 Septembre 1&Î9 et sanctionné par le roi le ^6 du même mois. Il est vrai que les mem» bres de rassemblée, qui transigeait ainsi avec le Roi et qui par conséquent était constituanfe, avaient été pour la plupart désignés ou choisis en vertu de ledit de i8i5 dont la validité se trouva par là sou«> tenue de fait* Il eût d'ailleurs été à peine possible, ' sans un ordre émané d'en haut, de donner au peuple, à convoquer pour ce contrat, un caractère juridique ou un organe d'une validité incontestable; et l'on sentit la nécessité d'un représentation octroyée, quoiqu'elle ne fût que transitoirç.

De piireilles considérations ou les conséquences na-* turelles qui en furent déduites déterminèrent sans dout les populations de Bavière etdeBadeà Tac*^ ceptation d'une constitution qui ne leur fut accordée qu'en vertu d'un édit du prince. Elles réfléchirent vraisemblablement que la concession exprimée dans de pareils édits (émanant du dépositaire suprême de l'autorité 9 souverain à l'époque de la pubUcation) «tak valide dans tous les cas , quoique ne satisfais mtït pas {deinement à toutes les justes demandes éa

Sa4

peuple en âge d'émanitipation et Qu'elle n'e x c 1 u a i t pas les concessions ou les dispositions ultérieures que les circonstances pourraient rendre nécessaires ou désirables. C'est ainsi que la constitution de B a^vière promulgué le sty Mai 1818^ et celle de Bade publiée le asi Août 1818 furent mises ^ sans oppositioU) en vigueur^ lorsque les illustres monarques de ces pays ouvrirent les sessions de leurs assemblées d'Etats (4 Février 1819 en Bavière et 2a Avril même année dans le Grand-duché de B a de.

Voilà tout ce qui se fit, dans la période de 181 5 â iBao, pour l'exécution de l'article XIII de l'acte sur ' la constittion fédérative de l'Allemagne. Le Grand* Duc de liesse se réunit encore avant la fin de cette dernière année à la série des monarques constitution* nels en publiant le 18 Mars une charte, qui cepen-» dant ne fut définiment arrêtée cônventionnellement avec les représentants du peuple que le \\ Décembre^ après avoir subi des amendements et des articles complémentaires. Tous ces résultats cependant ne furent que l'effet de la libéralité ou de la sagesse de quelques gouvernements.

Les constitutions de Bavière, de Bade et de Wurtemberg (et approximativement aussi celles de la H es se Grand-d ucale et de Nassau) res* pirent le plus pur esprit du véritable système repré* seniatif convenable au temps actuel. Gloire et grà« ces en soient rendues à leurs auteurs! L'Allé^

magne méridionale, pourvu qfte ses peupiesse pénètrent de l'esprit de leurs chartes et que les cour» tisans et les ministres se réconcilient avec lui, pourra jeter un regard de dédain, même sur l'orgueilleuse Grande-Bretagne. Aussi ne tai*da-t-on pas à voir^ malgré la réaction des circonstances et des hom« mes, le germe constitutionnel produire les plus heu« reux fruits; des espérances encore plus belles quoique affaiblies par l'approche de dangers imminents naqui* rent pour l'Etat représentatif délivré du joug de l'ab* solutisme et rendu étranger à la féodalité , sinon de fait , du moins quant aux principes sur lesquels elle est fondée.

Le Nord de l'Allemagne offrait à cet^égard un contrast frappant et même presque affligeant. À l'ex* ception deWeimar dont le Grand-Duc recueillait dans Tamour de ses sujets la récompense digne de ses concessions libérales, le berceau, le foyer de la reforme religieuse ne se montrait guère susceptible des influences de la reforme politique^ caractère de l'esprit actuel du temps , et par consé-» quent ne semblait pas propre à participer aux bienfaits de l'article XllI. Ce n'était pas précisément l'absolutisme — bien plus entravé par l'ancienne confédération que par le système représentatif populaire — mais c'était l'aristocratie qui portait obstacle aux eflets salutaires des dispositions de cet article. Le rétablissement ou la consolidation des

tormeê et des privilèges des absurdes droits • historié ques (c'est-à-dire des droits qui précédemmeiit existaient historiquement^ mais qui par l'histoire des temps modernes étaient abolis ou annulés) droits insultant aux prétentions de la nation et à l'esprit du temps, devait j d'après les efforts incessants de Taristocratie, passer pour l'accomplissement de l'article XIII; cet article même, d'après le vague de son énoncé littéral devait servir d'arme à cette aristocratie contre les prétentions plus élevées et non textuelle^ ment stipulées d'un siècle éclairé et reconnaissant les droits imprescriptibles des peuples I C'est ainsi que continuèrent à rester en vigueur, d'un côté, les anciens droits des prélats, des chevaliers, et des villes privilégiées, à l'exclusion de la masse du peuple (comme en Saxe); d'un autre côté iurent annoncées de prétendues nouvelles constitutions dont l'esprit fut absolument celui de la vieille féodalité du moyen Age (comme en Hanovre et dans le Brunswic); et enfin, dans d'antres pays ^ les généreux essais Un* tés par quelques dignes princes pour fonder im nouvel ordre de choses conforme à l'esprit du temps (comme dans le pays de Li p p e* D e t m o 1 d), échoué^ rent contre Taoïste opposition des aristocrates*».* ., La nation allemande n'avait donc combattu, versé son sang et vaincu que pour l'avantage de quelques familles nobles!

En Friissa aussi ^ dans ce pays rtputé Fasife dea

idées libérales et des Inroières, la victoire se déclara pour le parti antilibéral. L'idée d'une constitution représentative n'y fut point goûtée ; l'article XIII parut être une restriction dangereuse pour la monarchie. C'est ainsi que sons les formes si familières à la diplomatie, dans l'art d'amuser par des promesses illusoires et de tirer les affaires interminablement en longueur, on réussit à imaginer constamment de nouveaux prétextes pour différer, et qy'enfin l'on trouva dans la lente marche de l'établissement d'Etats provinciaux qui devaient opérir sans le concours d'Etats généraux ou d'Etats du royaume ^ un terme rouyen qui paralysa l'action essentielle de l'article i3 ou du moins cnlle de la prétention réclamée par l'es^ prit du siècle, et qu'on pouvait faire valoir , comme l'exécution de l'article.

En Autriche on fit (encore moins. Les habitants des provinces de cet empire de l'est, agrégées à la confédération germanique semblèrent pour la plupart se contenter des anciennes diètes établies par la coutume et l'article i3 constatant la liberté polititique de l'AUepiagne parut, de même que jadis la paix de Westphalie qui accordait la liberté da culte, n'être point obligatoire pour l'Autriche,

Néanmoins l'exemple du sud de l'Allemagne aurait exercé sur le nord la plus heureuse influence et le système constitutionnel dans sa vigueur juvénile y aor^t déjà produit les fruits les plus pr édeuxi si un

Si»

cohûli d'événements funestes merveilleusement rois à profit «par les adversaires du libéralisme n*eut sem-» blé s'être conjuré pour étouffer ce germe naissant*

Décrets de Carisbade.

Mais les brillantes espérances que donnèrent dès leur naissance les progrès du système constitutionnel furent précisément ce qui alarma et courrouça les partisans bornés de Tancien ordre de choses, les classes privilégiées, la chaîneocculte de la nob* lesse et ses adhérents-^ les courtisans et les diplomates vieillis dans les idées de l'absolutisme. Déjà les réclamations à haute voix en faveur de la constitution représentative prit aiix yeux du parti opposé l'aspect d'une rébellion sinistre. L'ardent intérêt que le peuple prit aux efforts et à l'effet des assemblées représentatives en rehaussa l'importance ; la tendance prédominante des chambres des députés vers la démocratie fut taxée de jacobinisme et l'écho répété de toutes les contrées de la patrie allemande appelant de tous ses voeux l'unité nationale fut regardé comme l'avant-coureur de la révolution. La jeunesse surtout et nommément celle des universités devint un objet de terreur par l'exaltation ou* trée et parfois inconsidérément manifestée de quel-

ques*uns des cerveaux les plus inflammables La fête populaire célébrée avec un double enthousiasme U i8 Octobre 1817 à la Wartbourg, dans le double but de solenniser en méino^ temps le 3"^ fête sécu* laire de la Réformation de Luther et Tanniversaire de la bataille de Leipzic, la fondation d'une association sous le nom de teutscheBurschenschaft et la tendance de politico«>libérale des profes» seurs et des élèves manifestée sur une grande étendue de pays, parurent être un présage sinistre. On y jo%^^î^ ^^^ exemples isolés d^actions condamnables commises par quelques jeunes enthousiastes égarés, et Ton ajouta aveuglement foi aux déclamations de Talar^ miste Stourdza contre les universités. Ce fut à cette époque que ce commit l'assassinat de Kotze* bue poignardé par S a n é (^3 Mars 1 8 19), et bientôt ensuite ) l'attentat deLoning (pharmacien) contre la vie du président d'Hell, conseiller du Duc à^ Nassau ; et l'action coupable de deux fanatiques fut aussitôt mise sur le compte de toute la jeunesse allemande et même de toute la nation.

Tout-à-coUp s'assemblèrent à Carlsbade les pHn-* paux diplomates de l'Autriche et delaPru^s^, e€ux de la Bavière, du Hanovre, de la Sa^e, du Wurtemberg, des duchés de Bade, de SaicOf- Weimar, de Meoklenbourg et de Nassgp, La réiiBioQ de ce congrès de ministres avait ma 4qu^ ble but; le premier, de se concerter wr le^ «rr^ipgç»

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menu organiques à faire, dans les Etats de ia confédération^ en exécution de l'acte sur la constitution fedéralive de TAllemagne (travail qui cependant ne se termina qu'en 1820 par la signature de l'acte final du congrès des ministres ouvert à Vienne (vers la fin de 1819) et qui ne produisit pas de résultats importants ; le second , pour arrêter les progrés de »m enées démagogiques» en Allemagne. Ce mot nouvelle création, d'une signification très-indéterminée fut employé pour désigner une chose également indéterminée, qui même selon l'opinion de plusieurs n'existait pas même, et qui selon celle du plus grand nombre était tout au moins excessivement exagérée et ne valait certainement pas la peine qu'on prit contre elle des mesures aussi imposantes. Les résultats des conférences sécrètes (clases le 7 Août) furent ensuite transmis à la Diète germanique, qui, après une délibération d'un seul jour, (sans discuter la question et après avoir simplement recueilli les voix sur la proposition de son président) publia les décrets à jamais mémorables du 20 Septembre 18x9,. et changea, comme d'un coup de baguette magique^ l'état politique de l'Allemagne* Ces décrets se rapportèrent particulièrement à une interprétation donnée dans lé sens du «principe monarchiqueoc à l'article XIII de l'acte de la constitution fédérative, et prescrivirent le mode k suivre pour l'exécution des décrets de la diète. Les autres décrets anéantirent la Iw

berté delà pressse, pronancèrent la proacrip tion contre les universités ou du moins tnirenl hors de l'action naturelle de la loi les professeurs et les élèves. Us établirent enfin àMayence une commission centrale qui, empiétant sur les fonctions des tribunaux ordinaires , fut spécialement chargée de l'enquête et du jugement des délits désig«nés sous le nom de amenées démagogiques.a

A compter de cette époque un voile sinistre couvrit l'horizon des amis du peuple. Les aristocrates marchèrent le front levé) les plus sensés du parti des libéraux^ au contraire, plongés dans le deuil^ mais forts de leur conscience n'opposèrent que le si» lence aux cris de victoire de leurs adversaires.

Pays^ Bas. Suède.

L^accomplissement des voeux du peuple n'éprouva dans aucun des Etats de l'Allemagne de plus grands obstacles que dans les Pays-Bas. Il n'y avait en Allemagne que le parti aristocrate qui s'opposât à la réalisation des désirs de la nation ; et tout gouvernement qui voulait sérieusement le bon droit (nous citerons comme exemples dignes d'imitation le Wurtemberg et Weimar) atteignait^ son but au«

Ik

tant que le permettall la politique des puissances . européennes. Dans les Pays-Bas au contraire, état composé d'éléments hétérogènes, inalliables, mutuellement répulsifs, régnait parmi le peuple, par suite de la différence des droits historiques, des usajf^esy des idiomes et surtout des religions une désunion que fomentaient encore les intrigues et les prétentions arrogantes des prêtres, ainsi que la haine née du fanatisme religieux. Par ce conflit d'intérêts <:ontraires, il était de tout impossibilité que Tharmo- «ie s'établit entre le gouvernement et la nation, puisque les concessions réelles et libérales faites à une partie de la nation , révoltaient l'autre. Dans une telle position il était naturel que le gouvernement songeât à étendre son pouvoir puisque ce n'était que par l'autorité qu'il pouvait obtenir ce que lui refusait le préjugé ou la mauvaise volonté. D'autres influences exercèrent aussi leur effet et augmentèrent la confusion, de manière que, malgré les louables intentions du Roi, la constitution sagement méditée, quant aux points principaux, (quoiqu'elle subordon- ;Dàt, et même avec des formes peu ménagées , les intérêts de la Belgique à ceux de la Hollande) ne proiluisit pas les effets salutaires qu'on aurait pu en at« tendre. Presque tout l'historique de l'intérieur des Pays-Bas se rapporte aux querelles nées de cette flésunion; cependant le principe constitionael ne fut jamais ouvertement attaqué; il prospéra au

contraire et prit de la vigueur ^ malgré quelques violations.

On peut en dire autant, et même davantage de la Suéde et de la Norwège où régnait, entre les deux peuples une désunion pareille (née du principe pol i tique, et non pas du principe religieux), dont on prévint cependant les suites dangereuses en séparant les deux représentations. L'embarras des finances avait fait naître de vives inquiétudes, que dissipèrent la sagesse et la fermeté du gouverement*. La position du Prince royal Charles-Jean, qui, n'étant pas né sous le dais , occupait réellement le trône depuis la mort deCharlesXIII (8 Février 1 8 18),* vis-à-vis des monarques héréditaires européennes était très-embarassante et exerçait une in« fluence rétroactive sur l'administration intérieure de la Suéde, Ce prince sentit qu'une sage politique lui commandait de se concilier l'affection de ses sujjets. en respectant les droits de ta nation , et il atteignit en effet assez complètement ce but, quoique la difficulté de sa position le contraignît parfois à montrer de la sévérité, et entre autres à restreindre la liberté de lapresse, mesure qui ne peut être justifiée que par la nécessité de réprimer l'insolence des délateurs de la légitimité.

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Grande-Bretagne.

t>e toutes les puissances de l'Europe ce fut là Grande-Bretagne, qui triompha avec le plus d'éclat de la chute de Napoléon. Elle avait abattu cet ennemi si long-temps redoutable, imposé un roi à la France, fait donner à son général Wellington le commandement en chef des armées européennes en France maintenu sa prépondérance dans la régulari* sation du système politique européen, fait pour ellemême la précieuse acquisition des iles ioniennes, et pour son royaume de H a n o v r e récemment recouvré, celle, non moins précieuse, de plusietirs provîn* ces d'Allemagne, parfaitement situées à proximité. Elle revoyait, ouverts à son commerce, les pays du continent dont l'entrée lui avait été interdite sous Napoléon, et elle exerçait de nouveau l'art, si profondément étudié par ^le , de rendre ces pays tributaires de àon industrie et de fermer ses propres marchés à leurs productfons. Elle vît en outre dans les autres parties du monde, s'accroître sa prépondérance commerciale , et dans quelques-unes de ses colonies — ^ comme aux Indes-orientales — son influence politique et ses forces militaires* Cependant l'état intérieur de ce royaume ne répondait aucunement à l'éclat de son extérieur. I^e fardeau d'une dette publique immense, la disproportion excessive des fortunes, la stagnation ou la décadence de plusieurs bran-

cbes d'industrie par Yettet de la paix, la subsistance précaire des manufacturiers, l'arrogance des riches et des nobles I le mécontentement dans les classes indigentes de la population lesquelles grossissaient de jour en jour, la juste exaspération des Catholiques d'Irlande opprimés et maint autre germe ou symptôntie de maladie politique présentaient, aux yeux de l'observateur, sens un aspect peu fait pour exciter Fenvie, cette puissance dominatrice des mers , et livraient rame du philosophe breton lui-même à des réflexions sinistres.

Mais le résultat le plus pernicieux de la lutte révolutionnaire, ce fut la réaction produite et entretenue par elle contre les idées du siècle. Le pouvoir du gouvernement devint plus absolu à proportion que le nombre des troupes permanentes s'accrut ; l'a^ ristocratie révoltée du caractère démocratique de la révolution française redoubla d'arrogance et de sévérité, et le peuple lui-même, aveuglé par ia jalousie nationale, ne vit pour la plupart point, ou bien vit sans répugnance que son gouvernement, par sa politique , au lieu de devancer — comme jadis — les gouvernements des autres puissances dans la marche progressive des lumières , restait de beaucoup en arrière de l'esprit du siècle et perdait ses droits à la confiance et à l'affection des peuples. La vanité na^ tionàle triompha de voir remonter, sur le trône de France un Bourbon, protégé par la Grande-Bre*

tagne, et ddtis Teicaltation de k pasAion oa oubliai que ce fftîncipe de légitnité auquel, dans cette occa^ stOD les ministes anglais rendirent hommage, sapait jusque dans leurs fondements les droits de la maison de Hanovre au trône d'Angleterre.

L'Angleterre — quoiqu'elle eûl^ par des consi« dérations relatives à la forme de son gouvernement refusé d'accéder à la Sainte-Alliance — en suivit néanmoins la tend au ce y et perdit par là une grande partie de son influence politique* Si, jusqu'à celte époque , elle joua le rôle de protecteur du faible contre le puissant (et dans la période la plus recente, celui dç défenseur des droits des peuples contre la monarchie universelle de Napoléon) et si par-là elle s'acquit le respect de l'Europe et une influence puissante » elle en échangé depuis ce temps, sa position élevée, contre un rang inférieur. Pour maintenir en Europe le principe de la légitimité — après la restauxration des Bourbons et la chute de Napoléon — le concours de l'Angleterre était assez inutile. Les grandes puissances continentales étaient à la tête du nou* veau système, et l'Angleterre, comparée a celles-ci retomba presque dans une insignifiance politique. Les Congrès de monarques ou de ministres qui réglaient dictatorialement les intérêts du continent européen eurent lieu sans la coopération de l'Angleterre, ou du moins celle-ci n'y participa qu'en sous-ordi^e, et parmi les hommes éclairés de toutes les naticMis ^ la

▼oix de ia haina et du méprit se fit eoteudre ouver-r teinent ooutre ce gouvernemeat d'aristocfiates et la peuple mercantile des rives de la Tamise.

Mais dans Tintérieur même de ce royaume, s'éleva se propagea un esprit de mecontentemeot contre le gouvernement et contre une constitution devenue contraire aux exigences du siècle, soit par sa suran« néiléi soit par une altération factice. Les chefs de Topposition dans le Parlement réclamèrent hautement uue «recherche de létat de la nation<c et parmi le le peuple se fortifia , d'une manière alar-» mante, un parti qui demandait à grands cris une re* forme radicale et surtout celle du parlement* Il y eut des émeutes dans plusieurs provinces et surtout à Londres. Ces mouvements populaires fournirent aux ministres l'occasion désirée de. redoubler de sévérité et de suspendre la loi d'habeas cor* pus, palladium de la liberté anglaise (1817), suspenspension qui néanmoins (différant en ce point des ré* solutions analogues prises par la diète germanique) cessa d'être en vigueur dès l'année suivante. D'autrès ordonnances plus sévères encore (cinq bills qui portèrent une atteinte funeste à la liberté individuelle et à celle de la presse) furent publiées en Novembre 1819, avec l'approbation du parlement, dont la ma^ jorité triompha de la résistance vigoureuse du parti de l'opposition , au moyen de la supériorité numérique des suffrages que l'on recueillit sans s'inquiéter,

si ces suffrages avaient été libres ou non» s'ils avaient été donnés avec réflexion ou inconsidérément. Cependant le peuple ne se tint pas pour battu. De nouvelles émeutes éclatèrent au contraire — surtout immédiatement après l'avènement au trône de G e^ orge lY jusqu'alors prince régent qui succéda à son père (ao Janvier 1820) — et le ministère C asti ère a gh jugea nécessaire de recourir aux échafauds pour faire cesser ces troubles.

Ce ministère qui vint à bout de faire approuver les mesures les plus illibérales^ telles que le bill sur l'importation du blé, la prolongation du bill relatif aux étrangers, la conservation de l'armée au complet pendant la paix, la restriction de la liberté de la presse, les mesures barbares pour maintenir les Irlandais dans l'abaissement, le rejet absolu de toute réforme parlamentaire, ne fut cependant pas assez iort pour défendre l'impôt sur lesrevenus, créé par Pitt, contre les attaques du parti de l'opposition, puissants en cette circonstance parce qu'il fut soutenu par l'égoïsme de particuliers* L'impôt sur les revenus fut aboli.

Nous en resterons la, pour le moment, quant aux Etats constitutionnels; passons maintenant aux monarchies absolues.

Monarchies absolues,

l)*après le point de vue âoas lequel douâ préseii' tons notre aperçu , les monarchies absolues ne méri* lent qu'un coup d'oeil rapide ; les effets de leur in* flueuce sur la politique générale ont pour la plupart, déjà été racontés y et quant aux événements qui se sont passés dans leur intérieur, ils n'appartiennent qu'à l'histoire spéciale de ces états, et ne sont d'aucune importance pour le coup d'oeil général. I^ous n'entrerons donc point dans le détail des affaires domestiques et administratives du gouvernement duDanemarc obstinément contraire aux voeux du peuple danois soupirent après une constitution re^ préseutative , et aux désirs de la population de ses duchés allemands, laquelle demandait l'accomplisse^ ment de l'article XIII ; nous ne nous occuperons pas non plus des améliorations ou des changements opé^ rés dans les diverses branches branches de l'administration en P r u s s e, ni des opérations financières de l'Autriche et des mesures sévères prises par cette puissance contre le commerce des productions de l'esprit et contre le trafic ; nous passerons de même sous silence les avantages que la Russie à successivement acquis, dans son intérieur, soit par les encouragements donnés à l'agriculture , à l'industrie et au commerce, soit par les progrès qu'elle fit faire en civilisation à ses peuples, pour la plupart encore dans

rétat de barbarie* Nous avons lait mention plus haut de l'influence de ces puissances sur les intérêts générau3c Quiconque a des notions ju$tes des as* semblées d'Etats de l'empire^ etasaisi l'esprit du véritable système constitutionnel ne saurait nous blâmer d'avoir compté la Prusse et l'Au-^ triche ou r^ng des Etats non-constitutionnels, malgré les assemblées des Etats«-provinciaux qui s'introduisirent peu-à-peu en Prusse, et les assemblées également provinciales, et en même temps f éodales, qui, par suite des anciennes coutumes du pays se tiennent dans quelques états de la domination autrichienne* La Pologne ainsi que la république de Craco vie neu peuvent également être censées appartenir à ce système ; puis que la Pologne, malgré sa forme de gouvernement représentatif n'est, daprès sa position à l'égard de la Russie, qu'une pro* vince de cette monarchie absolue, et-que Craco vie située entre les états des trois grands autocrates n'est république que de nom.

Dans le cours de cette première période nous ne dirons rien encore de la Turquie, cet état-modèle de l'absolutisme, offrant le spectacle affligeant d'une tyrannie surannée et de labàtardissement moral. Nous nou$ reservons de donner, dans les deux périodes suivantes, un aperçu des changements importants survenus dans les relations intérieures extérieures de cet empire.

UI t a I iei après que M u rot eut payé de «a vie le projet follement audacieux de reconquérir son trône, et que par là, il eut achevé le rétablissement de la dynastie légitime dans la péninsule, n'offre, dans cette période, rien d'essentielle à rapporter. Il est vrai, que pen* dant cet espace de temps une révolution se préparait dans le silence; mais le récit de cet événement appa^ tient à la période suivante.

II en est de même de l'Espa g ne, et en général de toute la péninsule au delà des Pyrénées dont riiistoire, depuis la restauration de 1820 ne pré> sente quane série non interrompue de troubles, de malheurs et de détails btimiliants. En Espagne surtout, legoiivernementdeFerdinand VII sembla vouloir renouveler l'essai que tentèrent jadis lesempe^ reurs despotes de Rome a l'effet de voir (selon l'ex* pression de Jean de Mùller) »j us qu'à quel point pouvait aller àla patience hu m aine.a Maif cette patience ayant en6n aussi ses bornes, cet essai eut pour résultat une suite de mouvements séditieux, qui fournirent à la soif du sang de nouvelles occasions de s'assouvir. Mais le sang d'un Portier^ d'un Lascy, d'un Vidal et de leurs généreux amis devint, à l'instar de celui des martyrs du Christianisme , la semence productive de nouveaux amis de la liberté, et quoique les terreurs du pouvoir et la toute-puissance des fanatiques n^inistres de l'autorité comprimassent'touteiDiiAi&statiQQ delà colère, toute

expresstoi^ de la plainte , lé ressentiment long-temps contenu ne s'en enracina que plus profondément dans le coeur , et la moindre étincelle d'espérance suffisait pour faire éclater un incendie général. Cette étincelle se montra en effet en i8ao dans l'insurrec* tion des troupes qu'on avait irrités de gaité de coeur, et -r- le gouvernement absolu fut renversé» Les ar« mes étrangères seules purent le rétablir.

La tyrannie était moins oppressive en Portugal; cependant les troubles et la détresse n'y furent pas moindres. Le gouvernement anglais ambitionnant d'échanger le rôle de protecteur contre celui de maître, excita 9 par la conduite insolente de son général Beresford, placé à la tête de l'armée de Portugal, l'indignation de la nation portugaise et se brouilla avec la régence. Le Roi Jean Y I lui-même, qui, du fond du Brésil étendait son sceptre sur ses états d'Esrope, sembla menacer de faire subir au Portugal la destinée des colonies, et augmenta le d^rdre gé« néral, par sa funeste irrésolution entre les divers partis. Le besoin d'une constitution libre ^^ seul mo* yen de sauver la patrie — se fit sentir de plus en plus, parmi les esprits les plus éclairés de la nation. L'égoïsme des membres de la régence, entretenu par les intrigues des aristocrates et des prêtres, s'opposa à l'accomplissement de ce voeu de la nation. Dès lors se tramèrent des conspirations qui entraînèrenl; après elles des exécutions, des banfesements et un goaver^

nement terrariste. La nation qe se pénétra que plus viv^nent de l'idée de briser elle4:nême ses fers. Cette vint à maturité en i8ao.

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