‹ Histoire générale des Arabes (volume 3)Chapitre 12 sur 35 · MONSIEUR ET AMI · texte numérisé non relu

MONSIEUR ET AMI

Quelques personnes vous opposent encore en ce moment votre campagne, malheureuse, disent-elles, contre un illustre savant, bien que vous ayez eu alors dans l’Académie des sciences lassentiment de membres compétents tels que MM. Arago, Mathieu, Poinsot, Liouville. Vous pensez que, puisque je me suis laissé détourner parfois de mes études de prédilection par l'attrait qui s’attachait à certaines questions obscures de l’histoire des maihématiques, une curiosité naturelle ne m’aura point permis de rester absolument étranger à celle dont 1l s’agit, et vous me demandez de vous faire connaître mon opinion à ce sujet. Malgré bien des

occupations, je vais m’efforcer de recueillir mes souvenirs et de reprendre les éléments de cette question, pour répondre à votre désir. Il me serait très-pénible de ne pouvoir le faire; je vous paraîtrais manquer à un devoir, car vos utiles et difficiles travaux, qui ont pris une large place dans l’histoire scientifique des Arabes, en nous faisant connaitre plusieurs ouvrages mathématiques et astronomiques d’une importance incontestable qui restaient ignorés, vous ont acquis la reconnaissance de tous ceux qui s'occupent de ces recherches, et en particulier la mienne, comme vous le savez.

Je vais entrer en matière, et, Je n'ai pas besoin de vous le dire, en me renfermant exclusivement dans les seules considérations scientifiques absolument nécessaires pour éclaircir les difficultés de la question et émettre une opinion sérieusement motivée.

Je diviserai cette lettre en deux parties : la première aura pour objet de détruire les objections qu’on vous a opposées, car elles me paraissent empreintes d'erreurs et sans fondement, quel que soit le mot final de la question à laquelle a donné lieu le passage obscur d’Aboul- Wéfà. |

Je pourrais à la rigueur m'’arrêter à ce premier point; mais je ne sais si Je satisferais pleinement à vos intentions. J’essaierai donc de traiter directement, dans une seconde partie, la question précise de savoir ce qu'était, par rapport à l’Almageste de Ptolémée, l’ouvrage d’Aboul-Wéfä, dont il ne nous reste malheureusement qu’un fragment, et si l’auteur a réellement découvert la variation. Ma conclusion, si je ne m’abuse, confirmera l'opinion que vous avez soutenue avec la

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conviction que pouvait vous donner la connaissance que vous possédez de la littérature arabe et des théories astronomiques des Grecs.

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