IL
210 APPENDICE. | on se reporte à la signification d’ocuos, impulsion, action de pénétrer du dedans et du dehors, on a l'explication du phénomène qu’on a voulu représenter; et si l’on fait venir théodolite de des (dimin. de Oedw, Oedouu, je regarde) et de Sélyos, un long espace, c’est bien avec la permutation d’une seule lettre, le théodolite, instrument dont on se sert pour les opérations géodésiques. Feu Alexandre, qui tenait un rang distingué parmi les hellénistes, n’a-t-il pas traduit, dans son dictionnaire, ai mai, les serres, par signe du Scorpion ; c'était signe de la Balance qu’il aurait dû dire, en évitant de confondre les constellations et les signes du zodiaque (1). N’abusons pas toutefois. de l’amour des rectifications ; chaque langue a son génie particulier qu'il faut respecter, même dans quelques-uns de ses écarts; ainsi il est de mode aujourd’hui de restituer les désinences grecques el latines aux noms propres, de dire Plutarchos au lieu de Plutarque, Ptolémaios au lieu de Ptolémée, Titus-Livius au lieu de Tite-Live, Quintus-Curtius au lieu de Quinte-Curce, etc.; c’est vraiment faire de l’érudition à bon marché et sans aucun profit pour la science; pourquoi changer ainsi les usages reçus? On ne voudra pas s'arrêter en si beau chemin, et la recherche des noms assyriens, perses, égyptiens, arabes, offrira une ample moisson ad corrigenda. On sait combien cette prétention étendue à d’autres branches de nos connaissances, à l’histoire naturelle par exemple, et aux dénominations géographiques, a jeté de trouble
(1) Consultez notre Mémoire sur les instruments Sn des Arabes, p. 135 et suiv.
dans les nomenclatures adoptées de nos jours. Qu’à côté du terme usité chez tel ou tel peuple, on place entre parenthèses le mot propre ou le nom original, cela se conçoit, mais qu’on se borne à reproduire les désignations nouvelles auxquelles notre oreille n’est pas accoutumée, c’est entrer dans une voiesemée de ronces et d’épines.
Ce besoin d'innover offre un autre danger : c’est qu’on se trouve parfois entraîné, d'inductions en inductions sur le terrain philologique, à substiluer le roman à l’histoire. Bailly avait rêvé l'existence d’un peuple primitif, inventeur des sciences, qui aurait tout appris à l'univers, excepté son nom. Or, ce nom vient d’être trouvé : ce n’est pas celui des Adamites, quoique, suivant Moréri, Adam at eu une parfaite connaissance des sciences dès le premier jour de sa vie; c’est le nom d'Aryas, qu’on peut placer à côté de la dénomination d’indo-germaniques, appliquée aux langues persicogermaniques. Depuis longtemps, en effet, on avait remarqué dans le persan et l'allemand les mêmes mots et les mêmes formes; le persan actuel, modifié il est vrai par la conquête arabe, mais dérivé du zend et distingué en parsy et pehlvy, paraît avoir subsisté plus de 1200 ans avant notre ère. Si, prenant les deux points extrêmes, l’on recherche les intermédiaires, on ‘voit clairement que, dans l'hypothèse où l'Inde et la Chine auraient été le berceau des sciences, les Assyriens sous les successeurs de Sémiramis, les Perses sous Darius, les Grecs sous Alexandre, les Arabes sous Mahmoud, auraient emprunté à ces pays les connaissances qui leur faisaient défaut. Or, il faut bien le reconnaître, Aristote et son école ne’ rencontrérent chez les Indiens
que les superstitions brahmaniques, et ils ne trouvèrent à admirer dans Calanus qu’un dédain affecté de la vie, qu'ils se gardèrent bien d’imiter. Il est avéré qu’à cette époque, ni les Hindous, ni les Chinois n’avaient la moindre teinture des sciences exactes; c'est ce que nous nous sommes efforcé à plusieurs reprises de démontrer (1). |
Chez les Grecs, au contraire, dix siècles de travaux non interrompus, depuis Anaximène et Pythagore jusqu’à la suppression des écoles d'Athènes et d'Alexandrie sous Justinien, peuvent être considérés comme les étapes des sciences mathématiques, desservies par des pléiades de savants, au-dessus desquels viennent se grouper les noms de Méton, Euctémon, Pythéas, Eudoxe, Aristote, Callisthène, Aristille et Timocharis, Euclide, Archimède, Apollonius, Eratosthènes, Hipparque, Posidomius, etc., avant J.-C., et depuis l’ère chrétienne : Ptolémée, Diophante, Hypathie, Pappus, Proclus, etc.
Il est certain que les successeurs d'Alexandre portérent dans l’Asie la civilisation grecque; que, plus tard, les néoplatoniciens et les nestoriens, persécutés par les empereurs romains, se répandirent dans l’Inde et jusqu’à la Chine; que les Arabes de Bagdad, puis les peuples d’origine néo-latine, firent connaître à ces pays lointains les conquêtes de la science moderne : on peut suivre aux différentes époques de l’histoire les traces et les progrès de cette influence.
(1) Matériaux pour servir à l’histoire comparée des sciences mathématiques chez les Grecs et les Orientaux, t. IF, p. 421, 863, etc. — Bulletin de la Sociélé de géographie, 1851, 4e série, . I, p. 188 et 425, etc.
Le désir d’être regardé comme le plus ancien peuple de la terre et le plus instruit a porté les Hindous, ainsi que les Égyptiens, les Chinois, etc., à s’attribuer des inventions qui ne leur appartenaient pas. Les Hindous, notamment, n'ayant pas de chronologie, pouvaient, à mille ans près, modifier la date de certains faits ; Colebrooke a, de notre temps, reconnu qu’il avait été le jouet des pandits avec lesquels il s’était mis en rapport; déjà Wilfort avait été obligé de rétracter les prétendues découvertes qu'il devait aux déclarations d'interprètes infidèles; William Jones n'avait pas été plus heureux; Legentil en disait tout autant à la même époque; 700 ans auparavant, l’Arabe Albirouni déclarait qu’il avait fait pour les indigènes des extraits d’Euclide et de Ptolémée, et qu’aussitôt ils mettaient ces morceaux en slokas, c’est-à-dre en dystiques sanscrits, de manière qu’il était peu facile de s’y reconnaître. Il est probable que la même chose était arrivée aux nestoriens, aux néoplatoniciens, à Plotin au [le siècle de notre ère, aux Ptolémées, aux Séleucides, aux Antonins, en relations suivies avec l’extrême Orient, et que les connaissances des Occidentaux devenaient pour les Hindous, passés maîtres en fait de ruses et de tromperies, des plagiats commis à leur détriment; M. Woepcke s’y est laissé prendre pour les chiffres et pour l’arénaire (1). Le savant M. Sandou, qui professe le tamije ou tamoul, le plus ancien idiome de l’Inde, nous apprend qu’en effet, au X° siècle de J.-C., sous le règne de
(1) Lettre au prince Boncompagni sur l’origine de nos chiffres, par L.-Am. Sédillot, extrait des Aiti dell’ Accademia pontificia de’ muovi Lincei, t. XVIIL, 2 avril 1865, p. 5 et suiv.
Bhodja IF, imitateur du khalife Almamoun, il existait une académie des sciences, où l’on usait de la même supercherie, pour prouver aux étrangers que leurs communications n'étaient que la reproduction d’inventions ou d'idées d’origine indienne; la ruse fut découverte et l’académie supprimée.
Cette habitude de traduire en slokas les faits scientifiques, en se servant d’ôles ou feuilles de palmier (1), qu'il était facile de remplacer par d’autres, conduit tout naturellement à l'examen d’une question encore pendante, celle de l’origine du sanserit, qui pourrait bien être moins ancienne qu’on ne pense. Le sanscrit, employé par les traducteurs des védas, qu’on suppose avoir donné naissance aux mots grecs et latins qu’on y trouve semés, n’aurait-il pas, au contraire, offert un droit d'asile à la langue d'Homère, déjà parfaite six siècles auparavant? Les mots arabes qu'on rencontre à une autre époque, dans.les slokas des Hindous, ne seraient-ils pas un indice qui viendrait confirmer cette supposition ?
La tentative faite au XIIIe siècle de notre ère par l'empereur mongol Kublaï-Khan, d'appliquer à la langue chinoise une écriture alphabétique, ne ferait-elle pas entrevoir qu’un procédé analogue a pu être employé pour le sanscrit, qui n’a jamais été une langue parlée, mais une écriture sacrée (san-clum script-um)? Nous avons un spécimen des caractères pa sse pa acceptés par Kublaï, et qui sont une simple tranformation des caractères dévanâgaris (2).
. (1) Recherches asiatiques, trad. par Labaume, t. I, p. 388. (2) Voyez le mémoire de M. Pauthier, dans le Journal asiatique de janvier 1862, p. 15, 21, 33, etc.
Lorsque les Arabes, au VIII siècle, reçurent d’un Indien quelques notions d’astronomie et de mathématiques, ils ne connaissaient pas encore les livres grecs, et ils appelaient indien tout ce qui leur était communiqué d’intéressant ; mais nos plus habiles philologues, qui entassent citations sur citations, à la manière allemande et sans aucune critique, et qui accueillent souvent les opinions les plus contradictoires, s'accordent cependant à reconnaître que les mathématiciens hindous sont postérieurs à l’école d'Alexandrie; c’est ce qui explique, nous l'avons répété bien des fois, comment les Arabes ont été amenés à attribuer une origine indienne à des inventions grecques, à appeler cercle indien un instrument déerit par Proclus; chiffres indiens un système de numération dû aux Occidentaux, et même à faire de l’Almageste de Ptolémée un livre indien, et de la géométrie, suivant M. Woepcke, l’art indien.
On peut aussi se demander pourquoi le buddhisme, qu’on fait remonter au Ve siècle avant J.-C., est resté inconnu aux Grecs. La doctrine du Budha-gourou (le - maître Budha), qu'un savant indianiste identifiait avec Puthagoras, n’aurait-elle pas quelques rapports avec le système d'abstention prêché par le philosophe de Samos ? |
Les considérations qui précèdent s’appliquent en partie aux Chinois, qui ont toujours fait un grand étalage des connaissances de leurs ancêtres; ont-elles pu complètement disparaître, comme ils le disent, avec l'incendie des livres ordonné l’an 213 avant J.-C.? Les sciences qui ont acquis un certain développement ne s’effacent plus de la mémoire des hommes. Nous avons
montré que nos missionnaires, par un étrange abus des mots, avaient décoré du titre pompeux de tribunal des mathématiques une commission de mandarins qui avaient pour mandat de coordonner les mouvements. politiques et les actions de leurs princes, et de prédire jusqu'aux tremblements de terre (1). Les époques de ce qu'on appelle l'astronomie chinoise coïncident avec les communications venues de l'Occident en 134, en 87 avant J.-C., et depuis en 80, en 164 (ambassade de Marc- Aurèle), en 450, en 618 (arrivée du nestorien Olopen), en 718, en 1280 (astronomes arabes de l'observatoire de Méragah, instituteurs du Chinois Cochéou-King), en 1583 (arrivée des missionnaires jésuites) (2).
Une simple observation pour finir : M. Roulin ne nous apprend rien de nouveau en disant qu’astrolabe se compose de deux mots grecs, il ignore donc que le terme dont se servent les Arabes pour désigner une éloile n’a rien de commun avec äspo et stella; seulement, nous leur devons la connaissance et l’usage de l’astrolabe, et nous avons conservé les noms qu'ils donnent aux différentes pièces de cet instrument : l’alancabuth, l’alidade, lalmuri, l’alhabos, l’alchitot, l’alpherath, etc. (3). Quant à la valeur des étymologies, que nous n’avons pas eu la prétention d'imposer, mais que nous considérons comme acquises à la science, si M. Rou-
(1) Bullettino di Bibliographia e di Sloria delle sciense matematiche e fisiche, mai 1868 : De l’astronomie et des mathématiques chez les Chinois.
(2) Voyez les pièces justificatives dans nos Matériaux, etc., déjà cités, t. IL, p. 607 et suiv.
(3) Voyez notre Mémoire sur les instruments astronomiques des Arabes, p. 155, 156 et l'index. \ |
lin veut prendre la peine de comparer les écrits de MM. Narducci et Dozy, il reconnaîtra sans peine que les termes {aliens ou espagnols d’où l’on fait dériver bien des mots français sont d’origine purement arabe.
TI
Les nouvelles remarques de M. Roulin prouvent que j'ai frappé juste, en exprimant le vœu qu’une meilleure part fût faite aux étymologies arabes dans nos UE dictionnaires de la langue française.
I. En ce qui concerne la nomenclaiure scientifique, tout le monde est d’accord : pour l’astronomie, les mathématiques, la médecine, la chimie, etc., nous sommes tributaires des Arabes. M. Roulin insiste sur son observation relative à l’astrolabe; mais personne ne peut supposer que les Arabes en auraient élé de lous pornts les inventeurs, et qu’ils auraient donné à cet instrument un nom pris dans la langue grecque ; nous avons nousmême décrit l’astrolabe de Ptolémée, qui se rapprochait beaucoup des armilles (1). En ce qui concerne les Arabes, le dictionnaire de Trévoux, que cite M. Roulin, ne reproduit pas exactement le! passage de Dherbelot, qui s'exprime ainsi : Îl y en a pourtant parmi eux assez d’ignorants pour donner à l'astronomie une origine ara-
(1) Mémoire sur les instruments astronomiques des Arabes (t. I des Mémoires des savanis étrangers, imprimés par l’Académie des inscriptions, p. 153).
218 AFPENDICE.
bique (1). Ce qui est certain, c’est que les astrolabes grecs ne nous sont pas parvenus et que nous possédons des astrolabes arabes d’une perfection rare (2).
IT. En dehors du terrain scienufique, M. Roulin craint qu'on ne se laisse abuser par un faux air de ressemblance, pour rattacher quelques termes « à une racine arabe ; » le même écueil peut se produire s’il s’agit de les rattacher « à une racine latine. » Pourquoi faire venir lézine (qu’on écrit lésine, lésinerie, lésiner) du mot italien lesina, alène de cordonnier, et ne pas indiquer la racine arabe, lezina : se pressit; angustia et difficullas vitæ (Golius (3), p. 2195); indigence, scarcity, a life of distress (Richarson (4), p. 819)? Pourquoi faire dériver fadeur de fatuus, et ne pas citer le verbe arabe fadar, qui a la même signification? Pourquoi établir une distinction entre aide et aides, qu’on peut, il est vrai, rattacher au latin : adjuvare (adjuhda)? Mais je ne doute pas, avec M. Narducci (5), que le singulier comme le pluriel n’ait été emprunté au verbe arabe Ada, opem tulit.
HIT. M. Roulin ne voit pas un seul des termes de
(1) Bibliothèque orientale, p. 141.
(2) Voyez la description que nous avons donnée de Pastrolabe d’Abd-ul-Aïma, dans le tome IX des Annales de l'Observatoire de Paris ; des astrolabes du baron Larrey, du feu duc d'Orléans, de la Bibliothèque nationale, etc., dans nos Matériaux pour servir à l'histoire des sciences mathématiques chez les Grecs ++ les Crientaux, t. I, p. 341 et suiv.
(3) Lexicon arabico-latinum, 1653.
(4) À Dictionnary persian, arabic and-english, London, 1806.
(5) Segondo saggio di voci italiane derivale dell Arabo, 1863, p. 7: Aita, lat. auxilium; gr. Botôeux; Pihan, lo fa derivare da Aida, ar. Il verbo quiescente ada, significa juvit, opem tulit.
chasse qui ne puisse trouver son équivalent dans la langue latine: chasse, caplare; meute, motus; laisse, laxus ; cor, cornu; fanfare, {arantara; curée viendrait de cuir (le cuir tout sanglant de la bête), et hallah, des trois interjections ha! la! li! Nous préférons de beaucoup les racines arabes : cascia, chasser (1); mœla, troupe allant et venant, excitant les chevaux (2); lezz, tenir en main; korr, cor de’ chasse; fanchara, fanfares (3); kureh, action de dévorer; hallali, chant d’allégresse (qui rappelle l’Alleluia des Hébreux), etc. Le public savant sera sans doute de notre avis, et n’admettra pas les trois interjections ha! la! Li! A quelle racine latine serait-il possible de rapporter bois, forét, fourré, etc. ? es
IV. Pour les termes de marine, même observation : M. Roulin cite l’opinion de M. Dozy, qui fait venir felouque de Harraca; je suis un des admirateurs du savant orientaliste de Leyde, mais je ne crois pas à son infaillibilité. M. Roulin, s’il était Espagnol, reconnaîtrait bien vite que l'ouvrage de feu Engelmann, revu par M. Dozy, est encore très-incomplet, on ne peut nier d’ailleurs la parfaite compétence de M. Narducci, qui n'hésite pas à reconnaître l’origine arabe de felouque, corvelte, caravelle, câble, calfat, etc. (4). Estacade, de
(1) Segondo, etc., p. 12: caccia, lat. venatus, venatio ; gr. xuveyia, OApx, dal verbo quiescente, cascia : insecutus, prosecutus fuit o dal verbo sordo kazza aggredi. (Catalogo des voces castellanas puramente arabigas, p. 53.) Volgarmente dicesi in arabo casscia, il cacciare.
(2) Golius, p. 2241. — Richardson, p. 949.
(3) Narducci, ibid., p. 17.
(4) Saggio, t. I, p. 42, 48, 50, 52;°t. IL, p. 18: d'accord avec J040 DE SousA (Vestigios da lingoa arabica em Portugal).
même qu'estrade, estrapade, estafilade, estafelle, estamainel, etc., appartient à la dixième forme des verbes arabes, qui indique le lieu où une action se passe, une qualité, le but qu’on se propose d’atteindre. —- La remarque de M. Roulin sur l’état de la navigation à l’époque de la conquête de la Gaule ne change rien à la question : il est bien certain que les Arabes ont dû faire des emprunts aux peuples qui les avaient précédés; mais une fois maîtres de la marine des Alexandrins, en possession des côtes d'Afrique, d'Espagne, des grandes îles de la Méditerranée, ils ont fait de cette mer un lac arabe, à une époque où la France était plongée dans la barbarie. « Au XI siècle, dit Sismondi (1), c'était par les ports de mer des Provençaux que toutes les marchandises du Levant et du Midi destinées à la France entraient dans le royaume; Marseille, Arles, Avignon, Montpellier, Toulouse étaient les étapes accoutumées des marchands sarrasins, et les deux peuples n’avaient point conçu l’un pour l’autre l'horreur qu'a inspirée plus tard aux Européens la piraterie universelle des Barbaresques ou le danger de la peste. »
V. Continuons. La plupart des termes de guerre sont arabes, personne ne le conteste; M. Roulin se demande si ces longs développements peuvent trouver place dans les dictionnaires généraux, qui doivent contenir tous les mots de la langue française et sont soumis à la double condition de n'être pas trop volumineux, ni d’un prix trés-élevé. Il ajoute : « Jè ne vois dans le glossaire de MM. Engelmann et Dozy rien qui ne me
(1) Histoire des Français, t. IV, p. 490.
confirme dans l’idée que M. Littré a été bien renseigné sur les étymologies arabes. » Je regrette que M. Roulin n'ait pas pu consulter la Revue orientale d’avril 1870, et surtout les auteurs qui y sont mentionnés; il aurait à coup sûr modifié ses impressions premières. On lit au mot garder : picard, warder; wallon, wardé; prov., : esp., ital., guardar ; haut.-all., warten; il n'aurait pas fallu beaucoup de place pour ajouter : ar., vard, qui est très-probablement la véritable étymologie; on peut en dire autant de guet, queiter. Au mot corvada, qu’on rencontre dans un capitulaire de Charlemagne, on aurait pu indiquer le terme arabe corveh, qui a la même signification (Golius, p. 1899); les Musulmans, qui occupaient la Gaule méridionale depuis près d’un siècle, imposaient aux habitants des corvées que nous appelons aujourd’hui des réquisitions, et il ne serait pas surprenant qu’on leur eût emprunté ce mot. — M. Narducci (1) fait remarquer que marciure (marcher) est arabe; ce terme, joint à l’interjection Allez! Allez! (Allah! Allah", nous explique comment le verbe irrégulier aller s’est introduit dans notre langue. Quand Froissard (4Addil., p. 128; c. 635, p. 214) se sert de ces expressions : « Allez! allez! traître! » et rappelle le grand meschef de la cité de Limoges, il parle arabe (2).
VI. Au point de vue historique, on ne doit pas oublier que la langue française, dont on fait remonter les premières traces au traité de Verdun (843), ne se forma véritablement qu’au commencement du XIe siècle.
(1) Segondo, etc., p. 28.
(2) Revue orientale, avril 1870, p. 167.
M. Roulin ne nie pas que l’arrivée à Paris de la reine Constance n'ait introduit à cette époque le beau langage, partie essentielle de la courtoisie, et les belles manières ; mais je n'ai rien dit, comme il le suppose, de l’adoucissemient des mœurs. La reine Constance avait pu recevoir comme un reflet de la magnificence de la cour de Cordoue, mais elle avait toute la férocité des Arabes, qui faisaient bon marché de la vie humaine, lorsqu'elle arrachait les yeux de son père spirituel et le faisait brûler vif. M. Roulin croit que l'influence arabe ne fut pas de longue durée; il ne s’est pas rendu compile assurément des faits compris dans l’exposé historique de notre précédente communication (1). On voyait encore, il y a quelques années, dans le village de Saint-Pierre, sur le grand Saint-Bernard, des inscriptions arabes que la sotte curiosité des tourisles a fait disparaître. Un des honorables confrères de M. Roulin, M. E. Blanchard, dans un récent et curieux article sur la Haute-Engadine (2), rapporte qu’au Xe siècle, les Sarrasins, maitres des passages des Alpes, ayant épousé des filles du pays, se fixérent dans la vallée de lInn; qu'on croit en trouver l'indice dans le nom d’une famille, Saraz, et' dans le nom de la commune de Pontresina, qu’il faudrait interpréter Pons Sarracenorum, pont des Sarrasins. Ampère fils (3) reconnaissait que les mots arabes introduits dans la langue française méritaient
(1) Comptes-rendus, 8 mai 1871.
(2) Revue des Deux-Mondes du 4er décembre 1870, p. 524.
(3) Histoire de la formation de la langue française, p. 355, Paris, 1869 : le mot bazar n’est ni turc ni arabe, mais bien d’origine persane. |
APPENDICE. + 298 quelque attention, mais il ne faisait qu’effleurer la question.
Que résulte-t-il des considérations qui précèdent? qu’il existe dans les grands dictionnaires de la langue française un desideratum regrettable. Je me suis borné à quelques indications, qu’il serait facile de multiplier. De même que l’école de Bagdad a conservé et développé les connaissances des écoles d'Athènes et d'Alexandrie, de même nous avons hérité de la civilisation des Arabes. Je ne suis pas le seul ni le premier qui ait reconnu et proclamé qu’ils ont élé en tout nos maîtres. En appelant l'attention de l’Académie sur ce sujet intéressant, nous n'avons déclaré la guerre à personne, et nous protestons contre les expressions d’asserlion ra fondée et d’accusahon injuste dont on s’est servi à notre égard.
Les corps savanis ne peuvent que s’honorer en réparant des injustices qui ont pesé sur plusieurs générations, et l’Académie a droit à notre reconnaissance pour avoir, dans une circonstance récente, accordé à l’histoire des sciences mathématiques un rang qui lui avait été dénié Jusqu'à ce Jour.
Je crois qu’on ne doute plus aujourd” Hi de l’importance des emprunts que nous avons faits à la langue et aux écoles arabes; j'ai fourni un certain nombre d’exemples qu’il m’eût été facile de multiplier ; voici quelques
considérations nouvelles qui pourront intéresser l’Académie.
On lit dans le Lexicon mathematicum, de Vitali (p. 53) : Apogeum arabicè aux; le mot arabe aux (avodjoun) est la reproduction exacte du terme grec, et c’est nous qui l'avons défiguré : auges, dit le dictionnaire de Trévoux (t. I, p. 636) est la même chose qu'absides.
Lacaille nous apprend (4) qu’autrefois les cordes d’un cercle s’appelaient inscriplæ ; que leurs moitiés ou semisses inscriplæ se désignaient par S. INS., et qu'on finit par prononcer sinus dans un temps où la plupart | des mots se terminaient en ws. SINUS est la traduction du mot arabe djib qui signifie pli. — En 1646, on se \servait encore des expressions coupantes et touchantes, au lieu de sécantes et tangentes, comme on peut le voir
dans la traduction en français des Éléments d'Euclide, par Lemardele, que ni Montucla, ni Lacroix n’ont mentionnée (2).
| Si l’on veut se faire une idée des singulières transformations que nos pères ont fait subir aux noms et aux mots arabes, et si les exemples que nous avons cités ne sont pas suffisants, on peut s'édifier en parcourant les traductions de Pierre Vatier, professeur d’arabe au collége de France, de 1658 à 1670 ; on lui
(1) Lecons de mathématiques, 1784, p. 295.
(2) Lemardele (p. 286) confondait, comme bien d’autres, Euclide le géomètre avec Euclide de Mégare. M. T.-H. Martin, dans le Bullettino, etc., du prince Boncompagni, août 1870, p. 299, signale, au sujet d’Aristarque, de Samos, une erreur typographique de son invention; car Delambre, Astronomie moderne, t. 11, p. 59 et 518, et la Biographie universelle de Michaud, t. I, p. 435, et t. XXXVIII,
p. 231, ne laissaient pas le moindre doute à cet égard. | |
a reproché d’avoir remplacé Ali par Gal, Abdallah par Gabdolle, Émir-al-moumenin par Miramolin, Abbassides par Guebases, etc., etc. ; ajoutons qu’en ne tenant point compte des points diacriliques, il imprimait ce qui suit, dans sa version d’El-Maçin (p. 146) : « Le Mamune (Almamoun) était bien versé dans la connaissance des VENTS, el, jusqu’à présent, les maîtres de cette science appellent un certain vent le VENT du Mamune. » Or, ce vent d’Almamoun (rih) se trouve substitué à z19, table astronomique. Le khalife Almamoun, comme à une autre époque le roi Alphonse X, aimait et cultivait l’astronomie; il avait ordonné que tous les calculs de Ptolémée fussent vérifiés au moyen de nouvelles observations, et nous avons des Tables almamouniennes, de même que des Tables alphonsines: Du reste, les Orientaux eux-mêmes ont été quelquefois coupables de pareilles méprises, puisqu'ils ont fait de la coupole de la terre la coupole d'Arine, d’après une fausse leçon.
C’est de ce mot zig qu'est venue l'expression de z1gzag, dont les Tables astronomiques des Arabes nous fournissent la figure exacte. C’est dans ces Tables que nous avons retrouvé les signes dont nous nous servons pour désigner les planètes, et qui ne sont autres que la dernière lettre des noms ‘arabes, traversée par un simple trait (1). C’est également dans ces Tables que nous avons pu suivre la transformation successive des chiffres
(1) Voir notre introduction aux Tables astronomiques d’Oloug- Beg, 1847, t. 1, p. 148, et la Description d’un astrolabe arabe, extraite des Annales de l'Observatoire de Paris, t. IX. — Bailly, Histoire de l'astronomie ancienne, p. 518.
arabes et des chiffres gobar, que les Mores d’Espagne nous ont transmis sous leur forme actuelle (1).
On ne comprend pas très-bien cette fâcheuse disposition de certaines personnes à contester tout ce qui peut faire honneur à l’école arabe; la question de la troisième inégalité lunaire, ou variation, déterminée par Aboul-Wefä, trouve encore, à ce qu’il paraît, des contradicteurs. — Pourquoi des convictions bien arrêtées à une autre époque se sont-elles tout à coup modifiées ? — Pourquoi élever des doutes sur un point isolé et laisser de côté les preuves les plus évidentes? — Pour-: quoi persister à rattacher l’exposé d’Aboul-Wefä au texte de Ptolémée, sans y rattacher l'exposé de Tycho- Brahé ?
Pourquoi torlurer un texte parfaitement clair, et accuser un savant arabe de sottise et d’ignorance, parce qu’on n’a pas voulu le comprendre?
Pourquoi chercher à rapprocher certaines expressions employées par l’astronome grec et l’astronome de Bagdad, sans tenir compte des différences radicales qui les séparent?
Pourquoi laisse-t-on sans réponse les objections que nous avons opposées à M. Biot et les conclusions si
nettement motivées de M. Chasles (2)?
(4) Voir notre Lettre au prince B. Boncompagni sur l'origine de nos chiffres. Roma, 1865, p. 9.
(2) M. Chasles, Lettre à M. L.-Am. Sédillot sur la question de la variation lunaire découverte par Aboul-Wefä, et les Comptes- “rendus, séance du 12 mai 1862. — Voyez aussi nos diverses communications, Comptes-rendus, séance du 10 février 1868; — nos Matériaux pour servir à l'hisioire des sciences mathémaliques, etc., t. I, p. 37-241; notre introduction aux Tables astronomiques
Aboul-Wefa, dit-on, ne présente pas sa détermination comme une découverte. Est-ce que le même reproche ne devrait pas être adressé à Tycho-Brahé? N'est-ce pas longtemps après sa mort qu’on a trouvé dans ses papiers et publié une note portant ces mots : Variatio reintegrata ? Ge n’était donc à ses yeux qu’une confirmation et non une découverte, comme l’a si bien dit M. Chasies.
Pourquoi enfin a-t-on prétendu et soutenu que les expressions trine et sextile ne désignaient pas les octants, ‘ quand les collaborateurs de Tycho-Brahé, vingt ans après sa mort, employaient encore les mêmes termes pour expliquer la variation ? Peut-on douter d’ailleurs que les astronomes arabes n’aient observé avec un soin tout particulier, lorsque, indépendamment des observations bien connues des auteurs de la Table vérifiée, d’Aboul-Wefä, d'Ebn-Jounis, etc., on trouve l'indication de Recueils d'observations astronomiques dans la liste des ouvrages d’Al-Haithem, dont l’Académie a souvent entendu citer le nom, et d'Ebn-Sina (Avicenne), l’Aristote des Arabes? On ne peut nier d’ailleurs que, du IXe au XVe siècle, sur tous les points de leur vaste empire, ils n'aient eu des observatoires ; qu'ils n’aient perfectionné les instruments (le mural, le gnomon à trou, le pendule); qu’ils n’aient déterminé la valeur de la précession des équinoxes, la diminution progressive de l’obliquité de l'écliptique, les irrégularités de la plus grande latitude de la lune, le mouvement de l’apogée du soleil,
d'Oloug-Beg, t. 1, p. 1x; le Bullettino, etc., du prince Boncompagni, avril 1870, p. 155-160; Comptes-rendus, séances des 4 et 11 septembre 1871.
l'excentricité de l’orbite de cet astre, la durée de l’année, la configuration des orbites planétaires (l’ellipse de Kepler), elc., etc. (1).
Passant à un autre ordre d’idées, on nous permettra, j'espère, une nouvelle digression sur le terrain mouvant des étymologies. IL faut bien admettre que les mots qui, dans le français, ne se rapportent point au latin, - sont pour la plupart d’origine arabe ou d’origine germanique;, mais les Occidentaux devaient apprendre bien peu de choses de ces essaims de barbares auxquels le Rhin servait de barrière, tandis que le contact des Arabes, parvenus au plus haut degré de civilisation, contact qui se prolongea pendant plusieurs siècles, eut sur les destinées des races néo-latines une bien autre influence. |
Un seul exemple suffira pour bien établir la méthode philosophique qui doit présider à ce genre de recherches. Le mot bas, basse, n’a qu'un. seul équivalent en latin, et c’est un nom propre (Bassus); chez les Allemands, on trouve niedere (low pour les Anglais); en arabe, nous avons bassa, baisser, abassa, abaisser, stravit hunu (Golius, p.211). Le choix peut-il être douteux ? M. Narducci n'hésite pas (2). 4
(1) Voir notre introduction aux Tables astronomiques d’Oloug- Beg, p. cxxxiv; les rapprochements entre les livres arabes et l’époque de Kepler, présentés par M. Le Verrier dans la séance de l'Académie des sciences du 7 novembre 1864, Comptes-rendus, p. 765; le rapport de MM. Arago et Mathieu, Comptes-rendus, 10 décembre 1838 ; la lettre de M. L.-Am. Sédillot à M. le prince Boncompagni, et la Revue orientale, décembre 1868, p. 110.
(2) Voyez au mot basso, de bâhha ; descendit; Secondo saggio, ete., 1863, p. 11.
De même que mechef (1), chef est purement arabe ; au lieu de le faire dériver de caput, il suffit de se reporter à la racine cheff : « ordine ac in seriem disposuit ; in aciem mulites, aciem instruxit, » etc. (Golius, p. 1361).
Que de fois ne rencontrons-nous pas l’occasion de citer ces vers Si CONNUS :
Alfana vient d’equus sans doute, Mais il faut avouer aussi
Qu’en venant de là jusqu'ici
Il a bien changé en route.
Nous ne sommes pas non plus de l’avis du savant M. Dozy, lorsqu'il se sépare de la presque unanimité des orientalistes au sujet d’amiral (amir-al-Bahr), pour admettre (2) amiratus, amirarius, dans Ducange. |
M. Narducci nous montre la même corruption pour le mot caporal (cabar-al), commandant de cinquante lances (3). Il en est de même très-probablement pour sénéchal (seich-al-casar), le maitre ou le gouverneur du château (4), et pour maréchal (mahresh-al-kyla ou mehella), le gardien des forteresses ou du camp, qu’on ne peut rattacher à margrave, marchese, marquis (5). Pourquoi, sur une plaisanterie de Voltaire, identifier conné-
(1) Comptes-rendus, séance du 24 juillet 1871, p. 287.
(2) Glossaire des mots espagnols et portugais dérivés de l'alabe, 1869, p. 165. — Voir aussi nos observations à ce sujet, Revue orientale, avril 1870, p. 165.
(3) Secondo saggio, déjà cité, p. 13.
(4) Scheik (senex)-al-Gibel, dont nous avons fait le Vieux de la Montagne. Le mont Gibel est un pléonasme. De Gibel-al-Tarik, la montagne de Tarik, est veau Gibraltar.
(5) Ou malech-al- (omra), prince dés commandants, Dherbelot,
table avec comte des écuries, comes slabuli, lorsque connehioun, en arabe, signifie qui dépasse Les autres ; vahidus et magnus (Golius, p. 2068)? IL n’est pas jusqu’au titre de général, généralissime, qui n’ait peut-être une double origine : vener-al-hiss, le chef supérieur de l’armée, vaut bien le superlatif de generalis (Golius, p. 274, dyischi); la permutation du v en g est trèsfréquente, comme nous l'avons fait observer ailleurs (1): Vascons et Gascons, varde et garde, war, wait, waiter, chez les Anglais, pour guerre, quet, quetteur, etc. ; le Bullettino, etc., de février 1871, p. 51, nous offre Guittulonis pour Vatellionis (Watelo).
Est-il nécessaire de justifier les étymologies d’estafette (huitième forme de safa : agihs ac velox fuit), d’estrapade, estrabad : campus stragis (champ d’exécution); d’estacade, estacad : accumulatus arenæ tractus, etc. (2)?
Si l’on pouvait refaire l’histoire des grandes compagnies qui désolèrent la France du XIIe au XVe siècle, c’est-à-dire pendant toute la durée des croisades, et qui servirent de noyau à nos armées permanentes à partir du règne de Charles VIT, on aurait l'explication de bien des termes de guerre qui s’introduisirent alors dans notre langue.
Comme l’a fort bien remarqué Heeren dans son Essai sur l'influence des Croisades (5), nos relations avec l'Orient amenèrent de grands changements politiques et commerciaux, répandirent partout des connaissances
(1) Sur l'origine de nos chiffres, p. 8. — Œuvres de Gerbert, publiées par M. Olleris, p. 581.
(2) Golius, p. 931, 1184, 1615.
(3) Traduction de Charles Villers, Paris, 1808.
ES
nouvelles, modifièrent les usages, les mœurs, la langue et les idées. Les noms de famille parurent, les armoiries se multiplièrent ; la variété et l’éclat des couleurs étaient une des grandes préoccupations de saint Louis pendant son long séjour en Palestine. Quel brillant tableau ne nous a-t-on pas tracé de la magnificence de Saladin (Selah-ed-din, la sainteté de la religion) et de ses rapports avec Philippe-Auguste et Richard-Cœur-de-Lion ! Saint Louis avait toujours des ornements de couleur et en prenait un soin particulier (1). N’est-ce pas aux
Arabes que nous devons certaines étoffes et certaines
nuances : les cachemires de l’Inde, les mousselines, le maroquin, la moire (mohair), le coton (2) et la ouate qui ne vient pas d’oie, à coup sûr; le molequin ou moresquin, dont les Anglais ont fait moleskine (peau de taupe), le gris de More, l’azur d'outre-mer, etc. ?
On comprend que chaque mot pourrait devenir l’objet d'une dissertation intéressante, et que, malgré les grands travaux des derniers siècles, nous sommes encore fort ignorants de bien des époques de notre histoire et des origines si variées de notre langue; c’est là un desideratum considérable qu’il était utile de signaler.
(1) Dictionnaire de Trévoux, t. If,.p. 962.
(2) 14., t. If, p. 947: Nicod dit que les Arabes l’appellent cofum
ou bombazum, d’où on a fait colon et mombazin ; l’'Arabe dit aussi
alcoton.
None CT. IL, p. 14.)