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III. — EXTENSION DE L'ART ARABE

Influence de l'art arabe en pays chrétiens. — Le style « mudejar » en Espagne. — L'architecture Sicîîlo-Normande : Palerme et Monreale '. — L'influence de cet art séduisant se fît sentir en pays chrétiens et on en trouverait des traces dans la France méridionale. En Espagne, il se forma de son alliage avec les ffyrmes du Gothique (parties de l'Alcazar de Séville construit^ au xiv^ siècle) et même de la Renaissance [Casa de Pilatos â Séville) un style appelé « mudejar ». En Sicile, la fusion du style arabe avec le style byzantin qui avait précédé et le style roman français apporté par les conquérants normands fit naître une des plus splendides et des plus originales « combinaisons d'art » qui aient jamais été réalisées. L'art siculo-normand à sa date, fut, comme l'a dit Renan, le premier du monde. Le centre en est Palerme. « Des églises romanes étincelantes de mosaïques et traitées, dans le détail, selon les habitudes arabes et byzantines; des cathédrales historiées de bas en haut comme des pages d'une bible resplendissante; des basiliques latines couronnées de coupoles orientales ; des chapelles chrétiennes bâties sur des plans de mosquées; Sainte-Sophie et la Mosquée d'Omar s'associant à Saint- Etienne de Caen : voilà ce que la Sicile du xii^ siècle a rêvé et réalisé )> (Diehl). Ce cachet arabe très apparent dans les constructions les plus voisines de l'expulsion des Sarrazins (S. Cataldo, S. Giov. degli Eremitani) et dans les monuments profanes — (le palais à Palerme (1134-66) où le roi Roger II rivalise avec le luxe de Byzance, la Ziza de Guillaume P'' (1154-66) et la Cuba de Guillaume II (1166-87) — est plus enveloppé dans les merveilles de l'église delà Martorana (1147) et de la chapelle palatine (1132), « une des perles de l'art »; et, quoique les architectes tendent alors à se dégager de plus en plus des influences orientales, il est sensible encore à la o.alhédrale de Cefalù et dans cet ensemble d'édifices religieux (cathédrale, bâtiments abbatiaux, etc.), qui ont fait appeler

1. Hittorf et Zanlh, Monuments modtrnes d« la Sicile. Diehl, Syracuse et Palerme.

Monreale l'Alhambra de la Sicile. L'influence arabe déborda sur l'Italie méridionale. Elle se retrouve à Amalfi et à Salerne (cathédrales) et plus encore à Ravello (Palais RufFalo).

L'art arabe en Asie. — Il est plus naturel de voir l'art arabe se répandre avec l'islamisme lui-même; mais en se répandant il se diversifie, suivant les pays et les races. Deux écoles surtout constituent deux arts distincts : l'art musulman persan, l'art musulman hiadou.

L'art musulman persan unit l'art arabe à l'art sassanide. — A l'art musulman persan se rattache tout l'art musulman de l'Asie centrale, avec la richesse et le nombre prodigieux des mosquées et des palais de Bokara^ de Meched, de Samarcande, qui compta jusqu'à 400 mosquées avec bibliothèques, écoles et hospices. Dans l'art, les Persans, quoique soumis à la loi du prophète, ont conservé, comme dans la littérature, comme dans la religion elle-même, des traits qui les distinguent profondément des autres musulmaus. Ils ont persisté à représenter la figure humaine, lorsque les Sonnites l'avaient absolument proscrite de leurs décorations. Tamerlan avait formé, dit-on, un musée à Samarcande, où l'on admirait surtout les œuvres du peintre Adalhy de Bagdad, Le rigorisme des vrais croyants prenait parfois sa revanche. Chardin vit en Perse beaucoup de portraits auxquels on avait enlevé l'œil gauche : on pensait respecter ainsi la loi,, car on ne conservait que des images inexactes de la réalité. Néanmoins dans le moyen âge, comme dans les temps modernes, les Persans se sont montrés bien moins rebelles à l'influence des peuples européens. Ils se rattachent comme eux à la race aryenne et ont conservé à travers les siècles la fierté de cette origine, telle que l'exprimait D.arius lui-même dans ses inscriptions. On trouve en Perse, à partir du xvi« siècle, des œuvres qui dénotent, à n'en pas douter, l'influence italienne. Deux siècles plus tard on y imitait le style Pompadour. D'autre part, la céramique persane, au xiii^ siècle, a eu une influence marquée sur la fabrication des majoliques italiennes. Les Persans aiment plus que les autres musulmans la simplicité, les grandes lignes, la logique. L'on reconnaît dans leurs mosquées les éléments de l'architecture sassanide : plus d'élévation générale que dans les mosquées arabes, — un beaucoup plus

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