‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 168 sur 424 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

RENAISSANCE DU XI® SIÈCLE. — ORIGINE, FORMA- TION, CARACTÈRE DE l'aRT ROMAN*.

Le XI' siècle. — La société. Féodalité, Ég-Iise, Cberalerie. — Architecture. Supériorité de la France. — L'art roman. — Plan général d'une église romane. — Problème de la voûte. — Les incendies des Normands. La voûte appliquée au plan basili ;al. Contreforts, arcs-doubleaux. — Les bas côtés. Eclairage des nefs. — Influence byzantine. Coupole. Saint-Front de Périgueux. Imitation du Saint- Sépulcre. — Les clochers. Variété de l'art roman. Richesse de rornementation. La querelle de saint Bernard et de Suger. — Construction des monuments romans. La foi. L'art roman est surtout monastique. — Les abbayes. Cluny. Le Mont-Gassin. Importance donnée à l'étude de l'architecture. Les pèlerinages. Les ouvriers et les directeurs de travaux.

Le onzième siècle. La société. Féodalité, Église, Chevalerie. — Avec le xi® siècle commence une nouvelle renaissance. A cette date, un monde nouveau s'est constitué. Les invasions sont enfin terminées. La féodalité est complètement établie; elle a formé entre toutes les classes de la société des liens étroits et l'a enfermée dans un cadre régulier qui résiste dans son ensemble aux violences particulières dont cette époque est encore trop pleine. Au pied de l'habitation seigneuriale qui s'agrandit et devient

1. Viollet-le-Duc, Dictionn. de l'arch. franc, du xi* au xvi' s, ; Dictionn, du Mobilier français ; JJist. d'une cathédrale, d'un hôtel de ville, d'un château. — Quicherat, Mélanges d'archéologie du moyen âge. — Anth. Saint-Paul, Hist. moniim. de la France.

— Darcel, le Mouvement archéol. relatif au moyen âge {Gaz. des B.-A., 1873). — Corroyer, Archit. romane, — Baron Taylor, Voyage pittoresque dans l'ancienne France, — Roy, l'An mille, — De Caumont, Cours d'antiquités monumentales. — Révoil, Archit. romane du midi de la France, — Alb. Lenoir, Archit, monastique.

— Gailhabaud, Monuments anciens et modernes. — Dehio et Bezold, Die kirchlieke Baufiunst des Abendlandes. — Brutails, l'Archéologie du moyen âge et ses méthodes. — Batissier, Art monumental. — Enlarl, Manuel d'archéologie du moyen âge.

moins exclusivement une forteresse ; autour de l'ancien sanctuaire réparé ou reconstruit, se sont groupées des populations qui commencent à respirer après tant d'épreuves. L'Eglise chrétienne, qui est restée debout au milieu de ces révolutions, a vu son influence grandir dans les malheurs mêmes. Elle a été la consolation et le refuge. Malgré une organisation sociale essentiellement morcelée et où tout dépend de l'hérédité, elle garde toujours le goût de l'unité et de la centralisation. Ses plus hautes dignités sont ouvertes à tous; elle continue sur ce point la tradition romaine. La chevalerie, qui joint bientôt un caractère religieux à son caractère féodal et militaire, est aussi une institution indépendante du territoire et s'étendant à toute la chrétienté. Elle sera comme l'Eglise, et d'une manière différente, un instrument d'union morale entre les diverses parties de la société : elle adoucira les mœurs, comme elle élèvera les sentiments, et, en répandant le goût de l'élégance et de la délicatesse, elle aura sur l'art une action qui ne tardera pas à se faire sentir, moins grande, sans doute, que sur la poésie, mais cependant très appréciable. Plus tard à ces diverses forces : Eglise, chevalerie, seigneurie féodale, s'ajoutera le grand mouvement communal, qui contribuera aussi, pour une boàie part, à ce développement artistique. Rien ne peut mieux faire comprendre le moyen âge que la vue d'une cathédrale et d'une abbaye, d'un château et d'un hôtel de ville.

Architecture. — Supériorité de la France. — Les panégyristes de ce temps encore si discuté ont fait tort à leur cause en demandant la même admiration pour toutes ses ma- "] nifestations intellectuelles. Ce n'est pas dans ses poèmes chevaleresques, quelque mérite qu'ils aient d'ailleurs, que le moyen âge a donné sa mesure. La Chanson de Roland est bien loin de Y Iliade; mais nos cathédrales n'ont à redouter aucune comparaison. Ces poèmes de pierre, grandioses et

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