‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 186 sur 424 · L'opinioD contraire est soutenue r>a'' Quicherat · texte numérisé non relu

L'opinioD contraire est soutenue r>a'' Quicherat

riaux, les voûtes en plein cintre se rompaient ou tendaient à se rompre en trois points, toujours les mêmes : 1° à la clef, c'est-à-dire au voussoir du sommet de l'arc; 2^ aux deux reins de l'arc, c'est-à-dire à l'extrémité de chaque quart de cercle, à gauche et à droite de la clef. Pour empêcher la ciel de s'abaisser, on songea à la surélever ; pour que les arcs de cercle ne se brisassent pas aux leins, on songea à les redresser, ce qui était d'ailleurs la conséquence de la première transformation, et l'on eut ainsi une voûte formée non d'une courbe unique, mais de <leux arcs de cercle se coupant à son sommet, à la clef. De ce perfectionnement de construction le génie Imaginatif des artistes tira d'admirables développements esthétiques. Cependant on voit que l'art ogival a non seulement succédé à l'art roman, mais est sorti de lui. Cela est facile à saisir par l'aspect que prend successivement l'ogive. Dans les premiers monuments élevés d'après le nouveau style, le plein cintre est à peine brisé. L'ogive (on se sert de ce mot faute d'autre) est obtuse ou mousse (xii® siècle, style de transition), et ce n'est que par gradation qu'elle prend sa forme élancée.

Il ne faut pas croire cependant que l'arc brisé soit exclusif au style gothique ni qu'il suffise à le constituer. Il y a des exemples d'arc brisé dans l'art sassanide. Il y en a dans l'art arabe même avant les croisades, par conséquent avant que les musulmans aient pu l'emprunter aux Occidentaux. Il est bon de faire cette remarque. Car les monuments élevés par le royaume de Jérusalem et les principautés chrétiennes de Syrie ont eu certainement leur action sur l'art arabe. Mais dans l'art arabe l'ogive n'est guère qu'une variété ornementale. On trouve enfin l'ogive dans les monuments romans eux-mêmes , et elle y est bien employée, non comme un ornement, mais comme un procédé de construction. D'autre part on trouve le plein cintre dans les monuments gothiques, monuments de la première période sans doute, mais déjà complètement gothiques.

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