‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 187 sur 424 · L'ARC BRISÉ. — L'ARG-BOUTANT · texte numérisé non relu

L'ARC BRISÉ. — L'ARG-BOUTANT

L'arc-boutant. — Il y avait un second problème dont les architectes recherchaient depuis longtemps la solution : c'était de pouvoir éclairer largement et directement la grande nef en allégeant les murs qui en soutenaient la voûte. C'est ce qui conduisit àl'invention de l'arc-boutant, dont on trouverait des exemples dans les monuments romans les j)lus récents (Cluny), et qui avait été préparée ^ar l'emploi des demi-berceaux pour couvrir \os galeries supérieures des bas côtis. comme on le voit à Saint-Paul

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d'Issoire. Les contreforts appuyant le mur extérieur de l'édifice, et placés en général aux points corresj)ondant aux divisions des travées, furent prolongés en exhaussement au-dessus du mur et furent reliés à la naissance de la voûte centrale par des arcs en maçonnerie qui vinrent contre-buter cette voûte et recevoir sa ])oussée. Dès lors on peut donner à cette voûte encore plus d'ampleur et d'élévation, on peut surtout diminue, l'épaisseur dee murs qui la soutiennent, les percer de larges ouvertures. Tout l'aspect de l'édifice est changé; il prend une admirable hardiesse, se remplit de lumière, s'élance d^na le» airs K L'emploi de la voûte d'arête est généralisé.

1. Remarquons cependant que l'arc-boutant n'est pas indispensable à un monument ogival. Il n'y trouve sa place que lorsque l'édifice a plusieura

L'art ogival est un art français. — Ainsi était créée une forme architecturale qui, sans parler de ses chefsd'œuvre dans rarcliitccture civile, donna à l'art religieux l'expression la j)lus haute qu'il ait jamais présentée dans aucun temps, dans aucun culte. Or cette gloire est particulièrement française, et le véritable nom qu'on devrait donner à l'art ogival, c'est celui d'art français. Sans nieila part des influences étrangères, on ne discute plus sélieusement la question. Ce n'est ni d'Orient, ni d'Allemagne que l'art ogival est venu chez nous, c'est nous qui l'y avons porté. C'est en France qu'il est né, autour de Paris et en Normandie* ; cela suffirait à placer la France dans l'histoire de l'art au premier rang. Toutes les églises ogivales de l'étranger sont postérieures aux premières églises ogivales \t"ançaises; le plus souvent elles ont été élevées par des artistes français ou à l'imitation d'églises françaises. Nous avons sur ce point le témoignage des contemporains en Allemagne même. Ce nouveau système de construction y est appelé système français (opus franclgenum). Les Anglais ont pu avec plus de vraisemblance nous disputer la priorité. Il est certain qu'ils ont eu des églises gothiques presque en même temps que nous. Mais l'Angleterre était alors gouvernée par une dynastie française, et la civilisation y était française. Le gouvernement anglais n'était en somme qu'une colonie de Normands et d'Angevins. Il est certain que ce sont des architectes de la Normandie, de l'Ile-de-France ou de l'Anjou qui, sous la direction d'abbés pour la plupart normands, ont élevé les premièics églises gothiques de la Grande-Bretagne.

En Angleterre, comme en France et en Allemagne, l'art gothique se distingue de l'art roman non seulemeni

nefs. Des chefs-d'œuvre en sont dépourvus. Il f uffit de rappeler la Sainte- Chapelle. Les arcs-boutants n'y avaient pas leur raison d'être, puisqu'il n'y a qu'une seule nef. A Coutances ils ont été dissimulés dans les chapelles latérales. 1. Quelques architectes, entre autres M. Corroyer, lui donnent pour bar- «•a« les bords de la Loire, et principalement l'Anjou.

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