Mot qui signifie « aiguille
2a L'ART EGYPTIEN
et qui nous n été donné par Méhémet-Ali, ne mesure que
22 mètres.
Uue fois les pylônes franchis, on entrait dans l'enceinte, et l'architecte avait ménagé une gradation savante dans la série des constructions que le visiteur ou le fidèle devait parcourir : de la lumière éclatante, dans des cours à ciel ouvert, on passait à des pièces de plus en plus sombres, jusqu'au sanctuaire, qui restait dans une ombre mystérieuse. Le temple était en général précédé d'une allée bordée de sphinx colossaux.
Ruines de Thèbes : la salle hypostyle. — On peut se
faire une idée de ce que devait être la puissance de cette architecture,*par les ruines de Thèbes, les plus grandioses du monde. Lorsque les soldats de Desaix qui faisaient la conquête de la Haute Egypte, se trouvèrent en présence de ces merveilleuses ruines, — malgré les privations, les fatigues, les dangers de toute sorte qu'ils venaient de traverser et la pensée de ceux qui les attendaient encore, ils furent saisis d'une émotion profonde. Un grand silence se fit dans les rangs ; puis toute la petite armée éclata en applaudissements, comme si ces vestiges eussent été le but de tant de glorieux travaux et s'ils avaient complété la conquête. Là se trouve entre autres la salle hypostyle ou salle des colonnes de Karnac, une des plus grandes qui existent: rectangle de 50 mètres sur 103, dont les colonnes centrales ont 23 mètres de hauteur. Il est impossible, dit un archéologue moderne, de rendre l'impression que l'on éprouve quand on entre pour la première fois dans cette forêt de colonnes et qu'on s'y promène de rang en rang, entre ces grandes figures de dieux et de rois qui les couvrent. Ce monument, élevé par Séti I^"", fut complété par son fils Ramsès II (Sésostris), qui poussa peut-être plus loin qu'aucun de ses prédécesseurs la passion des grandes constructions. C'est à lui que l'on doit le temple d'ipsamboul.
Les hypogées : Ipsamboul. — Extension de l'art égyp-
Peyre. — Hist. des B.-Ârls.
tien. — Dans l'empire thébain, les pyramides furent remplacées pour les tombeaux par des hypogées, c'est-à-dire par des constructions souterraines, et par des grottes artificielles creusées dans le rocher (telles qu'on les voit à Siout, Beni-Hassan, Biban-el-Molouk près de Syène, etc.).
Les deux temples d'Ipsamboul présentent, comme bien d'autres temples en Egypte, une disposition analogue. Sésostris les fit tailler et creuser dans le roc à côté de la deuxième cataracte, pour célébrer ses victoires sur les Nubiens et les Éthiopiens. Les quatre salles du monument ont une profondeur de plus de 60 m. Sur la façade on a sculpté de nombreuses statues, entre autres 4 colosses assis de 20 m. de haut; l'oreille a 1 m. 50. Environ huit siècles plus tard, les mercenaires grecs, phéniciens, syriens, du roi Psammétique, gravaient grossièrement leur nom avec la pointe de leurs armes sur la jambe d'un de ces colosses, en indiquantpourquoi ils étaient venus jusque-là.
On rencontre encore des monuments égyptiens plus loin dans le sud. Thoutmès III, qui régnait cent cinquante ans avant Sésostris, et dont on a trouvé des inscriptions à Cherchell en Algérie, porta l'art égyptien jusqu'à la troisième cataracte; son troisième successeur, Amenhotep III (Aménophis), construisit à Djebel-Barkal, près de la quatrième cataracte, un temple dont les avenues sont bordées de sphinx en forme de béliers accroupis.
Architecture civile; travaux publics; le canal des deux mers. — Dans l'architecture civile et militaire, les architectes et les ingénieurs égyptiens déployaient un égal talent comme le montrent le plan du palais d'Aï dans les hypogées de Tell-el-Amarna et les ruines des forteresses d'Avaris et de Semneh, celle-ci rappelant le a krak » élevé par les chevaliers de Saint-Jean en Syrie, (v. p. 352). Aucun peuple de l'antiquité, même les Romains, n'a fait de travaux d'utilité publique plus importants. Il suffit de rappeler que dès le temps