L'ORFEVRERIE AU MOYEN AGE
soit qu'ils représentent des scènes de mœurs dans les surtouts de table, soit que, dans les châsses des saints, ils dépassent en délicatesses les fines sculptures des < athé-
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Fig. 197. — Armoire de la cathéd/ale de Noyori.
drales. On a conservé les noms de Bo/inard, qui fît en 1212 la châsse de sainte Geneviève ; de Raoul, lorfèvre favori de Louis IX et de Pliilippe III.
Les reliquaires, les châsses. — C'est principalemenj
dans les reliquaires et les châsses que les orfèvres déployaient tous leurs talents et ne se refusaient aucun luxe. Nous ne comprenons pas bien aujourd'hui les sentiments que les populations d'alors attachaient à ces souvenirs. Ce n'était pas la seule piété , mais aussi le patriotisme local qui donnait du prix à de pareils restes. On était fier de les posséder. C'était souvent aussi le souvenir toujours présent d'hommes qui avaient consolé et civilisé les ancêtres mêmes de ceux qui gardaient leur dépouille. Dans un temps où les pays étaient morcelés et désolés par les guerres privées, les saints groupaient autour de leur nom, dans une pensée commune d'admiration et de reconnaissance, des associations humaines bien plus étendues que celles qu'avait formées la politique. Quels souverains, quels conquérants ont eu sur leur temps l'influence d'un saint François d'Assise et d'un saint Bernard?
Le travail du fer. Le meuble. — C'est aussi pour les églises que les forgerons, qui pnr le talent étaient souvent de véritables orfèvres, employaient le meilleur de leurs efforts ; il en est de même des ouvriers qu'on appela plus tard des ébénistes; c'est bien plus pour les stalles et les retables des églises que pour les bahuts ou les coffres qu'ils déployaient leur imagination et leur habileté. Le luxe de l'ameublement ne devait se développer qu'au siècle suivant. Mais l'armoire à peintures de Noyon, le coffre avec ornements en fer du musée Carnavalet, les stalles de Saint-Andoche de Chaulieu, les stalles de l'église de Xanten (duché de Clèves), nous montrent que les ébénistes du xiii« siècle, soit allemands, soit français, n'étaient pas indignes des autres ouvriers d'art de leur temps.
Tapisserie. — La tenture de Bayeux. — La tapisserie, dès le XII® siècle, avait produit des œuvres importantes, comme les tentures d'Halberstadt et la fameuse tenture de Bayeux, attribuée sans preuve à la reine Mathilde, œuvre très intéressante, mais encore bien barbare, oii fut représentée en broderie la conquête de l'Angleterre par