‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 215 sur 424 · LES VITRAUX 37J · texte numérisé non relu

LES VITRAUX 37J

diis de ses panneaux des scènes caractéristiques de leur métier. Les morceaux de verre découpés et réunis par des plombs à doubles rainures n'étaient pas de la même épaisseur, ce qui rendait l'assemblage beaucoup plus dif-

Fig. 199. — Vitrail de Chartres

ficile, mais augmentait la vivacité et l'harmonie des feux par des colorations plus variées.

La verrerie. — Venise. — L'œuvre des peintres verriers est facilitée par les progrès de la fabrication du verre en Occident; les verriers français avaient de la réputation ; mais à partir du xlu^ siècle, à la suite de la quatrième croisade, Venise attira chez elle des ouvriers del'Orient, où cette industrie était encore en pleine prospé-

lité, et la verrerie y prit un tel dévelop|)ement que, par crainte d'incendie, une ordonnance du 8 mars 1291 relégua toutes les fabriques à Murano. Une ordonnance du

Fig. 200. — Châsse de sainte Valére et de saint Martial, à émaux de Limoges (de la coliection Basilewski.)

11 août 1292 permit cependant d'élablir à Venise des fours de petites dimensions.

La mosaïque, son éclat au treizième siècle. — Rome. Venise. — Sicile. — Les progrès dans la verrerie favorisèrent aussi l'art des mosaïstes, qui n'avait jamais été abandonné en Occident, mais qui eut, dès le xn* siècle,

LA MOSAÏQUE. — TORRITI 377

une véritable renaissance. La mosaïque que le pape Inno cent II (1120-1155) fit exécuter à Santa-Maria da Transtevere à Rome, dans une ville où, depuis le ix" siècle, aucun travail de ce genre n'avait été fait, ouvrit, dit M. Gerspach, l'ère la plus mémorable de l'histoire de la mosaïque. La mosaïque prend aussi en Sicile un essor remarquable féglises de Monreale, de Sainte-Marie-del'Amiral, à Palerme). Les mosaïstes vénitiens ne veulent pas rester en arrière; ils exécutent la grande mosaïque de Torcello et continuent avec plus d'activité les travaux de Saint-Marc, commencés dès le x' siècle. Au xiii^ siècle le progrès continuait à s'affirmer comme le montrent également les mosaïques de Saint-Marc et surtout les mosaïques romaines que le pape Innocent III fait exécuter à Saint-Pierre, ainsi que Nicolas V à Saint-Jean de Latran par Jacopo Torrld, véritable maître en ce genre. Les progrès de la mosaïque ont préparé ceux de la peinture; Jacopo Torriti, plus que Cimabue, annonce Giotto, premier fondateur de l'art moderne.

Grandeur de l'art ogival. — C'est sur le nom de ce grand génie que nous aimons à terminer la revue trop sommaire des gloires artistiques d'un siècle qui n'a peutêtre pas eu la place qu'il mérite dans l'admiration des hommes. « En portant Tart ogival à son apogée, le xiii* siècle, dit H. Martin, a donné à la pensée religieuse la forme la plus solennelle qu'elle ait jamais revêtue depuis l'origine des cultes. Il a embelli la surface de la terre par des créations qui éveilleront le sentiment de l'idéal et les plus saintes émotions dans l'âme de nos derniers neveux. Une église gothique constitue un ensemble de poésie et d'art incomparable. » Tandis que dans Tarchitecturj grecque tout était exact, parfait même dans les chefsd'œuvre, mais limité, a le plus pauvre monument françaii du moyen âge éveille la pensée de l'infini, et, comme le dit Viollet-le-Duc, fait rêver même un ignorant ».

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pjr, 2o'2. — Bas-relief de Nauni di Banco. (A Or San Michèle, Florence).

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