PROTECTEURS DES ARTS. — FLORE.NCE
La séparation entre les classes de la société esi ruoinb iiiarquée en Italie que dans les autres pays de l'Europe, où hi féo-
Fig. ^04. — Eglisi' do JfauUc-àlarie-des-Fleurs de Floreuce, avec la nouvelle façade et le campanile.
dalité domine davantage et persiste plus longtemps. D'ailleurs cette inégalité, que consacre l'organisation politique, n'empêche pas que, même à la fin du moyen âge, il n'y ait entre nobles et roturiers, pour les mœurs, les goûts et les idées, moins de dif-
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férence peut-être que n'en met aujourd'hui l'éducation entre les citoyens jouissant des mêmes droits. L'art est considéré comme un des grands intérêts de l'Etat, non seulement par les chefs des gouvernements, mais par la cité tout entière. Ces senlimeats se montrent surtout à Florence, où l'art accomplira ses progrès décisifs et marquera ses principales époques. C'est surtout à Florence que l'apparition d'une œuvre d'art est considérée comme un événement social. Lorsque André de Pise eut achevé la première porte du Baptistère, la seigneurie alla la visiter en grande pompe, accompagnée des ambassadeurs étrangers et de tous les personnages considérables de la République. L'art est de toutes les fêtes, et Ton sait comme elles étaient nombreuses et aimées chez ce peuple libre, gai, organisé en corporation et vivant sous un beau climat. L'art est chargé de consacrer les grands événements de la cité. Lorsque Gauthier de Brienne, duc d'Athènes, le même qui devint connétable de France et fut tué à Poitiers, eut été chassé par les Florentins irrités de sa tyrannie, Tomaso, surnommé il Giottino, fut chargé de perpétuer par un tableau satirique le souvenir de ses crimes et de sa défaite (1343). Ce tableau, qui se trouvait encore au ivin* siècle au Palais Vieux, a disparu ; mais on voit à Florence, via Ghibellina, n° 83, oubliée sur un vieux mur, une fresque fort détériorée, représentant l'expulsion du duc d'Athènes. Le centre du tableau est occupé par la figure de la Vierge, à la protection de laquelle les Florentins attribuent le prompt succès de leur insurrection. Opposer l'infériorité morale de l'Italie à sa supériorité intellectuelle est un lieu commun dont M. Mûntz semble avoir fait justice, du moins pour la période de la Renaissance proprement dite et jusqu'aux premières années du xvi^ siècle. Le xiv^ et le xv" • siècle valent peut-être mieux au point de vue moral en Italie qu'ailleurs. Il suffit de rappeler les violences de la guerre de Cent ans et de la guerre des Deux-Roses, les guerres civiles de l'Allemagne, la lutte de Louis XI et de Charles le Téméraire. Il ne semble pas plus exact de représenter l'Italie du xv*5 siècle comme dominée par le scepticisme, et d'opposer son irréligion aux sentiments de foi conservés dans les pays voisins, a Pour s'être réconciliée avec les joies de la vie, l'Italie H-'a pas entendu renoncer à des aspirations plus Lautes. »