SAINTE-MARIE-NOUVELLE. — CAMPO-SANTO
de l'art antique, cette vive et simple éloquence des attitudes, des visages et des draperies. » Elles sont restées une source d'inspiration et d'étude jusqu'à nos jours, comme en témoignent Overbeck et Flandrin. Giotto a le premier substitué au fond d'or le ciel bleu et le paysage; un des premiers aussi il a fait de véritables portraits; on peut voir à demi elfacées sur les murs du palais du Podestat de Florence les figures de Charles de Valois, de Corso Donati, de Brunetto Latini, de Dante et de Giotto lui-même.
Contemporains et successeurs de Giotto. Les Lorenzetti ; les Orcagna. — Sainte-Marie-Nouvelle. Campo- Santo de Pise. — Influence de la littérature. — La supériorité de Giotto était telle que, malgré la passion el le talent avec lesquels la peinture est cultivée, il faut attendre un siècle poui constater un nouveau progrès Yrairaent décisif.
Ce n'est pas à dire que les œuvres considérables et intéressantes, que les noms dignes d'être rappelés, manquent à cette période. Citons Taddeo Gaddi, qui négligea trop la peinture pour le commerce et la banque; Stefano, petit-fils de Giotto; et Giottino, fils de Stefano ; les deux ir ères Andréa et Bernardo Orcagna ( env. 1308-1368), à qui on attribue le Paradis et VEnfer de S. Maria-Novella. Sienne a aussi alors des artistes remarquables : Simone di Martino (1285-1345) célébré par Pétrarque et qui exécuta à Avignon de grands travaux, dont une bien petite partie a échappé à l'incurie et au vandalisme; les deux frères Pietro et Ainb. Lorenzetti qui ont surtout travaillé dans leur patrie où Ambrogio a peint (1337- 1343), dans le paiais public, les allégories représentant la Commune de Sienne, le Bon et le Mauvais Gouvernement. Mais les oeuvres les plus considérables de ce temps sont la chapelle des Espagnols à S. Maria-Novella, œuvre anonyme, la chapelle St-Georges par Jac. d'Avanzo et Altichieri à Padoue, et la première série des peintures du Campo-Santo de Pise. On y voit les
qui manque aux artistes de la grande Renaissance, notamment Raphatil et Corrège. (Divers sujet» de VArena, les Oiseaux prêches par saint François au Louvre.)
Pères du désert de Pietro Lorenzetti , la Vie de saint Banieri d'Antonio Vencziano, l'Histoire de Job de Francesco da Volterra, les épisodes de la Vie de saint Pothin et de saint Ephése de Spinello Spinelli (1318-1410); et surtout les œuvres attribuées soit aux frères Orcagna^ soit aux Lorenzetti ; le Triomphe de la mort, où les scènes les plus gracieuses se mêlent aux effets tragiques ; le Jugement dernier, composition d'une originalité puissante, qui s'imposera à l'imitation de Michel- Ange lui-même. Les peintures du Campo-Santo nous montrent combien les artistes italiens étaient pénétrés des idées et des passions de leur temps ; nous y constatons l'unioa intime d'inspiration qui reliait alors les arts à la littérature; nous y saisissons l'influence de Dante, de Pétrarque et même des brillants conteurs leurs contemporains. Sans parler desscènes infernales qui rappellent la Divine Comédie, le Triomphe de la Mort est le sujet d'un poème de Pétrarque *. C'est là une ressemblance de plus entre l'Italie de la Renaissance et la Grèce de Périclès. Danfe, qui par l'inspiration sinon par le style regarde plus souvent du côté du moyen âge que ver» les temps nouveaux, fera sentir son action jusque sur Michel- Ange. Il a été probablement le collaborateur de Giotto dans la composition des allégories de VArena. C'est au Campo- Santo qu'on peut le mieux suivre les acquisitions que fait la peinture italienne au xiv» siècle dans la voie ouverte par Giotto, ainsi que les dangers qui la menacent à la fin de cette période.
L'école giottesque, malgré l'imagination qu'elle avait déployée, et en raison de cela même s'abandonnant trop à s» facilité, produisant trop et trop vite, commençait à s'épuiser dans la répétition banale des mêmes formes, lorsque parut un groupe d'artistes convaincus qui, « moins prompte à produire, mais plus soucieux d'exactitude, se remirent avec plus d'attention et de persévérance à l'étude de ia nature et de la vie. » (Lafenestre.) A la tête de et groupe de naturalistes se plaça Masaccio.
1. Les autres Triomphes du poète ont aussi inspiré les artistes. Sur le goût de^ Dante pour les arts, v. Purgatoire, x. Le Pétrarque de E. Muntz et du p Inced'Essling. reproduit un croauis de la Fontaine de Vaucluse par l'amant de Laure..