‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 224 sur 424 · ANTIQUITÉ. — ANATOMIE. — SCULPTURE · texte numérisé non relu

ANTIQUITÉ. — ANATOMIE. — SCULPTURE

Passion croissante pour l'antiquité. — Les progrès que la peinture allait réaliser grâce à lui avaient été préparés par les progrès antérieurs de la sculpture. La sculpture avait profité plus que les autres arts de létude de l'antiquité, qui devient une passion surtout à partir du xv^ siècle. Les lettrés prennent des noms païens, et bientôt ne seront pas loin de rendre une sorte de culte aux divinités •de l'Olympe. Les princes se disputent les manuscrits comme une province, et le roi de Naples Alphonse le Magnanime, vainqueur de Florence, se fait céder, par un article du traité signé avec la république, les œuvres de Tite-Live. On place les statues des Pline par T. et J. Rodari des deux côtés du portail de la cathédrale de Gôme (1498.) Le sol delltalie, fouillé avec plus d'ardeur, rend des richesses nouvelles, et chaque découverte est un événement. Le récit de San-Guliano nous dit avec quelle émotion fut accueillie la mise au jour du groupe du Laocoon le 14 janvier 1506, lorsque l'on y reconnut le groupe décrit par Pline*. La sculpture devait profiter aussi, plus encore que la peinture , du renouvellement des études anatomiques , qui remontent également au xv® siècle.

Sculpture ^ — André de Pise. — Pise avait dalDrd conservé la supériorité qu'elle avait affirmée au début du xiii^ siècle. André de Pise est chargé d'exécuter les portes O. et S\ du Baptistère de Florence (1330). Ces portes, composées de petits médaillons séparés, sont dune composition simple et souvent très heureuse; mais le sentiment de l'art monumental y manque. Il se retrouve au contraire dans les mausolées franchement gothiques et d'un aspect saisissant des Scali^er à Vérone (1277-13651.

Ghiberti, Donatello, Brunellesco et leurs contemporains. Les Délia Robia. — Au siècle suivant, à la suite d un concours auquel prirent part tous les grands sculpteurs

1. Klaczco, Rome et la Renaissance (R. des Deux Mondes, i** mars 1783),

2. Perkins, Hist. de la se. italienne. M. Reymond, Hist, de la se. florentine.

de l'Italie (1403), Lorenzo Ghlherti fut chargé par ses rivaux eux-mêmes d'exécuter les portes N. et E. du Baptistère de Florence. Lorenzo (1381-1455) n'avait que vingtdeux ans. Par la science, la distinction des formes, la richesse de l'imagination, le talent de la composition, et par l'exécution, « d'un fini précieux et inimitable », comme

dit Vasari, elles ont mérité que Michel-Ange les trouvât dignes d'être les portes du paradis. Mais ce sont trop des œuvres d'orfèvrerie. Dans ses panneaux représentant des traits de l'Ecriture, Ghiberli a voulu lutter, ill'a dit lui-même, avec les peintres, faisant pour cela une étude patiente de la perspective. Il les a même devancés à certains égards.

De là une surcharge qui continue les bas-reliefs trop compliqués du moyen âge. Sans doute la sculpture moderne peut dater de cette œuvre éminente; mais Z>onafe^/o(1383-1466) a un talent plus énergique, plus sculptural. Passionné pour les formes bien caractérisées, il n'hésite pas à sacrifier la beauté au caractère, et il est un naturaliste décidé, comme le montrent son Si Jean-Baptiste et sa statue du Zuccone^ou V homme chauve (portrait du Pogge), qui était de toutes ses œuvres celle qu'il préférait II a fait aussi à Florence le St Georges d'Orsan-Michele, commandé par la corporation des armuriers, %XV Annonciation de S.Groce; à Padoue, la statue équestre des Gattamelata et les bas-reliefs de bronze du maîtreautel de Saint-Antoine, autant de chefs-d'œuvre prouvant

Fig. 2'>d. — Donalello. — Le Zuccone.

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