‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 225 sur 424 · GHIBERTI. — DONATELLO. — DELLA ROBBIA · texte numérisé non relu

GHIBERTI. — DONATELLO. — DELLA ROBBIA

qu'il sait allier la force à la noblesse et même, lorsqu'il veut, à la grâce. Ses contemporains ou ses successeurs vont presque tous entrer dans la voie qu'il a ouverte. Jacopo délia Quercia (1378-1438) sculpte la fontaine de Sienne appelée la gaia ou la cliarmantc, Leopardo^ le tombeau de Vendramin (1479); P. Lomhardo^ le tombeau de Mocenigo à Venise. Ant. Amadeo^ Giacomo délia Portai Cr. Solari.Ag. Bi{stu]\tBambaja{a.uieurdutombeaudeGas-

Ghiberli. — Porte du Baptistère.

ton de Foix), travaillent à la chartreuse de Pavie, le gracieux Maiteo Clvitale (1436-1501) à Lucques (chaire, tombeau de Pietro à Noceto). Ant. Rossellini à Florence et à Naples. Luca délia Robbia (1400-1482), qui sut admirablement tailler le marbre (groupes en haut relief d'enfants chantant et dansant qui ornaient la tribune de l'orgue de Sainte-Marie-des- Fleurs), se consacre surtout à la sculpture en terre cuite émaillée, où il est resté incomparable. Les œuvres où Luca délia Robbia donne à la terre émaillée l'importance du marbre, les Vierges avec l'enfant, parfois accompagnées de saints et entourées de bordures variées, eurent tant de succès qu'elles furent à leur tour imitées en marbre, comme le prouvent certaines

Peyre. — Hist. des B.-Arts. 23

<Buvres, et des meilleures, de M'ino de Flesole (1430-1486). L'art que L. délia Robbia avait créé plutôt que renouvelé, sur cette même terre de Toscane où les Étrusques l'avaient déjà pratiqué, se continue surtout dans sa famille par Andréa délia Robbia (1435-1528), par Giovanni, Luca II et Girolamo délia Robbia, qui exécutèrent dans ce même style la frise de Thôpital de Pistoie. Elle représente en haut relief, avec des personnages de grandeur naturelle, les Sept Œuvres de la miséricorde. Verrocchio (1435-1488) exécutait à Venise le modèle du Monument de Colleoni achevé par Leopardo. La statue équestre du célèbre condottiere est une des plus belles des temps modernes. Brunellesco (1377-1444) cependant rivalise seul de gloire avec Donatello et Ghiberti. On voit de lui un beau christ de bois à Sainte -Marie -Nouvelle. Mais il ne tarda pas à se livrer |)resque exclusivement à l'architecture.

Architecture. Brunellesco. Le dôme de Sainte-Mariedes-Fleurs. Les palais de Florence. — Gomme Donatello et Ghiberti, il était passionné pour l'art antique. Gomme eux il devinait l'art grec à travers l'art romain qui seul se présentait nettement à leurs regards. Gomme eux enfin il demandait à l'antiquité des enseignements et non des modèles à copier servilement. La seigneurie de Florence, en 1420, ayant convoqué un concours d'architectes pour terminer Sainte-Marie-des-Fleurs, en couvrant la croisée avec une coupole, Brunellesco, qui avait profondément étudié les mathématiques dans leur application à l'architecture, osa seul proposer d'exécuter cette coupole d'un seul jet, sans support intérieur, sans arcs-boutants extérieurs, et de la soutenir dans les airs par les seules lois de l'équilibre. Son projet parut d'abord une folie : ce qu'avaient fait les Byzantins était oublié. Il parvint, non sans peine, à le faire adopter. Il fit porter sa coupole sur un tambour octogone appuyé sur les huit piliers de la croisée; ta surface intérieure s'élève à 84 m. du sol, sur un vide de

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Fig. 210. — La chartreuse de Pavie, vue du cloître. — Le palais Riccardl (ancien palais Médicis) à Florence. — Le palais ducal à Venise (façade sur le quai des Esclavons).

plus de 130 mètres superficiels. Elle a précédé de cent ans la coupole de Saint-Pierre et l'emporte sur elle sinon en beauté, du moins en solidité. Brunellesco voulait qu'elle fût décorée de mosaïques, ce qui aurait diminué le caractère de lourdeur qu'on peut lui reprocher. Parmi les monuments que Brunellesco a exécutés à lui seul, nous signalerons dans l'architecture religieuse la chapelle deiPazzi et V église San-Lorenzo, qui est le type le plus complet de son système ; dans l'architecture civile, les arcades de l'hospice des enfants trouvés, et surtout le palais Pitti, type de ces palais florentins qui sont encore prêts à soutenir les assauts d'une émeute et qui ont l'élégance fière d'un guerrier du temps. Ce fut seulement en 1568 que Bart. Ammanati perça les fenêtres à plein cintre du rez-de-chaussée, qui dans le plan primitif comportait seulement deux portes et les fenêtres carrées haut placées. Parmi les œuvres les plus remarquables de l'école de Brunellesco nous citerons le palais Médicis (depuis Riccardi), de Michelozzo (1391- 1472); \e palais Strozzi, commencé en 1489 par Ben. da Majano, et surmonté par Le Cronaca d'une frise justement célèbre; plusieurs édifices de Sienne et de la ville de Pie II, la curieuse Pienza. Ce qu'il importe de remarquer dans toutes ces constructions, c'est avant tout le caractère de force, de simplicité et de sévérité qui y domine, contrairement à l'idée qu'on se fait à distance de rarchilecture florentine. A Rimini, àMantoue, L.-B. Alberti (ikQlk- 1472), génie universel comme Vinci devait l'être, moins original que Brunellesco, commence à introduire dans l'architecture l'exagération de l'imitation classique.

Chartreuse de Payie. — Dans l'Italie du Nord, l'influence du moyen âge domine dans la cathédrale gothique de Milan, commencée en 1386 par l'Allemand Jean de Graz. Elle se fait sentir à la Chartreuse de Pavie, commencée en 1396 par Marco di Campione, même dans la disposition et ia richesse ornementale de la façade, commencée seulement

MASACGIO. - CilAP!:!. LE D i: I BRANCACCI kO\ en 1473 par Ambr. Bor^'v^nout^ . Borgognone fut aussi un peintre distingué, mais il élail plus difficile de se fair« un nom dans la peinture, depuis la grande impulsion donnée à cet art par Ma saccio au commencement du siècle.

Peinture. — Ma saccio, ses contemporains et ses successeurs. Fra Angelico. Ant. de Messine, etc. — Parmi les artistes qui, peu de temps avant Masaccio, avaient préparé le mouvement dont il devait être l'expression la plus complète, on ne peut oublier le Véronais Pisanello qui met dans ses types très originaux la précision expressive du médailleur(6'^ Georges à S. Anastasia de Vérone) et deux Florentins qui poussent l'énergie jusqu'à la rudesse; Andréa del Castagno (1390-1457) et Paolo di Dono (1397- 1475), qui tous deux se plaisent aux sujets guerriers [condottieri à cheval, se faisant face dans la cath. de Florence). P. di Dono, connu sous le nom de P. Ucello à cause de son

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