DUCS DE BOURGOGNE. - COMMUNES DE FLANDRE
revendications de M. Courajod, il est certain qu'il y eut, au nord et au nord-est de la Gaule, un mouvement artistique original, indépendant de l'Italie, qui sur certains Doints la prévient, qui l'atteint pour la puissance exprès-
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Fie. 114. - Hôtel de riUe de Lonvala.
sîve, a môme son action sur elle, et qui aurait suffi à constituer une renaissance d'un autre genre. Il y eut là un art éminent, des artistes de génie, mais auxquels manqua en général ce sentiment de la beauté, celte harmonie dans la composition que la vue des œuvres antiques, aussi bien que la tendance de leur esprit, contribuait à développer ♦îhoz Masaccio ou chez Lr'onard
La Flandre était alors le pays le plus riche et le plus actif de l'Europe, et ses communes pouvaient rivaliser avec les grandes républiques italiennes. Les ducs capétiens de Bourgogne dont elles dépendaient, « les grands -ducs d'Occident », étaient plus puissants que bien des rois, et ces turbulentes cités, malgré les insurrections que provoquait parfois la violation de leurs privilèges, n'avaient pas tardé à voir en eux une dynastie nationale.
Ces princes, dont les habitudes luxueuses, dont les fêtes et les prodigalités ont laissé dans l'histoire un souvenir proverbial, favorisaient singulièrement par leurs dépenses propres, comme par celles qui étaient faites à leur exemple, les industries, et principalement les industries artistiques du pays. Ils eurent tous à divers degrés un goût très vif, sinon toujours très éclairé, pour les arts. Non seulement ils étaient généreux envers les artistes, mais ils les traitaient avec beaucoup d'égards, et Van Eyck, comme plus tard Rubens, fut chargé de missions diplomatiques. Bruges, abordable alors aux plus grands vaisseaux qui faisaient le commerce maritime, était le port le plus considérable de l'Occident : elle équivalait à ce qu'est Londres aujourd'hui. Les ducs de Bourgogne y tinrent souvent leur cour; elle fut à cette époque le principal centre, de l'art aux Pays-Bas, et la première école flamande peut s'appeler l'école de Bruges. Les communes construisent des hôtels de ville qui, par la délicatesse et l'abondance des décorations, sont de véritables orfèvreries de pierre et ressemblent à des châsses de saints. L'imitation est directe dans V hôtel de ville de Louvain , véritable chef-d'œuvre, d'une parfaite harmonie et d'une élégance exquise, malgré la richesse de son ornementation. Il fut élevé de 1448 à 1463 par Mathieu de Layens , « maître maçon de la ville et de la banlieue ». Cet hôtel de ville n'a de rival parmi les édifices du même siècle que celui de Bruxelles, oeuvre de Jacques Van Thienen (1405), puis de