‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 230 sur 424 · HOTELS DE VILLE. SCULPTURE. SLUTER · texte numérisé non relu

HOTELS DE VILLE. SCULPTURE. SLUTER

Jean Van Ruysbroek (1440), auteur de la magnifique tour *de 114 mètres qu'il n'a pas placée au milieu du monument. Il accompagne dignement les anciennes maisons des corporations toutes différentes qui, avec lui, font de la grande place de Bruxelles un des ensembles architectoniques les plus curieux des Pays-Bas. A la même époque appartient le plus bel édifice religieux de la Belgique, la cathédrale d'Anvers, commencée en 1322, célèbre par ses sept nefs, et plus encore par sa tour de 140 mètres, commencée en 1422 par Jean Amel, de Boulogne, et terminée au début du xvi^ siècle par Appelmans, de Cologne.

La sculpture. La chartreuse de Dijon. Claux Sluter. — Dès le XIV® siècle la sculpture flamande avait atteint un sentiment expressif de la vie qui se traduit non seulement dans la physionomie et le geste, mais dans la manière dont les vêtements, souvent fort compliqués, s'ajustent au personnage. Lorsqu'il y a lieu d'employer des formes plus simples ou des draperies, on y trouve une aisance qui dans la disposition des plis fait parfaitement sentir le corps qu'ils recouvi^'^nt. C'est ce que l'on voit déjà dans bon nombre de figures du tombeau de Philippe le Hardi. A cette date l'Italie n'aurait peut-être pas présenté d'œuvre témoignant d'un progrès aussi marqué. Ce tombeau a été exécuté par un Hollandais, Claux Sluter, nommé vers 1390 ymaigier du duc de Bourgogne; il fui aidé par Claux de Vausonne, son neveu, et Jacques de Baerze pour l'architecture et les ornements.

« Autour des quatre faces courent des arcades ogivalcÊ en marbre blanc qui se détachent sur un fond en marbre noir. Une galerie découpée à jour couronne ces arcades : des pilastres ornés de colonnettes , de cinquante-deux figurines d'anges, de pinacles et de clochetons, les soutiennent. Elles figurent un cloître autour duquel sont placées quarante statuettes représentant les divers personnages des maisons civiles et religieuses des ducs de Bourgogne et des différents ordret

monastiques. » (A. Joanke.) Au-dessus repose la statue couchée du duc, dont les pieds chaussés de souliers de fer s'appuient sur le dos d'un lion. Deux anges, aux ailes déployées et dorées, placés en arrière de la tête, supportent un casque. Le tombeau de Jean sans Peur et de Marguerite de Bourgogne, commandé (1444) à Jean de la Huerta. du pays d'Aragon, qui s'adjoignit Antoine Mouturier, présente des dispositions analogues. Ces deux tombeaux, aujourd'hui au musée de Dijon, se trouvaient à la chartreuse de cette ville, dont il ne reste plus que quelques ruines, entre autres le fameux puits de Moïse ou des Prophètes, œuvre de Claux Sluter. Les statues avaient été peintes et dorées par Jean Mahuel ou Malouel. La polychromie sculpturale continue à être alors fort répandue; noua la rt^trouvons dans le curieux tombeau du sire de la Roche, récemment placé au Louvre.

Aux artistes que nous venons de citer, il faut joindre Pierre et André Beauneveu, qui travaillent à la cour de France au xive siècle, Jean de Marville, sans parler de tant d'œuvres anonymes qui nous montrent que les sculpteurs flamands ou bourguignons étaient appelés bien loin de leur pays (chœur de la cathédrale d'Albi). Les sceaux des ducs de Bourgogne dépassent en magnificence et en valeur d'art ceux des rois leurs suzerains. Les graveurs qui ont exécuté les sceaux de Philippe le Hardi et de Charles le Téméraire n'ont guère de rivaux en Europe. Il en est de même des ébénistes et des sculpteurs sur bois (sièges des prêtres de la chartreuse de Dijon par Jean de IJège, sculptures sur bois de S**' Gertrude de Louvain par Claes Bruyn, plafond de l'hôtel de ville de Bruges par Peter Van Ost). On les fait venir même en Italie (la Vie de saint Benoist par Van der Bruth d'Anvers, à Saint-Jean-Saint- Paul de Venise). Quant aux orfèvres et aux joailliers, il suffit de rappeler que c'est à la cour de Bourgogne que fut inventée la taille du diamant, probablement par Louis de Berquem.

Tapisserie. — Cependant la renommée des tapissiers des Pays-Bas dépasse celle de leurs orfèvres. Les ateliers de Picardie, d'Artois, de Flandre, rivalisaient déjà avec ceux de l'Ile-de-France, quand le mariage de Philippe

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