‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 234 sur 424 · ECOLES ALLEMANDES. COLOGNE. LA GRAVURE · texte numérisé non relu

ECOLES ALLEMANDES. COLOGNE. LA GRAVURE

pendant tout le moyen âge un grand centre artistique. La princesse Théophano, fille de l'empereur d'Orient Romain II le Jeune, en s'établissant à Cologne à la mort de son époux Othon II (983), avait attiré autour d'elle non seulement des artistes allemands, mais des artistes byzantins (V. p. 235). L'école de Cologne fut la première en date des écoles célèbres de l'Occident, l'Italie exceptée. Avant les Van Eyck, aucune école sauf Florence ne pouvait citer un maître qui l'emportât sur Wilhelm de Herle, maître Guillaume de Cologne (1320-1372), « le meilleur maître de toute l'Allemagne, qui peignait tout homme quel qu'il fût comme s'il vivait, » dit la chronique de Limbourg. Il fut dépassé par Stephan Lothner ou Zoc//«er (1410-1450), q,ui est l'auteur du fameux triptyque qui, fermé, représente Y Annonciation, et ouvert, V Adoration des Mages accompagnés d'un côté par saint Gerion et ses compagnons, de l'autre par sainte Ursule et ses compagnes. Les personnages s'y détachent encore sur un fond d'or, quoique déjà Wilhelm de Herle eût fait usage du pa3^sage; il s'agit, il est vrai, d'un sujet religieux, traditionnel. C'est l'œuvre la plus importante qui nous est restée de l'école de Cologne. Mais à cette date d'autres écoles allemandes occupaient déjà une place considérable à côté d'elle.

École du haut Rhin. Martin Schongauer. Invention de la gravure. — L'école du haut Rhin avait Martin Schœn ou Schongauer, né à Culmbachen 1440 (?), mais qui passa la plus grande partie de sa vie à Colmar, où il mourut (1488) et où l'on voit plusieurs de ses tableaux. Ce peintre, un des plus remarquables de l'Allemagne, est surtout célèbre cependant par ses gravures. 11 est le premier en date des grands graveurs allemands.

Il avait eu des prédécesseurs, car l'Allemagne peul disputer à la Toscane l'invention de la gravure au buriu.

Dès la fin du xiv^ siècle les pays allemands se montreuV

préoccupés des moyens de reproduire à plusieurs exemplaires la pensée humaine exprimée par l'écriture ou le dessin. On ne peut omettre dans une histoire de l'art le nom de Gutenberg. La gravure en relief précéda l'imprimerie proprement dite et en fut la première forme. L'origine en est obscure; disons seulement que la gravure en relief est une invention sortie de l'Allemagne rhénane ou des Pays-Bas, et qu'elle y était pratiquée dès les premières années du xv» siècle [la Vierge et les quatre saints du musée de Bruxelles, 1418). Il est intéressant de remarquer que cet art a, dès l'origine, ce caractère populaire qui s'est tellement affirmé de notre temps. La Bible des pauvres, V Histoire de la Vierge, la Chronique de Nuremberg surtout, où Wohlgemuth, le maître d'Albert Durer, n'a pas dédaigné de travailler, et qui comprend plus de deux mille gravures, sont de véritables recueils d'illustrations. Quant à la gravure en creux, si dès 1452 l'orfèvre florentin Finiguerra a eu l'idée de reporter sur du papier l'empreinte d'une de ses nielles, c'est en Allemagne que le graveur anonyme appelé le Maître de li66, de la date certaine d'une de ses œuvres, nous donne la première gravure en taille-douce proprement dite. Cette planche atteste déjà dans le maniement du burin une habileté qui prouve qu'il y avait eu certainement en Germanie des tentatives antérieures, indépenda -"s très probablement de celle de Finiguerra.

École de Souabe. — L'activité artistique est grande aussi dans les pays du haut Danube. L'école souabe a deux centres importants : Augsbourg, la ville des IVelser, des Fugger, de ces marchands, de ces banquiers qui mariaient leurs filles à des princes souverains, le grand marché financier de l'Allemagne et un de ses plus grands centres industriels, avait des tendances naturalistes que montrent les œuvres à' Holbein, l'aïeul du grand Holbein; tandis que Ulm conservait un sentiment plus idéaliste avec Barthélémy Zeitblom, né en 1420.

École de Franconie. — L'école de Franconie, qui à la fin du siècle doit se placer au premier rang, est alors moins

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