‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 235 sur 424 · NUREMBERG. — PRAGUE. — MARIENBOURG · texte numérisé non relu

NUREMBERG. — PRAGUE. — MARIENBOURG

importante; mais Nuremberg l'emporte par ses sculpteurs sur pierre et sur bois, par ses ébénistes, ses faïenciers, par ses orfèvres, qui n'ont de rivaux en Allemagne qu'à Cologne. Alors est construite la Belle Fontaine par les frères Ruprecht et Sebald Schonhoffer, qui furent aussi les sculpteurs et les architectes de son église de Notre- Dame^ (1355-1362). Nuremberg élève aussi à la même date l'église de Saint-Sébald (1361-1377) et son hôtel de ville Il est vrai qu'elle fut aidée par les subsides de l'empereur Charles IV, qui venait d'y signer sa bulle d'or (1353).

École de Prague. — Les chevaliers teutoniques : Marienbourg. — Charles IV, qui a été un assez triste empereur d'Allemagne, a laissé en Bohême un souvenir justement populaire. Il fit de Prague un des grands centres d'activité artistique de la Germanie, et y fut en somme le fondateur d'une école de peinture qui ne lui survécut guère. Le château de Carlstein contient encore de nombreuses peintures de Théodoric de Prague, Nie. Wurmser, Thomas de Mutina. Les édifices du xiv' siècle qui subsistent à Prague permettent mieux encore d'apprécier le grand rôle artistique de Charles IV. he pont de la Moldau, avec sa tour carrée, œuvre de Peter Arler de Gmiind; le Hradschin, sorte d'Acropole ou de Kremlin allemand, avec la cathédrale et le burg impérial compris dans son enceinte et dominant la colline, font de la capitale de la Bohême une des villes les plus originales de l'Europe. Le XIV® siècle est une période brillante pour l'architecture dans toute la Germanie. Sans revenir sur Nuremberg, Ulni élève sa cathédrale; celle de Strasbourg est continuée par Jean de Steinbach, puis par Jean Hutz, qui termina en 1432 son incomparable flèche. A Cologne

1. Parmi les œuvres capitales de la scalpture allemande à cette époque noue nous contenterons de citer les fonts baptismaux de Strasbourg (1453) par Jean Dotzinger, la chaire de la même église par Nie. de Ilaguenau (1486), les stalles ot les autels exécutés à Ulm par les deux Syrlin de 1469 à 1510. Signalons aussi la chapelle Casimir, dans la cathédr. de Crarovie arlievée par Casimir le Grand (1359).

on pour5uit l'exécution du plan donné par Gérard de Saint- Trond/kYienne, Wenzel de Closterneubourg eXBiichsbaum élèvent la tour de Saint' Etienne. Il y eut aussi dès la fin du xiii^ siècle une grande activité architecturale dans les pays slaves. Lorsque ces pays encore barbares furent conquis par les chevaliers teutoniques, les vainqueurs durent y élever des villes de toutes pièces, Koenigsberg, Marienwerder, Marienbourg, etc. Le château de Marienbourg (1276-1335) surtout est l'édifice le plus caractéristique de la région. Le granit s'y mêle à la brique pour indiquer l'ossature de la construction. La salle du chapitre, soutenue par une seule colonne centrale de granit dont les nervures se développent en gerbe en s'approchant du plafond, est particulièrement belle. Malgré ces œuvres éminentes, l'architecture française a une supériorité si bien reconnue, que c'est à un Français, Mathieu d'Arras, que Charles IV s'adresse pour diriger la construction du château de Garlstein (1348-57) et de la cathédrale de Prague, et que c'est sur le modèle du Louvre de Charles V qu'il fait construire son habitation du Hradschin.

ttg. 218. — CoUre eu noyer sculpu-. (Lcole Iranvaiee, xvi« iècle.)

Laurent de Mcdîcis.

Léon X

Jules II.

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