‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 239 sur 424 · PADOUE. — MANTEGNA. — TRIOMPHE DE CÉSAR · texte numérisé non relu

PADOUE. — MANTEGNA. — TRIOMPHE DE CÉSAR

(f 1530} ; à Crémone, Boccacino (1460-1518) ; à Vérone, Libérale (1451-1515), les Morone, les BenagUo, Bonsignori. Mais, tandis qu'ils s'en tiennent encore à l'ancienne école, Giovanni Bellini, survivant à son frère, ne cessait de faire de nouveaux efforts. Il voulut profiter des progrès réalisés par ses élèves, devenus illustres, Titien et Giorgione, et n'hésita pas à rivaliser avec eux à l'âge de quatre-vingt-six ans. Peu de temps auparavant, il avait voulu aussi profiter de la précision savante d Albert Durer, dont les œuvres commençaient à être connues en Italie, et s'était trouvé la main assez ferme pour y réussir.

École de Padoue. Mantegna. Le Triomphe de César. — Les Bellini avaient fait entrer dans leur famille celui qui était considéré avec Signorelli coranae le plus savant dessinateur de son temps, Andréa Mantegna, qui épousa la fille de Jacopo. Andréa Mantegna, originaire de la ville savante de Padoue (1431-1506), avait été berger comme Giotto, et n'en était pas moins devenu non seulement un artiste de premier ordre, mais un érudit, un amateur passionné d'antiquité, que les archéologues de profession ne dédaignaient pas de consulter. Elève de Fr. Squarcione (1394-1474), qui avait visité la Grèce, l'Italie, l'Orient, et €n avait rapporté de nombreux fragments antiques *, il interpréta lantiquité avec un souci de la couleur locale, et en même temps une originalité dont il n'y avait pas eu d'exemple ; ce qui ne l'empêcha pas d'être un observateur passionné, parfois brutal même, de la nature. Ses œuvres se distinguent, comme le dit M. H. Delaborde, par un mélange singulier d'âpreté et de recherche ; on y sent l'empreinte d'une émotion profonde, violente même jusque dans les délicatesses d'un style patiemment, curieusement travaillé. Il peignit à fresque avec Ansuino da Forll^ Nicolo Pizzolo et Buono da Ferrare, les Vies de St Jacques et de St Christoplie aux Eremitani de Padoue. Dans les nom-

1. Le Squarcione a peu produit, mais a joué un grand rêle dans l'histoire du l'art. Il fut appelé ie père des peintres, et forma 137 élèves. Au fond Manlegca est plus le disciple de Donatello que l'élève du Squarcione.

breuses peintures qu'il exécuta à Mantoue pour la famille de Gonzague et qui ont été dégradées ou détruites par le sac de Colalto en 1G30. Là ilahorda tous les genres, depuis le portrait et les scènes familières jusqu'aux grandes décorations historiques , allégories et scènes mytholo-

Fig. 219. — Triomphe de Cesai, p;>r Maulegaa. (Harap'on-Court.)

giques. Ses cartons du Triomphe de César (1489-1492) ont fait sentir leur influence jusque sur Rubens et sur Lebrun; ils occupent dans l'histoire de la Renaissance, dont ils caractérisent la tendance savante et archédloo^ique, une place presque aussi importante que la Cène que Léonard de 'Vinci exécute vers le même temps ^

1. Goethe a décril tong:uoraenl ces deux chefs-d'œuvre. Les cartons étaieul

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