ECOLES FERRARAISE, BOLONAISE. — VINCI
Léonard de Vinci. La Cène. L'école milanaise. La Jo- COnde. — R.ien ne montre mieux 1 incomparable génie de Léonard de Vinci que sa supériorité décidée sur tous les artistes que nous venons de rappeler, même sur les plus éminents. On peut dire qu'il a été l'expression la plus complète, sinon la plus haute, de Tesprit humain; en tout cas il est l'expression la plus complète de la Renaissance. Peintre, sculpteur, musicien, poète, architecte, habile à tous les exercices du corps, il est aussi ingénieur, mathématicien, naturaliste.
Il a dans les sciences théoriques et appliquées de véritables pressentiments des découvertes modernes (par exemple sur la géologie et l'aérostation), des vues de génie qu'il n'avait pas daigné publier et qui sont restées à peu près cachées jusqu'à nos jours dans ses manuscrits*. Léonard a su joindre linuij^ination la plus vive au contrôle de l'esprit critique, « l'audace du rêve à la précision de la science ^ », la fantaisie la plus merveilleuse à la raison pure. Quelle que fût sa facilité de conception et de main, il a peu produit, tant il poursuivait la
destiaés à être reproduits en tapisserie dans la fabrique fondée à Maritoue par les Gonzague (1419) avec des ouvriers français et flamands. Vendus en 1G2S à Charles I^', ils sont aujourd'hui à Hampton-Court. Au Louvre, la Vierge de la victoire, le Parnasse, la Sagesse victorieuse des vices, le Calvaire (triptyque dont les volets sont à Tours) font connaître les divers aspects du talent de Manteçna. Aigueperse possède un Saint Sébastien de lui. — D'autres centres artistiques encore eurent des caractères assez distincts pour constituer de véritables écoles. A Ferrare, Cosimo Tara (1420-1498) et Fr. Cossa (f 1480) font les curieuses fresques ^lu Palais Schiffanoia ; jiuis viennent Ercole dei Eoberti (-j- 14"J6), Blanchi (■}- 15î0), Lorenzo Costa (1440-1535) et Beno-Tisi dit il Gnrofalo (1481-1559). Costa peignit à Bolo.rne au palais Bentivoglio la Guerre de Troie et les Guerres médiques (fresques détruites en 1507;, puis succéda à Mantegna dans la faveur des Gonzague. Le Louvre a son intéressant tableau échappé au sac de Mantoue en 1630 : la Cour , d'Isabelle d'Esté. A Bologne, Raibolini dit il Francia (4.450-1517), l'artiste favori des Bentivoglio, se montre le rival du Pérugin dans Y Adoration de l'Enfant Jésus et les fresques de l'Oratoire de Sainte Cécile (à Bologne), et même la Vierge du Louvre. A Milan, nous trouverions Butiinone (-j- 1510), Ambrogio Borgognone (1440-1530), auteur du Saint Syrus de la Chartreuse de Pavie; Bedozzo qui a peint les fresques du palais Borromée [partie de cartes, jeu de ballnn), etc. ; mais l'école milanaise ne devait prendre son essor qu'à l'arrivée de ^■illL■i.