BARTOLOA'EO. — A. DEL SARTO. — S. DEL PIOMBO
1547), originaire de Venise, avait reçu l'enseignement de Bellini avant de devenir disciple de Michel-Ange, qu; l'aida de ses conseils, de ses dessins même, et chercha, dit-on, à l'opposer à Raphaël avec la Flagellation de Saint- Pierre in Montorio (Rome) et la Résurrection de Lazare, aujourd'hui à Londres, après avoir orné longtemps la cathédrale de Narbonne, où elle devait faire pendant à la Transfiguration de Raphaël. Ridolfo Ghirlandajo (1482vers 1550), fils de Domenico, fut l'ami de Raphaël. Mariotto Albertinelli (1407-1512) fut l'ami et le collaborateur de Fra Bartoloraeo. Fra Bartolomeo (1475-1517), quoiqu'il eût renoncé à la peinture profane en s'attachant à Savonarole, conserva toute la liberté de son dessin, de son coloris, de sa composition, dans le Saint Marc, dans les Vierges glorieuses de Florence, de Paris, de Besançon, dans la Descente de la croix du palais Pilti, un des plus célèbres et des plus touchants tableaux de l'Italie*.
Au-dessous de Vinci et de Michel-Ange, Bartolomeo n'eut de rival q^a' Andréa d'Agnolo [André del Sarto, 1488- 1530), qui est avec Mnci le plus grand coloriste de l'école florentine et que ses contemporains appellent le peintre sans défaut. Chose remarquable, son talent de coloriste se montre surtout dans ses fresques de l'Annunziata à Florence : la Madona del Sacco^ la Présentation au temple^ etc. Il se fit aider dans ce travail par Jacopo Carucci^ dit le Pontormo (1493-1558), et par Francia Bigio (1482-1525), qui est peut-être l'auteur de l'admirable Jeune Homme habillé de noir du Salon Carré. Quoique mort jeune, A. del Sarto a beaucoup produit. Le Martyre d' Abraham et le Portrait de sa femme Lucrezia del Fede, à Madrid, la Mise au tombeau, les Saintes Familles, V Annonciation et les fresques en grisailles sur Saint Jean des Scalzi à Florence, la Charité et les Saintes Familles du Louvre, le
1. Bartolomeo passe pour avoir le premier fait usage du mannequin. Il eut pour élèves Fra Paolino et une religieuse Plautilla Nelli.
rapprochent pour l'expression pénétrante de Léonard de Vinci. S'il est moins profond , il a quelque chose de plus touchant. A. del Sarto, appelé en France par François 1^% reçut de ce prince une grande somme d'argent pour aller acheter des œuvres d'art en Italie. 11 partit après avoir juré solennellement de revenir; mais sa femme l'amena à dépenser pour leur usage l'argent confié par le roi. Le remords abrégea les jours du trop faible artiste. Aussi Micheî-Ange, à la fin de sa vie, pouvait-il dire, et avec raison si l'on excepte les Vénitiens, qu'il avait survécu à tous les grands artistes de son temps. En etfet, l'école romaine elle-même, qui avait jeté un si grand éclat, n'existait pour ainsi dire plus^.
Rome : Raphaël. Les « Chambres », les « Loges », les Madones. Farnésine. Portraits. — Rome a été, grâce surtout à la papauté et aux travaux considérables qut les papes entreprenaient, un grand centre pour les arts. Mais il n'y a pas là de foyer qui se soit développé de luimême; les arts y sont le plus souvent venus de dehors. L'école romaine n'est en somme qu'un brillant rameau nourri de la sève de l'école ombrienne et de l'école florentine. Elle se réduit presque à Raphaël et à son groupe. Or Ranha^'- originaire de l'Ombrie, après avoir commencé éducation dans son pays natal, avait développé son talent au contact des maîtres florentins.
Raphaël naquit à Urbia, capitale d'un duché encore indépendant du saint-siège, le vendredi saint 28 mars 1483. Sou père, qui était un des peintres les plus distingués de l'Ombrie, s'appelait Giovanni Santi et non Sanzio (tradaction erronée du mot latin Sanctius dont Raphaël signa plus d'un de ses
t. A Sienne, outre Bazzi et Peruzzi, nous trouvons Mecharino, dit Becca/"// wj (1484-15Ô3). Celui-ci s'occupa de compléter le pavé de la callwdrale dt; Sienne, travail commencé au xiv» siècle par Duccio et où, au moyeu de marbres d'un petit nombre de couleurs, gravés avec des hachures rcmplieP de stuc. DO a fait de véritables tableau.v, eulre autres les Sibylles.