‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 247 sur 424 · ROME. — RAPHAËL, SES DIVERSES MANIÈRES · texte numérisé non relu

ROME. — RAPHAËL, SES DIVERSES MANIÈRES

tableaux). Agé de ouze ans à la mort de son père (1494) il fut l'élève do Tiinoieo Viii (probablement) puis du Pérugin, et dès

La Vierofe de Dresde.

1499 exécutait pour les franciscains de Pérouse une Résurrection, aujourd'hui au Vatican. En 1500 nous le trouvons àCitta- •Castello, où il peint en 1504 le Mariage de la Vierge du mu-

sée de Milan. A un court séjour à Urbin, appartiennent le polit Saint Michel et le petit Saint Georges du Louvre. A partir de cette année il s'établit à Florence et, sauf de rares absences, y reste jusqu'en 1508. Ce séjour fut décisif. L'étude des peintures de Masaccio, de Léonard de Vinci et du carton de la Guerre de Pise par Michel-Ange, les conseils de Fra Barlolomeo, lui révélèrent un art supérieur et lui donnèrent la conscience de ses forces. C'est de cet enseignement que devait sortir ce qu'on a appelé la seconde manière de Raphaël. Jusqu'alors il avait imité le Pérugin. Ses compositions étaient encore symétriques et un peu raides. On y voyait déjà sans doute dans la beauté des types, dans la grâce des physionomies et des ajustements, l'empreinte d'un génie qu'on a pu appeler divin. Mais depuis son arrivée à Florence il cherche à ajouter à la pureté des lignes une touche plus large, plus de grâce dans le coloris, plus de liberté et de variété dans la composition, en un mot plus de puissance et plus de vie. La Vierge au chardonneret et la Vierge du grand Duc de Florence, le Christ au tombeau de la galerie Borghèse, la Belle Jardinière (1507) du Louvre, marqueront ce progrès. Bientôt nn autre événement allait préparer dans son talent une transformation nouvelle et non moins importante.

En 1508 il fut appelé à Rome par son oncle Bramante, l'architecte du Vatican et de Saint-Pierre, qui jouissait d'une grande faveur auprès du pape Jules II. Celui-ci fut tellement enthousiasmé du talent du jeune peintre, qu'il le chargea de décorer les Chambres (Stanze) du Vatican, et fit détruire les fresques qui s'y trouvaient déjà. Devant les grandes surfaces qu'on lui donnait à couvrir» Piaphaël trouva sans efforts et naturellement une ampleur do talent qu'il ne se soupçonnait pas lui-même. Il débuta par un sujet religieux. La Dispute du Saint-Sacrement, ou Résumé de l'histoire de la théologie, qui marque la transition entre sa seconde et sa troisième manière; puis, abordant pour la première fois et avec quelque crainte, mais sur l'ordre formel du pape, un sujet profane de grande

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